juin, 2009 | le blog du storytelling - Part 2 le blog du storytelling

Archive pour juin 2009

Suze fête ses 120 ans a minima

Vendredi 12 juin 2009

 

 

C’est en 1889, l’année où la Tour Eiffel a vu le jour, que la Suze est officiellement née. Cet apéritif à base de racines de gentiane est également distillé dans une usine bâtie par les ateliers Eiffel. Autant de raisons de rebondir sur ce double anniversaire en lançant une bouteille événementielle et en organisant une expo sur l’histoire de la marque… uniquement visible au siège de Pernod Ricard

 

Un anniversaire qui ne se consomme donc qu’avec modération et c’est sans doute bien dommage car la marque figure dans notre patrimoine artistique (Verre et bouteille de Suze, Picasso 1912) et aurait bien besoin d’un petit coup de jeune et de projecteur… D’ailleurs, même chez Pernod Ricard, on ne sait plus très bien d’où vient ce nom de Suze : du prénom de la belle-soeur (Suzanne) du distillateur Fernand Moureaux ou du nom de la rivière suisse où il en aurait racheté la formule à son véritable inventeur, un berger qui la vendait sous le nom d’Or des Alpes ! Il y a du boulot !

rSa : la cause justifie-t-elle le faux témoignage ?

Jeudi 11 juin 2009

 

Depuis quelques semaines, deux spots de pub accompagnent le lancement du rSa, le revenu de solidarité active voulu par le haut-commissaire aux solidarités, Martin Hirsch. Ils mettent en scène des «vrais gens», pas des comédiens. Problème, l’un d’eux ne s’appelle par Marc et il n’est pas non plus un futur bénéficiaire du rSa…

 

Lorsque je les ai découverts, ces deux spots (dûs à Euro RSCG C&O) m’ont plu. Sobres, ils ont choisi de donner un coup de projecteur à deux histoires personnelles, avec deux interprètes qui ne sont d’évidence pas des professionnels de la pub et donc d’autant plus crédibles. Un exemple simple et efficace de storytelling donc.

 

Sylviane est assistante à la personne et, seule avec un travail à temps partiel, elle a vraiment besoin du complément que doit lui fournir le rSa. Et personne n’y voit rien à redire. En revanche, Rue89 comme Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui ont mis en doute le témoignage de Marc, cariste. Et, titillé, le Haut Commissariat a fini par reconnaître que l’homme en question a préféré changer de prénom mais surtout qu’il gagne en réalité un peu plus que le Smic, «trop» en tout cas pour pouvoir prétendre à l’aide gouvernementale. Mais il sort d’une longue période de difficultés qui font que «il y a trois ans, il aurait pu toucher le rSa» (!) et il apparaissait si désireux d’apporter sa pierre à l’édifice… En somme, comme le titre Rue89, «un faux témoignage pour la bonne cause».

 

Pourquoi avoir fait appel à cet homme non concerné par la mesure, qui ne dit pas la vérité sur son salaire, et si peu désireux d’être identifié qu’il choisit un prénom fictif.. alors qu’il accepte d’être filmé à visage découvert ? Il existe – peut-être ? – de bonnes raisons à ce choix mais aucune qui vienne contrebalancer le malaise qui nous envahit en sachant que nous avons été trompés. Et avec plus de 3 millions de foyers éventuellement concernés par la mesure, les candidats potentiels à leur quart d’heure de célébrité warholien doivent être pléthore…

 

Le storytelling qui consiste à utiliser les vraies histoires, les vraies trajectoires, des personnes est d’autant plus efficace – et crédible – que l’on n’a pas de raison de douter de leur véracité. Là, d’évidence, c’est un peu raté…

 

 


Spot TV rSa – Marc, cariste
envoyé par RevenudeSolidariteActiveRegardez les dernières vidéos d’actu.

Le marketing est-il une science ou un art ?

Mercredi 10 juin 2009

 

Léonard de Vinci avait peut-être tous les talents mais franchement, vous vous souvenez de lui plutôt en tant qu'artiste qu'en tant que scientifique, non ?

Léonard de Vinci avait peut-être tous les talents mais franchement, vous vous souvenez de lui plutôt en tant qu'artiste qu'en tant que scientifique, non ?

Sur son blog, l’un des gourous américains du marketing, Seth Godin, se demandait récemment : «Le marketing est-il un art ou une science ?» avant de répondre : «Les deux mon capitaine et c’est bien là le problème».

 

Pour lui, en tant que père du «permission marketing», certains marketeurs sont de bons scientifiques axés sur les études et les ratios mais butent sur cette réalité : les êtres humains ne peuvent être enfermés dans une logique cartésienne. D’autres marketeurs seraient plutôt des artistes et qui resteraient donc dans leur sphère, rétifs à toute mesure de leur efficacité supposée. Cette ambivalence effraierait les clients qui, incapables de classer le marketing dans la case «science» ou «art» auraient tendance à le mettre dans celle étiquetée «charlatanisme». Et Godin de conclure «Nous avons besoin de savoir quel chapeau coiffer, celui du scientifique ou celui de l’artiste. Mais nous ne pouvons en porter qu’un à la fois. Au contraire des gants».

 

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette approche. Un exemple tiré de ma vie professionnelle antérieure vous expliquera pourquoi. Il y a près de 10 ans, quand NRJ est devenue la première radio de France, nombreux étaient ceux qui voulaient copier son succès. Ceux qui tentèrent l’approche purement artistique se trompèrent. Ils programmèrent ce qu’ils «estimaient» être des titres qui plairaient aux jeunes… sans jamais réussir à les attirer. Mais ceux qui tentèrent l’approche scientifique ne firent pas mieux. Comme NRJ, ils firent des études quali/quanti et tout ce qu’on peut mettre au milieu pour découvrir que les auditeurs cibles n’étaient pas les vrais jeunes mais ceux qui voulaient faire jeunes (les trentenaires donc). Comme NRJ, ils organisèrent alors des auditoriums pour faire écouter les titres potentiellement programmables à ces cibles, en ne gardant que ceux qui «performaient» le mieux… En vain.

 

En fait, la direction de NRJ était alors bicéphale. Jean-Paul Baudecroux avait une approche scientifique (et financière) qui favorisait les études et les auditoriums. Mais Max Guazzini décidait en dernier recours de la programmation et n’appliquait pas toutes les recommandations. Il «sentait» que tel titre qui avait très bien testé ne tiendrait pas la distance alors que tel autre, qui avait été peu apprécié, méritait une seconde chance. Il ne changeait pas le gros des résultats, c’était des aménagements à la marge mais qui ne devaient rien à la chance. Ils étaient le résultat d’une expérience de 20 ans qui ne pouvait s’expliquer clairement mais qui n’en était pas moins vraie. Et c’était là toute la différence.

 

Maintenant, si je devais me placer sur cet échiquier, je revendiquerais les deux approches… mais en faisant pencher la balance vers l’approche intuitive. Nous pouvons tous bénéficier des mêmes études : ce n’est qu’une question de budget. En revanche, c’est l’intuition qui fait la différence, non pas en début de parcours mais en fin justement. Une intuition qui n’a rien à voir avec la chance mais qui se trouve être du talent. Ce n’est pas toujours évident de le faire comprendre aux clients mais il faut assumer ses choix.

 

C’est pourquoi,cher Seth Godin, je préfère pratiquer le marketing avec deux gants qu’avec un seul chapeau ! Même s’il faut bien avouer ensuite que je suis gaucher et non pas ambidextre !

Tod’s fait évoluer son storytelling vers plus d’authenticité

Mardi 9 juin 2009

Tod’s pratique encore le «made in Italy» pour ses célèbres chaussures à picots, d’un luxe sage et accessible qui lui permet de résister à la crise. De plus, sa nouvelle égérie est un bon choix pour éviter l’écueil qui se profilait à l’horizon…

 

Nous avons tous en mémoire ces photos un peu vintage de stars arpentant le ponton de leur yacht des Tod’s aux pieds. Bien pratiques ces picots pour ne pas perdre l’équilibre, et surtout bien mode puisqu’ils sont désormais surtout portés en ville, histoire de faire casual. Le hic, c’est que l’élégantissime Audrey Hepburn n’en a jamais porté, ni elle ni les autres vedettes de l’âge d’or car ces chaussures ont été inventées dans les années 80 par Diego Della Valle et les photos étaient d’habiles montages. Même ce nom, Tod’s, qui fleure tellement bon sa côte est, a en fait été trouvé en feuilletant un annuaire américain ! En réalité, leur succès est venu d’une paire offerte à Gianni Agnelli, patron de Fiat et dandy notoire, qui la porta lors d’une interview télévisée. 

le-storytelling-sebastien-durand-conseil-communication-le-blog-tods-hepburn

En général, je pense qu’il est plus honnête de partir d’une histoire authentique pour bâtir son storytelling. Ce n’est pas seulement une posture morale, à terme les risques sont grands que l’éventuelle supercherie soit découverte (Moleskine ? Chateldon ?). Mais dans le luxe, on peut parfois comprendre un certain flou artistique tant il est vrai qu’on vend plus q’un produit mais bien aussi l’histoire qui s’y rattache. Ainsi, Della Valle évite-t-il en général de donner la date de fondation de son entreprise (1978), préférant la faire remonter à l’atelier de cordonnerie de son grand-père dans les années 20, atelier qu’il a fait reconstituer dans son siège social. 

 

Conscient sans doute du risque, Tod’s opère depuis quelques temps un transfert de son patrimoine vers des stars contemporaines dotées du même genre d’ADN. D’où le choix d’une Gwyneth Paltrow, à l’élégance clasique qui évoque justement l’ombre de ses devancières. Filmée par Dennis Hopper et photographiée par Mario Testino, la star BCBG, évolue dans une ambiance qui évoque (sans mentir cette fois) l’âge d’or hollywoodien et la dolce vita italienne. Une façon intelligente de glisser d’un mythe à un autre… sans déraper, grâce aux picots !

Mobilisation locale 2.0 : l’exemple de Castanet

Lundi 8 juin 2009

 

Suite à mon article publié la semaine dernière sur les nouvelles formes de mobilisation citoyenne, Le Post – avec qui je collabore régulièrement – m’en a demandé un autre, plus spécifique, sur la façon dont les opposants au boulodrome de Castanet ont appliqué à leur façon une démarche storytelling. Voici l’article qui est alors passé en une.

À Castanet en Haute-Garonne, Élise Vallat et Patrick Prodhon ont alerté leurs concitoyens sur un projet de boulodrome qu’ils estiment «surdimensionné». Ils sont concernés par la vie de la cité mais comme ils sont jeunes, utiliser internet, un ton décalé et raconter «une bonne histoire» leur est apparu naturel.

 

Pourquoi vous êtes-vous opposés au boulodrome?

Élise Vallat : Nous ne sommes pas opposés à un boulodrome, nous sommes opposés à ce boulodrome en particulier, qui va coûter 1,2 millions d’euros pour 101 boulistes licenciés, soit 12.000 euros par joueur ! Et dans le même temps, la piscine est vétuste, les aires de jeux pathétiques, il n’y a pas de médiathèque et la mairie vient de décider, contre un référendum municipal, de passer à la semaine de 4 jours dans les écoles parce qu’elle ne peut pas trouver 60.000 euros pour nos enfants.

 

Vous n’avez pas eu peur de l’aspect un peu «Clochemerle» de votre démarche ?

Patrick Prodhon : Nous ne sommes pas des râleurs professionnels opposés à tous les nouveaux projets a priori. Au contraire, nous avons voulu que notre démarche soit festive et décalée. C’est d’ailleurs le maire qui nous en a donné l’idée. Quand il vient sur un plateau de la chaîne locale CT2E déclarer que «ce boulodrome va placer Castanet sur la carte du boulisme international», il nous ouvre un boulevard… du rire ! Nous avons donc mis beaucoup d’humour dans nos actions : en ville, nous avons placardé des affiches parodiques de Martine (Martine est contre le boulodrome, Martine signe la pétition etc.) dont tout le monde nous parle. Et pour la remise des signatures, nous avons organisé devant la mairie une partie de pétanque bling-bling – avec des boules dorées – et distribué aux enfants des pièces d’or en chocolat, pour symboliser le gâchis de cet argent public.

 

Pourquoi avoir privilégié les nouveaux médias ?

Patrick Prodhon : Nous ne les avons pas privilégiés, nous les avons utilisés en complément. Croyez-moi, mobiliser c’est encore et toujours faire les sorties d’écoles et d’entreprises, aller sur les marchés etc. Mais c’est vrai qu’aujourd’hui, il faut aller plus loin que ça : les jeunes ne sont pas forcément sur le marché le samedi matin ! C’est pourquoi, nous avons ouvert un groupe facebook et une pétition en ligne. Le blog et le compte twitter nous ont permis de ne pas laisser retomber la pression et de communiquer en direct avec les sympathisants. De plus, nous nous étions fixés une échéance : remettre le plus de signatures au maire le jour même où s’achevait la procédure de marchés publics. Cela a permis de créer un sentiment d’urgence et de réunir plus rapidement les signatures qu’avec les moyens traditionnels de mobilisation.

 

Quel est le résultat de votre action ?

Élise Vallat : A ce jour, 700 personnes sur les 3.500 foyers que compte Castanet nous ont déjà rejoints, soit 20% de la population. Nous visons à court terme le cap symbolique des 1.000 signatures. Les nouveaux moyens de mobilisation nous ont permis d’en recueillir 1/3… et de générer l’intérêt des médias ! Mais pas celui du maire qui ne change rien à son projet.

 

Avez-vous conscience de faire du storytelling ?

Patrick Prodhon : Non, nous avons creusé notre sillon sans penser à la «com». Mais il est vrai que l’aspect humoristique de notre approche nous a valu la sympathie de beaucoup de gens et nous allons donc continuer dans ce sens. Nous espérons que le maire organisera un référendum d’initiative populaire sur le sujet du boulodrome. A défaut, nous serons là pour la pose de la première pierre, pour l’inauguration etc. Mais toujours de manière festive et décalée. D’ailleurs, nous envisageons de créer un «prix de la boule bling bling» chaque fois que le maire engagera à la légère l’argent de nos concitoyens !

Droit de suite…

Samedi 6 juin 2009

 

 

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

 

Tintin

Ratage majeur pour l’inauguration du Musée Hergé. Moulinsart SA empêche les journalistes de faire des images, du coup ils boycottent (à juste titre) l’événement (Le Figaro). La façon dont cette licence est gérée laisse parfois perplexe. Je n’ai pas le temps d’en faire un post ces jours-ci mais c’est bien dommage, le sujet m’interpelle. Challenges consacre d’ailleurs un intéressant article au business Tintin, au titre bien trouvé : Objectif thune.

> dans les archives de la newsletter du storytelling : Tintin, un héros fatigué ici.

 

Automobilité

GM dépose le bilan (Challenges), Opel est repris par un équipementier (Challenges). Dans un long article consacré aux mérites de la voiture électrique, Marianne (23/05) conclut avec ces propos d’Anne Valette de Greenpeace : «Les nouvelles technologies ne doivent pas nous exonérer de changer de paradigme en matière de transport. Que cela ne nous détourne pas d’une réalité inconfortable : la voiture ne peut plus être le moyen de transport privilégié».

> dans les archives du blog du storytelling : le secteur automobile doit s’inspirer des business models des jeux vidéo ici.

 

Haute Couture

Christian Lacroix en cessation de paiement. 32 ans d’activité sans jamais gagner d’argent mais le couturier reste droit dans ses bottes, ce n’est pas de sa faute (Libé).  

> dans les archives du blog du storytelling : Yves Saint Laurent après Yves Saint Laurent ici, Karl Lagerfeld sait gérer sa légende

> dans les archives de la newsletter : comment Marc Jacobs a revitalisé Vuitton ici.

 

Barack Obama

Son grand-père a vécu le Débarquement le 6 juin 1944 (Le Figaro).

> dans les archives du blog du storytelling : les leçons de l’élection d’Obama ici et ; décryptage de son discours d’ouverture .

 

Apple

Le nouvel iPhone qui arrive cet été ne sera pas une exclu Orange (Challenges). Par ailleurs, Le Figaro annonce que Steve Jobs serait de retour ce mois-ci avec un nouveau produit. Deux bonnes nouvelles;

> dans les archives du storytelling : l’accord Apple/Orange cassé ici et la gestion par Apple des rumeurs sur la santé de Jobs .

 

Jeux vidéo

Sony annonce une nouvelle console portable dont tous les jeux doivent désormais être téléchargés (Le Figaro). Pendant ce temps, Microsoft travaille sur une console à reconnaissance vocale et corporelle, donc sans de manettes (Le Monde).

> dans les archives du storytelling : Sony dans une mauvaise passe ici et comment Nintendo a révolutionné le marché des jeux vidéo .

 

 

Home

Enfin, un sujet à côté duquel je suis complètement passé car, pour être honnête, il me laisse complètement froid. Que raconte le Home de Yann Arthus-Bertrand et que raconte son financement par PPR ? (Libé). 

Les mouvements civiques locaux se mettent aussi au storytelling

Vendredi 5 juin 2009

 

Le storytelling est parfois présenté, façon Christian Salmon, comme une horrible tentative de manipulation de la part de ceux qui nous gouvernent. Pourtant, utilisé de façon pragmatique au niveau civique local, il permet d’entraîner un effet maxi avec un budget mini pour peu qu’on raconte une histoire porteuse de sens. Trois exemples l’illustrent.

 

Saint-Avertin en Indre-et-Loire, c’est un adjoint au maire, David Chamard, qui a voulu rendre plus «lisible» l’histoire que raconte sa ville en matière écologique. Les élus se sont rendus dans tous les foyers (+ de 6.000 !) pour offrir à chaque famille une ampoule basse consommation et engager le dialogue avec les habitants («d’habitude, on ne vous voit qu’au moment des élections !») à propos du développement durable. On sait que les meilleures histoires s’écrivent ainsi, horizontalement. Coût pour la ville : un peu plus de 10K€. Un excellent rapport qualité/prix puisque cette initiative a permis de faire baisser la facture énergétique municipale de 5% et qu’elle a été saluée par un passage en prime-time sur TF1.

 

Castanet-Tolosan en Haute-Garonne en revanche, ce sont les citoyens et non la mairie qui ont su raconter la meilleure histoire. Patrick Prodhon et Élise Vallat ont lancé le mouvement «Non au boulodrome !» contre le projet «démesuré» du maire. Ce dernier a en effet déclaré à la télévision locale que «ce boulodrome placera Castanet sur la carte du boulisme international» et être prêt à dépenser 1,2M € pour… 100 boulistes licenciés ! Peu de moyens (100 €) mais beaucoup d’imagination ont suffi aux opposants pour propager cette «dérive bling bling» du maire : blog, sondage et pétition en ligne, groupe facebook, twitter, affiches parodiques placardées en ville etc. En quelques jours, ils ont obtenu que plus de 20% des foyers castanéens signent contre le projet. Et les plus motivés sont venus devant le bureau de l’édile pour disputer une partie de pétanque avec des «boules en or massif (factices) et distribuer des pièces d’or (en chocolat) afin de symboliser l’argent public gaspillé». L’histoire continue : «Sans tirer à boulets rouges» sur toutes les actions à venir de la mairie, ces citoyens-vigiles entendent continuer à en «pointer» les éventuelles dérives : la partie de pétanque promet d’être animée…

 

Enfin, tout récemment, à Carcassonne, on a pu assister à un exemple inédit de storytelling… scolaire. Le principal – un brin réac ? – d’un collège Grazailles a adressé une note aux parents d’élèves pour leur rappeler que leurs enfants doivent venir en cours «habillés correctement» même quand la température dépasse 30° dans les classes et quelle que soit la mode. Aussitôt, SMS, MSN et autres Facebooks se sont mis à vibrer d’indignation et les jeunes rebelles se sont tous présentés le lendemain aux portes de leur établissement… en tenue de plage ! En dignes représentants de la génération web 2.0, ils n’avaient pas oublié de prévenir le journal local, La Dépêche du Midi, afin de médiatiser «dans le monde réel» cette manifestation.

 

Que retenir de ces trois exemples hyper locaux ? Que les modes de mobilisation citoyenne sont en train de changer et qu’ils intègrent désormais souvent une dimension narrative (autrement dit, le storytelling) et pas seulement de propagande (la mairie) ou de protestation (les opposants, les élèves) traditionnelles. Moins de contrôle vertical mais plus d’influence horizontale, une confiance accrue dans la capacité des «narrataires», ceux à qui ces histoires s’adressent, de s’en saisir et de les porter sur d’autres terrains.

17 sites touristiques de Midi-Pyrénées parlent d’une seule et même voix

Jeudi 4 juin 2009

 

 

 

 

Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle, leur lot d’églises romanes ainsi que le canal du Midi sont classés au Patrimoine mondial de l’Unesco. De Midi Pyrénées, tout le monde connaît aussi la ville rose, le vertigineux viaduc de Millau ou les bouteilles d’eau bénite de Lourdes. Plus grande région de France, cette entité administrative peinait pourtant à trouver une identité touristique, à être perçue comme un tout. 

 

D’où la très bonne initiative du Comité Régional du Tourisme de vouloir se positionner comme «la région des grands sites» et d’ouvrir un site dédié. 17 sites qui sont les vitrines de Midi Pyrénées (ils accueillent déjà 13 des 15 millions de touristes de la région) y sont présentés avec autant de films à gros budget du même réalisateur (Laurent Azéma) et de photographies du même artiste (Dominique Viet). Cette cohérence, une première, permet à tous ces sites de raconter le même storytelling et de bénéficier d’une campagne nationale en télévision et dans les salle de cinéma. D’après le Conseil régional, cette campagne a donné envie à 77% des personnes l’ayant vue de venir passer leurs vacances dans la région. Une intention qui reste à concrétiser bien sûr mais qui donne déjà envie de connaître la suite de l’histoire…

 


GRANDS SITES DE MIDI-PYRÉNÉES – LE FILM
envoyé par TourismeMidiPyreneesExplorez des lieux exotiques en vidéo.

« BVLGARI », le seul mot d’italien que Liz Taylor connaît !

Mercredi 3 juin 2009

 

Si Cannes s’est pendant quelques heures vidé de ses people le 20 mai dernier, c’est que ces derniers s’étaient envolés pour Rome afin de participer au vernissage de l’expo Bulgari à Rome et lancer ainsi les festivités du 125e anniversaire du célèbre joaillier italien.

 

C’est en effet en 1884 que Sotirio Bulgari (de son vrai nom Sotiris Boulgaris), un immigré d’origine grecque, ouvre sa première boutique où il travaille l’argent. Mais la consécration viendra plus tard, des bijoux colorés (à l’époque, il n’était pas courant de mêler des pierres de différentes couleurs au sein d’un même collier ou d’une même bague) et de la taille en «cabochon» qui polit la pierre sans la facetter. Comme chaque grand joaillier, Bulgari (qui s’écrit en réalité à la romaine, BVLGARI) a aussi ses secrets de fabrique, comme celui du «tremblant» : un mécanisme qui permet aux pierres de très légèrement bouger au moindre mouvement, leur assurant ainsi un chatoiement incomparable. Toujours aux mains de la famille fondatrice, le joaillier donne désormais aussi son nom à des montres, à des accessoires de maroquinerie, à des parfums et même à une chaîne d’hôtels.

 

Je suis toujours surpris par le peu d’utilisation que font les marques de leur patrimoine lorsqu’il est lié à une célébrité. Elles préfèrent payer des stars pour débiter un discours publicitaire convenu ou pour porter leurs accessoires pendant le festival de Cannes plutôt que de rebondir sur de vraies associations, légitimes parce qu’authentiques. Aucune pub pour un parfum ne vaudra jamais la réponse de Marilyn Monroe à un journaliste qui lui demandait ce qu’elle portait pour dormirMais… Chanel N°5 bien entendu») ni celle pour une montre d’avoir été citée par Dumas, Hugo, Stendhal et Balzac dans leurs romans, comme c’est le cas de Bréguet.

 

Ainsi, particulièrement associé à la dolce vita romaine des années 50 et 60, Bulgari a aussi fait rêver toutes les plus belles actrices de Hollywood. Liz Taylor, sans doute à l’époque la plus belle femme du monde, n’hésitait pas à déclarer qu’elle avait accepté de venir tourner Cléopâtre à Cinecitta, en partie à cause de la boutique de bijoux toute proche ! Et Richard Burton ajoutera la citation ultime : «Liz ne connaît qu’un seul mot en italien, et c’est Bulgari» !* Franchement, que n’ont-ils gravé ces mots dans le marbre de la via dei condotti !

 

Richard Burton disait aussi : "J'ai fait connaître la bière à Liz, et en retour elle m'a fait connaître Bulgari". Mais c'est évidemment moins glamour.

Richard Burton disait aussi : "J'ai fait connaître la bière à Liz, et en retour elle m'a fait connaître Bulgari". Mais c'est évidemment moins glamour.

De l’utilité du Conseil storytelling du jour 2/2

Mardi 2 juin 2009

 

"L’imagination est comme un robinet : si on ne sait pas le tourner, on ne peut faire couler l’eau."

"L’imagination est comme un robinet : si on ne sait pas le tourner, on ne peut faire couler l’eau."

Suite de mon récent post où j’ai donné un premier exemple de l’utilité des Conseils storytelling du jour ou comment mettre à profit la imite de 140 caractères par message que je me suis fixé.

 

Tout le monde ne naît pas avec une imagination débordante, mais tout le monde peut apprendre à débrider son imagination. Quand je dis cela à certains DRH «à l’ancienne» (des noms ! des noms !), ils sont souvent dubitatifs. Récemment, l’un d’entre eux m’a dit : «Certains de mes salariés sont  comme des robinets en période de sécheresse : quand on les ouvre, on ne sait jamais si l’eau va couler» !  Sur le moment, cela m’a un peu interloqué mais je sais qu’un discours raisonné a peu de chances d’être entendu… Je ne fais pas du storytelling pour rien,je vous rappelle !

 

Cette idée du robinet m’a trotté en tête quelques heures car je savais que j’avais lu quelque part quelque chose à ce propos. Puis, j’ai retrouvé la mémoire. Dans  son livre fondateur «La pratique de la direction d’entreprise», le gourou du management Peter Drucker racontait en effet la story d’un «bon sauvage» des Mers du Sud à l’époque victorienne. De retour d’un voyage à Londres où il avait accompagné un pasteur, il fit part à sa tribu de sa surprise : d’après lui, les Anglais ne sauraient boire ni se laver car on ne trouvait pas d’eau dans leurs villes ! Sur l’île en effet, l’eau coulait en liberté ou bien dans des troncs creusés qui passaient devant les maisons du village. Mais à Londres, personne ne lui avait expliqué que l’eau circule dans des canalisations et qu’il faut ouvrir le robinet – le fameux robinet ! – pour la faire couler. 

 

Aussitôt, j’envoyai au DRH en question l’historiette suivante (133 caractères) :

Le bon sauvage croit que l’homme blanc ne se lave pas car personne ne lui a montré comment ouvrir le robinet pour faire couler l’eau.

Dans la foulée, je lui ai fait parvenir le livre de Drucker avec un post-it à la page de l’anecdote. L’auteur y développe notamment cette idée-force : le leadership (et ça vaut pour l’imagination) n’est pas inné, il peut s’apprendre et, même, il doit s’apprendre…

 

Finalement, je suis intervenu deux fois au sein de cette entreprise. Une fois pour animer un atelier avec les membres de la communication interne sur le sujet : «Les histoires humaines qui font la richesse des entreprises». Et une autre en conférence devant l’ensemble des collaborateurs : «Pensez différemment, pensez transversal, pensez storytelling». J’espère maintenant que tous leurs robinets sont bien ouverts ! 

 

——

> Si vous n’êtes pas encore abonné au Conseil storytelling du jour, c’est le moment : vous pouvez me suivre sur twitter ici (et bénéficier de conseils supplémentaires inédits) ou le recevoir par mail .

> Vous pouvez télécharger le catalogue ci-dessous, en apprendre plus sur les formations dispensées sur le site corporate ici ou me contacter pour un cours personnalisé .

 

Cliquez sur l'image pour télécharger le Catalogue 2009 des conférences et ateliers storytelling de Sébastien Durand Conseil (fichier PDF).

Cliquez sur l'image pour télécharger le Catalogue 2009 des conférences et ateliers storytelling de Sébastien Durand Conseil (fichier PDF).