octobre, 2013 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour octobre 2013

Le garage, élément indispensable d’une success story moderne

Mercredi 16 octobre 2013

La Walt Disney Company a été fondée il y a 90 ans. Mais à l'origine de l'empire, il y a un garage !

Dans le luxe français, les marques ont toutes un mythe fondateur lié à l’atelier, là où Louis Vuitton fabrique ses premières malles, où Pierre-François-Pascal Guerlain met au point ses parfums (avec dans ce dernier cas, un rappel du mythe de l’alchimiste). C’est que l’atelier de l’artisan renvoie à la main, au beau geste si important pour légitimer l’univers feutré de nos grandes griffes.

Le garage, un storytelling des humbles origines

L’équivalent américain, c’est le garage. Pas de success story (ou presque) qui n’ait débuté dans cet appentis que des parents bienveillants ont laissé à la folie créatrice de leur rejeton. Ainsi, Walt Disney a fait ses débuts d’animateur et de publicitaire dans un garage, en l’occurrence celui de son frère Roy. Deux ans plus tard, l’histoire se reproduit puisque, fraîchement débarqué en Californie pour devenir réalisateur et producteur, Walt s’installe dans un autre garage, celui de son oncle Robert. Les cas d’entrepreneurs ayant ainsi débuté abondent, de Bill Gates et Paul Allen qui lanceront Microsoft depuis un tel endroit jusqu’à Steve Jobs et Steve Wozniak qui en feront de même pour Apple.

Derrière le garage, il y a bien sûr un storytelling des origines humbles (self-made-men) : on n’est pas si loin de Jésus-Christ né dans une étable, ce garage d’il y a 2.000 ans ! Il ne faut donc pas s’étonner si le garage des parents adoptifs de Steve Jobs fasse actuellement l’objet d’une procédure de classement au titre de monument historique !

Pour le film "Jobs" avec Ashton Kutcher, la production a obtenu le droit de tourner devant le "vrai" garage originel de Steve Jobs, là où le mythe Apple a commencé.

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Edit du 8/12/2013 : J’apprends dans un hors-série de Management que le garage de David Packard où Bill Hewlett et lui ont créé Hewlett-Packard à Palo Alto a été classé en 1989 « lieu de naissance officiel de la Silicon Valley ». Voilà qui apporte de l’eau à mon moulin !

Montres Omega : en retard sur la qualité de service

Jeudi 10 octobre 2013

L'objet du délit...

Mon conjoint possède une belle montre de famille Omega qu’il tient de son père qui l’avait lui-même reçue en cadeau. Mais au fil du temps, elle ne fonctionnait plus correctement. Plutôt que de la confier à un horloger de quartier, j’ai convaincu mon ami de m’adresser à la source, chez Omega (Swatch Group).

Le temps c’est de l’argent… ou pas

Nous avons été reçus avec toute la déférence qu’on attend d’une maison de luxe. La vendeuse a étudié la montre et demandé à mon ami s’il souhaitait s’engager tout de suite sur un pré-devis de 500€, ce qu’il a accepté. Quelques semaines plus tard, il reçoit un mail indiquant que, le modèle étant relativement ancien, les travaux de réparation seront plus élevés que prévu et que la facture s’élèvera en conséquence au double. C’est une montre à laquelle il tient beaucoup et il donne donc son accord. Deux mois passent encore et il reçoit un dernier mail indiquant que, finalement, les ateliers suisses ont décidé de ne pas réparer la montre, qu’elle a été renvoyée en France, et qu’il peut aller la récupérer là où il l’avait laissée. Sans plus d’explications, ni d’excuses !

Les vendeurs sont là pour la vente, pas pour le service après-vente

Fin ou presque de l’histoire. Je dis «presque» car lorsque je suis passé en son nom reprendre la montre, j’ai fait part à la vendeuse de notre mécontentement qu’elle a écouté, imperturbable, avec cet air «cause toujours…» si typique des boutiques parisiennes. Un ami qui travaille pour une (autre) maison de luxe l’explique en ces termes : «Leurs vendeurs sont là pour vendre. On ne les forme pas à se préoccuper de l’après-vente».

Tic Tac Toc

À une époque où les sources pour indiquer l’heure nous entourent en permanence, quelle est encore l’utilité d’une montre de prix ou, pour reprendre l’expression en vigueur dans ce milieu, d’un garde-temps ? C’est participer, trouver sa place au sein d’un storytelling (de type jeudi ou vendredi) aussi prestigieux que celui d’Omega, dont je me suis souvent fait l’écho sur ce blog (notamment ici) ou dans mon livre : la seule montre qui a été portée sur la lune, la montre de James Bond etc. Mais si cette manufacture horlogère n’est plus en mesure d’entretenir ses produits ni même de donner une excuse valable à son refus, WTF ?

Il y avait deux modèles chez eux que j’avais l’intention d’accueillir un jour au sein de ma collection. Mais plus maintenant. Je suis un client perdu pour eux (ainsi que pour les autres marques de Swatch Group). Mais c’est surtout dommage pour mon conjoint qui a maintenant une montre à laquelle il est attaché et qui ne marche plus. Et maintenant, Omega, vous faites quoi pour lui ? Il est temps de remettre vos pendules (qualité, service, excellence) à l’heure.

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Mise à jour du 3/11/2013

En l’absence de réponse d’Omega, la montre  a été confiée à un bijoutier de quartier parisien qui l’a remise en état de marche en… 24 heures et sans rien nous faire payer. Autant dire que je ne retournerai plus jamais chez Omega.