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Mettons un peu de sérendipité dans nos moteurs !

L’été dernier, les chercheurs, philosophes et artistes qui participaient à un colloque sur la sérendipité à Cerisy dans la Manche ont reçu en cadeau de bienvenue… des bêtises de Cambrai ! Histoire de leur rappeler que ces délicieux bonbons sont nés de la «bourde» d’un apprenti pâtissier qui cherchait à cuire des berlingots. Comme je suis un grand gourmand devant l’Éternel, je n’ignore pas que la tarte tatin, le Nutella ou le Carambar sont eux aussi des inventions en partie fortuite.

La sérendipité est un terme de plus en plus présent autour de nous. On la définit souvent simplement comme «la science des hasards heureux», autrement dit «une innovation majeure d’origine plus ou moins fortuite et dont l’importance ne se comprend qu’a posteriori». Les trois princes de Serendip (l’ancien nom du Sri Lanka) est un conte persan dont Horace Walpole a tiré au 18e siècle le terme de serendipity afin d’évoquer des découvertes aux conséquences en partie inattendues. En anglais, ce terme, et sa forme adjectivale serendipitous, se distinguent d’autres, comme happenstance, fortuitous etc. en fonction de la part que le hasard y joue. Ces nuances sont impossibles à rendre en français, langue trop cartésienne et qui préfère la raison à l’émotion. Aujourd’hui, si sérendipité s’impose par souci d’efficacité, la forme n’est pas encore fixée pour l’adjectif : sérendipitique, sérendipant, sérendipiteux ?

Même si son vocabulaire français n’est pas encore au point, ce concept n’a rien de récent dans notre langue. Dans son célèbre essai Le mal français, Alain Peyrefitte écrivait déjà il y a 35 ans : «L’effet Serendip a toujours joué un grand rôle dans l’histoire. Christophe Colomb cherchait la Chine; il découvrit l’Amérique. En politique, nous sommes souvent des Christophe Colomb, bien que nous découvrions rarement l’Amérique». On ne saurait être plus pertinent. ;-)

Au classement Interbrand des 100 marques les plus puissantes, Coca-Cola est encore une fois numéro 1. À l’origine, la boisson de Monsieur Pemberton était un sirop médicinal assez épais. Un jour, un des employés de sa pharmacie le dilua par erreur dans l’eau gazeuse d’une fontaine à soda : on connaît la suite. Alors, si même la marque la plus connue au monde est une trouvaille sérendipitique, il n’y a plus à hésiter à s’y mettre !

Ce qu’il y a de bien avec la sérendipité, c’est qu’elle nous décomplexe : on a tout de suite moins peur de se tromper si c’est au final pour inventer la crème brûlée ! Outre qu’elle se base en partie sur l’intuition, cette technique – car ce peut en être une – se rapporte au storytelling :  elle fait la part belle à l’émotion et elle permet la narration d’histoires entrepreneuriales formidables. C’est pourquoi je reviendrai sur ce sujet prochainement…

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Un commentaire sur “Mettons un peu de sérendipité dans nos moteurs !”

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