septembre, 2009 | le blog du storytelling - Part 2 le blog du storytelling

Archive pour septembre 2009

Le Walkman, icône de la génération « pre-digital native »

Lundi 7 septembre 2009

Le Walkman a eu 30 ans cet été. L’anniversaire est un peu passé inaperçu (pas un mot sur le site officiel de la marque par exemple), ne serait-ce qu’à cause des déboires de Sony, qui n’est plus que l’ombre de l’innovateur par excellence qu’il fut. Pourtant ma génération doit beaucoup à ce petit appareil qui nous a rendu libres d’écouter la musique à tout moment et en tout lieu…

Le storytelling veut qu’Akio Morita, le légendaire patron de Sony ait demandé à ses ingénieurs de lui concevoir un appareil qu’il pourrait emporter sur les greens et écouter ainsi ses musiques préférées tandis qu’il jouait au golf. Il aurait également exigé que l’objet en question fût à peine plus grand que la cassette audio qu’il devrait contenir, un exploit technique jugé à l’époque impossible à réaliser… On n’a pas fini de mesurer les changements sociétaux que cet appareil a apporté : il a certes rendu à l’homme le pouvoir d’écouter «ma musique quand je veux où je veux» (le déclin de l’industrie du disque a peut-être en réalité commencé là) mais il a aussi rendu certains de ses adeptes autarciques, seuls dans la foule…

Même le nom de Walkman, dans un anglais aussi «petit nègre» que celui qui, quelques décennies plus tôt, avait présidé au choix de Sony (Sonus / Sunny Boy), a beaucoup fait pour son succès. Même si chez nous, une longue bataille menée par l’Académie française a fini par imposer le nom de baladeur (il est vrai que nous sommes plus doués pour légiférer sur les noms que pour favoriser l’innovation). Par la suite, le Walkman s’est transformé, a abandonné la cassette pour le CD puis pour le minidisc.

Mais en 2001, Apple lui a porté un coup fatal avec l’iPod qui n’est pas autre chose que le Walkman de la génération «digital native». Dans un monde où Sony n’aurait pas cessé d’innover, on peut supposer que c’est eux qui auraient dû lui donner naissance…

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Le + du blog du storytelling

> Selon une autre légende de Sony, c’est également à Akio Morita qu’on doit la durée d’écoute du CD,  portée de 60 mn initialement à 74 mn : il voulait en effet pouvoir écouter le 9e symphonie de Beethoven dirigée par Herbert von Karajan sur un seul CD !

> En 30 ans, ce sont près de 400 millions de Walkman qui ont été vendus (tous modèles Sony confondus). En moins de 10 ans, Apple en est déjà à la moitié de ce chiffre… qui ne sera pourtant pas battu car le successeur de l’iPod est déjà connu, c’est l’iPhone. Contrairement à Sony, Apple ne s’est pas (encore ?) endormi sur ses lauriers…

Shanghai Tang, Qeelin : quand le luxe vient de Chine…

Jeudi 3 septembre 2009

Chers lecteurs, je suis en Chine pendant cette première quinzaine de septembre et je posterai mes articles en fonction des mes possibilités. Je vous présente par avance mes excuses si le site du storytelling est moins souvent mis à jour pendant ces quelques semaines. 请原谅 (Qing yuanliang ! Je vous prie de bien vouloir m’excuser)

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Dans son livre La Chine et le luxe, Jacqueline Tsai annonce que l’Empire du milieu va devenir un des premiers marchés pour les marques de luxe. C’est évident. Mais elle pronostique aussi – et c’est plus novateur – l’émergence de la Chine en tant que créateur de biens de luxe et cite à cet effet deux marques qui seraient précurseurs de ce mouvement de fond:  Shanghai Tang et Qeelin.

Des deux, Shanghai Tang est la première à être apparue sur le radars des tendanceurs il y a déjà quinze ans. Ses stylistes s’appliquent à créer des vêtements élégants et modernes mais dans l’esprit du qipao – cette robe traditionnelle qui évoque les fumeries d’opium et l’opulence du Bund ainsi que les sublimes tenues de Maggie Cheung dans In the Mood for Love – et dans les matières associées depuis toujours à la Chine : soie, cachemire etc.  Mais c’est pourtant adossée depuis 2000 à un groupe de luxe «bien de chez nous», Richemont (Cartier, Montblanc etc.), que l’entreprise se lance à l’assaut de la planète mode globale. Même si son siège reste basé à… Hong Kong.

C’est aussi la rencontre de l’Orient et de l’Occident, en l’occurrence d’un designer hong kongais et d’un entrepreneur français, qui est à l’origine du succès de Qeelin. Depuis 2004, elle est la première marque de bijoux de luxe à créer des «talismans» chinois en s’inspirant de la tradition joaillière et des goûts… européens ! Par exemple la ligne BoBo qui propose des motifs à mi-chemin entre le panda et le nounours en peluche, le tout dans des matières évidemment précieuses.

Bien sûr, ces deux success stories restent encore relativement confidentielles surtout si on les compare à d’autres marques globales de mode et de joaillerie. Mais surtout, elles sont encore très dépendantes du savoir-faire – et du savoir-vendre – occidental. Selon Raphaël le Masne de Chermont qui préside aux destinées de Shanghai Tang, la Chine sortira bien de la crise en tant que premier marché mondial du luxe. Il lui reste à prouver qu’elle peut exporter le sien aussi bien qu’importer le nôtre. Et pour cela, il faut qu’elle ait une histoire à raconter, une histoire qui la rende désirable. Mais ça, ce sera le sujet d’un prochain post…