août, 2009 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour août 2009

Le National Geographic Magazine français va avoir 10 ans

Lundi 31 août 2009

Lancée il y a 10 ans, l’édition française du National Geographic Magazine s’apprête à fêter cet anniversaire. L’occasion de revenir sur le succès du plus célèbre des magazines de voyage et de découverte publié, dans sa version originale, depuis 1888 et qui a révolutionné la connaissance du monde.

Quand j’allais aux États-Unis dans les années 80 et 90, je ne manquais jamais de revenir avec l’exemplaire en cours du National Geographic, le magazine dont chaque page me faisait rêver aux beautés du monde… et dont la lecture faisait progresser mon anglais. Jusqu’à ce qu’enfin, à l’automne 1999, une édition française fasse son apparition dans les kiosques. Qu’est-ce qui explique le succès, jamais démenti, du National Geographic ? C’est qu’à la qualité intrinsèque du magazine s’ajoute une composante supplémentaire, celle de faire participer ses lecteurs à la construction de sa légende. Vous avez dit «storytelling» ?

Les plus belles photos

L’une des plus célèbres couvertures est certainement cette petite Afghane photographiée en 1984 dans un camp de réfugiés au Pakistan. Ses grands yeux qui avaient vu la guerre ont fait le tour du monde. Et presque 20 ans plus tard, l’auteur de ce cliché, Steve McCurry, a retrouvée l’enfant devenue femme, symbole à tout jamais d’un pays éternellement martyr. Il ne s’agit pourtant là que d’un exemple parmi des milliers d’autres des photos qui ont fait la renommée du NGM. Des photos qui ont inspiré à leur tour de nombreux artistes : Hergé, Hugo Pratt ou Carl Barks ont ainsi placé Tintin, Corto Maltese ou l’Oncle Picsou dans des décors plus ou moins directement tracés d’après les numéros dont ils étaient grands collectionneurs…

Des expéditions qui ont marqué les esprits

La National Geographic Society, fondée en 1888, s’est donnée pour but le développement et la diffusion de la connaissance géographique. C’est par exemple une de ses expéditions qui a mis au jour les ruines grandioses du Machu Picchu en 1911 ! Et c’est tout à fait officiellement que le magazine a accompagné Hillary au sommet de l’Everest, le commandant Cousteau dans son odyssée sous-marine et Ballard lors de la localisation du Titanic. Encore aujourd’hui, elle a ses propres «explorateurs résidents» comme J. Michael Fay en Afrique et Zahi Hawass en Égypte.

Une marque identifiable à son cadre jaune

En lui remettant le prix du meilleur magazine voyage & découverte en 2007, le jury du SPMI  (syndicat de la presse magazine) a justifié son choix ainsi : «Le plus beau, celui qui fait rêver. Des angles originaux, des sujets qui intriguent, une image superbe, toujours innovante, qui amène à la lecture de papiers particulièrement riches et denses. Le magazine de découverte et de connaissance par excellence.» Décliné en DVD, livres et autres produits dérivés, le fameux cadre jaune qui entoure la couverture du magazine est devenu un logo reconnaissable entre mille. Ce principe a été copié – en vert ! – par Géo, en Allemagne d’abord, et depuis 1979 en France. D’ailleurs, chez nous, le NGM est publié conjointement par la National Geographic Soeciety et par Prisma, par ailleurs éditeur de… Géo ! En faisant de chaque abonné dans le monde un sociétaire, la NGS les associe à son histoire et à ses découvertes. Et ne manque jamais de rappeller que «c’est grâce à vous que» etc. L’histoire du cadre jaune n’est donc pas prête de s’arrêter tant que ses lecteurs seront ceux qui lui permettent de la continuer. Ce qui est, certes, vrai de tous les magazines, mais un peu plus encore, dans le cas du National Geographic…

Droit de suite…

Vendredi 28 août 2009

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

J’inaugure un nouveau format pour cette rubrique hebdomadaire. Je reviendrai désormais sur les sujets qui ont fait l’actu ou le buzz cette semaine sous forme de tweets (<140 caractères) avec éventuellement des renvois sur d’anciens articles du site du storytelling. Si vous n’êtes pas familier de Tweeter, petite explication de texte en bas de ce post.

Apple, la série noire continue… sans réaction de l’intéressé

> Apple : «Si votre micro-ondes a un problème, vous n’allez pas alerter la terre entière que la marque est pourrie». http://bit.ly/cAqDn

> … En même temps, les communautés de fans de micro-ondes sont quand même assez rares…

> Mon pari : dans 15 jours, on pourra superposer les cartes de France des explosions d’iPhones et des incendies de voitures du 14 juillet

+ sur Apple sur le site du storytelling : le ver est-il dans la pomme ? l’origine du logo (podcast).

Aubade, une histoire de séduction

> #Aubade dévoilera le 24 septembre prochain sa 100e « leçon de séduction » http://bit.ly/4nooXN Une saga qui dure depuis 17 ans

Premières images d’Avatar, le nouveau James Cameron

> Trop de hype tue la hype. 15 ans après Titanic, J Cameron ne maîtrise toujours pas les images de synthèse. #Avatar fait pschiiiiit.

La Chine, une histoire du 21e siècle

> La Chine ravirait à l’Allemagne le titre de 1er exportateur http://bit.ly/3tHZJo Mais qui nous avait prévenu que les USA étaient passés 3e ?

+ sur la Chine sur le site du storytelling : l’histoire que raconte la cérémonie d’ouverture des J.O, Mo Tun – une historiette chinoise (podast).

Citroën fête ses 90 ans

> RT @DidierRols Une expo sur les Champs-Elysées pour les 90 ans de #Citroën http://bit.ly/ZXVQs)

+ sur Citroën sur le site du storytelling : 90 ans de différence.

Coca-Cola est-il halal ?

> Al Sid Cheikh : «L’accusation (Coca-Cola n’est pas halal) est sans aucun fondement religieux. C’est plutôt politique». http://bit.ly/ofGlH)

+ sur Coca-Cola sur le site du storytelling : la formule secrète de Coca.

Dopez votre com !

> Le secret de R. Gasquet pour que ses cheveux ne gardent pas la trace de voussavezquoi http://bit.ly/3rwnnz Gonflé de la part de l’annonceur !

+ sur le site du storytelling : faut-il une star pour doper votre com ?

Fnac et privatisation de l’espace public…

> «Non monsieur, vous ne pouvez pas photographier devant la #Fnac.» En pleine rue ? WTF ! (via @pprodhon) http://yfrog.com/0p7n7j)

Haute horlogerie

> Conseil aux horlogers du futur : donner l’heure n’est plus le seul but de la montre comme téléphoner n’est plus celui du téléphone mobile.

> «Do you prefer online or print advertising and why». Au moins,Tag Heuer utilise sa page Facebook à bon escient. http://bit.ly/O3eMU

+ sur les remises en question du secteur horloger : le cas Swatch, l’étonnante pub Tag Heuer.

NRJ

> NRJ : tout va mal, pas de bonne histoire à raconter donc allez, zou, on ne fait pas de conférence de presse de rentrée cette année.

+ sur le site du storytelling : NRJ… quand ça allait bien.

Obama, The Great Storyteller

> Un président peut-il prendre des vacances luxueuses quand son pays va mal ? http://bit.ly/mowbX Obama guetté par le syndrome Sarkozy ?

> En agressant Obama, le DG de la chaîne bio Whole Foods choque les électeurs bobo qui sont aussi ses clients… http://bit.ly/16j7nR

+ sur le site du storytelling : les leçons d’une victoire 1 et 2.

Société

> Complaisance à l’égard de la jeunesse, dévalorisation ontologique de la vieillesse : l’âge adulte traverse une crise http://bit.ly/nPXBy

> Dans La République, Platon craignait déjà que la démocratie ne finisse en « tyrannie juvénile« . Ne sommes-nous pas en plein dedans ?)

La télé rend fou

> La folle déchéance d’un ex-animateur tv (Israël) http://bit.ly/kjDZB TF1 : attention à la vengeance de PPDA et autres stars déchues…

> Foucault : «Je ne gagne pas l’argent que je gagne pour 50 mn d’émission mais pour 42 ans de métier et 50 mn.»). Bonne réponse, Jean-Pierre.

+ sur Jean-Pierre Foucault sur le site du storytelling : les secrets de la phrase «C’est votre dernier mot ?».

Twitter

> Hillary Clinton ne sait pas trop ce qu’est Twitter mais on lui a dit que c’était important, alors… http://bit.ly/13FJUr

La vidéo de la semaine

> Quelques poignées de sable suffisent à raconter une histoire bouleversante

> Kseniya Simonova dans la version ukrainienne de Nouvelle Star, Україна має талант)

> Merci à Rita Coquin-Bekaert qui m’a fait connaître cette vidéo.

PS : Twitter est un réseau social qui permet d’échanger des infos par le biais de courts messages façon SMS (les tweets). Le but est donc d’être pertinent et percutant… en moins de 140 caractères. Le sigle «RT» (ReTwitté) qui figure avant certains tweets signifie que je n’en suis pas l’auteur mais que j’en ai fait circuler un qui m’a particulièrement intéressé. Le signe « # » qui figure avant certains noms permet d’effectuer des recherches de tweets sur le même sujet. Ne manquez plus mes tweets en vous y abonnant ici.

Alessi, le design avec un supplément d’histoire en plus

Mercredi 26 août 2009

Si vous deviez choisir une icône du design des arts de la table de ces 30 dernières années, serait-ce le presse-agrumes «Juicy Salif» de Philippe Starck ou «la bouilloire oisillon» de Michael Graves ? Ou bien le tire-bouchon «Anna G.» d’Alessandra Mendini ? Ces trois objets ont en commun d’être présents aussi bien dans nos cuisines que dans les musées d’art contemporain. Ce sont aussi trois des créations les plus connues de la maison Alessi, toujours aussi fringante à l’approche de son 90e anniversaire.

Jadis, les futurs mariés inscrivaient la ménagère de 72 et plus couverts en bonne place sur leur liste de mariage. Las ! les temps ont changé et si les géants des arts de la tables comme Baccarat, Christofle ou les porcelainiers de Limoges (Bernardaud vient d’annoncer un plan de licenciements) ont connu bien des revers, c’est faute d’en avoir tenu compte. Dans ce secteur mis à mal bien avant la crise actuelle, un groupe affiche une bonne santé insolente, c’est Alessi.

Fondée en 1921 par le grand-père Giovanni, elle est toujours dans les mains de la famille, plus précisément dans celles d’Alberto, 3e génération. Et si Alessi a évité la crise, c’est que dès les années 50, elle a abandonné les couverts pour aller vers des collections dont on peut acheter les éléments séparément (une année la théière, une autre le sucrier etc.), autrement dit elle en a démocratisé l’acquisition. Mais surtout, elle a inauguré des collaborations avec des designers extérieurs. Et quand cette démarche a été copiée par dautres, elle a aussi été la première à s’adresser à des architectes. Quand Michael Graves a dessiné sa bouilloire oisillon, cette démarche a été critiquée : que venait faire un architecte de premier plan dans le monde alors moins considéré du design ? Depuis, de Frank Gehry à Jean Nouvel, ils y sont tous venus !

Chaque création d’un objet – soit 50 à 60 nouveautés chaque année dont au moins un à deux futurs classiques pérennes – fait l’objet d’une réflexion et d’une vraie historiette, souvent expliquée sur l’emballage, en rapport avec son créateur. Ces historiettes viennent à leur tour enrichir le storytelling de la marque Alessi. C’est pourquoi, au-delà du style propre à chaque architecte ou designer, des lignes de force narratives se dégagent : le bon doit être beau mais aussi, si possible, drôle. Tout aussi prestigieux que ses concurrents, Alessi a en plus un avantage : il a le monopole des arts de la table qui font sourire. Et l’humour, particulièrement en temps de crise, reste une valeur sûre !

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Le + du blog du storytelling

> Ainsi que je le raconte sur mon site corporate, j’ai connu Michael Graves, architecte post-moderniste et designer de renom, il y a près de 20 ans. Me parlant de la création de la bouilloire oisillon, il m’a dit «Je cherchais ce qui pourrait bien symboliser le chant de l’eau qui bout et j’ai pensé à celui d’un oiseau. Il faut commencer par raconter l’histoire des produits que l’on crée et imaginer à partir de là beaucoup de choses». J’ai également consacré un podcast à cette anecdote qui a eu beaucoup d’influence sur ma carrière. Les plans de ma future maison sont signés de son studio et j’expliquerai peut-être un jour toutes les histoires que cette maison racontera ;-)

> J’ai parlé ici de ma visite au Dansk Design Center de Copenhague où j’ai visité une exposition consacré aux objets danois chargés d’histoire.

Amazon : c’est toujours la première fois

Lundi 24 août 2009

Amazon a annoncé récemment le rachat de Zappos, un e-vendeur de chaussures et de vêtements pour un montant de près de 850 millions de dollars ! Afin de rassurer les salariés de ce désormais ex-concurrent, le PDG du célèbre libraire en ligne leur a expliqué dans une vidéo les principes directeurs sur lesquels il a bâti son succès. Sans valoir le fameux discours de Steve Jobs à Stanford (la plus belle page d’éloquence de la décennie entrepreneuriale), son visionnage se révèle très intéressant.

Enregistré en extérieur et en tenue décontracté (l’uniforme start-up), Jeff Bezos promet en effet de nous révéler «tout ce qu’(il) sait» même si tout cela tient sur une «shortlist» en l’occurrence un chevalet.

N’ayez qu’une obsession, celle de la clientèle !

Même si benchmarker ses concurrents est importants, le PDG d’Amazon est formel, ce qui l’obsède, ce sont ses clients. Comment savoir ce qu’ils veulent, comment les satisfaire, comment se faire pardonner ses erreurs etc. Je peux en témoigner : si je commande toujours chez Amazon en dépit de certains reproches auxquels je suis sensible, c’est à cause de leur attention au client que je suis. Chaque fois que j’ai dit qu’un produit ne m’était pas parvenu, ils l’ont remplacé immédiatement, sans jamais mettre en doute ma bonne foi (le contraire même d’Orange).

Inventez, innovez !

Là, Bezos rejoindrait presque le fameux principe de Ford que je cite souvent. Ce n’est pas aux clients d’inventer l’entreprise de demain, c’est à lui. Trouver de nouvelles solutions techniques, une platerforme plus performante etc. Depuis 15 ans, cette culture de l’inventivité règne en maître dans l’entreprise. Mais rien n’est jamais acquis et il n’existe plus aujourd’hui de rente de situation. Donc, pour qu’Amazon dure, il faut qu’Amazon continue à innover.

Pensez à long terme !

Bien que toutes les entreprises disposent de business plans à trois ans, Bezos pense qu’elles ont rarement une vision réelle. Et lui parle plutôt d’un horizon à 5 ou 7 ans. Il rappelle qu’il faut être têtu et persévérer quand on pense avoir raison même si les événements ne semblent pas aller dans votre sens. Pendant des années, Amazon a vendu des livres à perte, persuadé que sa fortune viendrait de la fidélisation à long temre de ses clients, de la connaissance pointue de leurs profils et, bingo !, c’est ce qui s’est passé…

«It’s always Day One»

Enfin, il faut chaque matin rouvrir sa fenêtre sur le monde, être frais et dispos pour une nouvelle aventure, se dire qu’on n’est encore qu’au début de l’aventure.

L’histoire ne dit pas si les salariés de Zappos ont été convaincus mais moi je sais que je vais adopter ce dernier principe, tous les matins comme si c’était le premier jour, et en faire une de mes phrases fétiches !

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Le + du blog du storytelling

> Jeff Bezos a fondé Amazon en 1995 et j’ai été parmi les premiers clients internationaux : désormais plus besoin de risquer les excédents de bagages chaque fois que je rentrais des États-Unis ! De plus, les livres étaient moins chers que dans les librairies américaines ! Si je vous livre ces quelques souvenirs personnels, c’est parce que Jeff Bezos en fait de même au début de sa vidéo. Principe cardinal d’un bon storytelling : quelques historiettes amusantes pour capter l’attention. Par exemple, l’anecdote concernant cette cloche qui sonnait initialement dans les bureaux pour indiquer toute nouvelle commande : au bout de quelques semaines, il a fallu la démonter car elle rendait fous les employés : la sonnerie du succès !

> Amazon s’est illustré ces dernières semaines de la façon la plus stupide qui soit : en «effaçant» à distance des livres pourtant téléchargés légalement sur son modèle de e-book, le Kindle. Parmi les titres qui ont ainsi été néantisés figurait le 1984 d’Orwell ! Les excuses de Bezos sont les bienvenues même si le dégât sur l’image est substantiel.

Droit de suite…

Samedi 22 août 2009

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

Coca-Cola

Coca-Cola, comme d’autres marques principalement américaines (ce n’est évidemment pas un hasard) sont visées par des rumeurs communautaristes : sont-elles halal, ne financent-elles pas Israël etc. Comme le concède le chef de la certification halal de la Grande Mosquée de Paris, Al Sid Cheikh, «beaucoup d’accusations sont sans aucun fondement religieux. C’est plutôt politique. Mais les sociétés s’inquiètent pour leur notoriété».Une tendance à suivre…

> dans les archives du blog du storytelling : la formule secrète de Coca-Cola.

Sony

Sony dévoile sa PS3 Slim avec le (mince !) espoir de rattraper son retard sur Nintendo et Microsoft…

> dans les archives du blog du storytelling : mauvaise passe pour Sony.

Noms de marques

Le Figaro continue sa saga de l’été sur l’origine des noms de marques : Coca-Cola, GDF Suez, McDonald’s, Nivea… Oui, les noms sont importants mais ça, les lecteurs de ce blog le savaient déjà !

> dans les archives du podcast du storytelling : le pouvoir cratyléen (magique) des noms.

Automobilité

Pour ses 100 ans, Audi décide d’embaucher… 100 apprentis. En ces temps de crise, c’est une belle façon de mettre en avant la transmission des savoirs. Pendant ce temps, retour sur une collaboration qui a marqué l’histoire de la pub : Citroën et Séguéla (maintenant, il plombe plutôt Rolex !)

(remerciements Didier Rols pour l’info)

Apple

Sommé par la Commission Européenne de s’expliquer sur le mystère des iPhones supposément explosifs, Apple explique qu’il ne peut s’agir que d’«incidents isolés». Circulez, y’a rien à voir !

> dans les archives du blog du storytelling : Apple, le ver est-il dans la pomme ?

Rhétorique

C’est dans l’art du discours qu’on reconnaît le bon storyteller. Je vous parlerai prochainement de Jeff Bezos (PDG d’Amazon) qui m’a fait forte impression mais voici un joli morceau de rhétorique. Avec le très beau discours contre l’homophobie ci-dessous, Robert Badinter prouve qu’il est toujours un de nos meilleurs orateurs.

> dans les archives du blog du storytelling : le discours de Stanford de Steve Jobs, sans doute le meilleur de ces 10 dernières années. Autres orateurs distingués : Al Gore, Barack Obama.

Tweets

Une sélection de mes tweets de la semaine :

> R Janoff, créateur logo Apple : «Les marques veulent y mettre trop de sens. C’est important de laisser les gens imaginer l’histoire du logo»

> «Je porte toujours de belles chaussures car en tant que marionnettiste on passe beaucoup de temps à regarder ses pieds» D Goelz des Muppets

> Pendant que Twitter annonce la libération de C Reiss, Le Monde m’envoie un SMS pour le record du monde du 100m… Cherchez l’erreur

> Après Transformers et G.I. Joe, le film LEGO ! On aime tous les briques mais là quand même… http://bit.ly/2lZvoS (via @DadMomCitroen)

> Lee réédite ses modèles les + cultes en jean pour ses 120 ans http://bit.ly/13FnWV et euh… ça donne pas trop envie, non ?

> Le gvt afghan «invite» les médias à ne pas parler des violences pdt le vote http://bit.ly/BArph Lesquels vont «jouer» le jeu ou pas ?

> Jean Arcache, PDG de Place des Editeurs: «Le livre ne craint pas le net» http://bit.ly/kx98u Même pas peur (en même temps même pas crédible)

> Dans la série «il faut toujours un bouc émissaire», Intermarché avoue «de lui-même» le bidonnage ministériel

> Inviter ses militants à Intermarché pour faire de belles images… et se faire prendre, ce n’est pas du #storytelling, c’est de la stupidité

> En tout cas, même le New York Times en fait ses choux gras http://bit.ly/TGDm7 Bravo Luc Chatel, enfin la célébrité !

Ne manquez plus mes tweets. Suivez-moi sur Twitter ici.

Le chemin de Lacroix

Jeudi 20 août 2009

Raconter une histoire, c'est aussi s'assurer qu'elle touche son auditoire... Un principe de base du storytelling que Christian Lacroix n'a jamais appliqué...

Raconter une histoire, c'est aussi s'assurer qu'elle touche son auditoire... Un principe de base du storytelling que Christian Lacroix n'a jamais appliqué...

Pour nombre d’observateurs, Christian Lacroix a fait de son dernier défilé, hiver 2009/2010 l’un des meilleurs de l’histoire de sa maison de couture. Malgré un manque de moyens criant, il a réussi l’exploit  d’être plus créatif encore que d’habitude. Question alors : cet enfant prodige de la mode n’a-t-il été pas trop gâté au temps où il pouvait librement jeter l’argent de ses financiers par les fenêtres ?

Car, c’est un fait sur lequel la presse française s’est peu étendue mais, depuis sa fondation en 1987, la maison Christian Lacroix a toujours perdu beaucoup d’argent. Tant que c’était celui de LVMH, le couturier se sentait hors de toutes contingences matérielles.

Longtemps Bernard «poches profondes» Arnault l’a soutenu, en l’occurrence plus mécène que financier. C’est que le PDG de LVMH rêvait sans doute de «créer» une marque alors qu’il a surtout réussi – brillamment – dans le redressement de celles qui existaient déjà (Dior, Vuitton, Fendi etc.). Mais même lui a fini par se lasser et, il y a 4 ans, il a revendu la maison au groupe Falic, propriétaire de boutiques hors taxes aux États-Unis. Lacroix a alors tenté d’accentuer son virage dans l’hyperluxe jusqu’à la chute finale et récente : la mise en redressement judiciaire. Mais droit dans ses souliers, il n’en démord pas : c’est entièrement la faute de ses actionnaires, de la crise, du monde qui ne tourne pas rond bref, la faute des autres si ses affaires se sont ainsi délitées.

Alors, faut-il sauver le soldat Lacroix comme l’a suggéré le ministre de la culture Frédéric Mitterrand ? Au nom du prestige français, cette idée se défend sans doute. Mais il faudrait peut-être se demander qui – à part les chroniqueuses de mode qui criaient au génie à chacun de ses défilés et qui en étaient amplement récompensées aux soldes privés de la marque – a encore besoin de notre Arlésien ? L’économie de la mode repose sur un principe : on peut être déficitaire en haute couture tant que le nom éblouit assez les modeuses pour qu’elles se jettent sur les produits plus accessibles. Mais Lacroix qui trouvait sans doute cette implication indigne de lui ne s’en est jamais vraiment occupé. Du coup, il n’a jamais eu de parfum ou de it-bag («le sac à main qu’il faut avoir») à succès. En revanche, comme Pierre Cardin ou Kenzo avant lui, il n’a jamais rechigné à «licencier» son nom sur des uniformes d’hôtesses de l’air, des aménagements de multiplexes ou des sièges de TGV… Ce qui rapporte beaucoup d’argent mais ne fait pas vraiment rêver les consommatrices.

Au bout du compte, quelle histoire raconte encore le nom de Christian Lacroix ? Celle que lui et ses thuriféraires de la presse féminine propagent depuis plus de 20 ans ou celle que racontent les «vraies» femmes, celles qui paient leurs vêtements et leurs accessoires ? Il y a longtemps que les deux histoires n’ont plus grand chose à voir…

Apple, un ver est-il dans la pomme ?

Mardi 18 août 2009

Rumeurs persistantes sur la santé de Steve Jobs, suicide d’un employé de son sous-traitant chinois soupçonné de vol d’un prototype, pressions supposément exercées sur une famille anglaise après l’explosion d’un iPod et finalement «épidémie» d’iPhones, eux aussi «explosifs» (le terme est controversé) dans le Sud de la France : l’été a été meurtrier pour Apple.

Derrière le fait divers de la défenestration d’un employé chez un de ses sous-traitants asiatiques se profile l’ombre des sweatshops, ces ateliers sans foi ni loi où travaillent femmes (et parfois enfants). Apple ne vaudrait-il pas mieux qu’un vulgaire Nike qui laissa des plumes dans ce genre de scandale il y a une dizaine d’années ?  Pourquoi cette entreprise qui est championne toutes catégories en termes de marketing est-elle incapable d’assurer efficacement sa propre communication institutionnelle ?

À cet égard, l’affaire des iPhones explosifs (ou fendillés, c’est selon) est peut-être en train de se transformer en bombe à retardement. Sur le fond, dans ce genre d’affaires, il y a soit comportement fautif du consommateur soit défaillance du produit. Or, Apple est connu pour la qualité de sa relation avec sa clientèle qu’elle ne peut par principe mettre en cause. Par ailleurs, comme beaucoup de firmes innovantes, elle vit dans le dogme de sa propre infaillibilité. Reconnaître que certains de ses produits ne sont pas parfaits est intellectuellement inenvisageable. Quant à la forme, c’est malheureusement typique des filiales qui ont une peur panique de lever le petit doigt sans l’approbation de la maison mère. Et cette dernière ne sentira pas la menace tant que les iPhones explosifs n’apparaîtront pas sur son radar, c’est-à-dire dans les médias américains… au moment où il lui sera plus difficile de réagir.

Apple reste bien sûr l’une des plus belles marques au monde et ses résultats financiers records sont la preuve qu’on peut «battre» la crise. Pourtant, le culte du secret est profondément ancré en elle. On le sait concernant la déplorable gestion des problèmes de santé de Steve Jobs. Mais même l’origine de son nom est un secret industriel. Au Figaro qui l’interrogeait récemment à ce sujet, elle a répondu : «Nous ne nous intéressons pas à notre passé». Et elle a laissé le Musée de l’Informatique fêter les 25 ans du Mac sans s’y associer ! Dans un monde où la propagation de l’info (ou de la rumeur, c’est la même chose en termes de com) est devenue globale, une attitude aussi crispée n’est plus de mise. Chez Apple, il est des silences qui sont assourdissants.

Assimil : 80 ans et mon tailleur est toujours aussi riche !

Lundi 17 août 2009

Ne dites pas «My taylor is rich» à Londres où cette phrase n’évoquera pas grand chose à vos interlocuteurs (outre qu’elle n’est pas facile à placer dans la conversation courante sauf si vous vous faites habiller en «bespoke»). En France en revanche, c’est une réplique culte qui a rendu célèbre la méthode Assimil il y a tout juste 80 ans.

Linguiste autodidacte (il avait appris l’anglais, l’allemand, le russe et le portugais au cours de ses voyages), Alphonse Chérel a mis au point une méthode d’auto-apprentissage des langues tout à fait révolutionnaire pour ce début de 20e siècle. Elle consistait (et consiste toujours) en une «assimilation» intuitive par la lecture, l’écoute et la répétition quotidiennes de textes simples et courts. A l’issue d’une centaine de leçons d’une demi-heure, on maîtrise en moyenne 2 000 mots et la grammaire de base, permettant de tenir une conversation courante dans une langue qui vous était encore inconnue quatre mois auparavant !

Le premier Assimil, L’anglais sans peine, est paru en 1929 et a rencontré un succès immédiat. A Alphonse ont succédé fils et petit-fils pour un catalogue qui comprend aujourd’hui une centaine de langues, dont de nombreuses exotiques et régionales. Et plus 35 millions d’exemplaires vendus ! Les antiques disques 78T et cassettes d’hier ont laissé la place aux CD et désormais même aux fichiers MP3. L’Assimil du 21e siècle se fait aussi  en e-learning pour la formation continue ou en chantant pour les enfants…

Même si la première phrase de L’anglais sans peine ne dit plus depuis bien longtemps que «mon tailleur est riche», cette expression est entrée dans le langage courant. Mais savez-vous quelle en était la suite ? «My taylor is rich but my English is poor». Et il est vrai que 80 ans plus tard, Assimil a encore beaucoup à faire pour faire des Français de meilleurs locuteurs en langues étrangères…

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Le + du blog du storytelling

> Si Assimil est une institution chez nous, la première méthode à avoir révolutionné l’apprentissage des langues est en fait celle de Berlitz il y a 130 ans. Allemand vivant aux États-Unis, Maximilian Berlitz enseignait à ses élèves les nombreuses langues qu’il maîtrisait de façon traditionnelle : on apprenait les règles grammaticales pendant plusieurs années avant de retenir par coeur des listes de mots. Suite à des ennuis de santé, il dut abandonner ses cours quelques semaines, laissant ses ados à son assistant français qui ne parlait pas un mot d’anglais. A son retour, il découvrir avec stupeur que les élèves avaient fait d’énormes progrès à l’oral. En désignant les objets un à un, en faisant de courtes phrases qu’ils pouvaient répéter, l’assistant leur avait donné envie de parler la langue de Molière. Ils étaient désormais mieux disposés à l’encontre des règles grammaticales. Cette découverte bouleversa Berlitz au point de lui faire quitter l’enseignement pour fonder sa propre entreprise basée sur l’apprentissage «naturel» des langues dont découlent depuis toutes les méthodes.

Droit de suite…

Samedi 15 août 2009
Lego, 50 ans de briques pour bâtir... ou faire tomber les murs !

Lego, 50 ans de briques pour bâtir... ou faire tomber les murs !

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

Lego

Si la marque est presque centenaire, ses petites briques ont, elles, 50 ans. L’entreprise danoise a eu la bonne idée de reprendre les faits marquants de ces 5 dernières décennies en les revisitant façon Lego.

(remerciement à Didier Rols pour l’info)

> dans les archives du blog du storytelling : la saga Lego et Legoland.

Le pouvoir des noms

Le Figaro consacre une intéressante série estivale (index ici) à l’origine des noms de queqlques grandes entreprises : Apple, ArcelorMittal, Auchan, BNP Paribas, Danone, Google, Kodak, Nestlé, Shell, Sony, Swatch, Total

De son côté, L’Express explique le succès des marques patronymiques dont certaines sont parfois totalement inventées (Jeff de Bruges, Justin Bridou…). Attention, les consommateurs ont besoin d’être rassurés par ces noms, surtout en temps de crise, pas nécessairement trompés…

Enfin, la lettre «A» fait toujours aussi peur mais pour le moment, la grippe déclenche surtout une pandémie… de rumeurs. Les complotistes (c’est la faute des labos, des Américains, du gouvernement etc.) peuvent s’en donner à coeur joie. Ca ne leur donne pas raison pour autant.

> dans les archives du podcast du storytelling : les sagas de Apple, Danone, Kodak, Sony, Swatch. Le Baron de Lestac fort en storytelling, de quoi la grippe est-elle le nom ?

> dans les archives du podcast du storytelling : le pouvoir cratyléen (magique) des noms.

Continuer l’histoire

Au nom de la liberté d’expression, les médias américains prennent fait et cause pour un romancier suédois qui vient de donner une suite au roman-culte des années 50, L’Attrape-Coeurs, interdit de vente aux États-Unis par l’auteur de l’oeuvre originale. Autant je suis pour que les histoires échappent à leur créateur après sa disparition, autant cette polémique est illégitime puisque J.D Salinger est toujours en vie seul juge de l’éventuel parasitage de son oeuvre…

Il n’en va pas de même avec Tintin dont le «beau-père», Nick Rodwell, s’en prend violemment aux journalistes et les attaque même sur leur vie privée. Ou comment scier la branche sur laquelle on est assis

> dans les archives du storytelling : l’entreprise et son fondateur, une seule et même histoire ?

> dans les archives de la newsletter du storytelling : Tintin : les héros sont-ils fatigués ?

Photo prise au Musée des Beaux-Arts de Lyon, août 2009. Une jolie façon de raconter l'histoire de ce qu'on peut/ne peut pas, doit/ne doit pas faire dans un musée.

Photo prise au Musée des Beaux-Arts de Lyon, août 2009. Une jolie façon de raconter l'histoire de ce qu'on peut/ne peut pas, doit/ne doit pas faire dans un musée.

Madonna

La Madone donne la fièvre à la Pologne avec son concert prévu le 15 août. Rien de mieux qu’un petit scandale pour assurer la promo, et c’est moins mortel qu’à Marseille !

> dans les archives du blog du storytelling : Madonna la réinvention permanente.

Mode

La saga Gérard Darel (en réalité, celle de Danièle Darel) intéresse Madame Figaro. En 6 leçons, le magazine revient sur cette réussite française dont le coup de génie a été le rachat en 1996 d’un collier mythique porté par Jackie Kennedy, propulsée du coup (à son corps défendant) égérie de la marque.

> dans les archives du blog du storytelling : le come-back de Lacoste.

Automobilité

Pendant que le paysage automobile se recompose complètement (qu’en restera-t-il à terme ?), j’apprends via un tweet que la voiture la plus vendue au monde est en fait la Bilar (en réalité une guimauve) : l’automobilité c’est ça aussi ! ;-)

(remerciement à Didier Rols pour l’info)

Tweets

Une sélection de mes tweets de la semaine :

> «40 is the new 30» (Christina Thurn)

> «Au regard des sommes dérisoires depensées pour les autres maladies, la grippe A est une pandémie de l’indécence.» Prof Marc Gentilini

> «Mon actu ? Tenter de tenir encore 20 ans !» : Paul Bocuse

> «Avec plaisir» : formule toulousaine de convivialité.

> «Je signe mes emballages pour permettre au consommateur de m’écrire tout le bien ou le mal qu’il pense de mes produits» Henri Nestlé (1867)

> Terry Gou : «Un leader doit avoir le courage décisif d’être un dictateur pour le bien commun» http://bit.ly/PQ6lO La fin justifie-telle etc.

> P Dubail : «Je préfère un président assumant sa montre à ceux qui en changent en entrant sur un plateau TV». Des noms ? (Le Canard Enchaîné)

> 3 Suisses : le remake américain ! http://bit.ly/HcBgZ (merci @albanvdk)

> Même mes parents ont peur pour moi maintenant qu’ils ont vu à la TV qu’un #iPhone peut exploser. Il serait temps qu’#Apple communique !

> Même La Dépêche du Midi titre sur «Faut-il avoir peur des produits Apple ?» http://bit.ly/4qX3S La non-réactivité d’Apple laisse pantois..

> 2 leçons pour #Apple : 1. Reconnaître que ses produits ne sont pas parfaits n’est pas un aveu de faiblesse…

> … 2. Marre de ces boites américaines qui n’osent pas ouvrir la bouche sans l’appro de la maison mère. le silence d’#Apple est assourdissant.

Ne manquez plus mes tweets. Suivez-moi sur Twitter ici.

Bocuse, muséifié de son vivant ?

Jeudi 13 août 2009

Dans mon post précédent, j’ai parlé du storytelling de Bocuse… mais qui a ses limites. Quand un produit est aussi fortement lié à son «inventeur», comment continuer l’histoire après lui sans être trop passéiste… et donc dépassé ?

J’ai régulièrement traité de ce sujet (notamment ici), souvent pour inciter les créateurs à laisser leurs créations leur échapper (par exemple ), à laisser les autres – dont les clients – s’emparer de l’histoire et la propager. Mais comment faire dans le cadre d’un restaurant qui, comme celui de Collonges-au-Mont-d’Or, semble déjà un conservatoire de la cuisine, certes prestigieux, mais daté ? Comme cette fresque des chefs qui se trouve dans la cour intérieure du restaurant et qui dresse une histoire de la cuisine qui s’arrête à Paul Bocuse (dont l’image et le nom sont par ailleurs omniprésents)…

Peut-être tout simplement en laissant les choses dans leur jus ! Le monde de la haute cuisine bruit d’une rumeur persistante, et sérieuse selon mes infos, selon laquelle un gentleman’s agreement existerait entre Paul Bocuse et  Alain Ducasse. Ce dernier – qui mériterait un post à lui tout seul un de ces jours prochains – rachèterait l’établissement à la disparition du maître pour en faire un lieu mi-restaurant mi-musée, une reconstitution historique (ou du moins historicisante) du plus célèbre lieu gastronomique français du 20e siècle. Un peu comme on va chez Fangshan à Pékin goûter la cuisine du Dernier Empereur apportée par des serveuses en costume Qing… Certains crieront au Disneyland gastronomique mais ce serait effectivement assez logique. D’autant que Bocuse a déjà ce genre d’expérience avec Les Chefs de France, sa brasserie de Walt Disney World en Floride qui est qui est déjà en soi un pastiche de restaurant.

Laissons lui donc le mot de la fin. À un journaliste qui lui demandait justement s’il ne serait pas hostile à passer la main à Alain Ducasse (connu pour ses déplacements dans le monde entier), le pape de la gastronomie a répondu dans un grand éclat de rire : «Non, c’est moi qui vais racheter Ducasse… C’est un peu cher, il y a beaucoup de dépenses d’avion !».