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Interdit de photographier – des histoires sans image

Le musée Marmottan-Monet de Paris propose une belle expo sur l’âge d’or de la peinture flamande (Rubens, Van Dyck, Jordaens), à voir malgré l’impolitesse de ses gardiens et l’incommensurable stupidité de sa politique à l’égard des photographes amateurs : «Monsieur, veuillez effacer immédiatement toutes les photos prises à l’intérieur du musée». Pas seulement dans l’expo, dans tout le musée ! Comme à Orsay où la même règle est déjà en vigueur…

Le Roi Boit de Jordaens, qu'il est interdit de photographier

Pour les musées et les expos, l’interdiction de prendre des photos – même sans flash – est une pitoyable tentative de vendre quelques cartes postales en sus. Sans succès pour ma part. J’achète ou n’achète pas un catalogue en fonction de mon envie de revivre une expo, ça n’influe en rien mon envie de partager une photo sur les réseaux sociaux… le plus souvent d’ailleurs pour inviter à aller visiter la dite expo !

Pour le Ministère de la Culture, régulièrement interpellé à ce sujet (mais qui – courage, fuyons ! – évite soigneusement de prendre position), il s’agit sans doute de protéger les ayant-droit. Mais lesquels ? Les tableaux de Rubens exposés dans nos musées nationaux ne nous appartiennent-ils pas ? Le rôle de la ministre consiste à défendre quels intérêts ? Dans Marianne, elle vient de rappeler que sa mission est de garantir «l’accès pour tous à l’art et à ses pratiques». Pas pour les photographes amateurs en tout cas.

On ne peut déjà plus photographier l’intérieur des musées. On ne peut plus non plus photographier les monuments la nuit qui, comme la Tour Eiffel, ont protégé juridiquement leur éclairage ! Le dernier lieu où l’on peut prendre des photos sans que personne ne vienne prétendre vous les faire effacer, sera bientôt un lieu privé : Disneyland Paris. Quelle ironie !

Fresque de Mary Blair pour "it's a small world". Dessus, notez la Tour Eiffel. La "vraie", vous n'avez pas le droit d'en diffuser une photo prise de nuit...

Encore que peut-être plus pour très longtemps… Des restaurateurs, des pâtissiers (comme Hugo & Victor), s’inspirant de ces mêmes règles stupides des institutions publiques, prétendent désormais nous empêcher eux aussi de prendre des photos. J’ai pu prendre plus de photos en toute liberté en Chine (sauf à proximité des installations militaires !) que dans l’espace public ou privé français désormais !

Chacun devrait avoir le droit de constituer sa propre histoire d’amour avec les lieux qu’il visite et cette histoire se construit par le souvenir dont les photos sont l’un des principaux vecteurs.

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2 commentaires sur “Interdit de photographier – des histoires sans image”

  1. Ange Gagliani dit :

    La photo sans flash pour protéger les yeux des poissons par exemple, je suis d’accord, mais les photos formellement interdites pour ne pas nuire au business du souvenir… Il faut avoir des mauvais vendeurs ou des mauvais produits pour avoir peur à ce point et donc en venir à rejeter la faute sur le visiteur plutôt que de se remettre en question!

    Comme il est si bien dit dans l’article, le web 3.0 est également le bouche à oreille de notre siècle: les photos sont aussi un outil pour promouvoir une exposition ou un musée avec un coût zéro pour ce dernier.

    Dans une époque dans laquelle faire le buzz et gagner en visibilité sont des objectifs omniprésents, comment peut-on interdire de prendre des photos?

    Le premier QUICK CAFE que j’ai vu, je l’ai pris en photo pour diffuser l’arrivée du concept, aussitôt, un vigile m’a demandé d’en effacer la photo, dommage…

    Il existe beaucoup d’autres moyens, pour les musées d’optimiser le CA: augmenter le panier moyen, développer les ventes complémentaires et additionnelles… mais aussi être plus regardant sur les réductions et gratuités, comme cette fois où, quelque jours avant mes 26 ans, j’ai pu accéder au Château de Versailles sans vérification de ma carte d’identité, que j’étais pourtant en train de sortir de ma poche…

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