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Michael Jackson, ombre et lumière

Alors que l’on vient d’apprendre la mort de Michael Jackson à l’âge de 50 ans et à la suite d’un arrêt cardiaque, je laisserai à d’autres – et ils seront nombreux – le soin de rappeler la story de celui qui fut l’auto-proclamé King of Pop pour partager quelques anecdotes personnelles qui illustrent ses deux faces, la lumineuse et la sombre.

Lorsque je travaillais à l’ouverture de Disneyland Paris (alors nommé Euro Disney) en 1992, j’ai découvert Captain Eo, une comédie musicale en 3D destinée à mettre en avant les multiples talents de Michael Jackson. Au moment où ce film avait été réalisé, au milieu des années 80, les parcs Disney aux États-Unis étaient en perte de vitesse et c’est en faisant appel à des talents extérieurs qu’ils ont retrouvé leur lustre. Deux noms pour rendre évident ce retour en grâce de Disney auprès du jeune public : George Lucas (Star Tours) et Michael Jackson. Alors, évidemment quand «Bambi» était de passage à  Disneyland Paris, il y était accueilli en fanfare. Je me souviens en particulier d’un soir, à l’approche des fêtes : il sortit du Disneyland Hotel (qui dispose d’une entrée directe sur le parc) et débarqua de manière impromptue au milieu des répétitions de la parade de Noël. Tous les «cast members» eurent à coeur de défiler pour lui et il finit logiquement par prendre la place du Père Noël dans le char d’honneur. Ces moments là étaient magiques pour le jeune communicant que j’étais alors.

Mais il y avait aussi un Michael Jackson moins amène. Un homme taciturne auquel on n’avait pas le droit de s’adresser directement. Il fallait parler à son manager qui lui répétait vos propos auxquels l’artiste répondait (sans vous regarder) avant que ses paroles ne soient reprises telles quelles par son sbire. Un homme capricieux aussi qui refusa tout net de quitter son wagon après avoir perdu son chapeau dans les montagnes russes de Big Thunder Mountain. L’attraction fut arrêtée plus d’une heure, tous les employés de la sécurité cherchant fiévreusement – mais en vain – le fameux fedora noir. C’est avec un chapeau de rechange qu’il finit par consentir à descendre du petit train fou de la mine. Un homme au visage gris cendre et ravagé enfin, par la maladie ou par la chirurgie (ou par les deux) et qui donnait des sueurs froides aux équipes du parc avec ses exigences de star.

Mon dernier souvenir le concernant date de 1998. Après avoir été un atout pour les parcs Disney, son image entâchée menaçait de devenir un fardeau. La direction de Disneyland Paris prit la décision de remplacer Captain Eo par un autre film en 3D, Chérie j’ai rétréci le public. Mon PDG, Philippe Bourguignon, me demanda alors de rédiger la lettre en son nom informant Michael Jackson en termes très diplomatiques que son attraction avait fait son temps.

Le temps a pacifié les relations puisqu’il est par la suite revenu à Disneyland Paris (je n’y étais plus). Comme pour les autres grandes disparitions, l’émotion qui entoure la mort de Michael Jackson va dans un premier temps submerger les éventuelles critiques qui referont surface par la suite lorsqu’il passera par l’obligatoire période de purgatoire. Au bout du compte, que restera-t-il de lui entre les deux images que nous en avons tous ? Que nos années de jeunesse aussi furent lumineuses et sombres à la fois…


Michael Jackson – Captain Eo (Disneyland – 3D Glasses)
envoyé par lainguiRegardez la dernière sélection musicale.

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4 commentaires sur “Michael Jackson, ombre et lumière”

  1. sd dit :

    Merci à tous !

    Pour répondre à vos questions, j’écris le plus souvent mes posts la nuit, après le travail de la journée, et j’étais donc devant mon écran quand la nouvelle de la mort de M Jackson est tombée. J’ai eu envie de partager quelques souvenirs perso de ses visites à l’époque où je travaillais à Disneyland Paris.

    Pour des raisons qui lui appartiennent, la direction du parc n’a pas souhaité communiquer sur lui. Du coup, les journalistes ont cherché d’autres témoignages d’acteurs de l’époque. Certains sont toujours mes contacts, d’autres m’ont trouvé via mon article. Et bref, j’ai effectivement passé l’après-midi à répondre à des interviews. Et pour la petite histoire, cela m’a aussi permis de trouver un nouveau client ;-)

  2. Antonin Balaguer dit :

    Ma mère t’a entendu sur France Bleu ! Belle réactivité en tout cas. Mais pourquoi personne de chez Disney aujourd’hui, si je puis me permettre ? Pourquoi toi qui en es parti il y a quoi, une décennie ? Non pas que ça enlève rien à ta façon de faire du storytelling ;-)

  3. Nathalie Thozan dit :

    Tu es passé sur RMC à propos de Michael Jackson ! Quel storyteller tu fais !

  4. Gael Thaddei dit :

    Bravo ! J’ai pu entendre votre voix pour la première fois ce wee-end mais alors, en multidiffusion sur France Info ! Je me demandais sans trahir de secret journalistique si vous aviez écrit votre article dans ce but, être interviewé partout ?
    Sinon autre question, vous avez parlé d’un concert offert aux salariés de Dysney et vous n’en parlez pas dans votre article, pouvez-vous le repréciser ?

    Merci, un fidèle lecteur et désormais aussi auditeur !

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