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Hollywood à l’ère du jurassique : s’adapter ou mourir

Lundi 15 juin 2015

 

Les dents de la terre

Les dents de la terre

Le triomphe de Jurassic World qui est le premier film à passer le demi-milliard de recettes au box-office mondial dès son premier week-end (vous remarquerez que ce n’est pas de la qualité artistique que l’on parle ici !) peut inspirer au moins trois réflexions liées à son storytelling :

UNE BONNE SUITE VAUT MIEUX QU’UN MAUVAIS REBOOT

D’abord : Jurassic World revient à une formule éprouvée : celle de donner des suites à de vieux succès plutôt que de tout reprendre à zéro à chaque fois qu’on veut relancer une franchise (l’échec relatif de Spider-Man en a notamment montré les limites). Hollywood n’aime rien tant que les formules. Gageons que le « better a good sequel than a bad reboot » va être son nouveau mantra et que de nombreux projets de reboots vont être requalifiés en (plus) simples (mais plus efficaces) « sequels ».

C’ÉTAIT MIEUX AVANT

Ensuite : le succès du film est indiscutablement lié à un certain sentiment de nostalgie : les références à la trilogie originale Jurassic Park sont nombreuses, surtout pour signifier que, d’une certaine façon, « c’était mieux avant ». À cet égard, le combat final (dont je ne dirai rien pour ne pas « spoiler » ceux qui n’ont pas encore vu le film) l’illustre parfaitement. C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures recettes.

Je te tiens tu me tiens par la barbichette

Je te tiens tu me tiens par la barbichette

MISE EN ABÎME, CYNISME ASSUMÉ OU PEUR EXISTENTIELLE ? 

Enfin : le public appréciera peut-être l’ironie d’un film qui dénonce l’appétit des foules pour le « toujours plus » (toujours plus grand, plus fort, avec plus de dents etc., comme quoi, la taille, ça compte !) mais qui en fait un film lui-même susceptible de se décliner en attractions dans les parcs Universal (la même maison-mère que le studio qui a produit Jurassic World). Ca n’a pas manqué : Universal Osaka vient déjà d’annoncer l’ouverture d’un land sur ce thème dès 2016. De la part d’Universal, de Spielberg et des scénaristes, on hésite entre la volonté de mise en abîme et le cynisme d’un Hollywood qui n’a jamais hésité à se critiquer… pourvu que la critique elle-même soit génératrice de billets verts ! Plus prosaïquement, on peut aussi y voir l’interrogation qui taraude cette industrie : face aux météorites que sont Amazon, Netflix ou les jeux vidéo qui lui foncent dessus, Hollywood n’est-il pas au bord de l’extinction ? Y aura-t-il demain des professeurs Hammond et des labos Ingen pour en retrouver l’ADN et le reconstituer ?

La taille, ça compte !

La taille, ça compte !