> Suite du post : Nestlé sur la planète des singes
Quand un orang-outan fait plier l’une des multinationales les plus puissantes au monde, on comprend que quelque chose a changé dans le monde 2.0 qui est désormais le nôtre. Qu’aurait-dû faire Nestlé pour prévenir la crise, comment le géant de l’agroalimentaire aurait-il pu la gérer et y a-t-il encore quelque chose à faire pour limiter les dégâts ?
Les grandes marques ont leurs fans mais en tant qu’entreprises plus ou moins citoyennes, elles sont aussi l’objet d’une surveillance constante de la part des activistes. Il leur appartient donc de savoir sur quels dossiers elles sont le plus «attaquables» et de préparer leur riposte en amont. Dans le cas de Kit Kat, Nestlé – sa maison mère – ne peut invoquer la surprise : les chocolatiers sont depuis longtemps accusés de participer à la déforestation, notamment en Indonésie où vivent les orangs-outans, afin de fabriquer de l’huile de palme. Greenpeace avait déjà demandé au géant de Vevey en Suisse de cesser de s’approvisionner auprès de Sinar Mas, la société incriminée.
Mais Nestlé a un lourd passif en matière d’anticipation (cf. ci-dessous, l’affaire Smarties) et ne dispose même pas de sites dédiés à ses produits les plus populaires ou de comptes Twitter pour fédérer des communautés de fans. Tout juste avait-il ouvert récemment une «fan page Nestlé» sur Facebook. Or, si l’on est fan de Crunch ou de Nesquik, on l’est plus rarement du groupe désincarné qui les produit. Le dialogue ne s’étant pas instauré avec les forces faibles (cf. newsletter décembre 2009), tous les éléments étaient réunis pour que Goliath Nestlé se prenne les pieds dans le filet de David Greenpeace…
> À suive : Nestlé, quand la censure ne marche plus…
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> SMARTIES : LA RÉPÉTITION GÉNÉRALE ?
En avril 2009, dans un post intitulé «Ne réveillez pas un géant suisse qui dort», je m’étonnais déjà de l’amateurisme de Nestlé face au monde 2.0. À l’époque, un clip viral montrait des enfants en train de «fumer» des Smarties ! Et ce terme de «Smarties» commençait également à être popularisé par les junkies pour désigner des petites pilules multicolores absolument pas destinées aux enfants… Ne disposant pas de site ni de compte Twitter dédiés, Smarties a laissé le champ libre sur les réseaux sociaux à ses fans… comme à ses détracteurs. Nestlé (maison-mère de Smarties) n’a guère tiré de leçon de ce premier avertissement. Marx – qu’on doit assez rarement citer à Vevey – disait : «Dans l’Histoire, les événements surviennent souvent deux fois. La première comme tragédie, la seconde comme farce». Nestlé doit donc être un sacré farceur.

