juillet, 2010 | le blog du storytelling - Part 2 le blog du storytelling

Archive pour juillet 2010

Les entreprises les plus haïes de toute l’histoire

Mercredi 7 juillet 2010

> Le trio infernal des 3 entreprises les plus cordialement détestées de tous les temps...

On a le palmarès qu’on peut ! Si les classements des compagnies les plus puissantes (par exemple le Top100 de BrandZ), les plus influentes, celles qui ont la meilleure réputation etc. fleurissent un peu partout, le site The Daily Beast a, lui, proposé une approche radicalement différente en dressant le top des sociétés les plus… détestées de tous les temps !

Economistes et historiens se sont concertés pour obtenir une liste, certes un peu américano-centrée, mais très édifiante :

13e Drexel Burnham (années 80), 12e Halliburton (années 2000), 11e Monsanto (années 70, 80 et 2000), 10e Blackwater (années 2000), 9e Nestlé (années 70 et 80), 8e Goldman Sachs (actuellement), 7e Microsoft (années 80), 6e BP (actuellement), 5e ITT (années 70), 4e United Fruit Company (années 1900 à 1950), 3e Exxon (années 80 et 90), 2e Union Garbide (années 80). La palme de l’entreprise la plus haïe de tous les temps revient à la Standard Oil (1900) de John D. Rockefeller (dont j’ai raconté l’ascension,  la chute et la rédemption ici).

> En 1989, United Fruit Company, dont les agissements scandaleux en Amérique latine ont donné naissance à l'expression «république bananière», a changé de nom pour s'appeler Chiquita. Un changement purement cosmétique selon de nombreuses organisations de droits de l'homme, syndicales et de protection de l'environnement.

On peut remarquer qu’à part les institutions financières qui croulent d’elles-mêmes sous le poids de leur malhonnêteté, être détesté parce qu’on a mis la vie des consommateurs en danger, détruit l’environnement ou exercé un monopole préjudiciable à la société… ne suffit pas à faire faillite.

La plupart des entreprises disparues ne l’ont été que sous la pression politique (comme la Standard Oil justement)…

Du droit fondamental de pouvoir choisir ses capsules de café…

Lundi 5 juillet 2010

Prétendre imposer aux consommateurs vos règles ad vitam aeternam est un combat d’arrière-garde. C’est la réflexion que je me faisais récemment en lisant des récits sur la façon dont Epson et Hewlett-Packard avaient tenté en leur temps de conserver le monopole sur les cartouches d’encre pour leurs imprimantes… Mais ils n’ont pu empêcher d’autres de les détrôner avec des recharges moins chères et parfois de meilleure qualité.

Une situation qui rappelle celle de Nespresso aujourd’hui, qui prétend empêcher la concurrence – qu’elle vienne de Sara Lee (L’Or Maison du Café) ou de Casino (Ethical Coffee Company) – de proposer des capsules compatibles avec ses machines à café.

Le géant de Vevey a choisi de faire porter la bataille sur le plan juridique plutôt que sur celui du prix ou de la biodégradabilité, sujets où il n’est pas bon. Comme le note le PDG d’Ethical Coffee dans Challenges : «Une fois que vous avez acheté une imprimante ou une machine Nespresso, elle est à vous et vous pouvez vous en servir comme bon vous semble avec les consommables de votre choix».

Ce n’est pas nouveau mais cette réalité s’impose encore plus de nos jours avec le web 2.0 qui donne plus de pouvoir aux «narrataires» qu’aux narrateurs. C’est un point sur lequel je reviens souvent, notamment parce que certains de mes clients ont du mal à l’entendre, encore plus à l’accepter…

Les histoires sont faites pour échapper à leurs créateurs. Heureusement, «échapper» ne veut pas dire «hors de tout contrôle» mais avec «moins de contrôle… et plus d’influence». Un défi plus complexe mais ô combien plus passionnant et dans lequel le storytelling a une belle carte à jouer.

Chroniques du storytelling : Google to be Gay, les cupcakes de Ladurée, la guerre du café gagne en intensité…

Samedi 3 juillet 2010

> Google a décidé d’augmenter ses collaborateurs gays pacsés (domestic partnership) pour leur permettre d’avoir le même niveau de vie que les couples hétéros (qui bénéficient d’avantages fiscaux). Une initiative bien perçue en interne par tous et qui met cette entreprise à l’avant-garde de celles qui assurent l’égalité à tous leurs salariés.

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APPLE

> Foxconn et la Chine côtière désormais trop chers, Apple se tourne vers lz centre du pays pour délocaliser sa production (info La Tribune).

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BANCASSURANCE

> @camillejung : «La Société Générale lance son appli iPhone. J’ai juste envie de leur dire de faire leur job avant de faire joujou».

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CHINE

> La Chine met-elle de + en + de bâtons dans les roues des entreprises étrangères ? http://tinyurl.com/35qgxbv

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CULTURE

> Pour boucler le financement de sa Cité du Cinéma, Luc Besson laisse entendre qu’il a bénéficié de l’appui de l’Elysée (La Tribune)

> Désomais c’est sur Internet que les 12-34 ans découvrent les nouveaux artistes musicaux, pas en écoutant la radio. (merci @Anne_JM)

> Après 3 ans et plus de 1000 représentations, Le Roi Lion à Mogador va tirer sa révérence le 25 juillet. (@stevenbellery)

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ENERGETIQUES

>  BP fait fermer une page Facebook avec 800000 membres pour faire taire les critiques. Pas sûr que ce soir une bonne idée… (@camillejung)

> Lu dans Le Figaro: «d’après le Factbook 2009 de Total…» Ouf ! J’avais cru lire «Facebook». Du coup, je croyais que Total avait viré au 2.0…

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GASTRONOMIE

> Si même Ladurée se met aux cupcakes, où va-t-on ?

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HOTELLERIE

> Et la scission d’Accor a été votée… Court-termisme quand tu nous tiens…

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JOUETS & JEUX VIDEO

> Le musée des jeux vidéo sur le toit de l’Arche de la Défense n’aura vécu que 12 jours et ne ré-ouvrira pas ses portes. (@albanvdk)

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MICROCOSME

> Anne Méaux, la grande prêtresse d’Image Sept : «Je ne fais rien que je ne sois pas capable d’assumer». Principe cardinal du communicant

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MOBILITE

> C’est fou ça, la SNCF s’excuse de ne pas savoir faire rouler ses trains quand il neige, pleut ou fait soleil…

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SEMANTIQUE

> Affordance : «interface utilisateur qui suggère sa propre utilisation» (comme la corbeille sur l’écran du PC).

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TECHNOLOGIQUES

> @bendarag : «Orange/chronopost une alliance qui rime avec incompétence». Comme touts ceux qui ont expérimenté le service Orange/Chronopost récemment (avec la livraison de l’iPhone 4), je ne peux qu’être d’accord.

> Quand Apple, Sony, Microsoft et Nintendo présentent leurs excuses bidon et encore, de mauvaise foi… (merci @Anne_JM)

> La Tribune fait sa une sur les ratés à répétition de Microsoft, en panne de storytelling et «qui peine a se réinventer».

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THE OU CAFE ?

> Pour les spécialistes marketing, «Nespresso n’a pas anticipé l’arrivée de ses concurrents, comme ces leaders qui se reposent sur leurs lauriers».

> Pour Ethical Coffee, son principal challenger (distribué chez Casino), «vous devez pouvoir vous servir de votre machine à café comme bon vous semble avec les consommables de votre choix».

> Sur la télé suisse, le PDG d’Ethical Coffee révèle aussi que Nestec (filiale de Nestlé) a déposé un brevet américain traitant de modifications génétiques dans le café. http://latele.ch/letalk (après 21mn).

> Une petite pause au milieu de ce clash des titans ? Voici, toujours selon ECC, comment déguster un bon espresso à l’italienne et pourquoi il faut qu’il coule 25

> Enfin, dans un autre genre, Starbucks veut mettre de l’alcool dans son café, ou plus exactement offrir à ses établissements une seconde vie le soir, en débits de boissons alcoolisées !

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> Remerciements : les noms précédés de @ sont accessibles directement sur Twitter.

Nutella : gare à l’intox (alimentaire) !

Vendredi 2 juillet 2010

> Illustration provenant du site www.cafefernando.com

Le Nutella («la» Nutella comme on dit en Italie  où le produit est aussi intouchable que «la» mamma) serait menacé d’interdiction par Bruxelles. Ni une ni deux, les Européens se sont enflammés : blogs, pages facebook, messages twitter pour dire en gros : «touche pas à mon pot de Nutella» ! Cherchons à qui profite le crime…

Or, on apprend qu’il n’y a jamais eu de risque d’interdire la fameuse pâte à tartiner mais simplement de veiller à un meilleur étiquetage. Difficile en effet de tolérer que cette véritable hérésie calorique soit présentée en laissant sous-entendre qu’elle peut faire partie d’une alimentation équilibrée ! Mais à partir du moment où on prend ses responsabilités en l’achetant, chacun est libre d’y trouver le remède doudou à la crise

En fait, tout est parti des dirigeants de Ferrero eux-mêmes qui, ulcérés à l’idée de devoir éventuellement faire évoluer leurs étiquettes, ont brandi la menace de l’attentat à l’âme italienne. Le pire est qu’ils ont été entendus au-delà de leurs espérances puisque c’est l’extrême-droite transalpine (la Ligue du Nord) qui en a fait un cheval de bataille anti-Bruxelles et a sur-médiatisé l’affaire. Panique et rétropédalage dans la pâte à tartiner pour Ferrero qui prétend désormais avoir été mal compris.

Voilà ce qui arrive quand on ouvre la boîte de Pandore… En attendant, les fans de Nutella peuvent éprouver la désagréable impression d’avoir été instrumentalisés par Ferrero – et l’extrême-droite – et cette campagne s’ajoute hélas à d’autres, tout aussi mal intentionnées, pour discréditer l’Union Européenne. Faisant preuve pour une fois d’humour, cette dernière a même ouvert une page web qui reprend les affirmations les plus folles à son encontre : les bananes ne doivent plus être courbes, les sex toys doivent être rapportés en magasin pour être recyclés, on doit distraire les porcs en élevage en leur donnant des jouets, les stations de métro ne peuvent plus porter le nom de batailles entre nations européennes etc. Liste à laquelle il faudra désormais ajouter : le Nutella favorisant l’obésité, il doit être interdit…