2009 mai | le blog du storytelling - Part 3

Archive pour mai 2009

Des bulles d’art en attendant Marseille 2013

Mardi 5 mai 2009

 

«Le «Pouce de César» qui est exposé à Marseille, il a un rapport avec celui de Raimu ?» demande un internaute sur un forum local. Non, bien sûr, c’est celui, monumental, du célèbre sculpteur éponyme. Parfois, même quand la culture est sous nos yeux (ici, haute de 6 mètres !) elle peut échapper aux regards non avertis.

 

En 2013, Marseille sera capitale européenne de la culture. Pour faire monter l’aïoli d’ici là, la ville propose désormais un programme court hebdomadaire, Bulle d’art, qui veut porter ce regard différent, ludique et décomplexé sur l’art dans la cité phocéenne. Des historiettes de 3,30 mn présentent des balades culturelles et des oeuvres d’art en les rendant accessibles aux curieux. La seule limite est celle du «périmètre» : les tableaux de maîtres, objets de design et autres exemples d’architecture remarquable doivent se situer dans l’aire géographique de Marseille 2013. Diffusée sur une chaîne locale et repris sur des sites locaux, Bulle d’Art est aussi disponible sur son propre site qui répertorie également toutes les expos et les animations culturelles de la région.  

 

Marseille attend un prestige accru de son futur statut de capitale européenne de la culture. C’est normal, ce titre fait rêver toutes les villes ! Mais elle entend aussi en faire un succès populaire et parlant d’art à tous. Comme cela a été le cas pour Lille 2004. Avec un tel storytelling, cela semble bien parti.

 

 

 

> Bulle d’Art est produit par les agences marseillaise Artkom et lyonnaise Mitiki.

Total semble amorcer enfin un changement de sa stratégie de communication

Lundi 4 mai 2009

 

J’ai assez souvent pris la parole pour me plaindre de la communication de Total (par exemple ici ou ) pour ne pas me réjouir du changement de ton de Christophe de Margerie amorcé dans le Challenges de la semaine dernière (et dont je m’étais fait l’écho ici) : «Total est une société française qui n’est plus assez proche de la France : nous avons besoin de la France, nous devons être bien en France». Cette interview annonce en fait une tentative de reprise en main de son image désastreuse. 

 

D’où l’annonce cette semaine que le groupe pétrolier va contribuer à hauteur de 50 millions d’euros (sur 5 ans) au Fonds d’investissement des expérimentations pour les jeunes dans le cadre du plan de Martin Hirsch. Le choix du Parisien plutôt que du Figaro ou d’un quotidien économique pour s’exprimer à ce propos n’est évidemment pas un hasard.

 

D’où également le lancement d’une campagne institutionnelle «Total en France, c’est…» dans les presses quotidiennes nationale et régionale ainsi que dans les gratuits. L’entreprise prend la parole pour expliquer sa contribution économique et sociale en France qui «s’inscrit dans une démarche de pédagogie auprès du grand public français» sur deux pages. Sur la première, le message que tout le monde a en tête «Total en France, c’est… 4 800 stations-service» tandis que la seconde précise que «Total en France, c’est aussi...». Et d’énumérer par points-clés ses apports sociaux, sa présence industrielle «durable» et ses investissements pour satisfaire la demande en énergie. 

 

 

 

Bien sûr, ces deux annonces en une semaine ne vont pas suffire pour redresser une image très abîmée par son arrogance passée mais elle peuvent contribuer à l’amorcer. Certains noteront que les sommes mises sur la table pour aider l’emploi des jeunes ne représentent qu’un infime pourcentage de ses profits. D’autres (dont je suis) regretteront que les annonces soient aussi froides, aussi peu engageantes, qu’il n’y ait pas de renvoi vers le site web… où l’on peut pourtant télécharger une intéressante brochure sur Total en France. Mais je préfère pour ma part noter le changement de ton et espérer qu’il sera durable. Formidable aventure industrielle, Total semble enfin prendre la mesure qu’on ne peut durablement se développer en méprisant les critiques et en se croyant intouchable. Tout le monde, même Total, a besoin d’être aimé… surtout quand l’amour se transforme en acte d’achat !

Droit de suite…

Samedi 2 mai 2009

 

 

Ce fermier l'affirme dans le Sydney Morning Herald : "Il est moins dangereux d'embrasser un cochon que votre conjoint". Êtes-vous prêt à le croire ? ?

Ce fermier l'affirme dans le Sydney Morning Herald : "Il est moins dangereux d'embrasser un cochon que votre conjoint". Êtes-vous prêt à le croire ? ?

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

 

Grippe A

C’est un sujet sur lequel je n’ai pas eu le temps de poster mais je l’avais twitté : le lobby des producteurs de porcs ne pouvait pas laisser passer ça. En une semaine, le nom de la grippe porcine a changé deux fois. Elle est devenue grippe mexicaine (fâcher l’ambassadeur du Mexique est quand même moins risqué pour le gouvernement que de se mettre à dos la filière porcine) puis, après que ce pays a officiellement protesté auprès de l’OMS, on parle désormais de grippe A.

> dans les archives du blog du storytelling : de l’importance des noms ici.

 

Société Générale

Après la révélation par Libé d’un énième scandale financier à la Générale, l’heure de la curée semble venue. Daniel Bouton finit par annoncer sa démission (et c’est dans Le Figaro, quelle surprise !). 

> On sait que l’Elysée voulait sa tête depuis l’affaire Kerviel, ce départ devrait donc comme par hasard enrayer l’épidémie de mauvaises nouvelles en provenance de la SG…

> dans les archives du blog du storytelling : les efforts de F Oudéa pour redresser la SG ici et la campagne «on est là pour vous aider» .

 

Parcs d’attractions 

Les parcs d’attractions reçoivent un nombre record de visiteurs mais Disney avait prévenu (ici) : «Nous ne sommes pas immunisés». On en a eu la preuve cette semaine avec l’annonce de résultats financiers désastreux (Le Figaro). 

> Les visiteurs viennent nombreux chez Disney mais ils dépensent trop peu : c’est la même story depuis 17 ans…

> dans les archives du blog du storytelling : pourquoi les parcs fonctionnent bien en temps de crise ici.

 

Areva

La nomination de Jean-Cyril Spinetta à la présidence du conseil de surveillance d’Areva apparaît comme une tentative de contenter – et de mieux contrôler – «Atomic Anne» Lauvergeon (Challenges)

> dans les archives du blog du storytelling : le ratage de la com d’Areva dans l’afaire Tricastin ici et la façon dont ils auraient dû s’y prendre .

 

Maisons éphémères

La Vache Qui Rit rejoint la tendance en ouvrant sa maison éphémère dans le Jura (CB News) 

> dans les archives du blog du storytelling : les maisons éphémères de Danone ici et de Ferrero .

 

Mon agence sur eBay

L’annonce de l’agence Pourquoi tu cours a été retirée car eBay ne permet pas à une entreprise de se vendre (et non pas de vendre ses services) (Le Figaro).

 

Mine

Le magazine personnalisé à vos goûts disponible en version papier ou numérique est arrivé. Vous pouvez lire ici celui qui m’était adressé. Pas mal sans être transcendant.

> dans les archives du blog du storytelling : Mine la réponse Time à la crise de la presse papier ici.

 

Automobilité

Chrysler a donc été mis en faillite mais devrait échapper à la fermeture en passant sou le giron de Fiat (Challenges).

> La valse des prétendants a commencé dans ce qui promet être le plus grand chambardement industriel de ce début de siècle : la recomposition du secteur automobile, un sujet dont je traite régulièrement.

> dans les archives du blog du storytelling : parmi mes contibutions récentes à ce sujet, les 90 ans de Citroën ici et 

 

Apple

Le musée de l’informatique fête les 25 ans du Mac (musée de l’informatique).

> Curieux, Apple ne fête pas cet anniversaire lui-même… Encore une marque qui n’accepte pas son âge !

 

Philips

Philips lance une grande campagne comparative paneuropéenne et une nouvelle signature «Philips, évidemment» (CB News)

> dans les archives du blog du storytelling : évidemment, quoi ? La précédente campagne s’appelait déjà «Philips, parce que» ici et la mauvaise gestion de la crise Senseo .

 

L’Oréal

Challenges consacre un passionnant dossier à L’Oréal sur trois fronts (la crise, l’affaire Bettencourt et l’avenir avec Nestlé) dont je ne peux que vous recommander la lecture.

> dans les archives du blog du storytelling : le terne anniversaire de L’Oréal ici et ses tribulations sur Wikipédia .

La grève du sexe au Kenya a toute une histoire…

Vendredi 1 mai 2009

 

Pour mettre un terme aux querelles politiciennes entre le président et son premier ministre et inciter les hommes à faire avancer les réformes, des associations de femmes kényannes ont décidé de pratiquer l’abstinence sexuelles pendant une semaine. Cette «grève du sexe» est évidemment largement reprise dans la presse, dont Le Post, ce qui lui permet de remporter déjà au moins une première victoire médiatique. Même la femme du premier ministre a annoncé qu’elle rejoignait le mouvement (la femme du président ne s’est pas encore prononcée).

 

En fait, cette idée, pour aussi spectaculaire qu’elle soit, n’est pas nouvelle et il est curieux qu’aucun journaliste (à ma connaissance) n’ait relevé le parallèle avec Lysistrata (Λυσιστράτη), la pièce d’Aristophane écrite en 411 av. J.C. Dans cette comédie, une des plus anciennes et bouffones qui nous soient parvenues, Lysistrata convainc les femmes d’Athènes et de Sparte de se refuser à leurs maris pour arrêter les combats meurtriers entre les deux cités. Dans la ville qui a inventé la démocratie, les femmes n’avaient pas le droit de vote et leur avis était le plus souvent ignoré.

 

Si le parallèle est intéressant, c’est aussi parce qu’Aristophane montre que l’abstinence seule ne peut venir à bout de la bêtise masculine. C’est en s’emparant du trésor d’Athènes – c’est-à-dire en privant leurs hommes de ressources financières ET de sexe – qu’elles parviennent à les faire consentir à la paix. Qu’en sera-t-il des Kenyannes ?

 

A noter : le nom de Lysistrata signifie en grec : celle qui fait débander (au sens de «défaire» bien sûr !) les armées.

 

> Le texte intégral en français de Lysistrata est accessible gratuitement ici.