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Faut-il «dévaloriser» les histoires de l’adversaire ?

"Les ondes, est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous gratouille ?"

The Economist note que malgré les études scientifiques, beaucoup de gens refusent toujours d’admettre l’innocuité des ondes (radio, téléphones, wi-fi). C’est là qu’un «raisonnement raisonné» montre ses limites. Le storytelling en réponse doit alors se faire plus incisif qu’habituellement. Un concept auquel je consacre en partie un chapitre dans un livre qui sort le 7 septembre – «Storytelling – réenchantez votre communication» – et dont est issu l’article ci-dessous.

Les craintes concernant la santé (cet «état précaire qui ne laisse rien présager de bon» comme disait le bon docteur Knock) est un secteur propice aux histoires qui échappent à leurs émetteurs ou dérapent à cause des narrataires et à leur hypocondrie bien connue («Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent»).

DES PHÉNOMÈNES D’HYSTÉRIE COLLECTIVE

En 2009, quelques habitants d’un quartier de Saint-Cloud ont éprouvé des malaises plus ou moins graves suite à l’installation d’antennes relais par Orange. Les médias s’en sont aussitôt fait l’écho et le nombre de malades est allé en augmentant à chaque article ! Les journalistes n’ont pour la plupart pas jugé nécessaire d’interroger l’opérateur. C’est bien dommage car ce dernier devait révéler peu après que les antennes en question «n’ont encore jamais fonctionné et n’ont donc jamais émis la moindre onde». Il s’agissait donc selon toute probabilité d’un cas classique et sincère d’autosuggestion collective. Évidemment, cela n’a pas suffi à rassurer les riverains qui ont continué pendant plusieurs semaines à jouer en toute honnêteté les malades imaginaires. Puis, comme les médias ne s’y intéressaient plus, les malaises ont cessé d’eux mêmes.

LE STORYTELLING DE DÉVALORISATION

Il ne s’agit pas ici de faire porter le chapeau aux médias qui ont raconté l’histoire que le public voulait entendre. Les opérateurs de téléphonie, qui savent la paranoïa que déclenche l’installation de leurs antennes-relais, sont les premiers responsables de ne pas s’attaquer à ces craintes. Ils s’obstinent à répondre à l’irraisonné par des arguments raisonnés et d’autant plus inefficaces… Ils pourraient se nourrir des réflexions engagées par le luxe pour lutter contre la contrefaçon et se montrer plus narratifs. «Les parents qui refusent le wifi dans les écoles ne seraient-ils les nouveaux obscurantistes qui préfèrent voir leurs enfants grandir isolés plutôt que connectés ?» est une question que les opérateurs en téléphonie auraient intérêt à poser publiquement. Ce «storytelling de la dévalorisation» consiste à répondre à une histoire sombre par une histoire qui dévalorise, voire ridiculise, le narrataire qui soutiendrait mordicus la première version. Dans le meilleur des cas, cela le convainc de changer. Dans le pire des cas, cela évite au moins aux gens autour de lui de se laisser influencer et donc ridiculiser. Il va de soi qu’il faut utiliser cette technique avec précaution et qu’il est préférable de l’encadrer éthiquement. Le narrateur n’a pas intérêt sur le long terme à dévaloriser ses narrataires mais peut y être conduit provisoirement si l’histoire qu’il raconte est trop déformée par ce dernier.

  1. Dunod, 2011

> Sortie en librairie le 7/9/11

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Le + du blog du storytelling

Cet extrait appartient au chapitre 3 consacré aux «limites du storytelling» qui s’interroge notamment sur le danger d’un storytelling non authentique, sur l’utilisation des émotions négative en narratologie et enfin sur le storytelling de dévalorisation. Utilisé tactiquement, ce dernier peut être utile, il ne saurait constituer l’alpha et l’omega d’une stratégie storytelling.

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