> Suite du post : Nestlé, quand le censure ne marche plus
Faute de pouvoir discuter directement avec Kit Kat, les activistes prennent alors d’assaut la fan page de Nestlé sur Facebook.
Dans un premier temps, un dialogue surréaliste s’engage avec le community manager. Ce dernier n’est jamais désigné autrement que par le nom de «Nestlé» alors qu’il faudrait personnaliser la relation : on s’attaque moins violemment à une personne physique que morale. En attendant, il supprime tous les avatars affichant le logo «Killer» et répond avec morgue à chaque message incendiaire. Dans le monde 2.0, on apprécie que les marques descendent de leur piédestal mais elles ne doivent pas pour autant descendre… dans l’arène.
Enfin, espérant clore le débat, il a cette phrase qui restera dans les annales : «C’est notre page et c’est nous qui fixons les règles !». Fatale erreur : Nestlé n’est pas chez lui, il est sur Facebook et ça fait toute la différence. C’est à lui de s’adapter aux us et coutumes des réseaux sociaux.
Incapable de maîtriser la situation, l’entreprise ferme provisoirement sa page. Elle la rouvre dès le lendemain mais c’est trop tard, la crise a commencé à gagner même les médias traditionnels. Et le community manager est désormais aux abonnés absents, sans doute pour ne pas mettre d’huile sur le feu. Le résultat est inverse de celui espéré : si l’on cherche un site corporate pour connaître la position du groupe, on tombe sur Facebook qui accueille désormais les commentaires les plus virulents… sans aucune modération. La page de Nestlé s’est tranformée en page anti-Nestlé ! Pourquoi ne pas avoir profité de ces 24 heures de silence radio pour ouvrir un site de débats comme d’autres entreprises ont su le faire ? (cf. le cas de Bouygues Télécom et la SNCF ci- dessous). Cela aurait permis de dépolluer – au moins en partie – Facebook.
> À suivre : Nestlé doit comprendre que la com façon 20e siècle, c’est fini
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> BOUYGUES TÉLÉCOM ET LA SNCF : LE COURAGE DU DIALOGUE
Bouygues Télécom a ouvert une plateforme «Entraide» afin de permettre à ses clients de s’exprimer sur ses offres Internet mobile et ADSL. Ce sont d’autres clients, de vrais geeks et des fans, qui leur répondent à travers un processus de certification. Ainsi, l’opérateur est-il en mesure de «surveiller» ce qui se dit de lui et de répondre aux reproches sans pour autant s’exposer directement à la critique. La SNCF qui n’a pas toujours bonne réputation – retards, propreté et sécurité dans les gares etc. – a également ouvert un site nommé «Opinions & Débats». Ses porte-parole répondent aux questions les plus souvent posées (et les moins polémiques, il faut l’avouer) tandis qu’une communauté d’usagers aide les internautes car on s’en prend moins facilement aux pairs qui veulent nous aider qu’à une entreprise dont on suspecte les motifs non avoués. Deux exemples de groupes responsables qui demandent cependant d’avoir des nerfs d’acier. Ceux de Nestlé en revanche semblent aussi durs qu’une barre chocolatée au soleil…










