La bulle du bulbe ou quand une tulipe valait plus cher qu’un Rembrandt | le blog du storytelling le blog du storytelling

La bulle du bulbe ou quand une tulipe valait plus cher qu’un Rembrandt

Tableau de Sherrie Wolf (sherriewolfstudio.com). Souhaitons à cette artiste que sa cote atteigne celle de Vermeer aujourd'hui ou des tulipes au 17e siècle !

Tableau de Sherrie Wolf (sherriewolfstudio.com). Souhaitons à cette artiste que sa cote atteigne celle de Vermeer aujourd’hui ou des tulipes au 17e siècle !

Comme la spéculation sur l’art ou les valeurs Internet, cette histoire nous enseigne le danger d’une économie hors sol, déconnectée du réel. Quand les tulipes se révèlent aussi « toxiques » que certains actifs pourris des bourses modernes !

Si vous aviez débarqué en Hollande fin 1636, vous auriez un peu eu l’impression d’arriver à Wall Street juste avant le krach de 1929 (ou ceux encore plus récents) : les financiers s’étaient enrichis au delà de l’imaginable grâce au commerce déjà mondialisé et les Pays-Bas vivaient leur âge d’or.

Ce peuple de commerçants habituellement si raisonnable et féru de botanique s’était même pris d’une passion irraisonnée (ce qui, après tout, est le propre de la passion !) pour les tulipes venues de l’Orient mystérieux : c’est à qui s’offrirait les plus belles. Poser pour un portrait de groupe pour Rembrandt et afficher ses plus belles tulipes sur une jardinière côté intérieur de la fenêtre (pour ne pas se les faire voler !) étaient alors le symbole absolu de la réussite sociale. Certains nouveaux riches étaient prêts à dépenser le prix d’une maison ou l’équivalent de 40 années du salaire moyen d’un ouvrier pour acquérir un bulbe rare… Bientôt, presque plus personne n’eut les moyens d’acheter des plantes entières et on se mit donc à spéculer sur les… parts de bulbes !

Et soudain, en février 1637, à la suite de rumeurs sur une possible surproduction à venir qui ferait baisser les cours ou simplement parce que certains réalisèrent enfin l’irrationalité du phénomène, la bourse aux tulipes s’effondra. En quelques semaines, les prix furent divisés par 10, puis par 50 ! Les spéculateurs se retrouvèrent ruinés et une bonne partie de la puissance hollandaise se “fana” instantanément. (Le reste de l’Europe, qui avait observé avec effarement cette folie, fut heureusement relativement protégé de la récession).

Aujourd’hui, si les natures mortes de tulipes peuvent encore se vendre cher (à condition d’être signées d’un nom prestigieux), les bulbes de tulipes, eux, ne valent plus que quelques euros dans votre jardinerie habituelle. Ceci dit, aux Pays-Bas, les champs de tulipes attirent toujours autant les touristes !

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> Pour en savoir plus : La Tulipomania de Mike Dash, Lattès, 2000

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