Pulse : pourquoi les médias à la carte sont la seule solution pour sauver la presse (et la monétiser) | le blog du storytelling

Pulse : pourquoi les médias à la carte sont la seule solution pour sauver la presse (et la monétiser)

Inventé par deux étudiants de Stanford et popularisé lors de sa dernière «keynote» (présentation) par le grand manitou Steve Jobs en personne, Pulse News Reader est l’appli iPad du moment (2€99). C’est la version moderne, illustrée et ultra-intuitive de nos vieux flux RSS, organisés en mosaïque.

Mais Pulse a aussi déclenché l’ire du New York Times qui estimait son contenu pillé alors qu’il souscrivait jusqu’à présent sans problème aux flux RSS justement. Mais on dit le vénérable journal très vexé du ratage de sa propre appli, un vrai repoussoir (façon Le Monde). Le New York Times a donc exigé le retrait de Pulse de la boutique App Store, retrait qui n’a heureusement duré que quelques heures avant qu’une nouvelle version, expurgée du titre en question ne fasse son apparition.

Depuis des années, on passe d’une chaîne de télé à l’autre en fonction des programmes qu’on veut regarder, on n’est pas fidèle à une seule, hertzienne ou TNT. Au cinéma, vous n’êtes pas obligé de n’aller voir les films que d’un seul studio. De même, on passe d’un site à l’autre sur le web en fonction des articles qu’on veut lire. Pourquoi la presse est-elle alors la seule à s’accrocher à son modèle dépassé : pourquoi Libé ou Le Figaro proposent-ils des abonnements papier ou internet «tout ou rien» ? Pourquoi ne puis-je pas m’abonner uniquement aux articles d’un seul journaliste ou aux news d’une seule rubrique ? Aux news économiques et pas aux résultats sportifs ? Les flux RSS hier, Pulse aujourd’hui, agrègent les contenus qui me plaisent. Le Monde, Le Parisien, La Tribune, tous ces titres plus ou moins officiellement en vente, pourquoi ne se comportent-ils pas plus en apporteurs de contenus de qualité qu’on puisse prendre à la carte ?

Aux États-Unis, les cafétérias de type «all you can eat buffet», typiques des années 90, où l’on pouvait s’empiffrer à en crever une fois qu’on avait payé le prix ont cédé la place aux food courts, des espaces publics au sein des centres commerciaux où l’on peut s’assoir (même si on est venu avec son sandwich) et où l’on peut aller aux différents stands pour prendre ici son burger, là sa glace et encore là-bas son café…

Si cette métaphore «food and beverage» semble trop vulgaire à mes amis des vieux médias, qu’ils regardent le secteur de la mode : le «total look», c’est has been depuis 20 ans. Place aux mix malins mêlant fringues de prix à d’autres, plus accessibles. On ne peut plus être fidèle à une seule griffe, fût-elle née des mânes des grrrrands (avec le «r» roulé) journaux issus du Conseil de la Résistance. Cette époque est terminée.

Quand la presse aura compris cela, elle aura une chance de monétiser ses contenus.



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