septembre, 2011 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour septembre 2011

Luxe : la jouissance est in, la possession est out

Jeudi 29 septembre 2011

> Il y a longtemps déjà que les stars ont tout compris : robes et bijoux leur sont prêtés pour la montée des marches. En précurseurs des tendances, elles savent bien qu’en matière de luxe, la jouissance importe plus que la possession...

Un rapport de Xerfi estime que le luxe, traditionnellement résistant, est rattrapé à son tour par la crise. Mais des pistes de rebond existent, comme la meilleure maîtrise des circuits de distribution sur Internet et le luxe «en location». Sous le nom de «luxe de jouissance», je consacre à ce dernier concept quelques pages dans mon livre «Storytelling – réenchantez votre communication» – et dont est issu l’extrait ci-dessous.

À l’ère du téléchargement généralisé, il n’est plus aussi important de posséder un film sur un support physique comme ont pu représenter la cassette vidéo ou le DVD. Qu’il soit disponible sur notre disque dur, en VOD à durée limitée ou simplement en streaming, ce qui importe c’est de pouvoir le regarder, pas en être propriétaire.

Cette idée de la jouissance plutôt que la possession affecte même un secteur qui croyait pourtant, pour avoir montré l’exemple en matière de storytelling, qu’il en conserverait toujours le contrôle. Toutes les grandes marques de luxe se sont développées en élargissant leur histoire de manière à pouvoir englober de nouveaux produits : Louis Vuitton et Hermès ont beau avoir commencé dans la malletterie et la sellerie et être devenus les plus grands maroquiniers du monde, ils sont aujourd’hui aussi des marques de mode, des artisans horlogers et même des lunetiers. Mais demain ?

Le bling-bling et le porno chic qui ont qualifié la première décennie du 21e siècle ont cédé la place à un luxe plus porteur de sens, un luxe censé personnifier l’être plutôt que l’avoir. Quelle forme cela prend-il ? Pour un abonnement annuel plus ou moins équivalent au prix d’achat d’un seul «it-bag», les fashionistas avisées peuvent désormais en louer un et le changer aussi souvent qu’elles le désirent. Là aussi donc, la jouissance devient plus importante que la possession. Cette pratique se développe dans les pays anglo-saxons, chez nous un peu moins vite. Comme le rappelle Martine Ghnassia de l’IFOP : «le problème de la possession en France n’est pas réglé». Mais nul doute que nous y viendrons vite désormais. Ce n’est qu’une question d’histoire.

(c) Dunod

Les jeux vidéos peuvent-ils réenchanter le monde ?

Dimanche 18 septembre 2011

Le roi est mort (Joy-Pad), vive le roi (le jeu vidéo) ! Comme dans la théorie des deux corps du roi (cf. mon article ici : http://bit.ly/rjf6gt), le corps historique n'est plus mais le corps narratif est immortel. Les jeux vidéos peuvent ne plus avoir de médias papier qui leur soient consacrés, ils n'en ont pas moins pris une place prépondérante dans notre vie. La gamification du monde est en marche !

Alors que la presse papier consacrée aux jeux vidéo disparaît (ainsi Joy-Pad, toute notre enfance) et que les nouvelles consoles des marques traditionnelles (Sony, Nintendo) peinent à convaincre face au nouveau modèle économique des smartphones, le jeu vidéo en tant que tel, lui, ne s’est jamais aussi bien porté.

Tandis que les Français sont ceux qui dépensent le plus chaque année par joueur (plus que les Anglais, plus même que les Américains !), on peut désormais utiliser les jeux comme vecteur culturel : Mario et Socrate peuvent dialoguer, ce que votre vieux prof de philo (celui dont les poils sortaient du nez) ne vous avait jamais dit. Le livre «Philosophie des Jeux Vidéo» est d’ailleurs en accès libre sur le site de l’éditeur (la version papier, elle, est payante).

Voilà qui illustre un thème cher à ce blog, «le jeu vidéo peut-il changer le mode» en contribuant à son réenchantement ? En tout cas, entre serious games et codes du jeu vidéo dans la pub ou aux infos, on assiste à une véritable «gamification» (un terme qui s’apparente à bien des égards au storytelling…). C’est à se demander si les idéologies en -isme qui ont marqué le 20e siècle n’ont pas cédé la place à celles en -ification pour qualifier le 21e ?

Chroniques du storytelling : Ruines et rebrandings…

Dimanche 18 septembre 2011

AUTOMOBILITÉ

> Citroën et les réseaux sociaux: « Peu de marques osent rendre public ce qui se dit d’elles » bit.ly/p6B5hc Bravo!

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BANCASSURANCE

> Les Français et leurs banques, l’histoire d’un lien de confiance qui s’est brisé http://bit.ly/pzL6XS

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CULTURE

> Qu’y a-t-il dans la beauté des ruines qui nous touche plus que dans l’architecture debout ? http://bit.ly/pJCX7M

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ÉDITION

> Is It Time to Rethink E-Books? http://bit.ly/rnpqkO

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ENTERTAINMENT

> Jamie Bell: « Le parallèle entre Hergé et Spielberg, c’est que ce sont deux grands #storytellers » (in Vogues Hommes Intl)

> RT @albanvdk : Quand les commentaires de la presse sur les affiches de cinéma sont pipeautés : http://bit.ly/mXZE9S

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F&B

> « CocaCola, champion du marketing mais toquard de la com » http://bit.ly/pOUUQd Et si ce n’était que la 1e fois…

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HÔTELLERIE

> Pour Denis Hennequin, la relance du groupe Accor passe par celle d’Ibis, bientôt sa marque-phare http://bit.ly/oIM2HP

> Il y avait l’indice Big Mac, Hennequin (ex McDo) veut lancer l’indice Ibis http://bit.ly/oIM2HP

> RT @EdouardBorie : Le George V à Paris vient d’être classé « palace » et rejoint le Bristol, le Meurice, le Park Hyatt Vendôme et le Plaza-Athénée.

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LIFESTYLE & SPORT

> RT @albanvdk : Témoignage émouvant de Michael J. Fox pour le lancement « Back for the future » des baskets Nike de Retour vers le Futur 2

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> Se sentant « plus sportswear que créateur« , Lacoste confirme aussi se sentir plus américain que français http://bit.ly/oGDQSn

>Par ailleurs, Lacoste aurait demandé à la police de ne plus laisser le tueur d’Oslo porter son crocodile bit.ly/nhTHEu

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LUXE

> Les départs d’Yves Carcelle (mis à la retraite de façon anticipée) et de M. Jacobs (qui signerait chez Dior) signeraient la fin d’une ère chez Louis Vuitton http://bit.ly/qOwRaC

> Pub Dior: l’appropriation d’icônes d’autres marques (Grace Kelly pour Hermès & Marylin Monroe pour Chanel) est-elle si innocente?

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MÉDIAS

> DSK négocie ses questions avec Claire Chazal, merveille du journalisme de complaisance à la française http://bit.ly/qNm1px

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MISCELLANÉES

> RT @laurent_local : Arnaud Lagardère  : « Peut-être suis-je un patron atypique, et alors ? » http://lesechos.fr/0201611172173.htm

> Photo censurée du 11/09: on peut y lire un symbole d’égoïsme ou la capacité à aller de l’avant http://bit.ly/p8FlNJ

> Science&Vie: La raison ne peut suffire, il faut noyauter les théoriciens du complot = comploter contre les complotistes!

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MOBILITÉ

> Le bel envol de Benjamin Millepied pour la nouvelle campagne Air France

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RETAIL

> Après le brick & mortar, le Disney Store entre enfin dans l’ère du e-commerce: www.disneystore.fr

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SÉMANTIQUE

> RT @pierrehaski : Le critique cinéma du Guardian : « Nous avons besoin de plus de sérendipité« . 100% d’accord. http://bit.ly/nIZvem

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TECHNOLOGIQUES

> Tablettes: « Aujourd’hui l’informatique est plus innovante chez les particuliers qu’en entreprise » (AXA in LeParisien)

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Éditeurs : la fin du livre n’est rien, c’est la fin de la lecture qui vous menace

Samedi 17 septembre 2011

> Dessin de Dave Simonds, paru dans The Economist : econ.st/r9HkSI

Les éditeurs ont peur de revivre avec le passage du livre au numérique le traumatisme vécu par celui de l’industrie du disque. Ils ont raison et tort, pour eux ce sera bien pire car la fin du livre ne fait que préfigurer la fin de la lecture. Sauf si…

Une conférence à l’université de Lausanne posait récemment la question : «Qu’y aura-t-il après le livre ?» (elle est podcastée ici). C’est un débat d’éditeurs mais pour les lecteurs, la question est à la fois bien et mal posée. Certes, si l’on regarde le précédent de la musique (La Tribune présente ici une infographie édifiante pour se donner des frissons), il y a de quoi effrayer l’industrie de l’édition : la mort du CD, largement entamée, n’est toujours pas compensée par la montée en puissance des ventes numériques.

De ce point de vue, les éditeurs papier ont raison de craindre la baisse de revenus quand ils ne vendront plus que des ebooks. Et la solution du patron de Stock, Jean-Marc Roberts, «appliquer un lieu de vente unique du livre (la librairie «en dur») comme on a appliqué un prix de vente unique» est évidemment une stupidité. Mais le vrai problème est de toute façon ailleurs.

Le marché de la musique n’est pas un modèle pour le marché du livre

Car si l’on se place du point de vue du consommateur, de l’amateur de musique, alors on vit un nouvel âge d’or : accès à tous les titres ou presque (payants ou pas), artistes nés sur Internet ou en exploitant les potentialités nouvelles (ainsi Björk a composé son nouvel album sur iPad ou «avec une manette Nintendo» et en révèle un à un les titres dans des applis particulièrement innovantes), artistes qui sont par ailleurs contactables directement via leur myspace ou twitter, et concerts plus nombreux que jamais (depuis que les disques ne se vendent plus) etc. Le marché de la musique n’est pas mort, il bande encore et bien ! Ce sont les majors du disque qui sont à la peine.

Malheureusement, ce modèle n’est pas exportable tel quel pour l’édition. Car au-delà du manque à gagner sur le papier, la disponibilité prochaine de toute la littérature mondiale (le rêve de Jorge Luis Borges) s’accompagnera parallèlement de la disparition de l’envie de lire (le cauchemar d’Umberto Eco). Les gros lecteurs, les baby boomers, sont de moins en moins nombreux. L’envie de lire baisse chez les jeunes, à l’âge où l’on prend ses habitude de lecture pour la vie. Non qu’on ait affaire à une génération acculturée mais précisément parce que les fondamentaux de la culture ont changé : les magazines, films, les séries télé, les jeux vidéo en font partie au même titre que les livres.

La baisse de l’envie de lire n’est doc pas un problème de support, c’est un problème de temps disponible pour répondre à toutes les sollicitations culturelles ou «d’entertainment». The Economist citait récemment le cas d’IKEA qui anticipe déjà cet état de fait : ses nouvelles étagères de la série culte Billy sont dotées de portes vitrées. Dans un monde où les derniers livres seront avant tout des objets de décoration mobilière, il importera plus que jamais de les protéger de la poussière…

Passer enfin à la littérature 2.0…

Plutôt que de réagir en gros réac, Jean-Marc Roberts ferait donc mieux de se demander ce que seront les futurs auteurs qui feront vivre Stock (et les autres) demain. Des auteurs encore à l’école/au lycée/à la fac aujourd’hui mais qui grandissent dans le mélange des genres et ne se reconnaîtront plus dans le milieu de l’édition actuel, la rentrée littéraire, les vaches sacrées ayant accès aux médias, les compromissions avec les critiques etc. Ils n’envisageront pas non plus d’écrire sans pouvoir aussi y mettre de la musique, de la vidéo, des jeux, des interactions avec leurs lecteurs… De la littérature augmentée en quelque sorte qui pourra vivre sur plusieurs supports. Le transmedia annonce cette fusion entre les différents genres artistiques au profit de nouveaux objets, oeuvres, encore non nommés.

Pour les maisons d’édition (mais aussi les éditeurs vidéo, les producteurs de films… et les survivants de l’industrie du disque), plutôt que de se faire peur à évoquer l’inéluctable – comme si on pouvait le conjurer ! – il serait temps de sortir de leur pré carré et de commencer à réfléchir ensemble à un avenir commun…

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> Le livre papier, tellement low tech qu’il en devient hyper high tech dans cette vidéo espagnole :

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La rentrée littéraire du storytelling

Dimanche 11 septembre 2011

La rentrée littéraire se double cette année d’une vraie rentrée storytelling pour le milieu de l’édition. J’ai parlé ici même de mon livre, sorti la semaine dernière, que je vous encourage «chaleureusement» ;-) à acheter (par exemple ici ou ) ! Mais comme le storytelling est une discipline trop jeune et trop peu représentée qualitativement en France pour nous ignorer les uns les autres, je suis heureux de saluer la production de mes confrères.

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Storytelling – Enjeux, méthodes et cas pratiques de communication narrative

Franck Plasse, Territorial Éditions, 2011, 88 pages, 29€

L’ouvrage présente les enjeux du storytelling principalement dans la sphère publique. L’auteur, directeur de cabinet d’une collectivité territoriale, en connaît d’ailleurs bien les arcanes.

Le point fort : Franck Plasse utilise en toute transparence ses propres actions concrètes passées pour les analyser avec du recul.

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Il était une fois… le storytelling

Philippe Payen, Vocatis, 2011, 208 pages, 15€

Le livre applique la métaphore de l’arbre : les racines, le tronc et les branches etc. : un moyen visuellement efficace de comprendre les enjeux, la structuration et les résultats d’une stratégie storytelling.

(Je regrette juste une chose : en fin d’ouvrage, l’auteur propose des tests dont l’un consiste à faire son storytelling sous forme d’un tweet ou d’un haïku. Je ne prétends certes pas à l’exclusivité de ces deux exercices mais je suis le premier à les avoir pratiqués et associés en formation depuis des années. Il eût été fair-play de le mentionner)

Le point fort : Philippe Payen revient opportunément sur les textes fondateurs de l’art oratoire et de la conviction à travers un corpus théorique qui manque à beaucoup d’ouvrages publiés sur le sujet. Dans un pays comme la France qui se méfie des modes venues d’outre-Atlantique, il n’est jamais inutile de donner de l’épaisseur intellectuelle à notre discipline.

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On pourrait aussi citer Le Story-Telling en marketing – Tous les marketeurs racontent des histoires de Seth Godin (Maxima, 155 pages, 2011) mais il s’agit en fait du simple repackaging sous un nouveau titre d’un livre déjà ancien (Tous les marketeurs sont des menteurs).

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« Storytelling – Réenchantez votre communication » est disponible

Mercredi 7 septembre 2011

Mon livre «Storytelling – Réenchantez votre communication» sort aujourd’hui (Dunod, 192 pages, 22€).

> Présentation du livre sur le site de l’éditeur et en vidéo sur sa chaîne YouTube.

> Le livre est disponible auprès de l’éditeur, sur Amazon et sur Fnac.com notamment.

Bon, je vous fais le pitch de la 4e de couverture :

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Les marques qui véhiculent une histoire sont celles qui se portent le mieux. Au-delà d’une communication basée sur les produits, elles créent avec leurs consommateurs des histoires qui donnent du sens à l’acte d’achat. Le storytelling, ou communication narrative, insuffle de l’émotion dans la relation entre l’entreprise et ses clients et permet de créer des récits qui se propagent et qui font vendre.

Pour la première fois un livre fait le point sur cette technique, analyse les ressorts de son efficacité et propose une méthode pas-à-pas. En la suivant, vous apprendrez à faire de votre histoire une vraie success story.

À la découverte du storytelling : comprenez les spécificités du storytelling tel qu’il est pratiqué en entreprise.
À chaque entreprise son storytelling : devenez une marque avec une histoire, et apprenez à la diffuser.
Les outils du storytelling : utilisez les différents modèles narratifs, les éléments-clés d’un scénario.
Le storytelling en pratique : inspirez-vous d’autres success stories grâce aux nombreux exemples et cas d’entreprise.

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Si vous êtres parmi les premiers lecteurs, n’hésitez pas à commenter et à poursuivre le débat amorcé par ce livre. Si vous l’aimez, n’hésitez pas à en parler sur le web… et autour de vous dans la vraie vie :)

STORYTELLING – RÉENCHANTEZ VOTRE COMMUNICATION

Mercredi 7 septembre 2011

STORYTELLING – RÉENCHANTEZ VOTRE COMMUNICATION

Sébastien Durand

Tendances Marketing, Dunod (2011) – 176 pages – 22 €

> Commandez le livre sur le site de Dunod

> Commandez le livre sur Amazon

> Commandez le livre sur la Fnac

> Disponible en librairie

Les marques qui véhiculent une histoire sont celles qui se portent le mieux. Au-delà d’une communication basée sur les produits, elles créent avec leurs consommateurs des histoires qui donnent du sens à l’acte d’achat. Le storytelling, ou communication narrative, insuffle de l’émotion dans la relation entre l’entreprise et ses clients et permet de créer des récits qui se propagent et qui font vendre.

Pour la première fois un livre fait le point sur cette technique, analyse les ressorts de son efficacité et propose une méthode pas-à-pas. En la suivant, vous apprendrez à faire de votre histoire une vraie success story.

> À la découverte du storytelling : comprenez les spécificités du storytelling tel qu’il est pratiqué en entreprise.
> À chaque entreprise son storytelling : devenez une marque avec une histoire, et apprenez à la diffuser.
> Les outils du storytelling : utilisez les différents modèles narratifs, les éléments-clés d’un scénario.
> Le storytelling en pratique : inspirez-vous d’autres success stories grâce aux nombreux exemples et cas d’entreprise.

Publics : responsables marketing & communication, agences de publicité et de communication, concepteurs-rédacteurs, étudiants

L’auteur : Sébastien Durand dirige Sébastien Durand Conseil. Pendant plus de 15 ans, il a ocupé des postes-clés dans le marketing, la communication et les ventes de Disney, Futuroscope, NRJ etc. Il a également prêté sa plumes à des chefs d’entreprise et à des hommes politiques. Dès 2007, il a été le premier en France à se spécialiser en storytelling d’entreprise et à aider ses clients à réorganiser leur stratégie autour de cette technique. Il intervient également dans des conférences et en formation. Il est persuadé que les histoires peuvent changer le monde.

> Contactez l’auteur

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Faut-il «dévaloriser» les histoires de l’adversaire ?

Lundi 5 septembre 2011

"Les ondes, est-ce que ça vous chatouille ou est-ce que ça vous gratouille ?"

The Economist note que malgré les études scientifiques, beaucoup de gens refusent toujours d’admettre l’innocuité des ondes (radio, téléphones, wi-fi). C’est là qu’un «raisonnement raisonné» montre ses limites. Le storytelling en réponse doit alors se faire plus incisif qu’habituellement. Un concept auquel je consacre en partie un chapitre dans un livre qui sort le 7 septembre – «Storytelling – réenchantez votre communication» – et dont est issu l’article ci-dessous.

Les craintes concernant la santé (cet «état précaire qui ne laisse rien présager de bon» comme disait le bon docteur Knock) est un secteur propice aux histoires qui échappent à leurs émetteurs ou dérapent à cause des narrataires et à leur hypocondrie bien connue («Les gens bien portants sont des malades qui s’ignorent»).

DES PHÉNOMÈNES D’HYSTÉRIE COLLECTIVE

En 2009, quelques habitants d’un quartier de Saint-Cloud ont éprouvé des malaises plus ou moins graves suite à l’installation d’antennes relais par Orange. Les médias s’en sont aussitôt fait l’écho et le nombre de malades est allé en augmentant à chaque article ! Les journalistes n’ont pour la plupart pas jugé nécessaire d’interroger l’opérateur. C’est bien dommage car ce dernier devait révéler peu après que les antennes en question «n’ont encore jamais fonctionné et n’ont donc jamais émis la moindre onde». Il s’agissait donc selon toute probabilité d’un cas classique et sincère d’autosuggestion collective. Évidemment, cela n’a pas suffi à rassurer les riverains qui ont continué pendant plusieurs semaines à jouer en toute honnêteté les malades imaginaires. Puis, comme les médias ne s’y intéressaient plus, les malaises ont cessé d’eux mêmes.

LE STORYTELLING DE DÉVALORISATION

Il ne s’agit pas ici de faire porter le chapeau aux médias qui ont raconté l’histoire que le public voulait entendre. Les opérateurs de téléphonie, qui savent la paranoïa que déclenche l’installation de leurs antennes-relais, sont les premiers responsables de ne pas s’attaquer à ces craintes. Ils s’obstinent à répondre à l’irraisonné par des arguments raisonnés et d’autant plus inefficaces… Ils pourraient se nourrir des réflexions engagées par le luxe pour lutter contre la contrefaçon et se montrer plus narratifs. «Les parents qui refusent le wifi dans les écoles ne seraient-ils les nouveaux obscurantistes qui préfèrent voir leurs enfants grandir isolés plutôt que connectés ?» est une question que les opérateurs en téléphonie auraient intérêt à poser publiquement. Ce «storytelling de la dévalorisation» consiste à répondre à une histoire sombre par une histoire qui dévalorise, voire ridiculise, le narrataire qui soutiendrait mordicus la première version. Dans le meilleur des cas, cela le convainc de changer. Dans le pire des cas, cela évite au moins aux gens autour de lui de se laisser influencer et donc ridiculiser. Il va de soi qu’il faut utiliser cette technique avec précaution et qu’il est préférable de l’encadrer éthiquement. Le narrateur n’a pas intérêt sur le long terme à dévaloriser ses narrataires mais peut y être conduit provisoirement si l’histoire qu’il raconte est trop déformée par ce dernier.

  1. Dunod, 2011

> Sortie en librairie le 7/9/11

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Le + du blog du storytelling

Cet extrait appartient au chapitre 3 consacré aux «limites du storytelling» qui s’interroge notamment sur le danger d’un storytelling non authentique, sur l’utilisation des émotions négative en narratologie et enfin sur le storytelling de dévalorisation. Utilisé tactiquement, ce dernier peut être utile, il ne saurait constituer l’alpha et l’omega d’une stratégie storytelling.

Chroniques du storytelling : Montagnes russes et TVA, les deux corps du roi etc.

Lundi 5 septembre 2011

> Mal préparé, mal lancé, mal expliqué, le plan du gouvernement d’augmenter la TVA sur les parcs d’attractions a fait long feu face à la détermination des membres du Snelac (le syndicat des professionnels) et la mobilisation des réseaux par l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin. Sur le fond, assimiler les parcs à un divertissement pour ceux qui n’ont pas les moyens de partir en vacances pourrait se discuter (on est quand même sur une segmentation CSP+ en général !) mais l’argument a porté. Comme celui de vouloir «taxer le sourire des enfants». Et dire que tout serait parti (selon Challenges) de la volonté de fonctionnaires de Bercy de se venger du cadeau fiscal consenti à Disney il y a 25 ans en profitant de l’incompétente inexpérience de leur ministre de tutelle actuel…

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AUTOMOBILITÉ

> Après ses concurrents, Reault cède à son tour à la tentation de la néostalgie en relançant l’Alpine http://bit.ly/n1nBdh

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CHINE

> En Chine, 32% des cadres dirigeants sont des femmes, au Brésil 30%, en France 7% (in Challenges)

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CULTURE

> RT @marshkxx : Jolie manière de faire du storytelling à travers les âges par Canson au Louvre. Expo recommandée a @sebastiendurand !

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ÉDITION

> En attendant la sortie de mon livre, ce mercredi, un autre, plutôt axé sur le storytelling des collectivités avec en prime, des exemples tirés de la carrière de l’auteur, Franck Plasse.

> Un débat avec les anciens du Celsa (2010): « Quelle place pour le storytelling au sein de la stratégie marketing globale ? »

http://www.dailymotion.com/video/x8ad75 http://www.dailymotion.com/video/x8ad1e

> Après Petit Spirou, un nouvel attentat anti-Franquin avec Gastoon, un petit Gaston Lagaffe http://bit.ly/rj3e8F

> RT @moreauchevrolet : «Génial ! Kindle : Amazon permet aux lecteurs de contacter directement les auteurs qui le souhaitent http://bit.ly/ntEEWR»

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ENTERTAINMENT

> La chanteuse virtuelle électrise le Japon, c’est toujours mieux que celles qui sortent de la TV réalité : http://bit.ly/n7tNWX

> Star Wars : George Lucas ou le peintre qui gâche sa toile à force de ne pas savoir la finir bit.ly/oiauUq #Storytelling

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HOMOPHOBIE

> RT @AnLiz : «Tiens donc la notion de genre évoquée par les manuels de SVT dérange certains hommes politiques»

> Ch. Vanneste voit « le lobby gay » partout http://bit.ly/p9PTvQ Ouf! Il n’a pas dit « lobby juif » donc c’est moins grave, ça ne déclenchera pas de grandes protestations.

> Ch. Vanneste: « Le poids du lobby gay est considérable en politique et dans les médias » http://bit.ly/p9PTvQ Obsession malsaine

> Tim Cook, nouveau PDG d’Apple, est gay. Est-ce ou non une info légitime? http://bit.ly/qqXdVz Pour moi, oui.

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MISCELLANÉES

> Arnaud Lagardère attaque La Tribune. En cas de maladie, toujours s’en prendre au thermomètre http://j.mp/mSkg8U

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PARTIES PRENANTES

> « un DRH doit vivre avec son temps »… quand @actuel_rh rencontre @aymericvincent & @editis_litt http://bit.ly/nj73t7

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SÉMANTIQUE

> « Chirac, DSK: la France n’en finit pas avec la théorie des deux corps du roi » (Slate) http://bit.ly/reaWyS

> Storytelling et « la théorie des deux corps du roi » (DSK, Chirac) bit.ly/rjf6gt (extrait de mon livre)

> «Longue maladie » pour cancer, c’est déjà pas top mais «anosognosie» pour euphémiser Alzheimer c’est ridicule

> Reagan annonçant son Alzheimer: « Je commence le voyage qui conduit au coucher de soleil de ma vie » http://bit.ly/p9mJiw Au moins, c’était dit clairement.

> Pour Apple, l’iPad n’est pas une « tablette », mot vulgaire réservé aux dérivés PC http://bit.ly/rjBhLj

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TECHNOLOGIQUES

> Ayant abandonné ce qui a fait son succès, Sony va-t-il mourir ? http://bit.ly/nsCex3 (merci @albanvdk)

> RIP Sony, RIP Philips, RIP ceux qui abandonnent leur storytelling http://on.fb.me/irDEPV

> @ASI dénonce le champ lexical utilisé pour le départ de S. Jobs: génie, visionnaire, icône etc. bit.ly/qA1dZl

> « Apple est confronté aux mêmes questions d’image qu’une maison de couture quand son créateur passe la main » Stratégies

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RIP Sony, RIP Philips, RIP ceux qui abandonnent leur storytelling…

Vendredi 2 septembre 2011

Capture d'écran de LCI

Pour s’être endormi sur ses lauriers, Sony va peut-être mourir d’après LCI. Comme Philips, cette entreprise a perdu le sens de son storytelling. Un concept auquel je consacre en partie un chapitre dans un livre qui sort le 7 septembre – «Storytelling – réenchantez votre communication» – et dont est issu l’article ci-dessous.

Il est loin le temps où Philips et Sony mettaient conjointement au point le CD… en 1979. En 2011, le Néerlandais a annoncé se retirer du marché des postes de télévision pour se recentrer sur ses deux dernières lignes d’activité : l’équipement médical et l’éclairage. Ce qui choque ici, ce n’est pas tant la décision de fermer une branche historique – il avait présenté son premier téléviseurs en 1928 ! – que d’avoir perdu tout sens de son histoire : sur son site, dans ses documents institutionnels comme dans ses communiqués de presse, Philips peine à se définir. Sa signature («sense and simplicity») comme sa vision («améliorer la vie des gens, tout simplement») ne peuvent l’incarner à elles seules. On serait bien en peine aujourd’hui de dire quelle(s) histoire(s) il nous raconte…

Quant à Sony, il a certes réconcilié le monde avec l’idée de la qualité «Made in Japan» qui n’allait pas de soi dans l’immédiat après-guerre ainsi que par une politique d’innovations constantes jusque dans les années 90. Aujourd’hui, sauf peut-être dans le domaine des consoles de jeux, le Japonais semble lui aussi bien à la peine. Le père de la génération Walkman n’a pas été celui de la génération iPod…

Leur storytelling portait ces deux entreprises vers le software. Leurs catalogues de disques comme de films ont aidé à vendre téléviseurs, magnétoscopes et baladeurs ou lecteurs MP3. Leur recentrage récent, pour faire face à la crise, sur du hardware, sur les produits dont ils sont issus est un non sens. Une histoire est éternelle, les produits sont temporels. Que l’on bâtisse son storytelling sur l’offre ou la demande, sur la volonté du narrateur ou sur l’attente du narrataire, bref, que l’on soit Philips ou Sony, si l’on abandonne son histoire en cours de chemin, on court à la catastrophe.

(c) Dunod, 2011

> Sortie en librairie le 7/9/11