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Il sera une fois… Apple / Disney

Bob Iger, Disney & Steve Jobs, Apple. L'un des deux pourrait bien avaler l'autre. (cliché Life.com)

Récemment, le web bruissait de rumeurs sur le possible rachat du patriarche Sony par le fils prodig(u)e Apple (le walkman est bien le père de l’iPod, non ?) et L’Expansion listait 10 proies potentielles pour vider les poches profondes du géant de Cupertino : plus de 50 milliards de dollars dorment dans le coffre d’Onc’PicJobs. Pourtant, la plus logique et la plus grosse est rarement mentionnée : The Walt Disney Company.

Lors de la guerre de fin de règne de Michael Eisner en 2004-2006, Roy E. Disney, le neveu que Walt (que j’ai portraituré ici) avait pourtant bien rencontré Steve Jobs pour parler du rapprochement entre leurs deux sociétés. Officiellement, ce dernier avait alors décliné. Officiellement.

Des pas en direction l’un de l’autre ont néanmoins été faits depuis. Or, c’est bien connu, il n’y a que le premier pas qui coûte. Jobs a vendu Pixar, qu’il possédait en propre, à Disney, lançant ainsi la revitalisation de l’auguste département d’animation et installant ses propres hommes aux commandes créatives, Ed Catmull et John Lasseter. Ce dernier a désormais aussi la haute main sur les nouvelles attractions des parcs à thèmes : peu à peu, Disneyland se transforme en Pixarland…

Autre renaissance espérée, celle des Disney Stores qui avaient bien perdu de leur panache et qui veulent désormais s’inspirer des méthodes de vente des Apple Stores, le summum à l’heure actuelle.

Troisième pas, la multiplication des deals entre les deux compagnies : le développement de iTunes sur le cinéma et la télévision a été rendu possible en premier lieu grâce à Disney/ABC, le premier studio à y installer son catalogue.

Enfin et surtout, en échangeant ses titres Pixar, Steve Jobs est devenu le premier actionnaire de The Walt Disney Company – il possède notamment plus d’actions que les familles des deux fondateurs réunies – et est entré au conseil d’administration.

Jobs rêve d’une nouvelle aventure…

La dernière Keynote (conférence) de Steve Jobs était pratiquement dénuée d’intérêt si ce n’est celui de confirmer la convergence du futur système d’exploitation de Mac (Lion) avec ceux de ses terminaux mobiles iPhone/iPad. Elle montre les limites de l’exercice. Les présentations de Magic Steve étaient des modèles, avec le temps elles sont devenues un peu ennuyeuses avec leurs tics de langages hyperboliques qui tuent l’hyperbole. Non : faire une bande-annonce à partir de ses films de vacances n’a rien de «révolutionnaire».

Je pense que Steve Jobs s’ennuie un peu lui aussi. On ne peut pas changer le monde tous les ans. Après l’informatique personnelle, la musique, la téléphonie, les tablettes et la télévision (ce dernier sujet n’étant pas encore gagné), qu’est-ce qui pourrait bien le motiver ? Vaincre Google comme il a vaincu Microsoft ? La deuxième fois n’a jamais le goût de la première. Mon intuition est qu’il est à la recherche d’un défi à sa mesure pour les dix prochaines années…

Depuis 2006, je suis convaincu (comme quoi je suis ou visionnaire ou psychorigide) que, à un moment, Apple et Disney vont faire un mariage entre égaux. Contrairement à bon nombre de proies technologiques qui feraient courir un risque de monopole à la firme à la pomme, les activités de Mickey sont au contraire complémentaires : studios, télévision, édition, contenus interactifs, parcs à thèmes etc.

Si le PDG actuel Bob Iger a bien réagi à la crise de succession, il est plus un gestionnaire, comme avant lui Roy O. Disney (père de Roy E.) ou Frank Wells, qu’un visionnaire ou un créatif comme l’étaient Walt Disney ou Michael Eisner (qui n’a pas été que l’autocrate autiste de ses dernières années).

En faisant passer ses personnages de l’écran à la réalité des parcs, Walt Disney a inventé en quelque sorte la 3D et il a révolutionné la pop pulture du 20e siècle. Jobs en a fait de même au tournant du 21e siècle avec la pomme culture en redessinant l’avenir des médias vers le multimédia. C’est en croquant la pomme que Blanche-Neige est morte. Mais c’est peut-être en croquant la pomme que Mickey ressuscitera.

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Le + du Blog du Storytelling

Apple avait viré une première fois Steve Jobs. Puis, après son retour aux affaires, ce dernier a dû s’absenter pour de graves ennuis de santé. À chaque fois, la firme à la pomme a tangué, alimentant la «fameuse question» : peut-elle survivre à son fondateur ? J’ai déjà dressé lé parallèle avec The Walt Disney Company qui a traversé un trou noir après la disparition prématurée de Walt en 1966 dont elle a mis presque 20 ans à se remettre ! C’est aussi une constante de mes écrits : en matière de storytelling, il faut rapidement décider où s’arrête l’histoire du fondateur et où commence celle de l’entreprise.

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