2010 février | le blog du storytelling - Part 2

Archive pour février 2010

Nintendo : du jeu, encore du jeu, toujours du jeu… Et ça dure depuis 120 ans !

Jeudi 4 février 2010

L’industrie des jeux vidéos conserve auprès de nombreux décideurs l’image d’un secteur secondaire. Pourtant au niveau mondial, elle pèse désormais plus lourd que le cinéma. Et en France, Nintendo a déjà écoulé 8 millions de ses consoles portables DS, ainsi que 4 millions pour le modèle de salon, la Wii. Grâce à un sens inégalé du storytelling…

Pendant longtemps, Nintendo (fondé en 1889 !) a fabriqué des cartes à jouer traditionnelles japonaises et l’entreprise aurait pu disparaître en même temps que passait la vogue de ces hanafuda. Heureusement, elle avait intégré un des principes fondamentaux du storytelling : «arrêtez de vendre des produits, racontez une histoire !». Et celle de Nintendo repose sur l’idée que «le plaisir du jeu est universel» et non sur un jeu/jouet en particulier. Il lui a donc été relativement aisé de saisir l’intérêt de l’informatique naissante pour proposer les premières consoles de salon puis portables, ainsi que les jeux qui allaient avec ! Et Mario, Donkey Kong ou les Pokémon sont devenus les héros de prédilection des générations X et Y comme Mickey ou Popeye avaient été ceux des baby boomers.

Au début des années 2000, le fabricant a été rattrapé par Sony et Microsoft. Pourtant, considérant que le cimetière des jeux vidéos est jonché des cadavres  des anciens rois de la console (Sega par exemple), Nintendo a refusé de jouer la surenchère en matière d’innovations technologiques. Ce n’était pas dans ses gênes. Ce qui l’était, c’est encore et toujours le storytelling du jeu en général. La renaissance est donc venue de la DS et de la Wii ainsi que de leurs jeux différents, destinés à garder une bonne santé physique et mentale plutôt qu’à détruire une armée de zombies.

Cela a irrité bon nombre de «hard core gamers» qui n’ont pas saisi l’intérêt de remplacer ce joystick si chargé en testostérone par une manette ressemblant à une télécommande et à la prise en main si intuitive. Mais Nintendo a bien compris que les femmes et les seniors, joueurs occasionnels, représentaient un marché immense et vierge. Un changement de paradigme radical… et réussi. En effet, l’avenir démographique condamne au rétrécissement le marché des jeunes hommes boutonneux pour lesquel ses concurrents se livrent une lutte fratricide. Et pendant ce temps, le fabricant annonce un accord avec Gallimard pour faire aussi de sa nouvelle DSi XL un lecteur de livres numériques. Comme le Kindle ou l’iPad ! Le retour de la lecture plaisir.

Tant que Nintendo gardera à l’esprit son storytelling, la marque devrait pouvoir continuer à nous faire jouer à des jeux dont nous n’avions encore jamais rêvé…

Chroniques du storytelling : Apple la masse, la messe et le messie, les marques peuvent-elles apporter le bonheur ?

Mardi 2 février 2010

> Déjà, avant le keynote de Steve Jobs, le Wall Street Journal avait écrit : «La dernière fois qu'on a autant parlé de tablette, c'étaient celles sur lesquelles étaient gravés les 10 commandements». The Economist fait sa couv avec la même idée, exprimant aussi le souhait de bon nombre d’éditeurs de presse qui attendent Jobs comme le Messie...

> Déjà, avant le keynote de Steve Jobs, le Wall Street Journal avait écrit : «La dernière fois qu'on a autant parlé de tablette, c'étaient celles sur lesquelles étaient gravés les 10 commandements». The Economist fait sa couv avec la même idée, exprimant aussi le souhait de bon nombre d’éditeurs de presse qui attendent Jobs comme le Messie...

APPLE

Révélation

> Le «keynote» c’est toujours un exercice branché et attendu mais risqué… Il y a ceux qui le maîtrisent… et il y a Steve Ballmer, le PDG de Microsoft.

> Exit l’iSlate, ce sera donc l’iPad : pour se venger de ne pas avoir trouvé le nom eux-mêmes, les geeks font des blagues salaces sur le terme pad (bloc-notes mais aussi serviette hygiénique)

> Ceci dit, si l’on en croit La Tribune, le nom d’iPad est déjà déposé par STMicroelectronics. Il y a de la négo en vue…

> Ce que les geeks historiques ne peuvent accepter, c’est le repositionnement grand public de la marque à la pomme. Entamé par l’iPod, confirmé par l’iPhone, il est parachevé par l’iPad.

> Ces réactions ressemblent à celles des hard core gamers lors du repositionnement de Nintendo vers les femmes et les seniors (Wii, DS). Un repositionnement couronné de succès.

> D’ailleurs, pour rire, on peut se repencher sur ce que les geeks disaient déjà il y a 9 ans, lors du lancement de l’iPod. Le discours en entièrement recyclable*.

État des lieux

> En tout cas, on connaît déjà le nom de la première victime collatérale de l’iPad : le kindle d’Amazon. Qui a encore envie de lire des magazines sur un tout petit écran moche et en noir et blanc ?

> Autre victime, Microsoft, qui présentait aussi sa tablette il y a 15 jours… et tout le monde l’a déjà oublié !

> Heureusement, avec ou sans tablette, Microsoft sort de l’ornière au dernier trimestre grâce à Windows 7 (mais ses consoles et baladeurs ont fait un bide au moment des fêtes).

Stratégie

> Décortiquant la technique d’Apple, Thierry Spencer dresse un parallèle avec celle de Mylène Farmer. Dans les deux cas, il s’agit du marketing de la rareté*.

> «Ce n’est pas moi qui dois m’adapter au produit, c’est le produit qui doit s’adapter à moi» dit Jonathan Ive, designer en chef des produits Apple. Et si c’était là un de ses secrets ?

> C’est parce que tout Apple travaille pour Steve Jobs bien plus que Steve Jobs ne travaille pour Apple que la marque a pu rester aussi disruptive au long des années.

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AUTOMOBILITÉ

> Pour les 60 ans de la RATP, Yamina Benguigui a filmé 10 histoires vraies d’usagers, contrôleurs etc.

> Pédale d’accélérateur : le ratage de PSA n’est pas tant dans le rappel de 100.000 autos que dans l’aveu qu’elles sont fabriquées au sein d’une usine Toyota (en République tchèque, qui plus est).

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CHINE

> Le marketing n’est pas toujours une science, c’est aussi un art. Surtout en Chine…*

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ÉDITION

> En se remettant en cause et en inventant de nouveaux modes de distribution, la bande dessinée est devenue un poids lourd du monde de l’édition*.

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INTERNET

> Google fait du storytelling avec un simple écran de recherche et c’est extrêmement réussi*. Et Paris fera toujours rêver les amoureux !

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LUXE

> Après avoir été la photographe de leur campagne institutionnelle, c’est au tour d’Annie Leibovitz soi-même d’être shootée pour Louis Vuitton...

> Après avoir été la photographe de leur campagne institutionnelle, c’est au tour d’Annie Leibovitz soi-même d’être shootée pour Louis Vuitton...

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MARQUES

> Sondage CSA pan-européen : «Quelles sont les marques que vous associez le plus au bonheur ?» : 1er Disney (14%), 2e Coca-Cola (10%), 3e Club Med (8%).

> Les suivent en 4e Google (7%), 5e Danone (6%), 6e Apple (5%), 7e Kinder et McDonald’s (4% chacun). (info CBNews)

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MISCELLANÉES

> La saga des mois de Petit Bateau continue en chanson avec Izia : «Let Me Alone».

> Lego sera-t-il bientôt une marque générique? La Cour de justice de l’Union Européenne serait sur le point de lui refuser de protéger sa brique contre Mega Brands (Stratégies)

> La campagne très storytelling d’Allianz avec Charlotte Rampling a fait bondir la notoriété spontanée de l’assureur de 11%. Elle rempile logiquement pour une seconde vague.

> Le message sur la capote passe quand même mieux avec une petite histoire de zizi. Bravo Aides (et TBWA) !


Pub – Aides Graffiti
envoyé par Phix62. – Plus de vidéos fun.

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SOCIAL

> La lettre où Didier Lombard annonce son départ aux salariés de #FranceTelecom http://bit.ly/d6Jz32 Question : qui tenait vraiment le stylo maintenant qu’il n’a plus de dircom ?

> «Faire le Proglio» : expression en vogue pour décrire un salarié occupant deux fonctions sans cumul des salaires correspondants.

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* Remerciements : Jean Abbiateci, China Elite Focus, Anne Jocteur Monrozier, Blaise Reymondin, Thierry Spencer, Alban Vandekerkove.

Conceptualisme : de l’intérêt d’être bi

Lundi 1 février 2010
Bi-conceptualisme ou comment démultiplier les possibilités... notamment en storytelling.

Bi-conceptualisme ou comment démultiplier les possibilités... notamment en storytelling.

«Les hommes politiques sont des marques comme les autres» a écrit Marcel Botton. Il est vrai qu’on leur reproche souvent de tirer sur les plus vieilles ficelles du marketing, de devenir eux-mêmes des barils de lessive pour mieux se vendre aux électeurs… Certains seraient même prêts à faire du storytelling, c’est dire ! ;-) Pour une fois, prônons plutôt la démarche inverse et inspirons-nous d’eux…

Quand un sujet est marqué à droite ou à gauche dans l’opinion, un homme politique du camp adverse ne peut pas tenir un discours convaincant sur le sujet. Par exemple un homme de droite à propos de protection sociale («la droite est antisociale» pour ses adversaires) ou une femme de gauche à propos du maintien de l’ordre («la gauche est laxiste», idem). Cette triangulation – ou tentative d’épouser les thèmes de l’autre – est peu efficace, les électeurs préférant généralement l’original à la copie. Et puis, sous l’influence de Howard Dean, un nouveau concept est apparu, utilisé par Barack Obama et décortiqué avec pertinence par quelques analystes, dont Bruno Roger-Petit.

Le bi-conceptualisme consiste à se ré-approprier les positions du camp adverse en les replaçant dans un contexte plus vaste où l’on peut apparaître soi-même comme plus crédible. En pratique, prenons l’exemple du besoin sécuritaire des Américains. Obama ne pouvant réclamer des peines plus sévères contre les délinquants au risque de décevoir ses partisans sans convaincre ses opposants pour autant, il reformule la sécurité en tant que notion plus globale. «Les Américains ont droit à la sécurité : sécurité de l’emploi malgré la crise, sécurité sanitaire contre la pauvreté, et sécurité des biens et des personnes face à la criminalité»… Et ça passe tout de suite mieux !

On voit bien tout l’intérêt en marketing/com qu’il y a à s’inspirer du bi-conceptualisme. Plutôt que de lutter contre Microsoft et Sony pour rattraper leurs avancées technologiques, Nintendo a choisi de  mettre en avant «le plaisir universel du jeu», dont la technologie n’est que l’un des multiples aspects. Le champ d’application est si riche que nous y reviendrons prochainement. En attendant, majoritairement cerveau gauche ou cerveau droit, nous sommes tous bi-conceptuels !