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Émouvoir avant de mouvoir : L’expo des 25 ans de Pixar

Le visuel de l'expo "25 ans de Pixar" à Art Ludique Le Musée

C’est un des évènements culturels de cette fin d’année : l’expo « 20 ans de Pixar » du MOMA à New York, devenue entre temps et à travers ses voyages, « 25 ans de Pixar », fait escale à Paris au tout nouveau Art Ludique Le Musée (jusqu’en mars 2014).

Tout nous ramène au storytelling :

Le musée des cultures de l’Entertainment

Le musée lui-même (qui comptera à terme une collection permanente) sera le premier au monde à mêler ainsi les arts de l’entertainment avec la volonté de présenter le cinéma d’animation, la BD, les comics, le manga ou les jeux vidéo à l’égal des arts majeurs, comme partie intégrante des Beaux-Arts. Et en effet, ces arts populaires, ludiques puisque c’est le cas, sont constitutifs de notre storytelling personnel pour la première fois dans l’histoire. Nous les revendiquons comme nous revendiquons les grands textes et les grandes pièces de théâtre qui constituent notre culture (cette « Kultur » savante et arrogante que je raille parfois sur ce blog) ;

Un lieu en quête d’âme

Le lieu se cherche encore une histoire. Le musée prend place au sein de la Cité de la Mode et du Design, aux Docks près de Bercy, un ensemble qui n’a pas encore de véritable identité, qui n’est pas évident d’accès par les transports en commun, dont on ne saisit pas bien ce qu’il raconte, jusque dans son architecture étonnante (mais un peu vaine) : une résille contemporaine et très « show off 21e siècle » pour habiller des docks sans âme des débuts du 20e siècle. Puisse Art Ludique l’aider à trouver son storytelling ;

La Cité de la Mode et du Design

Une expo à double ambition

L’expo enfin, qu’il faut courir voir. Est-il encore besoin de présenter Pixar, le studio créé par Ed Catmull et John Lasseter, financé par George Lucas puis par Steve Jobs et enfin par The Walt Disney Company (qui l’a racheté en 2006) et qui a révolutionné le cinéma d’animation et la 3D en général avec tous ses films de Toy Story à Monstres Académy ? Il y a l’histoire officielle de l’expo : célébrer les 25 ans du studio (la date elle-même est un peu arbitraire puisque la création a eu lieu en fait en 1986, il y a… 27 ans). Il y a aussi l’histoire officieuse : beaucoup de gens pensent encore que l’animation sur ordinateur est elle-même l’oeuvre d’informaticiens (ou infographistes, mais n’est-ce pas la même chose pour le grand public ?). En réalité, les artistes sont là en amont, pendant la production et en aval, multipliant les dessins au crayon ou à la palette graphique, testant les couleurs et ajoutant les textures, par un processus d’essais et erreurs, exactement comme leurs ancêtres à la Renaissance. Cette expo vise donc aussi à redonner de la noblesse aux dessins animés qui sortent de l’usine à rêves d’Emeryville en Californie. Il y a 7 ans, une précédente expo au Grand Palais, Il était une fois Walt Disney – Aux sources de l’art des studios Disney, avait déjà cette même volonté, légitime, de traiter les artistes de Blanche-Neige ou de La Belle au Bois Dormant, aux côtés des peintres et des sculpteurs qu’on voit habituellement au Louvre ou à Orsay.

Quand on se raillait la « prétention » des artistes Disney…

Il y a quelques années, Andreas Deja, l’un des animateurs majeurs des années 1980 à 2000, et qui travaillait à l’époque en France, m’avait raconté cette anecdote très significative. Voulant aller à Orsay et ayant entendu dire que les artistes y bénéficiaient de gratuités d’entrée, il avait montré sa carte professionnelle Disney. On lui a ri au nez : « Artiste ? Disney ? Mais vous plaisantez ! ». Il a dû payer son entrée (ce qui n’est pas bien grave) mais il a surtout été vexé de ce mépris affiché par les guichetiers de la Kultur officielle. Gageons que les choses ont avancé depuis lors et qu’après les expos au Grand Palais et désormais à Art Ludique, les talents de Disney et de Pixar sont considérés pour ce qu’ils sont : des artistes à part entière. L’histoire est bien partie pour connaître un happy end !

Andreas Deja, père entre autres de Mickey, Gaston, Jafar, Scar, Hercule, Lilo et Mama Odie...

Le + du blog du storytelling

Quelques citations très storytelling glanées ici et là sur les cimaises et les cartels de l’expo Pixar :

> John Lasseter : « Il y a 3 règles d’airain pour réussir un bon film d’animation chez Pixar : une belle histoire, de merveilleux personnages et un univers crédible. »

> Joe Ranft (maître scénariste chez Pixar, décédé en 2006) : « S’il n’y a pas d’histoire, même en cumulant toutes les innovations technologiques, rien n’y fait. »

> Catherine Hicks (animatrice): « L’animation, ce n’est pas de mouvoir un personnage mais d’émouvoir le public. »

> Bob Pauley (production designer) : « Quand vous voyez le film achevé, tout le travail accompli en amont doit disparaître. »

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