Savoir-faire | le blog du storytelling - Part 3

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Débat du Celsa sur le storytelling

Dimanche 8 février 2009

(c) photo Cels'and Co

(c) photo Cels'and Co

Jeudi 5 février, à l’invitation de Laurent Sabbah (directeur de la communication interne du Club Med) et de Cels’and Co, l’association des anciens du Celsa, j’ai participé à un débat sur le thème : «Storytelling ou l’art de raconter l’entreprise et ses produits : nouvelle technique pour donner du sens et plus d’impact à vos communications ?».

 

Laurent Sabbah avait convié Renaud Gassin, le directeur général de l’agence de com éditoriale Créapress-BBDO, Guillaume Erner, sociologue spécialiste des tendances (et de l’antisémitisme) et professeur à Sciences Po et moi. 

 

Le Celsa a procédé à une captation audio pour ses archives. Michaël Guillois qui tient le Blog Marketing client 2.1comment les comportements et les attentes des consommateurs d’aujourd’hui nous ont forcé à imaginer les nouveaux marketings») a pour sa part procédé à une captation vidéo dont il a fait un post que vous pouvez retrouver ici (il est l’auteur des vidéos ci-dessous).

J’ai axé ma présentation autour de l’efficacité de la communication narrative, de quelques moyens concrets «de mettre un peu de storytelling dans votre communication» et enfin de sa place dans la grande quête du marketing (vendre plus, vendre mieux) au-delà du produit et de la marque. (Storytelling et marketing font-ils bon ménage ? (1/2))

 


Storytelling et marketing font-ils bon ménage ? (1/2)
envoyé par mc21blog

 

Renaud Gassin a apporté son expérience de la communication éditoriale et fait part de ses doutes sur le storytelling, «stratégie opportuniste», en mentionnant la «post-rationalisation» à laquelle on se livre peut-être sur son efficacité et des risques qu’une histoire fausse peut faire courir. (Storytelling et marketing font-ils bon ménage ? (2/2))

 

Quant à Guillaume Erner, il a souligné que si les récits sont puissants (il a évoqués ceux qui fondent l’antisémitisme aussi bien que la presse people), on ne peut en tirer des «formules» ni expliquer pourquoi ils fonctionnent.

 

Laurent Sabbah nous a ensuite permis de débattre puisque nos points de vue étaient bien différents avant de répondre aux questions de la salle. Les anciens du Celsa étaient venus nombreux tant il est vrai que le sujet interpelle (on est pour, on est contre, mais dans la com, tout le monde a un avis sur le storytelling !).

 

photo Cels'and Co

photo Cels'and Co

 

Je vous invite à continuer le débat ci-dessous dans les commentaires si vous avez des éléments à apporter.

 

(Remerciements : Laurent Sabbah, Philippe Thiévenaz et l’équipe de Cels’and Co pour l’organisation et Michaël Guillois pour la captation)

Bienvenue dans l’âge des histoires !

Mardi 3 février 2009

 

 

L’article paru dans la Newsletter de février est la version courte du texte de référence que j’avais fourni pour le rapport d’innovation sur le stroytelling de l’agence «pourquoitucours» (600 pages d’articles sur le sujet pour les courageux !). En voici donc la version intégrale. J’aurai l’occasion de revenir prochainement sur d’autres cas d’entreprises évoquant ces trois âges du marketing. 
 



L’ÂGE DU STORYTELLING NE FAIT QUE COMMENCER !


Dans un marché gouverné par l’offre, les consommateurs achetaient des produits manufacturés par les entreprises. Quand la balance a penché vers la demande, les sociétés se sont mises à vendre leurs marques. Le moment semble venu pour un troisième âge, celui des histoires. Parce qu’il se situe au point d’équilibre de ces deux tendances, le storytelling est la discipline la mieux à même d’incarner cette nouvelle ère. Quelles sont les entreprises emblématiques de chacun des trois âges, et en existe-t-il qui soient capables de les traverser tous ? 

 

Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient réclamé un meilleur cheval” avait coutume de dire Henry Ford au temps béni du marketing de l’offre, il y a tout juste 100 ans. Un entrepreneur comme lui pouvait alors se permettre d’imposer ses vues et de dire “mes clients peuvent choisir n’importe quelle couleur du moment que c’est le noir !” car, en offrant au monde sa Ford T, il a tout simplement créé un nouveau marché.

 

 

Après l’âge du produit, celui de la marque

 

Dans le cadre de son New Deal dans les années 30, le président Franklin Roosevelt a chargé une agence d’établir un guide des bonnes pratiques commerciales et de comparer les prix afin de mieux informer le public. Cet événement marque un changement dans la balance du pouvoir et a profité aux consommateurs, donc au marketing de la demande. 

 

Pour convaincre des clients désormais moins crédules, les industriels ont dû sophistiquer leur approche. Pour se différencier, ils ont cessé de vendre des produits et se sont mis en tête de faire aimer leurs marques. 

 

Si les entreprises de l’offre prennent souvent le nom de leur fondateur (Ford) ou de leur lieu d’implantation d’origine (Saint-Gobain), celles de la demande choisissent plutôt celui qui véhiculera le mieux leurs valeurs. Sony est représentatif de ce deuxième âge, dont le nom de marque vient à la fois du latin sonus et de sunny boy, histoire d’affirmer dès l’origine ses ambitions internationales. Cette société a réconcilié le monde avec l’idée de la qualité “Made in Japan” qui n’allait pas de soi dans l’immédiat après-guerre ainsi que par une politique d’innovations constantes : Trinitron, Walkman, Playstation etc. 

 

 

Sic transit gloria mundi…

 

Dynamiques en leur temps, la plupart des entreprises des premier et deuxième âges sont aujourd’hui mal en point. Un marketing centré sur l’offre prend mal en compte les nouveaux modes de vie. Ainsi, à l’ère de l’automobile est en train de succéder celle de l’“automobilité” dans laquelle la sacro-sainte voiture ne sera plus qu’un des multiples paramètres parmi lesquels arbitrer lors de nos déplacements (si nous devons encore nous déplacer). Ford et ses concurrents n’ont pas intégré ce changement de paradigme et rien ne dit d’ailleurs qu’ils en seront capables. A l’inverse, un marketing trop axé sur la marque révèle tôt ou tard les incohérences entre les valeurs de cette dernière et la réalité : Sony n’innove plus depuis 10 ans et ne parvient plus à le dissimuler. 

 

 

Le nouvel âge des histoires

 

Bien sûr, les entreprises n’ont pas attendu l’an 2000 pour raconter les histoires que les consommateurs ont envie d’entendre. Mais ce qui est inédit, c’est la systématisation de cette technique dans les grandes success stories des entreprises actuelles. Le nouvel âge du marketing est donc bien celui du storytelling. Plus authentique et moins réductrice que la marque, l’histoire capte l’attention, suscite l’adhésion et, dans un dernier temps, s’incarne dans un produit ou un service que le consommateur achète. 

 

Ainsi, si IKEA avait été une entreprise du premier âge, elle aurait vendu des meubles à petit prix. Si elle avait été une entreprise du deuxième âge, elle aurait gravé son logo partout. Mais comme c’est une entreprise du troisième âge du marketing, IKEA raconte une histoire, celle d’une entreprise qui vise depuis 1943 à “améliorer le quotidien du plus grand nombre”. Une visite dans un de ses magasins s’apparente donc à une expérience totale et, le plus souvent, familiale. Au delà des meubles présentés dans des univers complets et que les vrais “fans” ont repéré au préalable sur Internet ou dans le catalogue papier, on suit un parcours ultrabalisé… à la façon dont on est pris en main sans s’en apercevoir à Disneyland. On ne s’étonnera donc pas d’y trouver un café, un restaurant ou un centre de jeux pour les enfants. De ce point de vue, la signature de marque actuelle – “bien plus qu’un marchand de meubles” – apparaît comme assez faible au regard des multiples histoires narrées par l’entreprise. Le nom IKEA lui-même en raconte une… même si la plupart des clients l’ignorent. Pas grave, le storytelling est affaire d’histoires… et d’historiettes !  

 

Les entreprises emblématiques de cet âge du storytelling ont pour nom Amazon, Apple, Nespresso ou encore Nintendo. Coca-Cola est un cas à part, qui a traversé les trois âges avec une égale réussite. Une de ses plus récentes campagnes de publicité, intitulée la formule secrète, rappelle à la fois que sa bouteille est une icône centenaire, l’invention géniale d’un pharmacien (intégration de la story du fondateur), mythique (sa formule secrète la rend même quasi “magique”) et enfin “saine” (sans conservateurs, sans arômes artificiels) : il s’agit d’un exemple quasi parfait de storytelling .

 

 

A retenir

 

Il y a 20 ans, Francis Fukuyama prédisait la fin de l’Histoire… et le moins que l’on puisse dire est que cette annonce était quelque peu prématurée ! Je ne prétendrai donc pas que le troisième âge du marketing soit le dernier. Un quatrième âge lui succédera bien quelque jour. Mais ce qui ne changera pas, c’est le besoin d’écouter de belles histoires car ce besoin est en nous depuis toujours. Et dans un monde où les entreprises ont de moins en moins la possibilité d’imposer leur vision, elles gardent une capacité d’influenceà condition de raconter aux consommateurs des histoires qu’ils ont envie d’entendre, d’apprécier et de raconter à d’autres. L’âge du storytelling ne fait que commencer ! 

 

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Notes

 

Citations de Henry Ford extraites de My Life and Work, an Autobiography de Henry Ford, 1922 

Roosevelt et la naissance du marketing et de la communication modernes in La Newsletter du Storytelling, novembre 2008  

L’automobile est morte, vive l’automobilité ! in Le Blog du Storytelling 

Sony, 10 ans d’inertie in Le Blog du Storytelling 

Tous les marketeurs sont des menteurs… tant mieux car les consommateurs adorent qu’on leur raconte des histoires de Seth Godin, 2006 (la traduction du titre original est plus fine :Tous les marketeurs sont des menteurs ou l’art de raconter des histoires authentiques dans un monde qui ne fait plus confiance)

Notre vision des affaires, partie institutionnelle du site IKEA

Avant la story, c’est déjà la story. Après la story, c’est encore la story in Le Blog du Storytelling(tinyurl.com/6ytlac

IKEA : acronyme qui provient des initiales du fondateur (Ingvar Kamprad) ainsi que de celles de la ferme où il a grandi (Elmtaryd) et du village où il a fondé son entreprise (Agunnaryd)

La formule secrète de Coca-Cola in Le blog du Storytelling 

La fin de l’Histoire et le dernier homme de Francis Fukuyama, 1989

 

Un document de référence sur le storytelling

Lundi 12 janvier 2009

 

Le storytelling – Des histoires non, notre histoire oui”. Près de 600 pages de réflexion sur le storytelling ! C’est le résultat du travail effectué par la structure de planning stratégique “pourquoi tu cours (l’agence des idées)” que dirige Jérémy Dumont et auquel j’ai participé. Le mois dernier, le think tank de l’agence, le cercle d’innovation courts circuits, a mobilisé “les créatifs culturels du marketing, de la communication, des médias et de la création” pour faire avancer l’innovation et la réflexion autour du storytelling. Le résultat a été présenté lors d’un des “apéros du jeudi” de l’agence et le rapport vient d’être publié.

 

 

Une cinquantaine d’intervenants ont été sollicités pour réfléchir autour de trois grandes thématiques : la portée du storytelling (présentation, applications, inquiétudes éthiques, vecteur de sens, espace de coversation), les nouvelles perspectives en matière de arketing/com/médias/créativité (marques porteuses d’histoires, prises de paroles, storytelling de marque, services à la personnes, intégration des points de contact médias) et comment raconter des histoires (les points de vue des consultants en management, communicants, experts média, sciences sociales ; cas pratiques et inteviews).Vous pouvez voir ci-dessous le rapport que Jérémy Dumont a déjà posté sur plusieurs sites, sous la forme d’un diaporama. La visualisation est assez fastidieuse à mon goût mais je ne suis pas responsable de la présentation du rapport.

 

 

 

Vous pouvez aussi télécharger le rapport sous la forme de fichiers PDF. C’est un peu moins laborieux que par SlideShare mais enfin, je ne suis pas sûr que ce document atteigne facilement un plus large public par ce biais.

 

presentation-storytelling-intro.pdf

presentation-storytelling-partie-1-.pdf

presentation-storytelling-partie2.pdf

presentation-storytelling-partie-3.pdf

 

 

Certaines des contributions (chaque auteur en signe généralement plusieurs) valent vraiment la lecture et vous aideront à approfondir votre réflexion sur le storytelling. Et vu le nombre de demandes que je reçois d’étudiants ou de journalistes en manque de documents de référence sur le storytelling, ce rapport devrait en combler beaucoup !

 

Pour ma part, sollicité par l’agence, j’ai contribué bien volontiers à ce rapport sur “Le storytelling – Des histoires non, notre histoire oui” en fournissant trois articles :

 

> L’entreprise et son fondateur : une seule et même histoire

> L’âge du storytelling ne fait que commencer

> le storytelling, un parfum d’éternité ?

 

Vous pouvez les télécharger ci-dessous en PDF. Je les republierai ultérieurement sur le Blog en format plus pratique.

 

l’entreprise et son fondateur.pdf

l’age du storytelling ne fait que commencer.pdf

le storytelling une parfum d’eternite.pdf

 

Bonne lecture !

Sachez fermer la porte derrière vous

Mercredi 3 décembre 2008

 

 

Il y a quelques années, ma mère rendait visite à des seniors dans le cadre d’une association. Elle allait tenir compagnie à ces personnes âgées, souvent handicapées et parfois même rendues “méchantes” par la détresse du temps qui passe. Elle leur consacrait des heures et des heures, passant de l’une à l’autre, chacune avec son cortège de maux divers. Quand on lui demandait comment elle faisait pour ne pas être désespérée, ou déprimée, par ces gens exigeants et difficiles, elle répondait : “Quand je suis chez elles, je leur accorde toute mon attention, je suis en empathie avec elles. Mais quand je m’en vais, je ferme la porte”. Et bien sûr, par “fermer” la porte, elle entendait surtout laisser les soucis et les coups de blues sur le paillasson. Quand elle rentrait à la maison, elle était à nouveau disponible pour sa famille et ses amis. 

 

 

Cet exemple m’inspire. Quand j’exerçais des responsabilités en entreprise jusqu’à il y a peu, je devais faire la nounou pour un PDG incapable de dominer son stress sans le faire subir aux équipes, manager plusieurs dizaines de personnes, respecter des objectifs et un budget, gérer les crises etc. Et rentrer le soir chez moi où m’attendait une autre vie. 

 

Nous vivons tous de multiples vies, chacun porte en lui des mondes, et la meilleure façon pour ne pas faire peser les tensions d’un monde à l’autre, c’est encore de bien fermer la porte ! Aussi souvent que nécessaire.  

Où sont les fans ?

Vendredi 28 novembre 2008

 

 

En 1995, j’étais aux Etats-Unis pour une série de réunions destinées à convaincre les fans Disney (souvent aussi actionnaires de The Walt Disney Company) que ce qu’ils lisaient de négatif dans les médias sur Disneyland Paris était très exagéré etc. Un jour, en Californie, une femme s’approche de mon pupitre pendant ma présentation et me prend par la manche en me disant “Ca doit être si merveilleux de travailler pour Disney en France. Je voulais juste vous toucher…”. Je vous assure que ça m’a fait froid dans le dos ! 

 

 

Fan vient de “fanatique”. En redevenant des marques grand public, Apple et les autres courent le risque de se couper de leur base de fans. C’est compréhensible, au bout d’un moment, ça fatigue ! Pourtant, c’est une grave erreur (ne serait-ce que parce que des fans déçus peuvent devenir votre pire cauchemar en vous harcelant constamment !).

 

Les fans n’aiment pas, ils adorent. Les fans restent fidèles quand leur marque fétiche vend moins de baskets à virgule ou de sacs monogrammés. Les fans aident à traverser les mauvaises passes et à revenir au top. 

 

Il y a des artistes (et des marques) qui ont un public, il y en a d’autres qui ont des fans. Si vous êtes dans ce cas là, remerciez le ciel. Sinon, travaillez à devenir une marque passion. Et tant pis si dans le lot, vous avez des fans qui ont besoin de vous toucher pour y croire !

Mea culpa, mea maxima culpa

Mardi 25 novembre 2008

 

Je n’y comprends rien : j’avais bossé trois semaines sur ma présentation. J’avais fait faire  mon Powerpoint par un professionnel. Et j’ai eu l’impression que tout le monde s’ennuyait ferme dans la salle. Ah, ces cadres, ils sont tous tellement blasés. Qu’est-ce qu’il faut faire ?” C’est la question qu’un ami me posait ce matin. Message pour lui (et pour tous les autres) :


Si le public trouve votre présentation ennuyeuse, c’est qu’elle l’est. Si les clients n’achètent plus vos produits, ce n’est pas parce qu’ils sont stupides ou n’ont plus d’argent, c’est parce que vos produits n’ont plus rien de remarquable. Si vous ne comprenez pas tout ce que je dis dans mon blog, ce n’est pas votre faute, c’est la mienne (merci John Hench pour la leçon !).


C’est un principe qui n’est pas toujours facile à accepter mais c’est la réalité : quand le récepteur ne reçoit pas le message, ce ne sont ni le récepteur ni le message qui sont en cause mais l’émetteur. Toujours.


Si vous êtes l’émetteur, vous les communicants, alors le problème (ainsi que sa solution) est en vous. Et nulle part ailleurs.

Le succès allant au succès, proclamez le vôtre !

Vendredi 14 novembre 2008

 

 

Au delà de la malhonnêteté intellectuelle d’Orange (qui accumule les bonnets d’âne iciou ), savez-vous pourquoi l’opérateur historique a payé des comédiens pour faire la queue devant ses boutiques polonaises au moment du lancement de l’iPhone ? S’il y a une file d’attente devant une boutique dans la rue (alors que celle d’à-côté est vide), c’est sans doute que cela vaut la peine de faire la queue…

 

 

Etes-vous allé voir les Bienvenue chez les Ch’tis ou un autre film (TitanicRatatouilleetc.) juste parce que 10 ou 15 millions de personnes y étaient allées avant vous ? Sans doute que si elles s’y sont déplacées, c’est que l’oeuvre en valait la peine…

 

Avez-vous déjà acheté un livre pour votre grand-mère hospitalisée en le choisissant dans le palmarès de l’Express ? Probablement que s’il figure dans la liste des best sellers, il a toutes les chances de lui plaire…

 

Essayez donc d’intégrer un classement, n’importe quel classement (au besoin, créez-en un) dont vous puissiez prendre la tête. Le fait d’être numéro 1 de n’importe quoi créera un effet boule de neige qui vous aidera à devenir vraiment numéro 1

 

Et comme le veut la loi de Zipf (dont j’ai parlé ici), être numéro 1 vous donne une avance exponentielle sur le numéro 2, le numéro 3 etc. Ne tombez jamais dans le bas du classement.

 

Appelons cela le syndrome de Panurge, mais voilà bien une des idées-force de la communication : le succès va au succès.

Arrêtez de vendre des produits, racontez des histoires !

Mercredi 12 novembre 2008

 

“Ne dites pas à mes petits enfants que je m’éclate avec une console de jeux, ils me croient devant la télé à regarder Inspecteur Derrick !”

“Ne dites pas à mes petits enfants que je m’éclate avec une console de jeux, ils me croient devant la télé à regarder Inspecteur Derrick !”

Sur un marché haussier, les entreprises sont assez frileuses et ne veulent évoluer que pas à pas. Mais quand le marché se tasse, il faut avoir le courage de réinventer son business model, ou de faire un saut en matière de cible. Il n’y a pas de fatalité. La crise actuelle doit nous convaincre une bonne fois pour toutes de passer d’une économie de produits à une économie d’idées. Et quoi de mieux que le Storytelling pour vendre une idée ? Trois exemples.

 

 

1 – Le café est redevenu l’or noir

 

Il y a 15 ans, le café traînait une image peu glamour. C’était une boisson de piètre qualité, populaire, un pis-aller. Deux événements ont changé la donne et l’ont transformé en or noir. Le premier fut l’introduction de Starbucks aux Etats-Unis puis dans le reste du monde qui a fait du café – le lieu – un nouvel endroit branché pour y consommer du café – la boisson – mais j’en reparlerai une autre fois, cette entreprise mérite bien un article particulier.

 

L’autre fut le lancement par Nestlé de Nespresso. Il y aurait beaucoup à dire sur le fait que cela a fait exploser les prix (le café en capsules coûte beaucoup beaucoup plus cher qu’en grains ou moulu) et crée une pollution supplémentaire (les dosettes et leur pellicule en alu). Mais le point positif, c’est que cela a changé le regard des gens sur le café. Plus un dîner en ville où l’on ne fasse circuler un cube ou une tour de rangement pour choisir sa capsule arpegio (mélange méditerranéen) ou vivalto (lungo fleuri)… On croirait des oenologues discutant grands crus. L’instant café est devenu un moment de “show-off” social.

 

> Avant : un café pour se réveiller le matin ou pour faire passer un repas trop copieux

> Après : faire de chaque petit moment un moment d’exception

 

 

2 – Quand les mamies se mettent à jouer aux jeux vidéo

 

Depuis 5 ans, les jeux vidéo sont devenus une industrie qui pèse plus lourd que le cinéma. Mais jusqu’à il y a peu, ils concernaient principalement les garçons et les jeunes hommes. Or, dans les pays développés, la croissance de ce marché est limitée par une démographie peu encourageante. Arrive la Wii de Nintendo. Cette console appartient à la même génération que la Xbox 360 et Playstation 3 qui ne sont après tout que des versions améliorées de celles qui les ont précédées. Pas la Wii : parce qu’elle se commande avec une manette qui ressemble à une télécommande pour la télévision et qu’elle suit les mouvements du corps, elle offre une prise en main différente et plus intuitive pour un public non familier des jeux vidéo. Mais surtout, elle a introduit des jeux différents, des jeux pour garder la forme physique ou mentale, qui ont séduit les femmes et les seniors. Aujourd’hui, on trouve même des Wii dans les maisons de retraite ! C’est un véritable changement de paradigme.

 

> Avant : des jeux pour les forts en testostérone

> Après : le plaisir du jeu est universel

 

 

3 – On n’a pas tous les jours 20 ans !

 

J’ai déja raconté comment j’avais été confronté à un problème similaire avec Nostalgieau moment où cette radio voulait se développer sur le web mais où son public de quinquagénaires était encore peu connecté. Ce ne serait plus le cas aujourd’hui mais nous étions alors en l’an 2000. Ma solution : viser un public plus jeune sur le web, les trentenaires, mais déjà “nostalgiques” de leurs 20 ans passés avec un site sur la culture populaire des années 80 : musique, ciné, télé. Gros carton d’audience puisqueNostalgie.fr est passée devant NRJ.fr en termes d’audience… (et je ne me suis pas fait que des amis car au sein d’NRJ Group, on ne doit jamais faire mieux que le vaisseau amiral. Mais passons…).

 

> Avant : la radio des musiques de légende des années 60-70

> Après : c’était mieux quand j’avais 20 ans

Une vision, ça se partage

Mardi 4 novembre 2008

 

J’ai connu un dirigeant qui se mettait dans des colères noires quand je lui disais : “Nous n’avons pas de vision… ou en tout cas, personne ne l’a vue !”. A quoi il répondait : “Mais si, on en a une !” Et il partait sur “son” propre objectif : “Faire de cette boîte le leader européen de son secteur…” et assumant sa part de cynisme, il ajoutait… “et accessoirement exercer mes stock-options pour devenir millionnaire”. Vous appelez ça une vision, vous ?


Cet objectif l’aide sans doute à se motiver tous les matins mais il est bien le seul. Bien sûr, quand il en parle autour de lui (en ne mentionnant que la première partie de la phrase, pas la partie sur les stock-options !), tout le monde prétend être concerné mais cela ne dure que tant qu’il est présent dans la pièce ! Personne ne se bouge pour la vision de son patron… s’il ne la partage pas. 


Tant que vous ne trouvez pas le moyen de faire croire en votre vision, tant que vous ne la partagez pas avec vos auditeurs, ne tirez pas sur le messager qui vous dit que vous n’en avez pas… parce qu’effectivement, vous n’en avez pas !

Avez-vous rédigé votre bloc-signature ?

Lundi 27 octobre 2008

 

Avez-vous déjà demandé à vos collaborateurs quels mots ils utilisent pour parler de votre entreprise ? Comment vos amis décrivent-ils la leur, ou la vôtre à travers ce que vous leur avez dit ? On est souvent surpris de voir la pauvreté de la story qui en ressort… Mais pour que tous ces gens, vos employés, vos fournisseurs, vos proches etc. soient de bons Storytellers pour vous, encore faut-il leur fournir les outils pour ça !

 

 

I – Ne surestimez jamais la connaissance que les autres ont de vous

 

Quand je travaillais à Disneyland Paris, avant l’ouverture en 1992, je m’étais aperçu que les Français qui n’étaient jamais allés aux Etats-Unis, ne se rendaient pas compte de l’ampleur du futur parc. Les dossiers de presse vantaient beaucoup de choses, à commencer par les attractions, mais jamais clairement le “concept” même inventé par Walt Disney. Je l’avais signalé à mon supérieur, Charlie Ridgway, une légende dans le monde des RP. Mais étant Américain, et ayant travaillé en direct avec Walt dans les années 60, pour lui tout cela était naturel et il n’a pas pris la peine de m’écouter. Sans surprise, de nombreuses équivoques avec les journalistes et le public ont marqué les débuts du parc. 

 

10 ans plus tard (je n’y étais plus), la communication a refait les mêmes erreurs en n’expliquant pas bien ce qu’était les Walt Disney Studios. Beaucoup de gens n’ont d’ailleurs toujours pas compris qu’il s’agit d’un second parc, avec une entrée séparée du premier, et non d’une attraction ou d’un “land” supplémentaire…

 

Quand je suis arrivé au Futuroscope, les journalistes me demandaient aussi “mais maintenant, c’est quoi au juste ton parc ? C’est toujours les mêmes films ?” etc. Cette fois ci, heureusement, ma position hiérarchique me permettait de me faire entendre. J’ai formaté le discours des dirigeants pour qu’ils délivrent toujours les “basiques” du parc dans leurs interviews et j’ai exigé que tous les documents écrits portent ce qu’on appelle un “bloc signature”, quelques lignes qui expliquent l’essence du Futuroscope. Oui, pendant 3 ans, tous les dossiers de presse et les communiqués, quel que soit leur sujet, portaient en bas de page un rappel des fondamentaux de l’entreprise ! Quand vos correspondants vous connaissent bien, ils n’y font plus attention mais en attendant, la répétition est une des règles de base de la communication. Et ce bloc peut bien sûr évoluer dans le temps.

 

II – Partez du principe que vous devez vous présenter à chaque fois !

 

Je suis un grand fan de ces “blocs-signature”. Et c’est un principe que j’applique à mon cas personnel. J’ai beau tenir régulièrement mon réseau informé de ma situation (me semble-t-il), la question que j’entends le plus souvent quand je revois de vieilles connaissances, c’est “mais c’est quoi au juste cette histoire de Storytelling dont Machin m’a parlé à propos de toi ?”.  Je pars donc du principe que je dois me présenter à chaque fois. C’est pourquoi tous mes mails, toutes les pages de mon site institutionnel, portent mon bloc signature. Quelques lignes pour que le message finisse par passer. 

 

Pour info le voici : 

 

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Sébastien Durand conseille les entreprises sur leur stratégie et leur communication, fort de presque 20 ans d’expérience dans de grands groupes de loisirs et des médias. Pour cela, il fait émerger au sein même des organisations une ou plusieurs “histoires” à fort pouvoir de séduction et de conviction. Encore peu pratiqué en France, le Storytelling - également appelé communication narrative - a prouvé son efficacité par rapport à la communication classique. Il s’adresse tout particulièrement aux structures et entreprises confrontées au changement et qui doivent mobiliser leurs collaborateurs pour atteindre le grand public. 

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site web : www.SebastienDurandConseil.com 

blog : www.LeBlogDuStorytelling.com 

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Et vous ? Comment vous présentez-vous ? Avez-vous votre bloc-signature ?