Si vous me lisez régulièrement, vous savez que j’apprécie particulièrement la haute gastronomie dont chaque plat nous raconte une histoire (par exemple celle d’Alain Passard) mais aussi simplement la restauration à thème, façon Disney, où c’est le le lieu qui fait le storytelling (par exemple Les 3 Brasseurs).
Je suis donc récemment allé dîner au Tommy’s Diner à Labège, près de Toulouse. Savez-vous ce qu’est un diner (prononcé daïneur)? C’est un restaurant américain de hamburgers et fontaine à soda mais avec service à table, ce qui le différencie des fast-foods. Il existe actuellement deux établissements semblables et un troisième devrait ouvrir prochainement.
Il y a un vrai effort de thématisation pour nous replonger dans l’ambiance Fifties (mais trop de textes descriptifs que les clients ne lisent pas, il faut faire plus court sur les sets de table, les gars !). Non, la question que je me posais en sortant du Tommy’s, c’est : est-ce que cela aussi fait partie de notre imaginaire ? Je regardais les clients, des familles de mon âge – ou plus jeunes – avec de jeunes enfants, et je repensais à le signature du restaurant, en anglais comme il se doit : «Where were you in 1959 ?». Mais en 1959, nous n’étions tout simplement pas nés ! Happy Days ou American Graffiti ne me semblent pas assez cultes pour avoir familiarisé des générations avec le concept du diner ?
Cela me rappelle le cas de Disneyland Paris et les débats que j’avais à l’époque avec mes homologues californiens. Pour une thématique comme le western qui nous parle grâce aux films hollywoodiens, combien d’autres dont les concepteurs étaient si fiers nous sont globalement inconnues : Main Street et son côté «Pollyanna» (si ce nom ne vous dit rien c’est normal, c’est la preuve que j’avais raison !) ou Disney Village et son Annette’s Diner (d’après Annette Funicello, même remarque)… Un restaurant qui a justement toujours posé problème, les clients ne comprenant pas pourquoi ils paient leur hamburger 3 à 4 fois plus cher qu’au McDo juste parce qu’on vient les servir…
D’ailleurs, à propos de diners, je trouve que Annette’s et Tommy’s ont beaucoup en commun, non ? Je vous laisse juges… J’ai participé au storytelling de celui de Disney pour info (en particulier pour les corvettes stationnées à l’entrée et qui sont en réalité des Renault vintage légèrement relookées).
Bref, je me demande si ce genre de thématique est une bonne idée. Et si l’on part du principe qu’on a le droit d’être fan de cette époque et de vouloir en faire un établissement à succès, comment alors aider au mieux les clients à se familiariser avec lui, à apprécier une histoire qu’ils ne connaissent pas, qui n’est pas la leur ?
Votre avis ?




EXCELLENTE IDEE que cet établissement au regard du regain d’intérêt pour les fabuleuses 70’s, 60’s, et toute l’époque rock’n roll.
Une très grande époque de créativité musicale.
Parlera t’on dans 20 ans de nos groupes actuels, champions de l’éphémère informatique ?
Avec une bonne programmation musicale, de bons orchestres vintage, cet endroit deviendra un lieu stratégique !
Merci pour ce commentaire Morata.
Oui, vous avez sans doute raison, le positionnement musical est le plus évident, le restaurant aurait tout intérêt à jouer cette carte.
Est-ce qu’il y a avait des sets de tables pour les enfants avec des coloriages de voitures américaines ?
Bonne remarque. Et la réponse est non : au Tommy’s, les sets de table à colorier représentaient… Mickey et Minnie !
En revanche, les menus enfants étaient apportés dans des lunchboxes en forme de cylindrées américaines.