Bon Point | le blog du storytelling

Archive pour la catégorie ‘bon point’

Free Mobile, 15 jours plus tard : de Mars à Mercure

Jeudi 26 janvier 2012

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’avec ses annonces chocs, Free Mobile a secoué le cocotier des opérateurs. Alors, Xavier Niel nouveau Steve Jobs ? Plutôt un storytelling à la Michel-Édouard Leclerc, voire à la Bill Gates selon l’analyse que j’en tire sur Darkplanneur.

La réponse des concurrents s’est faite en trois temps. Le lobby Orange/SFR/Bouygues a d’abord fait monter au créneau Bercy. Pour le Ministère des Finances, plus de pouvoir d’achat au consommateur, c’est moins de rentrées fiscales et donc plus d’impôt pour l’électeur. La démonstration est limpide, non ? Évidemment, n’y voyons aucun rapport avec le fait que Stéphane Richard était le dircab de Christine Lagarde et que la courroie de transmission n’a d’évidence pas été coupée.

Le besoin constant d’idiots utiles

Ensuite, ce sont les syndicats qui sont priés de jouer les idiots utiles (le terme vient du marxisme historique). Là encore, il faut complexer les consommateurs soucieux de leur pouvoir d’achat. C’est un drame social qui se prépare si Free prend des parts de marchés à ses concurrents. Car, c’est bien connu, nous payons aujourd’hui la qualité de formation d’employés tous à notre service: ceux-là même qui attendent 1/4 d’heure avant de décrocher, qui vous font répéter votre problème 5 fois en 5 minutes parce qu’ils vous baladent d’interlocuteur en interlocuteur et qui, à la fin, vous disent d’appeler la hotline d’Apple (où l’on règle en effet votre problème plus vite et plus efficacement)…

Dans un troisième temps, enfin, la bande des trois prend la parole. Stéphane Richard (Orange) est très remonté. Florilège: «Free manque d’élégance», «L’annonce de Free a provoqué dans nos boutiques une vague de comportements agressifs» ; «Nous avons construit un des meilleurs réseaux. Free est d’accord puisqu’il nous le loue !» etc. Les autres ne sont pas en reste selon Challenges : SFR («Free Mobile n’innove pas»), Bouygues («Ce tarif social est scandaleux»).

Avec des amis comme ça, Free n’a pas besoin d’ennemis

Mais la meilleure réponse à l’offre de Free (du point de vue des concurrents) vient sans doute de Free lui-même. L’opérateur se révèle une nouvelle fois incapable de gérer le buzz qu’il a créé. Des trolls – ses propres idiots utiles – qu’il encourage sur les pages de ses concurrents (et l’excellente gestion qui en a été faite par le CM de Bouygues) à l’incapacité à suivre le précepte de de Gaulle : «L’intendance suivra». Chez Free, elle ne suit manifestement pas. Ce qui donne au moins en partie raison aux concurrents qui prédisaient : «Si les clients Free sont déçus ils peuvent revenir». Entre ceux qui n’ont pas reçu leur carte sim, qui l’ont reçue mais n’arrivent pas à la faire fonctionner et ceux qui soupçonnent un mauvais déploiement de la couverture réseau…

Bilan, si 78% des Français se disaient dans un premier temps prêts à quitter leur opérateur, ils ne sont plus que 27% à l’affirmer encore après deux semaines. Si Free Mobile s’empare de ce quart du marché, ce sera objectivement une réussite. Mais pas celle ni annoncée ni espérée.

En matière de storytelling, Free a joué la carte de la typologie narrative du mardi (Mars, le dieu de la conquête guerrière) mais la blitzkrieg n’a pas suffi. On est maintenant dans une guerre de tranchées et le nouvel entrant a besoin de maintenir la confiance avec ses consommateurs, donc de passer à une typologie du mercredi (de Mercure, proximité, réassurance). Une approche qu’il n’a jamais très bien maîtrisée.

Apple et IKEA maltraités par Arte, Renault et Citroën bien traités par France 3

Lundi 19 décembre 2011

Il y a quelques jours, Arte a décortiqué deux méta-marques: Apple («La dictature du cool») et IKEA. En même temps, le mec qui fait un reportage parce qu’à cause d’Apple, il a des trous à ses chaussettes (et que sa copine l’a quitté), c’est du gonzo journalisme.

Que ce ne soit pas le but de la Théma d’Arte de servir la soupe à ces deux marques au nom de son habituelle détestation de la globalisation, on le conçoit. Que la chaîne ironise sur le culte qu’elles entraînent chez les « convertis« , passe aussi. Mais là, c’était différent, Arte moquait le mauvais goût des couches moyennes qui veulent le même iPhone ou la même étagère Billy.  Ces produits sont forcément kitsch puisqu’on peut se les procurer facilement. Ah, ce mépris du monde de la « Kultur » pour les masses, considérées comme des Bidochon en deçà du Rhin, des Biedermeier au-delà.

Quelques jours plus tard, Histoire Immédiate sur France 3 a consacré une excellent documentaire à «Louis Renault et André Citroën : la course du siècle». Ah, le plaisir d’entendre Josephine Baker chanter les mérites de Citroën ou de rappeler que cette marque est à l’origine des petites voitures jouets offertes aux enfants ! Plus sérieusement, on y apprenait que l’affrontement de ces deux géants nationaux est aussi celui de deux ingénieurs, l’un juif (André Citroën), l’autre collabo (Louis Renault, c’est évidemment plus complexe que ça mais enfin…). À travers un siècle de compétition, de concurrence (et finalement de respect mutuel), on en apprenait beaucoup sur la société française au long du 20e siècle. Un bon storytellnig est un storytelling qui se partage entre narrateurs et « narrataires« …

Au final, on n’en a guère appris sur Apple ou IKEA, on s’est juste moqué de ceux qui, forcément, sont trop incultes pour regarder Arte. À l’inverse, on a gagné en respect pour l’aventure industrielle de Renault et de Citroën. Avantage France 3.

Jeux vidéo : le temps de la reconnaissance

Dimanche 20 novembre 2011


Succès mérité pour l’expo «Game Story – Une histoire du jeu vidéo» au Grand Palais. Déjà, l’an dernier – en moins ambitieux néanmoins – «MuséoGames» au CNAM avait ouvert la voie à cette reconnaissance muséale.

Exposer les jeux vidéo – et leur histoire – dans des lieux aussi prestigieux est un début de consécration pour tous ceux qui se sont battus depuis des années contre le mépris des pouvoirs publics et des tenants de la «Kultur» officielle. De la même façon, au Grand Palais également, 5 ans plus tôt, l’expo «Il était une fois Walt Disney – Aux sources de l’art des studios Disney» avait accompli le même prodige de «légitimer» un autre «art populaire» (vs. les Beaux-Arts officiels), celui de l’animation.

Image de prévisualisation YouTube

Car il serait temps que considérer qu’à l’instar de la littérature et du cinéma qui sont certes des arts mais aussi des industries, les jeux vidéos sont une industrie (qui pèse plus lourd que les deux susmentionnées) mais aussi un art, et vice versa. Les héros de ces derniers valent bien pour notre génération ceux du papier et du grand écran pour nos parents. Et ils méritent la même reconnaissance. De toute façon, le transmedia est déjà en train de faire éclater les frontières artificielles entre tous les supports. Et sur nos tablettes, les personnages passeront de l’un à l’autre au gré du storytelling des créateurs. D’ailleurs, pour le PDG d’Ubisoft, Yves Guillemot, cité dans Challenges : «notre modèle, c’est Disney»

Mais tout n’est pas perdu pour les handicapés de l’ère numérique. La preuve ? Le catalogue de l’expo est sur papier, sans interactivité aucune. Game over pour la Kultur !

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> Coup de coeur pour Game Story : on peut prendre des photos et filmer sans restriction. Coup de gueule en revanche pour Des Jouets et des Hommes, l’autre expo au Grand Palais (vers laquelle je me refuse donc à faire un lien), qui les interdit avec la plus sévère stupidité. La jolie scénographie destinée à mettre en valeur jouets anciens et modernes est gâchée par le gardien qui a tenté de s’emparer de mon téléphone, tutoyé, saisi par la manche et a voulu m’expulser. Il s’agit en effet de protéger les ventes du catalogue (50€ !) en boutique… C’est un vieux combat que je mène et que je continuerai à menerv: si on n’utilise pas de flash, il n’existe aucune bonne raison pour qu’un musée national interdise la prise de photos. Notamment celle-ci et toutes les autres que j’ai prises et que je posterai sur mes blogs et sur les réseaux sociaux.

Après le livre ? Toujours des histoires !

Jeudi 27 octobre 2011

Éditeur qui n’a jamais été effrayé par les innovations technologiques et qui au contraire même, les a explorées et adoptées avec gourmandise depuis plusieurs décennies, François Bon signe ici un livre qu’il faut d’ailleurs lire dans son format iBooks ou Kindle (plutôt qu’au Seuil, en plus c’est bien moins cher !) pour en apprécier toute l’ironie et la saveur.

« Après le livre » est une suite de chapitres courts issus des réflexions de l’auteur sur son blog ou ailleurs (il explique d’ailleurs que notre esprit nous porte de plus en plus vers des formats courts, « distrayants », ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose).

Le livre va mourir…

Bon est un optimiste, la mort du livre n’effraie pas l’éditeur avant-gardiste qu’il est car il sait bien qu’auteurs et lecteurs se sont toujours rencontrés quel que soit le format de « l’objet » en question. Que le rouleau a cédé la place au codex puis au livre et aujourd’hui aux liseuses et tablettes. Et que de tous temps, les changements faisaient peur. Le livre regorge ainsi d’anecdotes croustillantes, comme Flaubert pensant que la littérature ne survivrait pas au passage de la plume d’oie à la plume en fer (car la plume faisait le style selon lui !). Mais aussi de visionnaires comme Martial au début de notre ère) appelant à la création du « livre de poche » pour pouvoir transporter toute sa bibliothèque sur soi !

… mais il y aura toujours des histoires à écrire

L’autre intérêt de ce livre est de nous rappeler que les vrais enjeux ne sont pas dans le contenant, ils sont dans le contenu. Flaubert avait tort de croire en la mort de la littérature, mais il avait raison de penser qu’on n’écrirait pas de la même façon si on n’avait plus à tremper sa plume d’oie dans l’encrier tous les trois ou quatre mots. Les conditions matérielles d’écriture (graver jadis, utiliser un logiciel de mise en page aujourd’hui etc.) ont créé des formes littéraires spécifiques. C’est ce débat qui devrait agiter les éditeurs aujourd’hui plus que celui de la disparition du livre imprimé. Plutôt que de se lamenter, les éditeurs ont la responsabilité de trouver les nouveaux auteurs, les jeunes artistes, qui vont réinventer la littérature « après le livre« .

Salutaire et passionnant.

Luxe : la jouissance est in, la possession est out

Jeudi 29 septembre 2011

> Il y a longtemps déjà que les stars ont tout compris : robes et bijoux leur sont prêtés pour la montée des marches. En précurseurs des tendances, elles savent bien qu’en matière de luxe, la jouissance importe plus que la possession...

Un rapport de Xerfi estime que le luxe, traditionnellement résistant, est rattrapé à son tour par la crise. Mais des pistes de rebond existent, comme la meilleure maîtrise des circuits de distribution sur Internet et le luxe «en location». Sous le nom de «luxe de jouissance», je consacre à ce dernier concept quelques pages dans mon livre «Storytelling – réenchantez votre communication» – et dont est issu l’extrait ci-dessous.

À l’ère du téléchargement généralisé, il n’est plus aussi important de posséder un film sur un support physique comme ont pu représenter la cassette vidéo ou le DVD. Qu’il soit disponible sur notre disque dur, en VOD à durée limitée ou simplement en streaming, ce qui importe c’est de pouvoir le regarder, pas en être propriétaire.

Cette idée de la jouissance plutôt que la possession affecte même un secteur qui croyait pourtant, pour avoir montré l’exemple en matière de storytelling, qu’il en conserverait toujours le contrôle. Toutes les grandes marques de luxe se sont développées en élargissant leur histoire de manière à pouvoir englober de nouveaux produits : Louis Vuitton et Hermès ont beau avoir commencé dans la malletterie et la sellerie et être devenus les plus grands maroquiniers du monde, ils sont aujourd’hui aussi des marques de mode, des artisans horlogers et même des lunetiers. Mais demain ?

Le bling-bling et le porno chic qui ont qualifié la première décennie du 21e siècle ont cédé la place à un luxe plus porteur de sens, un luxe censé personnifier l’être plutôt que l’avoir. Quelle forme cela prend-il ? Pour un abonnement annuel plus ou moins équivalent au prix d’achat d’un seul «it-bag», les fashionistas avisées peuvent désormais en louer un et le changer aussi souvent qu’elles le désirent. Là aussi donc, la jouissance devient plus importante que la possession. Cette pratique se développe dans les pays anglo-saxons, chez nous un peu moins vite. Comme le rappelle Martine Ghnassia de l’IFOP : «le problème de la possession en France n’est pas réglé». Mais nul doute que nous y viendrons vite désormais. Ce n’est qu’une question d’histoire.

(c) Dunod

« Storytelling – Réenchantez votre communication » est disponible

Mercredi 7 septembre 2011

Mon livre «Storytelling – Réenchantez votre communication» sort aujourd’hui (Dunod, 192 pages, 22€).

> Présentation du livre sur le site de l’éditeur et en vidéo sur sa chaîne YouTube.

> Le livre est disponible auprès de l’éditeur, sur Amazon et sur Fnac.com notamment.

Bon, je vous fais le pitch de la 4e de couverture :

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Les marques qui véhiculent une histoire sont celles qui se portent le mieux. Au-delà d’une communication basée sur les produits, elles créent avec leurs consommateurs des histoires qui donnent du sens à l’acte d’achat. Le storytelling, ou communication narrative, insuffle de l’émotion dans la relation entre l’entreprise et ses clients et permet de créer des récits qui se propagent et qui font vendre.

Pour la première fois un livre fait le point sur cette technique, analyse les ressorts de son efficacité et propose une méthode pas-à-pas. En la suivant, vous apprendrez à faire de votre histoire une vraie success story.

À la découverte du storytelling : comprenez les spécificités du storytelling tel qu’il est pratiqué en entreprise.
À chaque entreprise son storytelling : devenez une marque avec une histoire, et apprenez à la diffuser.
Les outils du storytelling : utilisez les différents modèles narratifs, les éléments-clés d’un scénario.
Le storytelling en pratique : inspirez-vous d’autres success stories grâce aux nombreux exemples et cas d’entreprise.

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Si vous êtres parmi les premiers lecteurs, n’hésitez pas à commenter et à poursuivre le débat amorcé par ce livre. Si vous l’aimez, n’hésitez pas à en parler sur le web… et autour de vous dans la vraie vie :)

Apple vs. Mandarin : je choisis la pomme !

Samedi 9 juillet 2011

> L'Apple Store Opéra comme on ne le voit jamais : vide. À tout prendre, il ferait un meilleur hall d'entrée pour un palace que celui du Mandarin Oriental. Question service aussi...

Je raconte sur mon blog personnel consacré à l’histoire culturelle des desserts ma désastreuse expérience de la qualité de service du tout nouveau Mandarin Oriental où, entre autres avanies, j’ai perdu une demi-heure de ma vie pour me faire rembourser 16 € qui m’avaient été facturés par erreur. Les serveurs n’ont pas la possibilité de corriger eux-mêmes leurs erreurs, ils doivent attendre qu’un responsable des finances condescende à descendre (un vendredi après-midi, ce n’est pas évident !) de son bureau pour le faire.

> Le récit complet de ma mésaventure ici et .

Toute autre a été mon expérience à l’Apple Store Opéra. Il y a deux mois, de passage à Paris, j’avais acheté (à l’autre magasin de la marque, au Louvre) un accessoire qui s’est révélé inadapté. Le ticket de caisse précisait un retour possible jusqu’au 23 mai. Hier, je suis allé à la caisse, le vendeur me fait remarquer que la date est dépassée. «Oui, mais je suis de Toulouse où il n’y a pas encore d’Apple Store et je ne pouvais pas repasser plus tôt». «Ah très bien, pas de problème alors». Et il a procédé au remboursement immédiatement.

Voilà, toute la différence. D’un côté, on a un grand groupe d’hôtellerie qui ne fait pas confiance à ses employés pour régler une simple erreur de caisse et fait appel à une procédure particulièrement… procédurière. De l’autre, on permet aux caissiers d’un magasin de produits high tech de décider d’un geste commercial pour satisfaire un client de bonne foi. On appelle cela l’empowerment. Qui respecte le mieux les codes du luxe à votre avis ?

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Pour rire, je cite le site du Mandarin : « Vous pouvez emporter nos douceurs pour vous en régaler à la maison. Nous proposons également des emballages exclusifs si vous souhaitez les offrir en cadeau« . Voilà à quoi ressemble le transport des gâteaux dans un de ces emballages exclusifs…

32€ euros (payés 48€) de gâteaux gâchés par l'emballage. Merci Mandarin !

Star Wars : un univers en expansion transmedia

Lundi 6 juin 2011

À l’approche de la sortie de la saga cinéma remasterisée pour le format blu-ray, Star Wars reste l’exemple le plus abouti de ce qu’on englobe de plus en plus dans le concept de «transmedia storytelling».

Si Star Wars se limitait à la trilogie originale de «La Guerre des Étoiles» (1977-1983), ce serait déjà l’un des cas de storytelling les plus brillants du siècle passé.  Mais ses fans sont les explorateurs d’un univers narratif en perpétuelle expansion. Je ne parle pas ici des produits dérivés traditionnels, «making of» et autres jouets, mais bien d’histoires supplémentaires se déroulant avant l’Épisode I, en parallèle des différents épisodes ou après l’Épisode VI : livres, jeux vidéos immersifs, dessins animés etc.

Ainsi, c’est lors d’une convention en 1978 que George Lucas a présenté le personnage de Bobba Fett. Le chasseur de primes était alors annoncé comme un des pivots du futur «Empire contre-attaque». Mais quand ce film est sorti en 1980, le rôle avait souffert de révisions scénaristiques drastiques. Et dans «Le Retour du Jedi», ce n’est déjà plus qu’une silhouette dans l’entourage de Jaba. Entre temps, il a pourtant connu une énorme popularité dans les romans Star Wars et les fans s’en sont emparé. En 1997, Lucas l’a donc «réintégré» dans les scènes ajoutées numériquement lors de la ressortie de l’édition spéciale de «La Guerre des ÉtoilesUn nouvel espoir» (désormais considéré comme l’Épisode IV). Dans l’Épisode II, «L’Attaque des clones» (2002), situé une génération plus tôt, la genèse de Bobba Fette nous est révélée. Ses aventures de jeunesse sont également contées dans la série de dessins animés en 3D intitulée «Star Wars – The Clone Wars». Enfin, il devrait être l’un des héros d’une série télé en pré-production faisant la jonction entre les Épisodes III et IV de la saga !

Pour veiller à la cohérence de l’ensemble, Lucas a donc dû créer une énorme base de données qui croise tous les événements et tous les protagonistes : ce logiciel, nommé Holocron, est par exemple programmé pour interdire à un auteur de tuer un personnage dans un livre s’il a noté que ce même personnage réapparaît à un moment plus tardif de la saga au cinéma. Il en va de Star Wars comme des Évangiles : Lucasfilm et le Vatican n’en reconnaissent que les versions canoniques, pas les apocryphes !

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Le + du blog du storytelling

Star Wars continue à rajeunir à chaque traitement numérique : la saga sort en blu-ray à la rentrée, l’attraction Star Tours est remise à niveau dans les parcs Disney,  une série télé est en cours de développement etc. Pour Tintin, la stratégie est différente, les ayant-droit s’en tenant au précepte d’Hergé : pas de nouvelles aventures, le corpus est définitif (cf. mon article ici). Le film en 3D de Spielberg et Jackson apparaît donc comme la dernière chance de revivifier une franchise vieillissante.

Guide pratique du storytelling 5/11 : une équipe dédiée

Mardi 11 janvier 2011

> Pour sa première campagne corporate , Bouygues a fait appel à «des hommes et des femmes du groupe» non seulement pour ce visuel mais surtout pour une campagne TV remarquée où ces derniers formaient avec leurs mains et leurs doigts la nouvelle signature : «Construire l’avenir, c’est notre plus belle aventure».

> Ce post fait suivre à Guide Pratique du storytelling 4/11 : le périmètre d’action.

Le storytelling ne pouvant se construire efficacement que dans la durée, sa mise en place est une démarche engageante pour l’entreprise. Vous ne pourrez pas faire l’économie de l’implication initiale de la direction générale… si ce n’est pas elle même qui l’initie. C’est primordial car il est tentant ensuite de réagir dans l’urgence à contre-courant du storytelling. Danone a travaillé pendant des années son positionnement… pour réagir à la crise en lançant des yaourts low cost : contenance moindre, ajout de gélatine de porc etc. On est loin de la santé par l’alimentation ! Et d’ailleurs, ce produit a été supprimé peu après.

Le storytelling doit donc répondre aux objectifs stratégiques fixés par la direction marketing. Il a vocation à être communiqué, ce n’est pas un secret à réserver à l’interne ! À la direction de la com (quand elle est séparée du marketing) de réunir une petite équipe qui comprendra, en plus donc de personnes de la DG, du marketing et de la com, des représentants des RH (et de la com interne si elle lui est rattachée), du commercial et si possible des forces vives de l’entreprise et de ses parties prenantes extérieures.

L’APPORT DE L’INTERNE

Les premiers storytellers de l’entreprise sont en effet ses collaborateurs. Henry Ford considérait à juste titre que ses ouvriers étaient des clients potentiels pour sa Ford T : s’ils pouvaient se la payer, ils en feraient l’article auprès de leurs proches. Cent ans plus tard, la formule marche encore : en 2008, la pub télé de Seat montrait également des «vrais» employés vantant la nouvelle Ibiza.

Franck Riboud – heureusement, Danone est bien plus souvent un bon exemple en la matière qu’un mauvais ! – se sert aussi du storytelling pour motiver ses troupes : «Mon rôle est de convaincre les actionnaires que s’ils veulent voir croître les résultats, il faut qu’ils me laissent donner du sens à l’action de mes salariés». Renforcer la cohésion interne, promouvoir le changement : autant de missions qui ont plus de force de conviction grâce au storytelling. Mais attention au cynisme ambiant : si le storytelling n’est pas crédible en interne, il aura du mal à l’être à l’extérieur ! Que penser de la récente pub Orange montrant des collaborateurs «volontaires» fiers de proclamer leur attachement aux valeurs du groupe après une vague de suicides qui a choqué le pays ?
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envoyé par Orange. – Regardez plus de vidéo vie pratique.

Autant de raisons d’impliquer dans la construction du storytelling plusieurs éléments issus de l’entreprise et notamment bien sûr «la mémoire vivante de la boîte» (il y a toujours quelqu’un qui répond à cette définition !) : un ouvrier au savoir-faire qui pourrait se perdre, la secrétaire qui a fait toute sa carrière au même poste etc.

L’APPORT DE L’EXTÉRIEUR

Quand on pénètre dans un certain grand palace parisien par l’entrée des livreurs, on découvre des murs décrépis, des poubelles qui débordent… et parfois même des rats qui courent ici et là ! Quelle histoire peuvent ensuite colporter les fournisseurs et partenaires de ce célèbre établissement ? Certainement pas la même que celle des clients qui font partie des grands de ce monde… Certaines entreprises ont également une influence sociétale qui dépasse le strict cadre du travail : telle usine fait vivre toute une ville, tel établissement a besoin d’une station de bus à sa porte pour permettre à ses collaborateurs d’emprunter les transports en commun etc. Autant de raisons d’impliquer d’autres parties prenantes que celles en interne. De plus, si le storytelling inspire les prises de parole extérieures, autant vérifier tout de suite si le message a des chances d’être bien perçu au dehors. Un fournisseur de confiance, un édile local ont tout à fait leur place dans l’équipe en charge de créer le storytelling. Ainsi que, bien entendu, un ou plusieurs clients fidèles. Si vous les avez déjà identifiés, vos «fans» seront les meilleurs ambassadeurs de votre storytelling sur les forums et dans le monde réel.

> EDF a fait appel à Emilia Visconti, ingénieur énergies nouvelles, ainsi qu’à une douzaine de ses salariés, partenaires et cllents (ainsi qu’à Alain Bernard) afin de crédibiliser ses initiatives pour «changer l’énergie ensemble».

L’APPORT DU PROFESSIONNEL

En tout, l’équipe ad hoc peut donc comprendre une douzaine de participants. Essayez quand même de ne pas aller au-delà si vous ne voulez pas avoir à gérer une usine à gaz ! Et faites-vous accompagner : un storyteller professionnel apportera son regard extérieur distancié. Il est difficile de «pré-tester» un positionnement storytelling comme on le fait avec des storyboards pour un futur spot TV, l’expérience de quelqu’un qui sait la valeur des histoires qui émergent du groupe de travail (toutes n’ont pas le potentiel de faire un bon storytelling !) est un vrai plus.

> Le mois prochain : le storytelling au sein de la stratégie média

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envoyé par shadows_lisa. – Les dernières bandes annonces en ligne.

« The New Trade » ou le storytelling P2P

Lundi 10 janvier 2011

Si des clientes font la queue à l’ouverture d’une nouvelle boutique Jimmy Choo ou des adolescents  devant la librairie où le dernier Harry Potter est mis en vente, ce n’est pas seulement parce qu’on leur a raconté une belle histoire. C’est parce qu’ils veulent y participer ! À la façon dont Barack Obama a fait participer tout un pays à sa propre histoire en en leur disant «Yes, We Can». De tout temps, les échanges ont été à la base du développement humain, que ce soit en matière de commerce… ou de storytelling.

C’est cette réflexion – «peer-to-peer storytelling is the new trade» – qui est à l’origine d’un projet belge, initié par le communicant Raf Stevens : peut-on changer les relations à l’intérieur des entreprises, avec les clients (la notion de «pair» implique que les deux parties sont à égalité) et, au final, changer le monde, juste en échangeant des histoires ? Oui, si ce sont des histoires qui inspirent ; oui, si ce sont des histoires qui se propagent.

Pour commencer – et montrer leur confiance dans «la sagesse des foules» – Stevens et ses partenaires ont décidé de publier un livre sur le P2P storytelling, sous forme digitale et papier, «The New Trade». Vous pouvez participer à ce projet éditorial en partageant avec eux vos histoires. Vous pouvez aussi le soutenir en finançant une partie des coûts de publication (à partir de 10 €). À ce jour, plus de 4.000 € ont déjà été récoltés sur un total à atteindre de 15.000 environ.

> Pour en savoir plus, vous pouvez télécharger le «manifeste» PDF gratuit de «The New Trade».