Dans les années 80-90, les patrons s’exposaient, ils étaient l’image de leur société dont le storytelling se confondait avec le leur. Cette «incarnation» avait ses avantages – notamment en boostant la notoriété d’entreprises autrement peu glamour – mais elle présentait aussi bien des inconvénients, par exemple dans la gestion de l’après-fondateur, (je me suis souvent exprimé à ce sujet, notamment ici)
Dans les années 2000, ils se sont progressivement effacé derrière leurs produits, les vrais stars de leur entreprise. Aujourd’hui, si la parole est d’argent leur silence est d’or et ils interviennent peu dans les grands médias – à l’exception de la com de crise – , préférant les supports plus spécialisés (et où ils sont souvent mieux traités). Lire à ce sujet un intéressant article du Nouvel Économiste.
Et parfois, en effet, ils ont raison d’éviter les grands médias. Dernier – mais sublissime – ratage en date, celui de Yoel Zaoui interrogé par Jean-Pierre Elkabbach. Le patron de Goldman Sachs ne décolle pas le regard de ses notes et répond au fur et à mesure au célèbre intervieweur (ce qui prouve au passage que les questions et réponses ont été écrites au préalable car il lit ses fiches dans l’ordre !). D’évidence, ses réponses ont été écrites par son service de com et elles sonnent creux, mais pas plus que la lecture qu’il en fait : contrairement à une idée reçue, lire à la radio s’entend et se devine parfaitement (comme lorsque quelqu’un sourit au téléphone, son interlocuteur le perçoit). La prestation de Zaoui est catastrophique. Mais le plus drôle est qu’il ne réalise pas que, désormais, la radio c’est de la télé ! Les webcams sont là pour retransmettre le fail en direct. Et ça, son interlocuteur devrait le savoir… À moins que ce ne soit l’inconscient du journaliste Elkabbach qui cherche à court-circuiter le coach Elkabbach…
Goldman Sachs a « sa part de responsabilité »
envoyé par Europe1fr. – L’actualité du moment en vidéo.
> Merci à @Audebaron pour l’info.
