Bonnet D'âne | le blog du storytelling

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Mark Zuckerberg, Cécile Duflot : quand l’habit fait le moine (et choque les grenouilles de bénitier)

Samedi 19 mai 2012

Il y a quelques jours, je consacrai un post au «hoodiegate», c’est-à-dire au supposé «scandale» de Mark Zuckerberg qui aurait «choqué» (que d’expressions entre guillemets tant tout cela est dérisoire) les financiers de Walt Street. Ces deux derniers jours, une autre polémique franco-française lui a succédé : Cécile Duflot en jean à l’Élysée, ce qui fait fulminer notamment Valérie Pécresse qui «assume d’être réac et (y voit) un manque de respect pour les institutions de la République».

Zucks et Duflot même combat ? Oui et non. Malgré les similitudes, le symbole n’est pas le même. Le patron de Facebook porte la tenue de sa génération et – de fait – elle présente encore un aspect transgressif (je mentionnais dans mon post l’assassinat raciste du jeune Trayvon Martin, abattu par un Latino parce qu’il postait une capuche). Elle est donc bien en partie destinée à choquer Wall Street. Mission accomplie.

LE JEAN, UN VETEMENT QUI A 150 ANS D’HISTOIRE

Il n’en va pas de même de la ministre de l’Égalité des territoires et du logement. Le jean ne présente plus l’aspect subversif qu’il avait encore à l’époque de James Dean ou de Marlon Brando (encore fallait-il alors lui adjoindre un t-shirt blanc !). Sauf à être âgé de plus de 70 ans (ou de s’appeler Valérie Pécresse), le jean droit, raisonnablement délavé, est désormais une pièce de vêtement aussi neutre et aussi classique d’un pantalon de costume ou qu’un tailleur. Il serait quand même stupéfiant qu’en 2012, la République se sente non respectée par un blue jeans en toile de Nîmes (denim).

Ceci dit, en France, il en faut peu pour choquer nos grenouilles de bénitier : un député en bleu de travail (pour rendre hommage à la classe ouvrière), un premier ministre en veste à col Mao (Jack Lang s’y était déjà frotté près de 30 ans plus tôt), une députée en pantalon (M. Alliot-Marie) etc. Personnellement, je m’interroge encore pour savoir si la République est moins respectée par une Cécile Duflot en jean ou par  Rachida Dati quand elle confondait les allées sablées de l’Élysée ou de Matignon avec le catwalk du dernier défilé Dior.

Pour finir sur Zucks, Le Figaro s’étrangle que le jeune PDG prodige préfère ressembler à ses clients plutôt qu’à ses financiers. C’est le contraire qui devrait aujourd’hui surpendre. Que ceux qui dirigent nos vies, dans la politique ou dans l’économie, nous ressemblent : qui s’en plaindra ?

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> Relire : Mark Zuckerberg ou le Petit Chaperon Gris.

Le New York Times : « Mais où sont passés les lecteurs, ces inconnus ? »

Mardi 17 avril 2012

J’ai enfin vu (mon retard à le visionner est en soi une indication de mon peu de motivation à me pencher sur la disparition des dinosaures modernes) « À la Une du New York Times« , le docu d’Andrew Rossi. Étrange documentaire qui n’a pas l’air de choisir ni sa thèse ni son camp jusqu’à un moment très avancé.

Curieux personnage aussi que David Carr, cet ancien junkie devenu éditorialiste, imbu de sa personne et donneur de leçons (il faut le voir couper la parole à ses interlocuteurs au téléphone : « I am The New York Times« ) que le réalisateur semble avoir eu le projet de suivre avant de bifurquer sur le sujet plus large de la révolution numérique qu’affronte le grand quotidien.

Un « blogueur-type » jeté en pâture à la rédaction

On dit parfois que « cordonnier est le plus mal chaussé » et on pourrait naïvement croire que la presse écrite, occupée qu’elle était à nous éclairer le monde (typologie storytelling de type dimanche), avait manqué de prescience la concernant. Mais non, on découvre ici que la rédaction connaît le monde 2.0 depuis longtemps, c’est juste qu’elle refuse ce monde, qu’elle le toise de toute sa hauteur et de sa morgue. « Depuis le temps qu’on annonce la mort de la presse, dans un siècle, nous en reparlerons« . Et de s’inquiéter que son contenu soit pillé par des internautes alors que la question que pose le blogueur engagé au sein du journal pour servir de cobaye (« pour comprendre les jeunes« ) et qui est regardé comme une bête curieuse, est : « quelle sera la valeur de l »information dans le monde qui vient ?« .

Le pire c’est que The Old Lady, comme on l’appelle, se retranche derrière sa rigueur journalistique (« vérifier ses infos, l’éthique, tout ça coûte cher« ) pour se croire invulnérable alors que, comme le montre le docu, deux des pires scandales des médias de ces dernières années (avec depuis, ceux de la presse britannique de Murdoch) sont issus des rangs du NYT : un journaliste qui faisait de faux articles sur l’Afghanistan et une autre qui a inventé de toutes pièces le danger irakien justifiant l’intervention américaine.

Tant d’arrogance choque constamment pendant le film. Mais rien autant que cet inconnu dont tout le monde parle mais que personne de la rédaction n’a semble-t-il jamais rencontré : le lecteur.

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P.S. Un moment amusant quand la chef de rubrique nécro, qui vient de se faire virer, rappelle le test d’embauche qu’on lui avait fait faire à son entrée au NYT : écrire sa propre notice nécrologique. Un bon exercice à faire pour nombre d’entre nous (qu’aimerions-nous qu’on dise de nous quand nous ne serons plus là ?).

«Papy fait de la résistance» ou ces patrons qui hésitent entre storytelling d’appropriation et storytelling de scission

Dimanche 26 février 2012

L’Express dénonçait récemment ces patrons du CAC40 qui s’accrochent à leur poste malgré la limite d’âge ou des résultats en berne. Ce n’est pas une spécificité française contrairement à ce que prétend le newsmag mais il est vrai que nos dirigeants d’entreprises aiment confondre leur histoire avec celle de leur boîte au-delà du raisonnable. J’ai traité ce sujet dans de nombreux posts mais aussi dans mon livre dont est extrait l’article ci-dessous.

Storytelling d’appropriation pour patron de droit divin

Peu de gens peuvent correctement identifier les différentes activités de Vivendi Universal, mais tout le monde connaissait la «success story» et la chaussette trouée de Jean-Marie Messier. Paradoxalement, la mort – souvent inattendue – du PDG emblématique est a priori plus facile à gérer que son départ (renvoi ou retraite) car elle peut créer un «choc salutaire», les forces vives de l’entreprise comprenant la nécessité impérieuse de s’engager dans une nouvelle histoire. Ainsi, l’assassinat de Georges Besse en 1986 par un commando d’Action Directe n’a pas eu de conséquences pour Renault. Il fallait avancer vite sur la voie de la privatisation et Raymond Lévy a su négocier ce nouveau chapitre de son histoire.

Et revanche, quand un PDG est démis de ses fonctions – ou même quand il part à la retraite – la séparation entre son histoire et celle de son entreprise est souvent difficile. En 2005, Patricia Dunn est contrainte de quitter la présidence de Hewlett-Packard, suite à un scandale d’espionnage. Lui succède Mark Hurd qui personnalise la communication du premier fabricant mondial d’ordinateurs autour de sa personne… jusqu’à sa démission brutale, suite à des accusations de notes de frais abusives en 2010. Du point de vue storytelling, la société a mis à la porte celui qui savait raconter les histoires et du coup, elle n’a plus rien à dire sur la sienne à ses clients et à ses collaborateurs alors même que la vision de son PDG n’a pu être accomplie jusqu’à son terme. Leo Apotheker, son troisième PDG en 6 ans, peine d’ailleurs toujours à la partager.

Dans le cas de Disney, l’arrivée en 1984 de Michael Eisner et Frank Wells, un duo à l’image des frères fondateurs (Walt le génie créatif, Roy le génie financier), a permis d’insuffler un second souffle à la maison de Mickey. Mais après la disparition accidentelle de Wells en 1994, la dérive autoritaire d’Eisner n’a pas pu être endiguée. Se mettant en scène dans les attractions comme dans les shows télévisés, empêchant tous les nouveaux talents d’émerger autour de lui, il a prétendu incarner l’entreprise comme le fondateur l’avait fait. Ses efforts pour s’approprier l’histoire de Disney, pour le personnifier, ont fini par peser sur la réputation du groupe tant l’homme s’est fait universellement détester. Roy E. Disney, fils de Roy O. et neveu de Walt, a su fédérer les actionnaires pour obtenir son départ. Depuis 2006, Bob Iger, ex numéro 2 de la chaîne ABC, est aux commandes financières et John Lasseter, Pixar, à celles de la création. Même s’il est souvent présenté dans les festivals comme «le nouveau Walt Disney», ce dernier reste attaché à Pixar et il ne prétend jamais «incarner» la globalité du groupe. Un nouveau chapitre du storytelling de Disney, plus serein, moins personnifié, semble à même de s’ouvrir.

Quel que soit le charisme du patron, le storytelling de personnification présente donc encore bien plus de risques que celui centré sur le fondateur. Un dirigeant ne pourra jamais «incarner» l’entreprise avec la même légitimité que celui qui l’a créée. D’ailleurs, elle ne portera jamais son nom et un jour, l’histoire devra continuer sans lui.

Storytelling de scission pour patron visionnaire

Pionnier de l’industrie du pétrole et fondateur de la Standard Oil Company en 1870, John D. Rockefeller a été l’homme le plus détesté de son temps. Il faut dire que l’arrogance dont il faisait preuve n’inspirait guère la sympathie mais, en cette époque d’avant l’invention des relations publiques, il s’en moquait royalement. En 1911, au terme d’une longue procédure juridique intentée par les autorités américaines, il a été jugé en situation de monopole et la Standard Oil a été démantelée en 34 sociétés. Dédommagé à hauteur de plus d’un milliard de dollars – une somme qu’aucun homme n’avait jamais eue entre les mains avant lui – il a pourtant su tourner la page et consacrer le reste de sa vie – quarante ans ! – à la philanthropie. Sa fondation a joué un rôle considérable pour encourager l’éducation, les sciences sociales et la recherche médicale : c’est grâce à elle notamment qu’on a pu mettre au point le vaccin contre la fièvre jaune. Outre un ensemble immobilier, commercial et artistique classé monument historique à New York, Rockefeller a laissé son nom à de nombreux projets qui ont bénéficié à l’ensemble de l’humanité. Et en l’occurrence une réhabilitation du storytelling qui a plus profité à l’homme qu’à son entreprise (Exxon aux États-Unis, Mobil au Royaume-Uni, Esso en France).

«Bill Gates voudrait bien que les gens le prennent pour Edison mais en fait c’est le nouveau Rockefeller» aurait déclaré un concurrent jaloux. Mais avec l’âge, il n’est pas certain que l’ancien patron du géant du logiciel n’apprécie pas tout le sel de cette comparaison. Lui qui se rêvait en génie de l’innovation est aussi passé du statut d’industriel le plus haï de son temps à celui de plus grand philanthrope de tous les temps. Prenant conscience du danger et alors que le débat faisait rage autour des pratiques anti-concurrentielles de Microsoft, son fondateur a commencé dès l’an 2000 à prendre du champ, à espacer ses apparitions et à laisser à son numéro 2 le soin d’engager sa firme sur de nouveaux chemins. Surtout, en bon storyteller, Gates a su s’inventer une nouvelle histoire personnelle, celle où après avoir rencontré l’amour avec sa directrice du marketing, il est devenu le plus grand philanthrope de tous les temps. Bien sûr, il s’agit là d’une légende dorée (sur tranche) mais ça marche et l’annonce en juin 2008 de son départ à la retraite n’a provoqué aucune réactions passionnelle.

Si les histoires du fondateur ou du patron emblématique ont été à un moment plaquées sur celle de l’entreprise, il faut, pour le bien de cette dernière, travailler à leur séparation, et ce, le plus en amont possible. Dans le meilleur des mondes, c’est au fondateur lui-même de réaliser cette scission quand elle n’est plus utile et avant qu’elle ne devienne préjudiciable. On n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Plaquer l’histoire personnelle du fondateur sur celle de son entreprise présente des avantages en étant un véritable accélérateur de notoriété. Mais aussi des risques. Ces derniers peuvent être réduits et gérés. Dans l’absolu, c’est au créateur de prendre l’initiative de faire cesser la confusion des genres quand elle ne présente plus d’utilité.  C’est ce qu’a su faire Marcel Bleustein-Blanchet. Traumatisé par la déchéance de Boussac, l’homme le plus riche de France qui vit son empire s’écrouler sous ses yeux et mourut ruiné faute d’avoir su régler sa succession, le grand publicitaire a choisi et formé personnellement Maurice Lévy pour continuer la saga Publicis. Hélas, la leçon n’a semble-t-il pas porté : le même Lévy «ne supporte pas qu’il y ait quelqu’un d’autre que lui qui existe» (Gorius & Moreau, «Les gourous de la com») et s’est appliqué à empêcher les talents de son agence de lui faire de l’ombre. Atteint par la limite d’âge en 2011,  il aurait dû confier les rênes à un successeur mais a obtenu de son conseil d’administration de pouvoir rester encore, sans nouvelle date butoir. Voilà qui va singulièrement compliquer la scission des histoires de Publicis et de son patron emblématique quand celle avec le fondateur s’était passée sans anicroche…

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En savoir +

Le storytelling – Réenchantez votre communication (Dunod, 2011)

Portrait d’une aberration anthropologique : Christian Vanneste

Mercredi 15 février 2012

Storytelling : derrière une grande haine se cache souvent une "folle" envie...

Imaginez qu’un député tienne ces propos :

«Les juifs sont partout dans la culture et dans les arts, c’est-à-dire dans tous les secteurs de la communication. Il y a des exemples célèbres, tout le monde les connaît. Il y en a même de plus en plus en politique, même à droite. Auparavant, ils étaient discrets mais aujourd’hui, ils sont au coeur du pouvoir. Vous aurez beaucoup de mal à rencontrer un journaliste qui ne soit pas favorable aux juifs

«Leur pouvoir encourage la propagation des légendes. Par exemple, la légende de la déportation des juifs. Il peut y avoir eu quelques règlements de compte mais il n’y a pas eu de phénomène massif de déportation de juifs en France. Au contraire, même, la moitié de ceux qui ont trouvé comment faire prospérer leurs petites affaires pendant l’Occupation étaient des juifs

«Bien sûr, il ne faut pas condamner les personnes privées mais se poser la question de l’intérêt de leur religion dans notre société. Si l’on accepte les pratiques des juifs, où s’arrêtera-t-on ? Que vont-ils faire à nos enfants ? Les laisser agir serait faire perdre à l’homme sa dignité d’être vivant.»

«Et puis, les juifs sont aisés  tandis que nos concitoyens, eux, travaillent dur. Ils s’enrichissent et se font la courte échelle entre eux. lls ne savent pas ce que c’est que la vraie vie des gens, comment pourraient-ils prétendre nous diriger ?»

«Enfin, si l’on prend un peu de hauteur, si l’on réfléchit comme je l’ai fait, du point de vue philosophique: les exigences des juifs ne sont-elles pas une aberration anthropologique ? Jean-Paul II et Benoît XVI  l’ont dit avant moi et je suis aujourd’hui rejoint par les meilleurs anthropologues : oui, les juifs et leurs exigences sont une aberration anthropologique qui nous menace, qui menace nos enfants et qui menace notre modèle même de société. Malheureusement, ils infiltrent de plus en plus la politique et ça m’inquiète. On n’en parle jamais car ce sont les médias qui font l’opinion et les médias sont inféodés au lobby juif

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Deux poids, deux mesures

Bien sûr, un tel député aurait aussitôt été exclu de son parti et ses propos lui vaudraient une mise en examen, ne serait-ce que pour son négationnisme. Sauf que Christian Vanneste – puisque c’est de lui qu’il s’agit dans une longue diarrhée verbale sur le site activiste chrétien Liberté Politique – n’a jamais dit «juif» mais «homosexuel» et ça, ça change tout. En France, on ne peut s’en prendre impunément à des minorités ethniques ou religieuses et c’est tant mieux. En revanche, on peut sans problème le faire avec les minorités sexuelles, comme pour les gays, sans que cela émeuve au-delà de leurs rangs.

Contrairement à ce que prétend Vanneste, le lobby homosexuel est un fantasme et c’est bien dommage. Car s’il existait, il n’aurait pas fallu une semaine pour que les propos abjects du député du Nord commencent à choquer. Il a fallu faire ce que je viens de faire (remplacer «homosexuel» par «juif») pour que sa famille politique commence enfin – aujourd’hui seulement ! – à se scandaliser.

Coutumier du fait

L’homophobe patenté n’en était pourtant pas à sa première saillie (cf. ci-dessous le florilège de ses propos passés). Le voici désormais privé d’investiture pour les prochaines législatives et même menacé d’exclusion ? Attendons de voir car en la matière, seules les actions parlent, pas les mots…

http://www.dailymotion.com/videoxblbjj

En attendant, contrairement aux autres députés hétéros qui livrent moult détails sur leur femme et leurs enfants, la notice du Who’s Who de Christian Vanneste est curieusement vide à ces rubriques. Pourvu qu’il n’ait rien à cacher…

Free Mobile, 15 jours plus tard : de Mars à Mercure

Jeudi 26 janvier 2012

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec ses annonces chocs, Free Mobile a secoué le cocotier des opérateurs. Alors, Xavier Niel nouveau Steve Jobs ? Plutôt un storytelling à la Michel-Édouard Leclerc, voire à la Bill Gates selon l’analyse que j’en tire sur Darkplanneur.

La réponse des concurrents s’est faite en trois temps. Le lobby Orange/SFR/Bouygues a d’abord fait monter au créneau Bercy. Pour le Ministère des Finances, plus de pouvoir d’achat au consommateur, c’est moins de rentrées fiscales et donc plus d’impôt pour l’électeur. La démonstration est limpide, non ? Évidemment, n’y voyons aucun rapport avec le fait que Stéphane Richard était le dircab de Christine Lagarde et que la courroie de transmission n’a d’évidence pas été coupée.

Le besoin constant d’idiots utiles

Ensuite, ce sont les syndicats qui sont priés de jouer les idiots utiles (le terme vient du marxisme historique). Là encore, il faut complexer les consommateurs soucieux de leur pouvoir d’achat. C’est un drame social qui se prépare si Free prend des parts de marchés à ses concurrents. Car, c’est bien connu, nous payons aujourd’hui la qualité de formation d’employés tous à notre service: ceux-là même qui attendent 1/4 d’heure avant de décrocher, qui vous font répéter votre problème 5 fois en 5 minutes parce qu’ils vous baladent d’interlocuteur en interlocuteur et qui, à la fin, vous disent d’appeler la hotline d’Apple (où l’on règle en effet votre problème plus vite et plus efficacement)…

Dans un troisième temps, enfin, la bande des trois prend la parole. Stéphane Richard (Orange) est très remonté. Florilège: «Free manque d’élégance», «L’annonce de Free a provoqué dans nos boutiques une vague de comportements agressifs» ; «Nous avons construit un des meilleurs réseaux. Free est d’accord puisqu’il nous le loue !» etc. Les autres ne sont pas en reste selon Challenges : SFR («Free Mobile n’innove pas»), Bouygues («Ce tarif social est scandaleux»).

Avec des amis comme ça, Free n’a pas besoin d’ennemis

Mais la meilleure réponse à l’offre de Free (du point de vue des concurrents) vient sans doute de Free lui-même. L’opérateur se révèle une nouvelle fois incapable de gérer le buzz qu’il a créé. Des trolls – ses propres idiots utiles – qu’il encourage sur les pages de ses concurrents (et l’excellente gestion qui en a été faite par le CM de Bouygues) à l’incapacité à suivre le précepte de de Gaulle : «L’intendance suivra». Chez Free, elle ne suit manifestement pas. Ce qui donne au moins en partie raison aux concurrents qui prédisaient : «Si les clients Free sont déçus ils peuvent revenir». Entre ceux qui n’ont pas reçu leur carte sim, qui l’ont reçue mais n’arrivent pas à la faire fonctionner et ceux qui soupçonnent un mauvais déploiement de la couverture réseau…

Bilan, si 78% des Français se disaient dans un premier temps prêts à quitter leur opérateur, ils ne sont plus que 27% à l’affirmer encore après deux semaines. Si Free Mobile s’empare de ce quart du marché, ce sera objectivement une réussite. Mais pas celle ni annoncée ni espérée.

En matière de storytelling, Free a joué la carte de la typologie narrative du mardi (Mars, le dieu de la conquête guerrière) mais la blitzkrieg n’a pas suffi. On est maintenant dans une guerre de tranchées et le nouvel entrant a besoin de maintenir la confiance avec ses consommateurs, donc de passer à une typologie du mercredi (de Mercure, proximité, réassurance). Une approche qu’il n’a jamais très bien maîtrisée.

L’histoire « officielle » ou l’imposture intellectuelle

Mercredi 21 décembre 2011

Waterloo : défaite ou victoire ? fin d'un rêve ou début d'une libération des peuples ? Cela dépend évidemment selon qu'on se place du point de vue français ou de celui du reste du monde...

Ainsi, au nom de la loi, il deviendrait impossible de «nier des faits historiques». Cette proposition électoraliste destinée initialement à obtenir les votes de la communauté française d’origine arménienne, irait donc bien au-delà de la «simple» reconnaissance des massacres perpétrés par les Turcs en 1915 et que personne de sérieux de conteste chez nous. Est-ce le rôle du politique dans une démocratie que de forcer «sa» propre lecture de l’histoire ? Et ce, d’autant plus que les faits incriminés se sont déroulés ailleurs que sur le territoire national ?

On ne fait jamais l’histoire «de…» mais toujours «au service de..

Cette question de la «fabrique de l’histoire» (pour reprendre le titre d’un célèbre programme de France Culture) est centrale et j’y consacre un chapitre dans mon livre «Storytelling – Réenchantez votre communication». C’est que le storytelling n’est pas une histoire de l’entreprise mais une histoire au service de l’entreprise. Et cette distinction vaut aussi pour l’Histoire avec un grand «H». Les faits sont plus ou moins indiscutables – en réalité, ils le sont plutôt «plus» que «moins» d’ailleurs – mais leur présentation, la morale qu’on en tire varient avec le temps.

Louis XIV emmenait ses historiographes Boileau et Racine avec lui sur les champs de bataille pour qu’ils fassent de l’histoire en direct… et à sa gloire. Au 19e siècle, les Michelet, Lavisse et consorts ont «inventé» (le terme est à peine exagéré) Vercingétorix puis la spécificité d’une nation franque pour exalter le patriotisme face à l’ennemi déjà héréditaire, l’Allemagne (avant Montebourg !). Au 20e siècle, les tenants des Annales ont proposé une vision marxiste anti-grands hommes et ne voyant dans les grandes évolutions que le résultat de l’intelligence des peuples, l’intelligence collective (avant le 2.0 !).

Une histoire modeste

Alors, quelle histoire pour le 21e siècle ? Rien ne l’illustre mieux que la parution d’une nouvelle «Histoire de France» en 13 volumes chez Belin, supervisée par Joël Cornette (vidéo de présentation ici), un évènement éditorial. Plus modestes que leurs prédécesseurs, les rédacteurs consacrent près d’un quart de chaque volume à ce qu’ils nomment «L’atelier de l’historien» : un dossier avec leurs sources, leurs hypothèses et leurs controverses afin que «chaque lecteur puisse, précisément, s’approprier sa propre histoire». L’heure n’est plus aux vérités absolues mais au débat d’idées, comme pour l’actu. L’histoire est en réalité aussi vivante – et controversée – que les news du jour.

Prétendre décider par la loi de ce qui s’est passé ou pas – chez nous ou chez les autres  - n’est donc pas seulement une stupidité. C’est aussi le signe d’une imposture intellectuelle. Parce que «une société qui ne s’interroge pas sur son histoire, sur son passé, est, d’une certaine manière, une société sans avenir» (J. Cornette). Et cela dépasse largement le cadre du storytelling.

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P.S. Je n’ai pas traité dans mon post du cas particulier du négationnisme de la Shoah et de la loi Gayssot qui ne ressortent pas selon moi de ce débat. Mais nous pouvons en discuter, amis lecteurs !

Apple et IKEA maltraités par Arte, Renault et Citroën bien traités par France 3

Lundi 19 décembre 2011

Il y a quelques jours, Arte a décortiqué deux méta-marques: Apple («La dictature du cool») et IKEA. En même temps, le mec qui fait un reportage parce qu’à cause d’Apple, il a des trous à ses chaussettes (et que sa copine l’a quitté), c’est du gonzo journalisme.

Que ce ne soit pas le but de la Théma d’Arte de servir la soupe à ces deux marques au nom de son habituelle détestation de la globalisation, on le conçoit. Que la chaîne ironise sur le culte qu’elles entraînent chez les « convertis« , passe aussi. Mais là, c’était différent, Arte moquait le mauvais goût des couches moyennes qui veulent le même iPhone ou la même étagère Billy.  Ces produits sont forcément kitsch puisqu’on peut se les procurer facilement. Ah, ce mépris du monde de la « Kultur » pour les masses, considérées comme des Bidochon en deçà du Rhin, des Biedermeier au-delà.

Quelques jours plus tard, Histoire Immédiate sur France 3 a consacré une excellent documentaire à «Louis Renault et André Citroën : la course du siècle». Ah, le plaisir d’entendre Josephine Baker chanter les mérites de Citroën ou de rappeler que cette marque est à l’origine des petites voitures jouets offertes aux enfants ! Plus sérieusement, on y apprenait que l’affrontement de ces deux géants nationaux est aussi celui de deux ingénieurs, l’un juif (André Citroën), l’autre collabo (Louis Renault, c’est évidemment plus complexe que ça mais enfin…). À travers un siècle de compétition, de concurrence (et finalement de respect mutuel), on en apprenait beaucoup sur la société française au long du 20e siècle. Un bon storytellnig est un storytelling qui se partage entre narrateurs et « narrataires« …

Au final, on n’en a guère appris sur Apple ou IKEA, on s’est juste moqué de ceux qui, forcément, sont trop incultes pour regarder Arte. À l’inverse, on a gagné en respect pour l’aventure industrielle de Renault et de Citroën. Avantage France 3.

RIP Kodak : l’être, l’avoir et le néant

Dimanche 2 octobre 2011

La révélation que Kodak aurait engagé un cabinet de restructuration (ou de liquidation ?) a entraîné le titre dans une spirale infernale. Dans mon livre, j’annonçais cette chute selon moi inéluctable (et je l’opposais à la façon dont IBM a su se réinventer). L’article ci-dessous revient sur la façon dont Kodak paie son aveuglement criminel face à la montée du numérique et est extrait de «Storytelling – Réenchantez votre communication» (Dunod, 2011).

Patron en avance sur son temps – il a notamment inventé le principe de la prime sur objectifs -, George Eastman (1854-1932) a également été un grand philanthrope qui a distribué la moitié de sa considérable fortune de son vivant. Comble de l’ironie, il a inventé la photographie accessible au grand public alors que lui-même ne supportait pas d’être pris en photo : il voulait en effet pouvoir continuer à se promener sans être reconnu dans la rue. C’est en 1881 qu’il a fondé l’entreprise qui porte encore son nom, la Eastman Kodak Company (à l’origine Eastman Dry Plate Company). Le mot «Kodak» lui-même a été choisi quelques années plus tard parce qu’il se prononçait facilement dans toutes les langues et ne signifiait rien d’offensant dans aucune. Ce choix d’un nom «vendeur» illustre un des talents d’Eastman : celui d’un des plus brillants publicitaires de son temps : «Kodak Girl» pour représenter la marque, premiers panneaux d’affichage géants, premiers slogans de l’ère de la pub moderne. «Vous appuyez sur le bouton, Kodak s’occupe du reste», c’est George Eastman en personne qui l’a trouvé.

Au 21 siècle, il n’existe plus de rente de situation

Mais tout a une fin. Pensant disposer d’un monopole de droit divin sur la photographie grand public, Kodak s’est arrogé celui de freiner l’innovation chez ses concurrents à coups d’avocats et d’injonctions. Notamment avec un procès épuisant qui a duré des années contre Polaroïd, coupable d’avoir voulu changer les règles du jeu avec ses appareils à développement instantané. Pourquoi innover et aller de l’avant quand on dispose d’une rente de situation éternelle ? Justement parce qu’aucune rente n’est éternelle… Pendant ce temps, la photo argentique était de toute façon déjà condamnée : le numérique se profilait à l’horizon. À la fin du 20e siècle, les familles avaient changé, pas la façon dont Kodak s’adressait à elles avec des campagnes de pub de plus en plus mièvres (à la notable exception du marché français et de la saga des Kodakettes, signée par Jean-Paul Goude). Ces dernières années, Kodak avait déjà dû «s’alléger» de 60% de ses effectifs et d’une bonne partie de ses réserves monétaires. La marque peine néanmoins à retrouver un cash flow convenable et surtout, elle n’a plus aucune «vista». Elle s’est recentrée sur le service aux professionnels et sur les appareils photographiques numériques grand public où elle n’est qu’un acteur parmi d’autres… et en concurrence désormais avec le premier smartphone venu.

À quel moment l’histoire de Kodak s’est-elle mise à bégayer, puis à dérailler ? En fait, dès que l’entreprise s’est prise pour un fabricant d’appareils photo et de pellicules. Son positionnement était centré sur ses produits, au cycle de vie forcément mortel, au lieu de l’être sur son storytelling. Sur le site de Kodak, on peut pourtant trouver cette citation de George Eastman dont le groupe aurait pu s’inspirer à bon escient : «Ce que nous faisons pendant les heures de travail détermine ce que nous avons ; ce que nous faisons pendant les heures de loisirs détermine ce que nous sommes». En simplifiant la vie de ses clients pendant leurs heures de loisirs, Kodak les aidait à être plutôt qu’à avoir et donnait du sens à leur vie. Kodak a aidé à créer et à conserver ses souvenirs. Autant d’histoires qui ne sont pas mortes mais qui ne s’incarnent plus nécessairement dans des albums photo. «Sic transit gloria mundi»…

> Petits personnages devenus mythiques créés pour le marché français. En 1999, Kodak était le parrain de «Chérie, j’ai rétréci le public», attraction en 3D à Disneyland Paris. Lorsqu’il a été question du film qui serait projeté dans la salle d’attente avant l’ouverture des portes de l’attraction proprement dite et supposé mettre en valeur le sponsor, les créatifs ont proposé d’utiliser les fameuses héroïnes de Jean-Paul Goude. Mais les responsables marketing américains et européens de Kodak n’étaient pas du tout à l’aise avec cette idée : «Il n’y a que vous les Français pour valoriser ainsi des «voleurs» de couleurs ! Les Kodakettes sont trop segmentantes pour le public européen». Bien sûr, au final, c’est un diaporama tout ce qu’il y a de consensuel (et d’ennuyeux) qui a été retenu. J’ai assisté à ces scènes.

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(c) Dunod, 2011

Éditeurs : la fin du livre n’est rien, c’est la fin de la lecture qui vous menace

Samedi 17 septembre 2011

> Dessin de Dave Simonds, paru dans The Economist : econ.st/r9HkSI

Les éditeurs ont peur de revivre avec le passage du livre au numérique le traumatisme vécu par celui de l’industrie du disque. Ils ont raison et tort, pour eux ce sera bien pire car la fin du livre ne fait que préfigurer la fin de la lecture. Sauf si…

Une conférence à l’université de Lausanne posait récemment la question : «Qu’y aura-t-il après le livre ?» (elle est podcastée ici). C’est un débat d’éditeurs mais pour les lecteurs, la question est à la fois bien et mal posée. Certes, si l’on regarde le précédent de la musique (La Tribune présente ici une infographie édifiante pour se donner des frissons), il y a de quoi effrayer l’industrie de l’édition : la mort du CD, largement entamée, n’est toujours pas compensée par la montée en puissance des ventes numériques.

De ce point de vue, les éditeurs papier ont raison de craindre la baisse de revenus quand ils ne vendront plus que des ebooks. Et la solution du patron de Stock, Jean-Marc Roberts, «appliquer un lieu de vente unique du livre (la librairie «en dur») comme on a appliqué un prix de vente unique» est évidemment une stupidité. Mais le vrai problème est de toute façon ailleurs.

Le marché de la musique n’est pas un modèle pour le marché du livre

Car si l’on se place du point de vue du consommateur, de l’amateur de musique, alors on vit un nouvel âge d’or : accès à tous les titres ou presque (payants ou pas), artistes nés sur Internet ou en exploitant les potentialités nouvelles (ainsi Björk a composé son nouvel album sur iPad ou «avec une manette Nintendo» et en révèle un à un les titres dans des applis particulièrement innovantes), artistes qui sont par ailleurs contactables directement via leur myspace ou twitter, et concerts plus nombreux que jamais (depuis que les disques ne se vendent plus) etc. Le marché de la musique n’est pas mort, il bande encore et bien ! Ce sont les majors du disque qui sont à la peine.

Malheureusement, ce modèle n’est pas exportable tel quel pour l’édition. Car au-delà du manque à gagner sur le papier, la disponibilité prochaine de toute la littérature mondiale (le rêve de Jorge Luis Borges) s’accompagnera parallèlement de la disparition de l’envie de lire (le cauchemar d’Umberto Eco). Les gros lecteurs, les baby boomers, sont de moins en moins nombreux. L’envie de lire baisse chez les jeunes, à l’âge où l’on prend ses habitude de lecture pour la vie. Non qu’on ait affaire à une génération acculturée mais précisément parce que les fondamentaux de la culture ont changé : les magazines, films, les séries télé, les jeux vidéo en font partie au même titre que les livres.

La baisse de l’envie de lire n’est doc pas un problème de support, c’est un problème de temps disponible pour répondre à toutes les sollicitations culturelles ou «d’entertainment». The Economist citait récemment le cas d’IKEA qui anticipe déjà cet état de fait : ses nouvelles étagères de la série culte Billy sont dotées de portes vitrées. Dans un monde où les derniers livres seront avant tout des objets de décoration mobilière, il importera plus que jamais de les protéger de la poussière…

Passer enfin à la littérature 2.0…

Plutôt que de réagir en gros réac, Jean-Marc Roberts ferait donc mieux de se demander ce que seront les futurs auteurs qui feront vivre Stock (et les autres) demain. Des auteurs encore à l’école/au lycée/à la fac aujourd’hui mais qui grandissent dans le mélange des genres et ne se reconnaîtront plus dans le milieu de l’édition actuel, la rentrée littéraire, les vaches sacrées ayant accès aux médias, les compromissions avec les critiques etc. Ils n’envisageront pas non plus d’écrire sans pouvoir aussi y mettre de la musique, de la vidéo, des jeux, des interactions avec leurs lecteurs… De la littérature augmentée en quelque sorte qui pourra vivre sur plusieurs supports. Le transmedia annonce cette fusion entre les différents genres artistiques au profit de nouveaux objets, oeuvres, encore non nommés.

Pour les maisons d’édition (mais aussi les éditeurs vidéo, les producteurs de films… et les survivants de l’industrie du disque), plutôt que de se faire peur à évoquer l’inéluctable – comme si on pouvait le conjurer ! – il serait temps de sortir de leur pré carré et de commencer à réfléchir ensemble à un avenir commun…

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> Le livre papier, tellement low tech qu’il en devient hyper high tech dans cette vidéo espagnole :

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Apple vs. Mandarin : je choisis la pomme !

Samedi 9 juillet 2011

> L'Apple Store Opéra comme on ne le voit jamais : vide. À tout prendre, il ferait un meilleur hall d'entrée pour un palace que celui du Mandarin Oriental. Question service aussi...

Je raconte sur mon blog personnel consacré à l’histoire culturelle des desserts ma désastreuse expérience de la qualité de service du tout nouveau Mandarin Oriental où, entre autres avanies, j’ai perdu une demi-heure de ma vie pour me faire rembourser 16 € qui m’avaient été facturés par erreur. Les serveurs n’ont pas la possibilité de corriger eux-mêmes leurs erreurs, ils doivent attendre qu’un responsable des finances condescende à descendre (un vendredi après-midi, ce n’est pas évident !) de son bureau pour le faire.

> Le récit complet de ma mésaventure ici et .

Toute autre a été mon expérience à l’Apple Store Opéra. Il y a deux mois, de passage à Paris, j’avais acheté (à l’autre magasin de la marque, au Louvre) un accessoire qui s’est révélé inadapté. Le ticket de caisse précisait un retour possible jusqu’au 23 mai. Hier, je suis allé à la caisse, le vendeur me fait remarquer que la date est dépassée. «Oui, mais je suis de Toulouse où il n’y a pas encore d’Apple Store et je ne pouvais pas repasser plus tôt». «Ah très bien, pas de problème alors». Et il a procédé au remboursement immédiatement.

Voilà, toute la différence. D’un côté, on a un grand groupe d’hôtellerie qui ne fait pas confiance à ses employés pour régler une simple erreur de caisse et fait appel à une procédure particulièrement… procédurière. De l’autre, on permet aux caissiers d’un magasin de produits high tech de décider d’un geste commercial pour satisfaire un client de bonne foi. On appelle cela l’empowerment. Qui respecte le mieux les codes du luxe à votre avis ?

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Pour rire, je cite le site du Mandarin : « Vous pouvez emporter nos douceurs pour vous en régaler à la maison. Nous proposons également des emballages exclusifs si vous souhaitez les offrir en cadeau« . Voilà à quoi ressemble le transport des gâteaux dans un de ces emballages exclusifs…

32€ euros (payés 48€) de gâteaux gâchés par l'emballage. Merci Mandarin !