Bon Point | le blog du storytelling - Part 2

Archive pour la catégorie ‘bon point’

Profitez de la trêve des confiseurs pour plonger dans les archives du storytelling !

Mercredi 29 décembre 2010

> Le site dans le site : quelle mise en abyme ! ;-)

La Newsletter du storytelling existe depuis septembre 2008 et elle permet chaque mois de traiter l’actualité du storytelling et de faire le point sur un grand sujet. En 2008 : les marques automobiles regardent dans le rétroviseur, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le storytelling, la réponse storytelling à la crise, storytelling des collectivités. En 2009, la problématique du fondateur, les trois âges du marketing, les histoires sont-elles éternelles ?, vive la «néostalgie» !,  êtes-vous une entreprise de type Zeus ou Athéna ?, Héphaïstos ou Aphrodite ?, Poséïdon Apollon ou Dionysos ?, préparer l’après-crise, sérendipité ou quand le hasard fait bien les choses, sérendipité ou comment retrouver le plaisir de la découverte, les forces faibles. En 2010, la colligation ou comment penser hors-cadre, l’ABC du storytelling, prenez le parti des parties prenantes, le grand fail 2.0 de Nestlé, les limites de l’exemple Vuitton, l’iPad l’empire du désir, les 5 éléments clés d’un bon storytelling. Depuis septembre, nous avons commencé une série, un guide pratique du storytelling qui nous emmènera jusqu’en juin 2011 et dont les 3 premiers dossiers étaient consacrés aux entrepreneurs nouveaux narrateurs, le nouveau pouvoir des émotions et les limites du storytelling. Elle se poursuit ce mois-ci avec deux nouveaux articles (ces articles sont ensuite repris en version longue et avec de siens dans le blog).

Si je cite tous ces numéros passés, c’est parce que je suis souvent interpellé sur des sujets déjà traités et pour vous encourager – c’est un bon exercice – à vous extraire de la dictature de l’immédiat et à plonger dans les archives pour y trouver votre bonheur (ben, tiens !). Elles n’ont pas toujours bonne réputation : chez Disney, où j’ai travaillé dans une autre vie et qui en fait pourtant une formidable utilisation, les archives ont longtemps été surnommées… la «morgue» !

En tout cas, celles du storytelling comprennent déjà quelque 25 newsletters, 550 articles de fond sur le blog et 3800 tweets… «and counting» !

Je vous souhaite un bon Réveillon et à l’année prochaine !

Gap / Guerlain 2/2 : Ratages force G

Lundi 15 novembre 2010

En jargon 2.0, on appelle cela des «fails de com». Quelles leçons tirer de ces gros ratages dans le plan de communication ordinairement huilé de grandes marques comme Gap et Guerlain ?

> Lire ici la 1ère partie de l’article : Gap / Star Trek.

Jean-Paul Guerlain lui, était venu à la télé pour faire la promotion d’un ouvrage sur la création de ses parfums quand il a lâché une plaisanterie raciste : «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours travaillé mais enfin…». L’ancien PDG, qui n’a en réalité plus de rôle actif depuis presque 10 ans, s’est exprimé un vendredi et l’entreprise n’a réagi que le lundi suivant : autrement dit, il n’y a personne pour gérer les crises le week-end chez Guerlain ! Sur sa page Facebook, la condamnation a beau être sans ambiguitéNous voulons simplement que l’on retienne ceci : la société Guerlain ne ressemble en rien aux propos tenus par Jean-Paul Guerlain»), elle est devenue inaudible face aux menaces de boycott. Surtout que sa maison mère a été d’une incompréhensible discrétion dans cette affaire… Des manifestations (peu suivies) ont été montées devant la boutique des Champs-Élysées mais c’est d’Amérique que la menace risque de venir : pour nombre d’activistes, c’est l’occasion de s’en prendre à LVMH, une cible ô combien médiatique.

Sur le fond, la situation faite à Guerlain peut donc apparaître comme injuste. Après tout, ils ne sont guère coupables que d’un retard à l’allumage, non ? Non. Trois jours en temps 2.0 sont équivalents à trois mois dans l’ancien monde offline : une éternité. Et l’entreprise se contente de lister ses nombreux efforts pour favoriser la diversité : autrement dit, elle parle de ce qu’elle a fait non de ce qu’elle va faire. Au moins, est-elle descendue de son piédestal et tend-elle la main à ses fans sur Facebook : «Nous sommes à l’écoute de vos remarques et suggestions pour nous aider à traverser cette période difficile».

LE CONTRE-EXEMPLE : L’ORÉAL

En 2006, sa filiale Garnier a été condamnée pour «discrimination raciale à l’embauche». Tout en contestant cette décision, le groupe s’est aussitôt engagé dans une politique offensive en nommant un «directeur corporate diversité». Sur son site, on peut télécharger le rapport sur les avancées en la matière et vérifier régulièrement une série d’indicateurs en ligne. En communiquant en direct, L’Oréal n’est pas dans l’incantation comme Guerlain mais dans le registre de la preuve. Ce qui est beaucoup plus crédible.

Gap / Guerlain 1/2 : Ratages force G

Lundi 8 novembre 2010

Gap tout sens dessus dessous. Heureusement, dans le cas présent, il s'agit juste d'une présentation originale de ses vitrines, à Vancouver.

En jargon 2.0, on appelle cela des «fails de com». Quelles leçons tirer de ces gros ratages dans le plan de communication ordinairement huilé de grandes marques comme Gap et Guerlain ?

Gap rêvait sans doute d’une meilleure façon de fêter ses 40 ans. Plutôt que de s’attaquer au fond – les ventes baissent parce que ce n’est plus une marque cool – elle a préféré agir sur la forme : changer de logo pour changer d’image. Mais en découvrant le nouveau symbole, les fans se sont étranglés :  quoi, à l’époque du web participatif, on ne leur a pas demandé leur avis ! En quelques jours, la nouvelle a fait le tour des réseaux sociaux, souvent avec humour : ainsi a-t-on pu trouver un «générateur de logos moches» pour jouer à la mauvaise agence de design. Gap a réagi avec humilité et a invité les internautes à lui envoyer leurs propositions alternatives. Sans succès. Après quelques jours, l’entreprise s’est résignée à revenir à l’ancienne version du logo, tout en présentant ses excuses à la communauté.

L'ancien et, du coup, le nouveau logo de Gap. Un peu daté, certes, mais ne réveillez pas les fans qui somnolent...

Bonne nouvelle : cette affaire montre que Gap avait encore des fans. Mauvaise nouvelle : ces derniers, comme d’ailleurs tous les fans, sont allergiques au changement. Si la marque a bien réagi en faisant marche arrière, elle aurait surtout gagné à faire de la pédagogie en amont. Le logo aurait dû n’être que la cerise sur le gâteau de son renouveau, pas être sensé l’initier. Et de plus, sans concertation.

> Le nouveau et, du coup euh, déjà l'ancien logo.

LE CONTRE-EXEMPLE : STAR TREK

Cette franchise prestigieuse qui dure depuis 55 ans avait fini par péricliter à cause de ses «trekkies» de moins en moins nombreux mais de plus en plus intégristes. Plutôt qu’une énième aventure, le producteur/réalisateur J.J. Abrams a choisi de revenir aux sources et retrouver l’esprit pionnier (l’amitié de Kirk et Spock). Dans une série de débats et de forums deux ans avant la sortie du film, il a assuré les fans hardcore qu’il respecterait les codes de la marque mais qu’il ferait avant tout une oeuvre accessible au grand public. Il a ensuite écrit son film seul, en s’assurant néanmoins du concours d’un des auteurs de la série originale. Le succès de Star Trek a été au rendez-vous, aidé par le bouche-à-oreille (pointue) de tous les trekkies.

> À suivre : le fail de Guerlain et le contre-exemple de L’Oréal

Palace or not palace ?

Lundi 1 novembre 2010

Qu’est-ce qu’un «palace» demandait récemment le magazine Challenges ? Le Fouquet’s Barrière revendique ce terme depuis son ouverture, une notion pourtant intimement liée à la longue histoire d’établissements parisiens comme les Bristol, Crillon, George V, Meurice, Plaza Athénée et Ritz…

Le secrétariat d’État au tourisme voudrait donc codifier officiellement ce terme et imposer une période d’observation de 5 ans avant de pouvoir se prévaloir cette appellation.  Un avantage compétitif pour le Fouquet’s Barrière (qui va justement avoir 5 ans !) sur les futurs Mandarin Oriental, Peninsula et Shangri-La qui vont ouvrir entre 2010 et 2012. On ne saurait pourtant lui reprocher une quelconque usurpation : outre l’histoire réelle de la brasserie classée et celle de la famille Barrière présente jusque dans la déco, on est aussi «palace» parce qu’on s’affirme tel.

Un peu comme Mickey qui sort des films instantanément estampillés «classique Disney». Si vous voulez qu’on vous accole plus tard un titre ou un qualificatif prestigieux, n’attendez pas qu’on vous en trouve un (qui ne sera peut-être pas très flatteur !) : commencez par le faire vous-même. En communication, c’est d’une efficacité redoutable. La preuve ? À chaque catastrophe aérienne qui la touche, Air France communique en accolant quasi systématiquement à son nom l’expression « une des compagnies aériennes les plus sûres au monde« … qui est reprise sans commentaire (ni mise en doute… ni enquête) par la plupart des médias français ! Depuis Homère et son Ulysse toujours « aux mille ruses« , les recettes sont les mêmes…

À peine sorti, "La Princesse est la Grenouille" est promu classique - et même "grand classique" ! - au même titre que "Blanche-Neige et les 7 Nains". -

Guerlain, le parfum du scandale 2/2

Samedi 23 octobre 2010

Après les propos de Jean-Paul Guerlain, on n'est décidément "trahi" que par les siens. L'homme est un loup pour l'homme...

Ce post fait suite à Guerlain, le parfum du scandale 1/2

Suite aux propos racistes de son ancien dirigeants, la Maison Guerlain a présenté ses excuses. Ceci dit, la polémique ne montre aucun signe de faiblesse. Et ce pour au moins deux raisons.

La première est que Guerlain n’est plus une maison familiale : depuis 1994, c’est une filiale du leader mondial du luxe, LVMH, dont le silence semble un peu assourdissant. Or, le parfumeur est relativement peu présent hors de France et son internationalisation n’a rien à voir avec celles d’autres marques du groupe comme Vuitton ou Dior. Aux États-Unis notamment, la colère des associations activistes est en train de se retourner contre la maison-mère. LVMH se défend de tout retard à l’allumage en indiquant considérer que les excuses de sa filiale étaient suffisantes. C’est trop peu trop tard : la ville de Montpellier vient déjà d’annuler une manifestation culturelle autour de Guerlain la semaine prochaine et une manifestation est prévue ce jour (samedi) devant la boutique des Champs-Élysées. La machine s’emballe…

La seconde figure dans le communiqué : «Ceux d’entre vous qui connaissent la société de l’intérieur savent à quel point ces propos sont aux antipodes de la réalité de l’entreprise, faite de diversité, de tolérance et d’enrichissement mutuel». Mais le grand public, lui, ne connait pas de l’intérieur la Maison, cette phrase sonne donc relativement creux (ce qui ne signifie pas qu’elle soit fausse). Si des valeurs comme la diversité, la tolérance et l’enrichissement mutuel figurent vraiment dans l’ADN de Guerlain, elles ne se décrètent pas, elles se prouvent. Comme je l’ai écrit récemment, «C’est comme en amour. Il n’y a pas de storytelling, il n’y a que des preuves de storytelling».

IL FAUT MAINTENANT PASSER DE LA RÉACTION À L’ACTION

Il appartient donc à Guerlain – et au-delà à LVMH – de passer à l’offensive et d’agir. Quelles pistes envisager ? Très clairement, le thème de la continuité familiale qui faisait partie de l’ADN de l’entreprise est à abandonner en ce moment. Dans les autres constituants de son storytelling, il y a le fait que Guerlain est le dernier grand parfumeur à utiliser des essences naturelles. Tous les champs d’arômes, de fleurs, d’épices de Madagascar ou d’Inde qui appartiennent à la Maison sont-ils équitablement récoltés ? Cela contribue-t-il au développement durable des pays et particulièrement des populations concernées ? Si oui, il faut le dire, si non, il faut s’y engager. Des collaborateurs issus de la diversité illustrent-ils des parcours particulièrement réussis ? Peuvent-ils prendre la parole ? Enfin, LVMH doit nommer un responsable de la diversité au niveau du groupe pour prouver sa volonté d’être un élève modèle (confronté à un problème similaire, c’est ce qu’a fait L’Oréal, avec succès).

Bonne nouvelle en tout cas, la marque est descendue de son piédestal et en appelle à toutes les bonnes volontés : «Nous sommes à l’écoute de vos remarques et suggestions pour nous aider à traverser cette passe difficile». Sur Slate.fr, un contributeur (qui n’est autre que François Hollande !) «forme le vœu que la firme répare les propos de son ancien dirigeant, en se montrant plus qu’exemplaire en matière d’embauches, de promotions et de reconnaissance envers ses salariés, qui ont pu être blessés par ses mots; et que Guerlain réfléchisse à un prochain parfum qui porterait le beau nom d’‘Égalité’». Chiche ?

Guerlain, le parfum du scandale 1/2

Samedi 23 octobre 2010

Jean-Paul Guerlain a-t-il la nostalgie d'un temps où l'on faisait marcher les "nègres" à la baguette ?

Quand le parfumeur le plus prestigieux du monde trouve soudain son nom difficile à porter.  La réaction du groupe aux propos de son ancien dirigeant a-t-elle été la bonne et que doit-il faire maintenant alors que les menaces de boycott se précisent ?

Le naufrage d’un homme. En interview sur France 2, le parfumeur Jean-Paul Guerlain a tenu des propos racistes (cf. vidéo ci-dessous). Revenant sur la création de Samsara, il fait un «bon mot» : «Pour une fois, je me suis mis à travailler comme un nègre. Je ne sais pas si les nègres ont toujours tellement travaillé, mais enfin…»

Guerlain dérape en direct sur « les nègres »
envoyé par LePostfr. – L’info internationale vidéo.

Ce billet n’a pas pour propos de justifier ce dérapage, il est injustifiable. Il crée une légitime polémique. Audrey Pulvar notamment, s’en émeut, au nom de ses souvenirs d’enfance («vous dont l’un des parfums suffisait, à lui seul, à rassurer l’enfant que j’étais quand sa mère s’absentait, vous dont le nom m’a accompagnée, de mère en fille, de sœur en sœur, aussi loin que remontent mes souvenirs et dont je ne pourrai plus, jamais, porter la moindre fragrance») et son billet sur le site de France Inter vaut la peine d’être lu. Mon post n’a pas non plus pour but de critiquer les appels au boycott qui s’élèvent ici et là et qui gagnent l’Amérique. Réaction disproportionnée ou pas qui veut « se payer un grand groupe« , là n’est pas la question (ou plutôt ce n’est pas l’objet de ce blog) mais bien plutôt, quelle communication avoir dans ces moments là ?

Enfin, je ne reviens pas plus que nécessaire sur la mauvaise réaction d’Élise Lucet. Le community manager de France 2 m’a interpellé sur Twitter à ce sujet mais je maintiens mes propos. Par communiqué, la journaliste se déclare dans un premier temps «désolée de ne pas avoir réagi» – des regrets ne constituent pas des excuses – avant d’y revenir en plateau quelques jours plus tard en impliquant toute sa rédaction («nous sommes désolés»), comme si la faute était collective… Le CSA a finalement stigmatisé la chaîne pour «non maîtrise de son antenne».

LA PREMIÈRE RÉACTION DE GUERLAIN A ÉTÉ LA BONNE…

Non, le sujet de mon billet c’est l’attitude de Guerlain et de sa maison mère LVMH. Guerlain, le nom le plus prestigieux du secteur de la parfumerie de luxe (cf. l’article que j’avais consacré à leur storytelling il y a plusieurs années). Dans les médias, sur son site et sur sa page Facebook, l’entreprise a immédiatement réagi : «Jean-Paul Guerlain n’est plus salarié ni actionnaire de la société. Il n’en reste pas moins qu’il continue d’en porter le nom». Elle en condamne sans ambiguité les propos, qui «ne correspondent en rien aux valeurs de l’entreprise» et enfonce le clou : «Nous voulons simplement que l’on retienne ceci : la société Guerlain ne ressemble en rien aux propos tenus par Jean-Paul Guerlain».

Cette réaction était effectivement la seule à avoir dans un premier temps. J’ai beaucoup écrit sur ce blog sur la nécessité de séparer au plus tôt le storytelling du fondateur de celui de l’entreprise (en prenant pour exemples ou contre-exemples Bill Gates et Steve Jobs, ou encore Uderzo et Hergé). Faute de procéder à la scission assez tôt, «plus dure sera la chute» écrivais-je alors. Or, on ne peut accuser Guerlain en l’occurrence. Il y a deux ans, la maison a largement mis en scène le passage de relais entre Jean-Paul Guerlain et le nouveau nez Thierry Wasser : portraits croisés, conversations dans la presse etc. Il s’agissait de minimiser le fait que pour la première fois depuis 1828, la création des parfums ne serait plus le fait d’un membre de la famille. Sans doute personne ne s’attendait à ce que le vieil homme fasse, sur le tard, dans le cadre de la publication de ses mémoires, une sortie aussi honteuse…

Si la réaction de Guerlain a été la bonne dans un premier temps, elle n’est déjà plus suffisante aujourd’hui, la polémique ne montrant aucun signe d’essoufflement. Il faut maintenant passer de la réaction à l’action.

À suivre : Guerlain, le parfum du scandale 2/2

Xerox, acteur de l’économie de fonctionnalité et des histoires longues…

Mardi 24 août 2010

Depuis son invention par Xerox (aux USA, ce terme est d’ailleurs synonyme de photocopie), le photocopieur a déjà eu bien des usages différents, comme on peut le voir sur cette photo, vieux fantasme de nombre de salariés…

Plus sérieusement, Xerox a su transformer son modèle économique. Anticipant les changements sociétaux – nous allons vers de moins en moins de papier, vers de plus en plus de besoins de gérer notre environnement au travail -, l’entreprise s’est repositionnée et se présente désormais comme une «document management company». Alternatives Économiques consacre un intéressant article à ce passage «du produit au service».

On appelle aussi cela «l’économie de fonctionnalité» ou comment passer d’une économie de la vente (une transaction = une histoire courte) à une économie d’usage (une location ou abonnement = une histoire longue). Le Grenelle de l’Environnement a ainsi distingué trois acteurs de cette économie de fonctionnalité : outre Xerox (machines mutualisées, durée de vie accrue et recyclage des éléments), les bons élèves sont Elis et Michelin. Le premier pour sa location-entretien de vêtements de travail, le second pour son offre de gestion des flottes de pneus de poids lourds (Fleet Solutions).

Ces entreprises, en tout cas  Xerox et Michelin, anticipent ainsi le jour où il n’y aura plus ni papier ni pneu mais où il y aura toujours des documents et des besoins de mobilité. Le passage du produit au service est un thème récurrent de mon blog car très lié au storytelling : c’est toujours la même histoire qu’on raconte, mais le support change.

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PS : Un contre-exemple qui vient pourtant de Michelin. L’analyse par la Harvard Business Review du bide d’un de ses nouveaux pneus révolutionnaires, faute d’avoir pensé l’histoire vécue par le consommateur jusqu’au bout…

Earl of Sandwich 2/2 : Planet Earl

Jeudi 22 juillet 2010

> Suite de Earl of Sandwich : le sandwich qui vaut de Lord

En anglais, «earl» veut dire «comte». Mais «Earl» est aussi le nom de famille du vrai cerveau derrière le concept de Earl of Sandwich, Robert Earl.

Ce spécialiste de la restauration à thème, né en 1951, sait mettre son carnet d’adresses au service de ses affaires. Il a fait ses classes chez Hard Rock Café avant de fonder sa propre chaîne. Avec des actionnaires très médiatiques comme Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Bruce Willis et Demi Moore, ainsi que des accessoires tirés des plus grands films américains, Planet Hollywood a été l’un des grands succès des années 1990 avant que son étoile ne pâlisse. Il n’en reste aujourd’hui qu’une vingtaine dans le monde contre plus de 100 à leur apogée.

S’il agissait alors de créer une sorte de McDonald’s premium sur le thème du cinéma, c’est aujourd’hui le succès d’une autre chaîne de fast food, Subway, qui inspire le concept de Earl of Sandwich qu’on peut lire aussi bien comme «Comte de Sandwich» que comme «Earl & Sandwich»…

Earl of Sandwich 1/2 : Le sandwich qui vaut de Lord

Lundi 19 juillet 2010

On dit que «l’Histoire ne repasse pas les plats» mais il lui arrive heureusement de repasser les tartines ! Ainsi, Lord  Montagu, 4e comte de Sandwich (1718-1792) aurait pu passer à l’infamie pour avoir été l’amiral de la flotte qui a fait perdre à l’Angleterre la guerre d’indépendance de ses colonies américaines. Mais il est passé à la postérité pour l’invention d’un délice culinaire qui porte son nom.

Sa passion pour les cartes le gardant à la table de jeu pendant des heures, il en oubliait presque ses repas. C’est ainsi qu’un jour de 1762, son maître d’hôtel lui apporta une pièce de bœuf salé et du fromage, le tout entre deux tranches de pain afin de le sustenter. Le nom du domestique n’est pas resté dans l’histoire, au contraire de celui de son maître qui apprécia cette innovation culinaire. Il ne fut pas le seul, les autres joueurs réclamant bientôt : «la même chose que Sandwich». Et c’est ainsi qu’un nom propre est devenu commun.

De nos jours, John Montagu, 11e comte de Sandwich, et son fils cadet Orlando ont décidé de «récupérer» ce nom qui est le leur en fondant une chaîne de restaurants à thème, Earl of Sandwich dont le premier a ouvert à Walt Disney World en Floride. Le prochain est prévu à Disney Village, à Marne-la-Vallée. Dans une déclaration très storytelling, Sir John rappelle que «c’est nous qui l’avons inventé et nous en mangeons depuis 1762 ! Nous savons donc ce qu’est un bon sandwich». Rendez-vous en avril 2011 pour savoir si la promesse est tenue.

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> A suivre : Robert Earl,  Planet Earl

L’iPad 2/2 : l’iPad ne sera pas le iMessie de la presse écrite

Mercredi 9 juin 2010

La presse écrite attendait la tablette d’Apple comme jadis Moïse celles de la Loi. Elle y voit  en effet un début de solution à sa crise en réintroduisant le principe des abonnements payants. À nouveau format, nouvelle tarification. Ce sera un peu plus compliqué que cela ne serait-ce que parce la navigation web (gratuite) est si fluide sur l’iPad qu’il faudra de sérieux arguments pour nous convaincre de payer pour le format sur appli.

Le Monde a ouvert le bal avec… une appli repoussoir ! Le simple téléchargement de l’appli est payant (0,79€), comme si dans un journal, on vous faisait payer pour accéder à la page des abonnements… La déception est d’autant plus grande quand on réalise que le quotidien est ensuite accessible comme un simple fichier PDF. Même son format déborde les limites de l’écran ! À déconseiller totalement. Libération procède plus intelligemment avec une appli gratuite (c’est bien le moins) et la consultation des journaux «offerte» (et non «gratuite», la différence fait sens) pendant plusieurs semaines grâce à un partenariat avec Diesel. Rares cependant sont les sites à avoir réinventé pour l’occasion leur navigation, à l’instar du magazine américain Wired et, plus modestement Paris Match ou Géo en France.

Mais toutes pèchent en matière de web 2.0: où est l’interactivité, la possibilité de commenter un article, de ne s’abonner qu’à la section du magazine qui nous intéresse etc. ? Comme si les éditeurs de presse ne rêvaient secrètement que de revenir au bon vieux temps d’avant Internet quand les lecteurs savaient rester à leur place, bien passifs…

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