rSa : la cause justifie-t-elle le faux témoignage ? | le blog du storytelling

rSa : la cause justifie-t-elle le faux témoignage ?

 

Depuis quelques semaines, deux spots de pub accompagnent le lancement du rSa, le revenu de solidarité active voulu par le haut-commissaire aux solidarités, Martin Hirsch. Ils mettent en scène des «vrais gens», pas des comédiens. Problème, l’un d’eux ne s’appelle par Marc et il n’est pas non plus un futur bénéficiaire du rSa…

 

Lorsque je les ai découverts, ces deux spots (dûs à Euro RSCG C&O) m’ont plu. Sobres, ils ont choisi de donner un coup de projecteur à deux histoires personnelles, avec deux interprètes qui ne sont d’évidence pas des professionnels de la pub et donc d’autant plus crédibles. Un exemple simple et efficace de storytelling donc.

 

Sylviane est assistante à la personne et, seule avec un travail à temps partiel, elle a vraiment besoin du complément que doit lui fournir le rSa. Et personne n’y voit rien à redire. En revanche, Rue89 comme Le Canard Enchaîné d’aujourd’hui ont mis en doute le témoignage de Marc, cariste. Et, titillé, le Haut Commissariat a fini par reconnaître que l’homme en question a préféré changer de prénom mais surtout qu’il gagne en réalité un peu plus que le Smic, «trop» en tout cas pour pouvoir prétendre à l’aide gouvernementale. Mais il sort d’une longue période de difficultés qui font que «il y a trois ans, il aurait pu toucher le rSa» (!) et il apparaissait si désireux d’apporter sa pierre à l’édifice… En somme, comme le titre Rue89, «un faux témoignage pour la bonne cause».

 

Pourquoi avoir fait appel à cet homme non concerné par la mesure, qui ne dit pas la vérité sur son salaire, et si peu désireux d’être identifié qu’il choisit un prénom fictif.. alors qu’il accepte d’être filmé à visage découvert ? Il existe – peut-être ? – de bonnes raisons à ce choix mais aucune qui vienne contrebalancer le malaise qui nous envahit en sachant que nous avons été trompés. Et avec plus de 3 millions de foyers éventuellement concernés par la mesure, les candidats potentiels à leur quart d’heure de célébrité warholien doivent être pléthore…

 

Le storytelling qui consiste à utiliser les vraies histoires, les vraies trajectoires, des personnes est d’autant plus efficace – et crédible – que l’on n’a pas de raison de douter de leur véracité. Là, d’évidence, c’est un peu raté…

 

 


Spot TV rSa – Marc, cariste
envoyé par RevenudeSolidariteActiveRegardez les dernières vidéos d’actu.


5 commentaires sur “rSa : la cause justifie-t-elle le faux témoignage ?”

  1. audrey dit :

    je vit seule avec un enfant et je ne touche pas 700 e mais 580! Pourquoi?

  2. Tartine dit :

    Moi je voudrais savoir pourquoi par exemple, les montants du RSA sont faux, une personne seule au RSA et sans emploi ne touche pas 454,63 euros comme c’est prétendu mais de 404,88 euros.
    Ce n’est pas la peine de nous dire que le montant de l’APL est plus important pour un RSA, c’est faux aussi, on a pu comparer le montant de l’APL chez une personne qui touche l’AH pour un même logement dans le même immmeuble, le montant de l’APL est le même que pour un RSA alors que le montant de l’AH est de 696 euros. Alors, encore un saint mensonge ?

  3. Jacques FREDERIX dit :

    Tu l’as dit, la campagne est bonne sur le fond et sur la forme….tout est dit.
    pour moi, peu importe le reste.

  4. Jacques FREDERIX dit :

    Je ne suis pas du tout d’accord avec toi, Sébastien.

    C’est une campagne de pub, elle se doit d’être efficace et crédible.
    Comme tu le dis toi même, ces gens sont des interprètes.Peu importe qu’ils soient ou non exactement dans la réalité de ce qu’ils décrivent:ils font vrais.
    D’ailleurs, les films font ils croire à une pseudo téléréalité? Pas du tout, il sont plutôt esthétisant, avec une image assez léchée(plan séquence/travelling/lumière à contre jour pour le cariste).

    • sd dit :

      Bonjour Jacques,

      Je suis d’accord qu’une campagne de pub doit être efficace et crédible mais particulièrement sur un sujet sensible comme l’est une pub gouvernementale (donc sujette à passer pour de la propagande), cette crédibilité passe par celle des intervenants. Quand l’un d’entre eux se révèle ne pas s’appeler Marc, mentir sur ses revenus (un cariste nécessite une formation et le salaire est obligatoirement plus élevé que le Smic, dixit Le Canard) et ne pas être titulaire du RSA, cela remet quand même globalement en question la crédibilité de la campagne, non ?

      Je suis le premier à penser que cette campagne est bonne sur le fond et sur la forme, mais avec 3 millions de bénéficiaires potentiels, on devrait quand même pouvoir trouver un vrai Marc, non ?

Laisser une réponse