Netflix, à la croisée des typologies storytelling du mardi et du samedi | le blog du storytelling le blog du storytelling

Netflix, à la croisée des typologies storytelling du mardi et du samedi

photo illustrant l'article du JDD (provenance : Reuters)

photo illustrant l’article du JDD (provenance : Reuters)

Dans le JDD de ce week-end, Reed Hastings, fondateur et patron de Netflix, livre deux clés du succès de son entreprise de rupture.

« En France, notre meilleur ennemi c’est Canal + »

Il s’agit là d’une typologie de storytelling classique du mardi (Mars, dieu de la guerre)  : devenir calife à la place du calife. En indiquant à ses alliés la cible à atteindre. C’est très mobilisateur en interne (on se serre les coudes) et crée de l’empathie à l’externe (c’est la typologie d’Astérix face aux Romains, de David contre Goliath). Ça marche et c’est d’autant plus crédible qu’on est le challenger (Pepsi vs. Coca). Mais il faut être prêt à changer de typologie quand on devient soi-même le leader.

« Quand nous choisissons un scénario, il y a une part de data et une bonne dose d’intuition »

Netflix est célèbre pour la puissance et l’efficacité de ses algorithmes et passe pour lancer des séries « calibrées » pour correspondre aux goûts précis mais parfois non exprimés consciemment de ses abonnés (dans une autre interview, le groupe avouait accorder peu d’importance aux étoiles que les abonnés donnent aux programmes et se fier beaucoup plus à ceux qu’ils avaient réellement regardé, qu’ils aient noté/commenté les séries ou pas). Mais pour ne pas sembler désincarné, le groupe a besoin de réinvestir le champ de l’intuition, parler avec ses « tripes » : on est là dans une typologie storytelling du samedi (Saturne, dieu du lâcher-prise). L’entreprise de rupture est souvent du côté samedi, et privilégie l’émotion – la sienne y compris – face à la raison. Deux anecdotes pour l’illustrer :

> Je travaillais chez NRJ (vers l’an 2000) à l’époque où Roberto Ciurleo en était le directeur d’antenne et qu’elle était la première radio de France. Ses concurrentes utilisaient pourtant les mêmes recettes : des auditoriums où l’on faisait écouter à des auditeurs-types les futurs titres prévus pour l’antenne et où ils indiquaient ceux qu’ils avaient le plus envie d’entendre dans les mois à venir. « Pourquoi NRJ marche-t-elle mieux que les autres puisque tout le monde devrait arriver aux mêmes titres ? » demandai-je à Roberto. Sa réponse : « J’écoute à 70% ce qui ressort des auditoriums. Pour les 30% restants, je me fie à mon expérience : je sais quels titres vont marcher même si les auditeurs n’y croient pas à la première écoute. À l’inverse, je sais aussi avant eux ceux dont ils se lasseront vite alors qu’ils n’en ont pas conscience ». Une façon de réhabiliter l’intuition des années avant qu’on entre dans l’ère du big data.

> Quand on s’étonnait qu’Henry Ford ait inventé l’automobile moderne et bon marché sans études de marché (il est vrai qu’au début du 20e siècle, la pratique en était moins répandue), il répondait : « Si j’avais demandé à  mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient réclamé des chevaux qui courent plus vite ». Une version plus récente attribue à Steve Jobs une phrase assez similaire : « Les gens ne savent pas ce qu’ils veulent tant que je ne le leur ai pas montré ». Un côté visionnaire non dénué d’arrogance : voilà qui est décidément très saturnien !

 

Pour en savoir plus sur les 7 typologies de storytelling, un lien vers un article de ce blog et un autre vers mon livre Storytelling – Réenchantez votre communication chez Dunod.

> Remerciement à HomoSapiens pour avoir attiré mon attention sur cet article.

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