Le New York Times : « Mais où sont passés les lecteurs, ces inconnus ? » | le blog du storytelling le blog du storytelling

Le New York Times : « Mais où sont passés les lecteurs, ces inconnus ? »

J’ai enfin vu (mon retard à le visionner est en soi une indication de mon peu de motivation à me pencher sur la disparition des dinosaures modernes) « À la Une du New York Times« , le docu d’Andrew Rossi. Étrange documentaire qui n’a pas l’air de choisir ni sa thèse ni son camp jusqu’à un moment très avancé.

Curieux personnage aussi que David Carr, cet ancien junkie devenu éditorialiste, imbu de sa personne et donneur de leçons (il faut le voir couper la parole à ses interlocuteurs au téléphone : « I am The New York Times« ) que le réalisateur semble avoir eu le projet de suivre avant de bifurquer sur le sujet plus large de la révolution numérique qu’affronte le grand quotidien.

Un « blogueur-type » jeté en pâture à la rédaction

On dit parfois que « cordonnier est le plus mal chaussé » et on pourrait naïvement croire que la presse écrite, occupée qu’elle était à nous éclairer le monde (typologie storytelling de type dimanche), avait manqué de prescience la concernant. Mais non, on découvre ici que la rédaction connaît le monde 2.0 depuis longtemps, c’est juste qu’elle refuse ce monde, qu’elle le toise de toute sa hauteur et de sa morgue. « Depuis le temps qu’on annonce la mort de la presse, dans un siècle, nous en reparlerons« . Et de s’inquiéter que son contenu soit pillé par des internautes alors que la question que pose le blogueur engagé au sein du journal pour servir de cobaye (« pour comprendre les jeunes« ) et qui est regardé comme une bête curieuse, est : « quelle sera la valeur de l »information dans le monde qui vient ?« .

Le pire c’est que The Old Lady, comme on l’appelle, se retranche derrière sa rigueur journalistique (« vérifier ses infos, l’éthique, tout ça coûte cher« ) pour se croire invulnérable alors que, comme le montre le docu, deux des pires scandales des médias de ces dernières années (avec depuis, ceux de la presse britannique de Murdoch) sont issus des rangs du NYT : un journaliste qui faisait de faux articles sur l’Afghanistan et une autre qui a inventé de toutes pièces le danger irakien justifiant l’intervention américaine.

Tant d’arrogance choque constamment pendant le film. Mais rien autant que cet inconnu dont tout le monde parle mais que personne de la rédaction n’a semble-t-il jamais rencontré : le lecteur.

———-

P.S. Un moment amusant quand la chef de rubrique nécro, qui vient de se faire virer, rappelle le test d’embauche qu’on lui avait fait faire à son entrée au NYT : écrire sa propre notice nécrologique. Un bon exercice à faire pour nombre d’entre nous (qu’aimerions-nous qu’on dise de nous quand nous ne serons plus là ?).

The bookmarklet

Add this to your bookmarks or drag it to your bookmarks bar to quickly access shortening functions.

Shorten

This bookmarklet takes the page URL and title and opens a new tab, where you can fill out a CAPTCHA. If you have selected text before using the bookmarklet, that will be used as the keyword.

Support for bookmarklets on mobile varies. For example, they work on Chrome for Android but you have to add and sync them from your desktop.

">Twitter cet article. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



Laisser une réponse