mars, 2015 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour mars 2015

Comment un tweet d’une ministre connectée fait enfin entrer un musée dans le 21e siècle…

Mercredi 18 mars 2015
Le tweet de Fleur Pellerin à l'origine du revirement d'Orsay

Le tweet de Fleur Pellerin à l’origine du revirement d’Orsay

Orsay autorise enfin les photos… ou comment un tweet de Fleur Pellerin a forcé le président du musée à manger son chapeau.

Depuis des années, Orsay interdisait les photos dans son musée, presque seul désormais face aux musées intelligents comme Le Louvre ou le Centre Pompidou. Pour protéger les œuvres ? les ayant-droits ? Pas du tout :  Guy Cogeval, son président assume ne pas supporter  les étudiants qui se renseignent sur l’art en allant sur Internet (?!) et que photographier les tableaux au lieu de « les contempler religieusement, c’est ouvrir la porte à un nouvel âge de la barbarie (??!!) » (il faut lire ses propos ici, ils sont hallucinants). En 2015, un président de musée prétend décider qui quand et comment nous nous approprions l’art, comme s’il en était l’unique propriétaire légitime !

Comme je tweete régulièrement sous le hashtag #photoaumusee, j’ai encore plus régulièrement été en butte aux cerbères d’Orsay. Je ne suis pas le seul à résister mais jamais nous n’avions été entendus par les ministres de la culture précédents. Fleur Pellerin, elle, a fait signer récemment une charte #tousphotographes censée être appliquée à Orsay également. Sauf que ce n’était pas le cas.

Lundi, Fleur Pellerin a posté sur Instagram et sur Twitter ses photos du vernissage de l’expo Bonnard à Orsay… avant de se faire rappeler à l’ordre par les twittos: pourquoi elle et pas nous ? Stupeur (sincère) de la ministre qui réalise alors qu’Orsay s’affranchit des règles qui ne sont bonnes que pour le commun des mortels. Dans un premier temps, le musée botte en touche, avec sa morgue habituelle : « La ministre et les journalistes sont autorisés à prendre des photos ». Sous-entendu, pas vous, pauvres barbares.

Aujourd’hui, rétropédalage total. À quelques jours de la #MuseumWeek, Orsay annonce annonce « avoir pris l’initiative de changer son règlement et de lever l’interdiction ». Ils auraient pu s’épargner les moqueries des Twittos en le faisant bien plus tôt mais – saluons cette initiative même si on leur a un peu forcé la main – , mieux vaut tard que jamais pour entrer dans son siècle.

Et maintenant, à l’occasion de la MuseumWeek, j’espère que Guy Cogeval postera un selfie de lui devant une toile de son choix. Pourquoi pas celle d’Edward Burne-Jones, La Roue de la Fortune ? La sienne vient de tourner.

PS : Je soutiens pleinement le droit de prendre des photos au musée. Je soutiens aussi celui de le faire intelligemment (cf. la charte ci-dessus). Photos au flash et perches à selfies ne font évidemment pas forcément partie de ces bonnes pratiques.

Pourquoi Disney ou Apple adorent la science-fiction façon Arthur C. Clarke

Mercredi 11 mars 2015
La 3e loi de Clarke

La 3e loi de Clarke

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie. »

Le célèbre auteur de science-fiction Arthur C. Clarke a formulé trois lois concernant la science et la technologie dont la troisième, ci-dessus, est la plus connue et la plus souvent citée.

Autrement dit, la meilleure technologie est celle qui émerveille sans qu’on se demande comment elle fonctionne. Un principe parfaitement compris de nos jours par Disney qui vient d’annoncer la mise en place de bracelets connectés facilitant visite dans tous ses parcs ;

Le Magic Band connecté de Disney : "éviter toute abrasion" dans le parcours de visite des parcs.

Le Magic Band connecté de Disney : « éviter toute abrasion » dans le parcours de visite des parcs.

ou encore par Apple qui ne vend ni ne vante jamais l’aspect purement technologique de ses produits. Ce qui lui permet, à l’ère de l’Apple Watch, de faire évoluer son storytelling vers ceux du luxe et de la mode.

Quand Apple achève sa mue et fait disparaître toute trace de technologie au profit des codes du luxe.

Quand Apple achève sa mue et fait disparaître toute trace de technologie au profit des codes du luxe.