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Comment un tweet d’une ministre connectée fait enfin entrer un musée dans le 21e siècle…

Mercredi 18 mars 2015
Le tweet de Fleur Pellerin à l'origine du revirement d'Orsay

Le tweet de Fleur Pellerin à l’origine du revirement d’Orsay

Orsay autorise enfin les photos… ou comment un tweet de Fleur Pellerin a forcé le président du musée à manger son chapeau.

Depuis des années, Orsay interdisait les photos dans son musée, presque seul désormais face aux musées intelligents comme Le Louvre ou le Centre Pompidou. Pour protéger les œuvres ? les ayant-droits ? Pas du tout :  Guy Cogeval, son président assume ne pas supporter  les étudiants qui se renseignent sur l’art en allant sur Internet (?!) et que photographier les tableaux au lieu de « les contempler religieusement, c’est ouvrir la porte à un nouvel âge de la barbarie (??!!) » (il faut lire ses propos ici, ils sont hallucinants). En 2015, un président de musée prétend décider qui quand et comment nous nous approprions l’art, comme s’il en était l’unique propriétaire légitime !

Comme je tweete régulièrement sous le hashtag #photoaumusee, j’ai encore plus régulièrement été en butte aux cerbères d’Orsay. Je ne suis pas le seul à résister mais jamais nous n’avions été entendus par les ministres de la culture précédents. Fleur Pellerin, elle, a fait signer récemment une charte #tousphotographes censée être appliquée à Orsay également. Sauf que ce n’était pas le cas.

Lundi, Fleur Pellerin a posté sur Instagram et sur Twitter ses photos du vernissage de l’expo Bonnard à Orsay… avant de se faire rappeler à l’ordre par les twittos: pourquoi elle et pas nous ? Stupeur (sincère) de la ministre qui réalise alors qu’Orsay s’affranchit des règles qui ne sont bonnes que pour le commun des mortels. Dans un premier temps, le musée botte en touche, avec sa morgue habituelle : « La ministre et les journalistes sont autorisés à prendre des photos ». Sous-entendu, pas vous, pauvres barbares.

Aujourd’hui, rétropédalage total. À quelques jours de la #MuseumWeek, Orsay annonce annonce « avoir pris l’initiative de changer son règlement et de lever l’interdiction ». Ils auraient pu s’épargner les moqueries des Twittos en le faisant bien plus tôt mais – saluons cette initiative même si on leur a un peu forcé la main – , mieux vaut tard que jamais pour entrer dans son siècle.

Et maintenant, à l’occasion de la MuseumWeek, j’espère que Guy Cogeval postera un selfie de lui devant une toile de son choix. Pourquoi pas celle d’Edward Burne-Jones, La Roue de la Fortune ? La sienne vient de tourner.

PS : Je soutiens pleinement le droit de prendre des photos au musée. Je soutiens aussi celui de le faire intelligemment (cf. la charte ci-dessus). Photos au flash et perches à selfies ne font évidemment pas forcément partie de ces bonnes pratiques.

Montres Omega : en retard sur la qualité de service

Jeudi 10 octobre 2013

L'objet du délit...

Mon conjoint possède une belle montre de famille Omega qu’il tient de son père qui l’avait lui-même reçue en cadeau. Mais au fil du temps, elle ne fonctionnait plus correctement. Plutôt que de la confier à un horloger de quartier, j’ai convaincu mon ami de m’adresser à la source, chez Omega (Swatch Group).

Le temps c’est de l’argent… ou pas

Nous avons été reçus avec toute la déférence qu’on attend d’une maison de luxe. La vendeuse a étudié la montre et demandé à mon ami s’il souhaitait s’engager tout de suite sur un pré-devis de 500€, ce qu’il a accepté. Quelques semaines plus tard, il reçoit un mail indiquant que, le modèle étant relativement ancien, les travaux de réparation seront plus élevés que prévu et que la facture s’élèvera en conséquence au double. C’est une montre à laquelle il tient beaucoup et il donne donc son accord. Deux mois passent encore et il reçoit un dernier mail indiquant que, finalement, les ateliers suisses ont décidé de ne pas réparer la montre, qu’elle a été renvoyée en France, et qu’il peut aller la récupérer là où il l’avait laissée. Sans plus d’explications, ni d’excuses !

Les vendeurs sont là pour la vente, pas pour le service après-vente

Fin ou presque de l’histoire. Je dis «presque» car lorsque je suis passé en son nom reprendre la montre, j’ai fait part à la vendeuse de notre mécontentement qu’elle a écouté, imperturbable, avec cet air «cause toujours…» si typique des boutiques parisiennes. Un ami qui travaille pour une (autre) maison de luxe l’explique en ces termes : «Leurs vendeurs sont là pour vendre. On ne les forme pas à se préoccuper de l’après-vente».

Tic Tac Toc

À une époque où les sources pour indiquer l’heure nous entourent en permanence, quelle est encore l’utilité d’une montre de prix ou, pour reprendre l’expression en vigueur dans ce milieu, d’un garde-temps ? C’est participer, trouver sa place au sein d’un storytelling (de type jeudi ou vendredi) aussi prestigieux que celui d’Omega, dont je me suis souvent fait l’écho sur ce blog (notamment ici) ou dans mon livre : la seule montre qui a été portée sur la lune, la montre de James Bond etc. Mais si cette manufacture horlogère n’est plus en mesure d’entretenir ses produits ni même de donner une excuse valable à son refus, WTF ?

Il y avait deux modèles chez eux que j’avais l’intention d’accueillir un jour au sein de ma collection. Mais plus maintenant. Je suis un client perdu pour eux (ainsi que pour les autres marques de Swatch Group). Mais c’est surtout dommage pour mon conjoint qui a maintenant une montre à laquelle il est attaché et qui ne marche plus. Et maintenant, Omega, vous faites quoi pour lui ? Il est temps de remettre vos pendules (qualité, service, excellence) à l’heure.

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Mise à jour du 3/11/2013

En l’absence de réponse d’Omega, la montre  a été confiée à un bijoutier de quartier parisien qui l’a remise en état de marche en… 24 heures et sans rien nous faire payer. Autant dire que je ne retournerai plus jamais chez Omega.

Interdit de photographier – des histoires sans image

Lundi 29 octobre 2012

Le musée Marmottan-Monet de Paris propose une belle expo sur l’âge d’or de la peinture flamande (Rubens, Van Dyck, Jordaens), à voir malgré l’impolitesse de ses gardiens et l’incommensurable stupidité de sa politique à l’égard des photographes amateurs : «Monsieur, veuillez effacer immédiatement toutes les photos prises à l’intérieur du musée». Pas seulement dans l’expo, dans tout le musée ! Comme à Orsay où la même règle est déjà en vigueur…

Le Roi Boit de Jordaens, qu'il est interdit de photographier

Pour les musées et les expos, l’interdiction de prendre des photos – même sans flash – est une pitoyable tentative de vendre quelques cartes postales en sus. Sans succès pour ma part. J’achète ou n’achète pas un catalogue en fonction de mon envie de revivre une expo, ça n’influe en rien mon envie de partager une photo sur les réseaux sociaux… le plus souvent d’ailleurs pour inviter à aller visiter la dite expo !

Pour le Ministère de la Culture, régulièrement interpellé à ce sujet (mais qui – courage, fuyons ! – évite soigneusement de prendre position), il s’agit sans doute de protéger les ayant-droit. Mais lesquels ? Les tableaux de Rubens exposés dans nos musées nationaux ne nous appartiennent-ils pas ? Le rôle de la ministre consiste à défendre quels intérêts ? Dans Marianne, elle vient de rappeler que sa mission est de garantir «l’accès pour tous à l’art et à ses pratiques». Pas pour les photographes amateurs en tout cas.

On ne peut déjà plus photographier l’intérieur des musées. On ne peut plus non plus photographier les monuments la nuit qui, comme la Tour Eiffel, ont protégé juridiquement leur éclairage ! Le dernier lieu où l’on peut prendre des photos sans que personne ne vienne prétendre vous les faire effacer, sera bientôt un lieu privé : Disneyland Paris. Quelle ironie !

Fresque de Mary Blair pour "it's a small world". Dessus, notez la Tour Eiffel. La "vraie", vous n'avez pas le droit d'en diffuser une photo prise de nuit...

Encore que peut-être plus pour très longtemps… Des restaurateurs, des pâtissiers (comme Hugo & Victor), s’inspirant de ces mêmes règles stupides des institutions publiques, prétendent désormais nous empêcher eux aussi de prendre des photos. J’ai pu prendre plus de photos en toute liberté en Chine (sauf à proximité des installations militaires !) que dans l’espace public ou privé français désormais !

Chacun devrait avoir le droit de constituer sa propre histoire d’amour avec les lieux qu’il visite et cette histoire se construit par le souvenir dont les photos sont l’un des principaux vecteurs.

IKEA et le principe Steve Jobs : trop de retraits sur le compte-marque !

Lundi 20 août 2012

De futurs hôtels IKEA mais non brandés IKEA et non meublés par IKEA : cherchez l'erreur !

Ayant vendu sa marque à l’une de ses filiales, IKEA se trouve à la tête d’une montagne de cash à investir. C’est sans doute avant tout sous cet angle financier qu’il fallait lire l’annonce que le groupe va investir dans l’hôtellerie pour environ 1 milliard d’euros.

Pour autant, ce qu’on entend c’est, bien sûr, qu’IKEA va «ouvrir des hôtels» (ce qui n’est pas tout à fait la même chose). Mal gérée, cette annonce s’est donc vite transformée en un vrai fail de com. Car on a appris dans la foulée que les meubles de ses hôtels «bon marché, pratiques et avec un style design et fonctionnel», valeurs traditionnels du fabricant suédois, ne proviendront pas de chez lui ! Quel signal envoyé à ses clients et souvent vrais fans de la marque !

Voilà un nouvel accro à la réputation du groupe. Une histoire controversée (le passé du fondateur pendant la guerre), un bilan écologique contestable (provenance du bois des meubles) et, chez nous, un climat social désastreux (espionnage de ses salariés et syndicalistes par la direction). La filiale française a bien tenté de se racheter une conduite récemment mais ses nouvelles procédures internes déclenchent l’ire de ses collaborateurs. «Ils nous espionnent et c’est à nous de revoir notre attitude» déclare une salariée tandis que les employés, «premières victimes de l’espionnage, se voient imposer des cours de morale» ! La co-gestion à la suédoise s’accommode semble-t-il assez mal avec le dialogue social à la française…

Dans mon livre, «Storytelling – Réenchantez votre communication», je classe IKEA dans la catégorie des méta-marques, les entreprises championnes en storytelling. Mais ces marques fonctionnent sur un principe que Steve Jobs a un jour décrit à son ami John Lasseter, le patron de Pixar. «Une marque c’est comme un compte en banque. On peut y faire des dépôts ou des retraits. Les dépôts, c’est quand on fait des produits dont on est vraiment fier et les retraits c’est quand on sort un produit de merde et qu’on met quand même son nom dessus. Si on fait trop de retraits sur la marque, il arrive ce qui arrive avec le compte en banque : on finit par le vider. Moi, je ne fais pas ça. Je ne mettrai jamais mon nom sur un truc qui ne serait pas génial».

Déjà, un consultant spécialisé dans la grande distribution estimait dans L’Expansion que «les candidats à l’embauche risquent de réfléchir à deux fois avant de poster leur CV sur le site d’IKEA» avant d’ajouter «mais les clients, eux, continueront à venir». Pour combien de temps ? IKEA a déjà fait bien assez de retraits sur son compte-marque.

Minute et l’homophobie: déconstruction d’un storytelling de la haine

Mardi 10 juillet 2012

Pour les associations de lutte contre l’homophobie, la promesse du gouvernement français  d’une loi pour l’égalité réelle entre tous les couples (avec droit au mariage et à l’adoption) est certes bienvenue mais le calendrier n’est pas neutre : le premier semestre 2013 (avec en réalité la crainte d’un glissement vers le second) est encore loin quand les textes sont déjà techniquement prêts et que rien ne s’opposerait à ce qu’ils soient présentés à la rentrée. Six mois de plus ou de moins peuvent ne sembler qu’un détail (après tout, il a fallu près de 20 ans entre la dépénalisation de l’homosexualité et le Pacs) mais ce temps supplémentaire va être mis à profit par tous ceux qui s’y opposent. Le storytelling homophobe est en pleine construction.

On en a un premier exemple ce jour avec la Une de Minute. Certes, il ne s’agit là que du torchon de la droite la plus extrême et comme toute la presse papier, un média en voie de disparition. Et il ne faut pas lui accorder plus d’importance qu’il n’en a. Mais si je choisis de le montrer c’est qu’il offre une indication des ficelles narratives qui sont en cours d’élaboration, qui vont être récupérées par d’autres moins sulfureux.

STORYTELLING PÉDOPHILE

Dans l’absolu, on voit mal pourquoi s’opposer au mariage civil pour les gays : rien n’empêchera les hétéros purs et durs de continuer à se marier comme avant. Ce droit en plus pour les uns ne fait que corriger une inégalité, il n’est pas un droit en moins pour les autres. Sauf à y voir cet argument imparable : «Bourrage de crâne : le mariage homo enseigné à vos enfants». C’est donc la crainte que la visibilité des couples gays fâche tâche d’huile sur les enfants qui fait peur.

L’École prévoit des cours sur la sexualité dès le collège mais rien sur l’homosexualité, laissée à la bonne volonté des enseignants et chefs d’établissement. Du coup, certaines associations familiales tentent par tous les moyens (y compris par les menaces physiques ou… de dénonciation pédophile !) d’empêcher les interventions en milieu scolaire par des associations. Quand bien même ces dernières ne feraient que pallier les carences de l’Éducation Nationale… On a vu aussi récemment la stupide querelle sur la notion de genre. Plus visible, l’homosexualité risquerait donc d’être plus facilement transmise ?  Pour l’éviter, il reste la solution préconisée par Pierre Lellouche (et dont il ne s’est jamais  excusé): «Stérilisez-les !»

STORYTELLING COMPLOTISTE

Les homos auraient un agenda secret pour se débarrasser des «gens normaux». Et même de les supprimer physiquement. C’est Christian Vanneste, l’homme qui voit partout la main invisible du «lobby gay» (peut-être comme beaucoup d’homophobes, rêve-t-il secrètement que cette main le caresse ?) qui va être content.

C’est en effet l’autre argument – incident au mariage – qui va être utilisé, notamment suite à l’annonce de ne plus exclure les gays du Don du sang. «Malgré les risques, ils vont vous donner leur sang». Peu importe qu’un homo fidèle présente moins de risques qu’un hétéro queutard : la crainte inconsciente, c’est en réalité moins le Sida qu’une «transmission de l’homosexualité» par le sang. Les autorités médicales (assez globalement homophobes) et politiques ont longtemps été complices de cette idée, en entretenant sciemment la confusion entre les gays en tant que «groupe à risques» (ce qui est faux) et les gays ayant une «conduite à risques» (ce qui semble statistiquement plus avéré).

On a déjà utilisé ce même storytelling dans l’Histoire. Lors des épidémies de peste noire qui ont ravagé l’Europe médiévale, les autorités ecclésiastiques expliquaient que les Juifs avaient ce même projet de contaminer la population. Ils étaient accusés d’empoisonner les puits et de répandre le fléau. De quoi justifier leur mise à mort par milliers au 15e siècle, ce qui n’a pas sauvé plusieurs millions de «Français innocents» (comme dirait Raymond Barre, pourfendeur lui aussi du «lobby juif»). Car, déjà, les fautifs n’étaient pas des populations à risque mais des conduites à risque : celles de conditions sanitaires alors déplorables.

Dans un genre à peine moins caricatural, le Figaro.fr interrogeait la semaine dernière ses lecteurs par sondage «pour ou contre le mariage gay» (contre évidemment, à une large majorité) et les effrayait avec un article sur «les lieux de drague homo sont les principaux foyers de contamination du Sida». On n’a pas fini de voir ce genre de juxtaposition nauséeuse.

STORYTELLING DE DÉVALORISATION

Enfin, et c’est le plus vieux storytelling qui soit, celui de la dévalorisation (j’en ai parlé ici dans d’autres circonstances) qui consiste à ridiculiser l’adversaire. Il n’est qu’à voir la photo choisie par Minute et la légende toute en finesse : «Ils vont pouvoir s’enfiler… la bague au doigt». Des «bears» (homosexuels au look un peu «ours» comme leur nom l’indique), fesses à l’air, cuir et clous* : quoi de plus facile pour entretenir une image caricaturale ? Ridiculiser l’adversaire, c’est le rabaisser au rang d’animal… comme quand Brigitte Barèges propose d’ouvrir le Pacs aux chiens (Brigitte Barèges qui, soit dit en passant, refuse toujours de condamner les insultes de ses militants à mon égard).

J’approuve le collectif qui demandait récemment à des homosexuels en vue (mais non reconnus) de faire leur coming-out** face à ce storytelling de dévalorisation, qui voudrait toujours nous ramener à l’ère de «La Cage aux Folles» ou de Gérard des «Filles d’à-côté». Trois de nos députés seulement sont gays, la mort du directeur de Sciences-Po a été réécrite par les médias français, ses liens sentimentaux avec un grand chef d’entreprise gommés etc. Tous ces hauts cadres admirés et «différents» : combien de temps encore resteront-ils dans leur placard quand ils seraient si utiles sur la place publique ? On fera certes reculer l’homophobie avec la loi mais plus encore quand tous ceux qui peuvent contribuer à faire changer les choses auront le courage de s’y atteler.

STORYTELLING RELIGIEUX EN RECUL ?

En revanche, sur le Une de Minute, et contrairement au débat lors du Pacs, l’argumentaire religieux est absent. Rappelez-vous Christine Boutin brandissant une bible dans l’enceinte supposée laïque de l’Assemblée Nationale et défilant sous des bannières «Les pédés au bûcher». Non pas que les cathos crispés soient devenus de farouches partisans du mariage gay mais enfin, ils doivent bien constater que 13 ans d’union civile n’ont finalement pas signé le glas de 2000 ans de civilisation judéo-chrétienne.. Surtout, la société civile n’est dans sa grande majorité plus aussi sensible à cet argument. À suivre…

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* La question taraude les gays eux-mêmes depuis longtemps : la gay pride donne-t-elle une bonne ou une mauvaise image de l’homosexualité ? C’est un autre débat mais pour faire simple, qu’il y ait des bears ou des nonnes ou des go-go dancers avec des plumes dans le défilé, ne me gêne pas. C’est un carnaval – avec des revendications certes – mais c’est un carnaval.

** Au cas où, une précision : le coming-out c’est la décision prise par un gay de le faire savoir aux autres, de «sortir du placard». L’outing, c’est le fait de dénoncer l’homosexualité de quelqu’un qui aurait préféré que cela ne se sache pas. L’outing peut se justifier moralement dans certaines circonstances comme lorsque Act-Up a «outé» Renaud Donnedieu de Vabres :  ce dernier, homosexuel honteux, avait défilé sous la bannière de Christine Boutin qui appelait alors au meurtre des homos…

«Gay ? Pauvre type, j’espère que vous allez bouffer les pissenlits par la racine !»

Lundi 18 juin 2012

Manifestation contre les propos de Brigitte Barèges, maire de Montauban et ex-députée. Pour Me Barèges, si l'on ouvrait le mariage aux homosexuels, autant l'ouvrir aussi aux animaux et autoriser la polygamie. Un sens de la nuance qui caractérise aussi ses militants, apparemment.

Brigitte Barèges est homophobe*, maire de Montauban et députée du Tarn-et-Garonne. Enfin, depuis hier, elle n’est plus députée, mais le reste demeure. Comme d’autres représentants de la droite populaire ouvertement homophobes (Christian Vanneste au 1er tour etc.), elle a en effet été éliminée par les urnes hier ce qui lui fait, dit elle sur son Twitter, «mal à la France». Je fais partie de ceux qui s’en sont réjoui, de manière polie car je n’insulte jamais les gens, sur Twitter ou ailleurs.

Mais la maire de mes parents (oui, je viens de Montauban) compte des militants bien intentionnés, de ceux que l’on envoie porter les coups à sa place pour garder ses mains manucurées. Odile Missud est de ceux-là, «sarkozyste et fière de l’être» comme elle le proclame sur son compte (et c’est son droit). Et de m’adresser ce tweet insultant et homophobe, avec copie à son idole : «pauvre type etes vous gay? jéspère que vous allez bouffer les pissenlis par la racine le changement c mtnt» (l’orthographe approximative est la sienne).

Maigre consolation, Madame Missud est encore plus insultante, et ajoute des termes racistes à son homophobie, envers un autre twittos (dont j’ai flouté le nom, ne sachant pas s’il souhaite s’exprimer publiquement à ce sujet) : «vs la recevrez votre raclée! gardez le porte monnaie ouvert et travailler comme des negres avec le mou du gnou».

De Brigitte Barèges, j’espère qu’elle condamnera les propos de ses militants dévoyés. D’Odile Missud, j’attends bien évidemment et a minima des excuses.

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* Le mariage pour les homosexuels ? «Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? ou la polygamie ?» 25/5/2011

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Mise à jour 26/06/2012 : les insultes d’Odile Missud ont continué, trop vulgaires pour que je les reproduise ici. Brigitte Barèges, interpellée à de multiples reprises, continue de faire la sourde oreille. Quand on constate leur niveau à toutes les deux, on se dit qu’après tout, c’est bien dérisoire…

Scènes de pillage chez les barbares

Lundi 4 juin 2012

Un avion s’écrase à Lagos, au Nigéria, faisant plus de 150 morts parmi l’équipage et les passagers sans compter les populations locales décimées. Une tragédie ? Sans doute mais pour le Figaro, c’est surtout l’occasion de titrer sur les «scènes de pillage». Ils sont noirs, ils sont forcément un peu barbares, non ?

Question : d’ou tiré-je les lignes qui suivent ?

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«Les habitants sont tenus pour des demi-sauvages rebelles à l’autorité venue du dehors et sur qui l’effort séculaire de civilisation des moeurs n’avait produit que peu d’effets. Il est vrai qu’ils sont à peu près coupés de l’intérieur et que leur environnement les différencie des populations qui veulent s’intégrer à la modernité.»

«Tout ce que la catastrophe apporte à ces gens pauvres et frustes est pour eux un don du Ciel: quelques bouts de bois pour se chauffer, un morceau de fer pour fabriquer un outil, une guenille ou même quelque denrée à monnayer… Comment demander à ces communautés de croire, comme on voudrait les en convaincre, qu’ils commettent là un péché grave, qu’ils lèsent l’Etat (à qui reviennent en principe les épaves) et se comportent en barbares?»

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LE STORYTELLING DU RACISME ORDINAIRE = RIEN NE NOUS SURPREND CHEZ CES GENS-LÀ

Non, ce n’est pas un extrait de l’article lui-même (encore qu’à en croire les commentaires non modérés de certains internautes, on pourrait le penser) mais de la 4e de couverture d’un livre d’Alain Cabantous datant de 1993 : «Les Côtes barbares : Pilleurs d’épaves et sociétés littorales en France» consacrés aux Bretons, ce peuple qui a la culture du pillage aussi chevillée au corps que celle des Nigérians, semble-t-il. J’ai simplement enlevé les mots comme « littoral » ou « plage » pour jouer sur la confusion. Le livre s’arrête au 19e siècle mais de telles pratiques, sporadiques, ont continué jusqu’à l’époque contemporaine. Faut-il pour autant stigmatiser nos têtus du littoral ?

Il est quand même curieux de constater une nouvelle fois la vision biaisée d’un même évènement : en cas de catastrophe dans un pays occidental, les médias insistent sur la solidarité des populations locales ; dans un pays en voie de développement, ils montrent les pillages. «Selon que vous serez puissant ou misérable» écrivait déjà La Fontaine. Ce storytelling là n’a guère changé. Ce n’est pas une raison pour le laisser passer sans s’en indigner.

Mark Zuckerberg, Cécile Duflot : quand l’habit fait le moine (et choque les grenouilles de bénitier)

Samedi 19 mai 2012

Il y a quelques jours, je consacrai un post au «hoodiegate», c’est-à-dire au supposé «scandale» de Mark Zuckerberg qui aurait «choqué» (que d’expressions entre guillemets tant tout cela est dérisoire) les financiers de Walt Street. Ces deux derniers jours, une autre polémique franco-française lui a succédé : Cécile Duflot en jean à l’Élysée, ce qui fait fulminer notamment Valérie Pécresse qui «assume d’être réac et (y voit) un manque de respect pour les institutions de la République».

Zucks et Duflot même combat ? Oui et non. Malgré les similitudes, le symbole n’est pas le même. Le patron de Facebook porte la tenue de sa génération et – de fait – elle présente encore un aspect transgressif (je mentionnais dans mon post l’assassinat raciste du jeune Trayvon Martin, abattu par un Latino parce qu’il postait une capuche). Elle est donc bien en partie destinée à choquer Wall Street. Mission accomplie.

LE JEAN, UN VETEMENT QUI A 150 ANS D’HISTOIRE

Il n’en va pas de même de la ministre de l’Égalité des territoires et du logement. Le jean ne présente plus l’aspect subversif qu’il avait encore à l’époque de James Dean ou de Marlon Brando (encore fallait-il alors lui adjoindre un t-shirt blanc !). Sauf à être âgé de plus de 70 ans (ou de s’appeler Valérie Pécresse), le jean droit, raisonnablement délavé, est désormais une pièce de vêtement aussi neutre et aussi classique d’un pantalon de costume ou qu’un tailleur. Il serait quand même stupéfiant qu’en 2012, la République se sente non respectée par un blue jeans en toile de Nîmes (denim).

Ceci dit, en France, il en faut peu pour choquer nos grenouilles de bénitier : un député en bleu de travail (pour rendre hommage à la classe ouvrière), un premier ministre en veste à col Mao (Jack Lang s’y était déjà frotté près de 30 ans plus tôt), une députée en pantalon (M. Alliot-Marie) etc. Personnellement, je m’interroge encore pour savoir si la République est moins respectée par une Cécile Duflot en jean ou par  Rachida Dati quand elle confondait les allées sablées de l’Élysée ou de Matignon avec le catwalk du dernier défilé Dior.

Pour finir sur Zucks, Le Figaro s’étrangle que le jeune PDG prodige préfère ressembler à ses clients plutôt qu’à ses financiers. C’est le contraire qui devrait aujourd’hui surpendre. Que ceux qui dirigent nos vies, dans la politique ou dans l’économie, nous ressemblent : qui s’en plaindra ?

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> Relire : Mark Zuckerberg ou le Petit Chaperon Gris.

Le New York Times : « Mais où sont passés les lecteurs, ces inconnus ? »

Mardi 17 avril 2012

J’ai enfin vu (mon retard à le visionner est en soi une indication de mon peu de motivation à me pencher sur la disparition des dinosaures modernes) « À la Une du New York Times« , le docu d’Andrew Rossi. Étrange documentaire qui n’a pas l’air de choisir ni sa thèse ni son camp jusqu’à un moment très avancé.

Curieux personnage aussi que David Carr, cet ancien junkie devenu éditorialiste, imbu de sa personne et donneur de leçons (il faut le voir couper la parole à ses interlocuteurs au téléphone : « I am The New York Times« ) que le réalisateur semble avoir eu le projet de suivre avant de bifurquer sur le sujet plus large de la révolution numérique qu’affronte le grand quotidien.

Un « blogueur-type » jeté en pâture à la rédaction

On dit parfois que « cordonnier est le plus mal chaussé » et on pourrait naïvement croire que la presse écrite, occupée qu’elle était à nous éclairer le monde (typologie storytelling de type dimanche), avait manqué de prescience la concernant. Mais non, on découvre ici que la rédaction connaît le monde 2.0 depuis longtemps, c’est juste qu’elle refuse ce monde, qu’elle le toise de toute sa hauteur et de sa morgue. « Depuis le temps qu’on annonce la mort de la presse, dans un siècle, nous en reparlerons« . Et de s’inquiéter que son contenu soit pillé par des internautes alors que la question que pose le blogueur engagé au sein du journal pour servir de cobaye (« pour comprendre les jeunes« ) et qui est regardé comme une bête curieuse, est : « quelle sera la valeur de l »information dans le monde qui vient ?« .

Le pire c’est que The Old Lady, comme on l’appelle, se retranche derrière sa rigueur journalistique (« vérifier ses infos, l’éthique, tout ça coûte cher« ) pour se croire invulnérable alors que, comme le montre le docu, deux des pires scandales des médias de ces dernières années (avec depuis, ceux de la presse britannique de Murdoch) sont issus des rangs du NYT : un journaliste qui faisait de faux articles sur l’Afghanistan et une autre qui a inventé de toutes pièces le danger irakien justifiant l’intervention américaine.

Tant d’arrogance choque constamment pendant le film. Mais rien autant que cet inconnu dont tout le monde parle mais que personne de la rédaction n’a semble-t-il jamais rencontré : le lecteur.

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P.S. Un moment amusant quand la chef de rubrique nécro, qui vient de se faire virer, rappelle le test d’embauche qu’on lui avait fait faire à son entrée au NYT : écrire sa propre notice nécrologique. Un bon exercice à faire pour nombre d’entre nous (qu’aimerions-nous qu’on dise de nous quand nous ne serons plus là ?).

«Papy fait de la résistance» ou ces patrons qui hésitent entre storytelling d’appropriation et storytelling de scission

Dimanche 26 février 2012

L’Express dénonçait récemment ces patrons du CAC40 qui s’accrochent à leur poste malgré la limite d’âge ou des résultats en berne. Ce n’est pas une spécificité française contrairement à ce que prétend le newsmag mais il est vrai que nos dirigeants d’entreprises aiment confondre leur histoire avec celle de leur boîte au-delà du raisonnable. J’ai traité ce sujet dans de nombreux posts mais aussi dans mon livre dont est extrait l’article ci-dessous.

Storytelling d’appropriation pour patron de droit divin

Peu de gens peuvent correctement identifier les différentes activités de Vivendi Universal, mais tout le monde connaissait la «success story» et la chaussette trouée de Jean-Marie Messier. Paradoxalement, la mort – souvent inattendue – du PDG emblématique est a priori plus facile à gérer que son départ (renvoi ou retraite) car elle peut créer un «choc salutaire», les forces vives de l’entreprise comprenant la nécessité impérieuse de s’engager dans une nouvelle histoire. Ainsi, l’assassinat de Georges Besse en 1986 par un commando d’Action Directe n’a pas eu de conséquences pour Renault. Il fallait avancer vite sur la voie de la privatisation et Raymond Lévy a su négocier ce nouveau chapitre de son histoire.

Et revanche, quand un PDG est démis de ses fonctions – ou même quand il part à la retraite – la séparation entre son histoire et celle de son entreprise est souvent difficile. En 2005, Patricia Dunn est contrainte de quitter la présidence de Hewlett-Packard, suite à un scandale d’espionnage. Lui succède Mark Hurd qui personnalise la communication du premier fabricant mondial d’ordinateurs autour de sa personne… jusqu’à sa démission brutale, suite à des accusations de notes de frais abusives en 2010. Du point de vue storytelling, la société a mis à la porte celui qui savait raconter les histoires et du coup, elle n’a plus rien à dire sur la sienne à ses clients et à ses collaborateurs alors même que la vision de son PDG n’a pu être accomplie jusqu’à son terme. Leo Apotheker, son troisième PDG en 6 ans, peine d’ailleurs toujours à la partager.

Dans le cas de Disney, l’arrivée en 1984 de Michael Eisner et Frank Wells, un duo à l’image des frères fondateurs (Walt le génie créatif, Roy le génie financier), a permis d’insuffler un second souffle à la maison de Mickey. Mais après la disparition accidentelle de Wells en 1994, la dérive autoritaire d’Eisner n’a pas pu être endiguée. Se mettant en scène dans les attractions comme dans les shows télévisés, empêchant tous les nouveaux talents d’émerger autour de lui, il a prétendu incarner l’entreprise comme le fondateur l’avait fait. Ses efforts pour s’approprier l’histoire de Disney, pour le personnifier, ont fini par peser sur la réputation du groupe tant l’homme s’est fait universellement détester. Roy E. Disney, fils de Roy O. et neveu de Walt, a su fédérer les actionnaires pour obtenir son départ. Depuis 2006, Bob Iger, ex numéro 2 de la chaîne ABC, est aux commandes financières et John Lasseter, Pixar, à celles de la création. Même s’il est souvent présenté dans les festivals comme «le nouveau Walt Disney», ce dernier reste attaché à Pixar et il ne prétend jamais «incarner» la globalité du groupe. Un nouveau chapitre du storytelling de Disney, plus serein, moins personnifié, semble à même de s’ouvrir.

Quel que soit le charisme du patron, le storytelling de personnification présente donc encore bien plus de risques que celui centré sur le fondateur. Un dirigeant ne pourra jamais «incarner» l’entreprise avec la même légitimité que celui qui l’a créée. D’ailleurs, elle ne portera jamais son nom et un jour, l’histoire devra continuer sans lui.

Storytelling de scission pour patron visionnaire

Pionnier de l’industrie du pétrole et fondateur de la Standard Oil Company en 1870, John D. Rockefeller a été l’homme le plus détesté de son temps. Il faut dire que l’arrogance dont il faisait preuve n’inspirait guère la sympathie mais, en cette époque d’avant l’invention des relations publiques, il s’en moquait royalement. En 1911, au terme d’une longue procédure juridique intentée par les autorités américaines, il a été jugé en situation de monopole et la Standard Oil a été démantelée en 34 sociétés. Dédommagé à hauteur de plus d’un milliard de dollars – une somme qu’aucun homme n’avait jamais eue entre les mains avant lui – il a pourtant su tourner la page et consacrer le reste de sa vie – quarante ans ! – à la philanthropie. Sa fondation a joué un rôle considérable pour encourager l’éducation, les sciences sociales et la recherche médicale : c’est grâce à elle notamment qu’on a pu mettre au point le vaccin contre la fièvre jaune. Outre un ensemble immobilier, commercial et artistique classé monument historique à New York, Rockefeller a laissé son nom à de nombreux projets qui ont bénéficié à l’ensemble de l’humanité. Et en l’occurrence une réhabilitation du storytelling qui a plus profité à l’homme qu’à son entreprise (Exxon aux États-Unis, Mobil au Royaume-Uni, Esso en France).

«Bill Gates voudrait bien que les gens le prennent pour Edison mais en fait c’est le nouveau Rockefeller» aurait déclaré un concurrent jaloux. Mais avec l’âge, il n’est pas certain que l’ancien patron du géant du logiciel n’apprécie pas tout le sel de cette comparaison. Lui qui se rêvait en génie de l’innovation est aussi passé du statut d’industriel le plus haï de son temps à celui de plus grand philanthrope de tous les temps. Prenant conscience du danger et alors que le débat faisait rage autour des pratiques anti-concurrentielles de Microsoft, son fondateur a commencé dès l’an 2000 à prendre du champ, à espacer ses apparitions et à laisser à son numéro 2 le soin d’engager sa firme sur de nouveaux chemins. Surtout, en bon storyteller, Gates a su s’inventer une nouvelle histoire personnelle, celle où après avoir rencontré l’amour avec sa directrice du marketing, il est devenu le plus grand philanthrope de tous les temps. Bien sûr, il s’agit là d’une légende dorée (sur tranche) mais ça marche et l’annonce en juin 2008 de son départ à la retraite n’a provoqué aucune réactions passionnelle.

Si les histoires du fondateur ou du patron emblématique ont été à un moment plaquées sur celle de l’entreprise, il faut, pour le bien de cette dernière, travailler à leur séparation, et ce, le plus en amont possible. Dans le meilleur des mondes, c’est au fondateur lui-même de réaliser cette scission quand elle n’est plus utile et avant qu’elle ne devienne préjudiciable. On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Plaquer l’histoire personnelle du fondateur sur celle de son entreprise présente des avantages en étant un véritable accélérateur de notoriété. Mais aussi des risques. Ces derniers peuvent être réduits et gérés. Dans l’absolu, c’est au créateur de prendre l’initiative de faire cesser la confusion des genres quand elle ne présente plus d’utilité.  C’est ce qu’a su faire Marcel Bleustein-Blanchet. Traumatisé par la déchéance de Boussac, l’homme le plus riche de France qui vit son empire s’écrouler sous ses yeux et mourut ruiné faute d’avoir su régler sa succession, le grand publicitaire a choisi et formé personnellement Maurice Lévy pour continuer la saga Publicis. Hélas, la leçon n’a semble-t-il pas porté : le même Lévy «ne supporte pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que lui qui existe» (Gorius & Moreau, «Les gourous de la com») et s’est appliqué à empêcher les talents de son agence de lui faire de l’ombre. Atteint par la limite d’âge en 2011,  il aurait dû confier les rênes à un successeur mais a obtenu de son conseil d’administration de pouvoir rester encore, sans nouvelle date butoir. Voilà qui va singulièrement compliquer la scission des histoires de Publicis et de son patron emblématique quand celle avec le fondateur s’était passée sans anicroche…

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En savoir +

Le storytelling – Réenchantez votre communication (Dunod, 2011)