BP et la com de crise : une marée noire de gaffes… | le blog du storytelling

BP et la com de crise : une marée noire de gaffes…

> Le PDG de BP, perdu dans ses pensées. Peut-être se demande-t-il quelle perle il va encore sortir...

Dans un premier temps, les médias ont plutôt loué la bonne volonté de BP d’assumer ses responsabilités dans la marée noire du Golfe du Mexique : «nous paierons» indiquaient ses dirigeants.

Mais des doutes sur la stratégie de communicaiton de l’entreprise ont peu à peu fait surface. Pressions exercées sur les familles des pêcheurs (ils touchent un salaire pour nettoyer les plages… à condition de s’engager à abandonner toutes poursuites ultérieures) et gaffes à répétition de Tony Hayward, le PDG.

Un florilège est disponible ici. Quelques unes de ses perles… Lyrisme déplacé : «Nous ne pourrons l’emporter qu’en gagnant les coeurs et les esprits des populations locales». Égocentrisme : «qu’avons nous fait pour mériter cela ?» ou «depuis que le drame est arrivé, j’ai du mal à dormir». Enfin, cette terrible erreur d’appréciation :  «cette fuite est minuscule en proportion de l’immensité de l’océan».

Bien sûr, chez BP, il y a de vrais pros de la com. Sur Twitter, sur Facebook, dans les médias etc., Hayward est à chaque fois revenu sur ses propos pour s’excuser. Mais on bout d’un moment, ce n’est plus le syndrome Total, c’est le désastre France Télécom et ses célèbres lombardismesla mode des suicides» etc.)

Au moment où je mets en ligne ce post, BP annonce avoir «réussi à couper le conduit à l’origine de la fuite». Même si le pétrole cesse de se répandre (à vérifier), la crise n’est pas terminée. Les premiers calculs font apparaître un coût pour l’entreprise de 37 milliards de dollars, soit 3 années de cash-flow ! Du coup, les agences ont abaissé la notation du pétrolier qui risque d’avoir du mal à s’en relever.

Et le coût sur sa réputation sera tout aussi élevé. Ainsi, avec l’humour du désespoir, des petits malins ont proposé une extension Firefox qui remplace toute mention des lettres B et P accolées sur les sites que vous visitez par d’affreuses taches noires. Tant il est vrai que le nom du pétrolier est devenu insupportable.

Au bout du compte, comme Tony Hayward a dû le concéder : «Nous n’étions pas préparés pour gérer une telle crise». Il est à parier qu’il va devoir en payer personnellement le prix et qu’il ne restera pas en place très longtemps. Comme il l’a dit dans une de ses désormais célèbres gaffes : «Je voudrais revenir à ma vie d’avant». Ce ne sera jamais le cas, pas plus que pour les victimes de la pollution. La réalité est très prosaïque : aucune com ne pourra jamais compenser l’incompétence.

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Le + du blog du storytelling

> Maladroite sans doute mais honnête, la com de BP est tout le contraire de celle de Total dans des affaires similaires. Notre champion national n’assume jamais ses fautes… Dernier faux-pas en date : attaquer les salariés-actionnaires qui voulaient voter au conseil d’administration en toute indépendance. Christophe de Margerie, le PDG, considère que les représentants de ses collaborateurs ne peuvent pas ne pas voter exactement comme il leur dit de le faire. Il s’est donc adressé à la justice… et a été débouté. Le chemin vers le concept de parties prenantes sera encore long…



Un commentaire sur “BP et la com de crise : une marée noire de gaffes…”

  1. gants kevlar dit :

    « Un simple battement d’ailes d’un papillon peut-il déclencher une tornade à l’autre bout du monde? » Si OUI quels seront les conséquences mondiales de cette méga marée noire ? Lorsque BP sera en faillite qui paiera pour la réparation des dégâts ? Le « TOP KILL » semble être le top départ pour tuer le groupe BP. L’état anglais sauvera t-il cette entreprise comme il a sauvé les banques suite à la crise ? Pourquoi ne pas retirer les cotations de BP des bourses financières le temps que cette crise passe ?

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