De tous les bouleversements que connaît le secteur, il sortira peut-être un nouveau monde qui ne sera plus celui de l’automobile, mais celui de l’automobilité. Qu’est-ce que l’automobilité ? C’est l’idée qu’à l’avenir, la rente sera moins dans le hardware (l’auto) que dans le software (on le voit déjà avec… le carburant). Apple l’a compris qui vend des iPod et des iPhones mais aussi et surtout ensuite les téléchargement et les applis de l’Apple Store… Même chose avec Nespresso.
Le vice-président d’Arthur D. Little, Henri de Bodinat, ne disait pas autre chose lors du dernier salon de l’automobile : «A l’avenir, il faudra que le véhicule devienne un écosystème, c’est-à-dire qu’il soit à la fois un produit et un service, et que les constructeurs captent les revenus de l’un et de l’autre (…) Dans ce modèle, le constructeur peut tout proposer : la carrosserie, la batterie, le système de rechargement, l’abonnement qui va avec etc.».
En tout cas, dans un dossier très bien fait qui n’a a priori rien à voir puisque consacré à «la nouvelle dimension» des jeux vidéo, Laurent Calixte de Challenges s’intéressait récemment à la multitude de business models de ces derniers et à leur application à d’autres secteurs actuellement en crise. Le free to play : «Imaginez que Renault vous offre une Logan. Totalement dépouillée. Vous voulez un airbag ? C’est payant. Un toit ouvrant ? Payant». Le try before you buy : «Imaginez que la Logan vous soit prêtée deux mois. Après quoi, vous décidez de l’acheter ou de la rendre». Le streaming ? « imaginez que vous ne payiez votre Logan qu’en fonction du temps de conduite». Passionnant…
Après d’autres secteurs, celui de l’automobile doit se réinventer s’il ne veut pas être emporté, non pas seulement par la crise, mais par le vent de l’Histoire… C’est ce que ne traite pas du tout – hélas – le récent plan gouvernemental. Nous aurons toujours besoin de nous déplacer mais les alternatives à la sacro-sainte voiture particulière existent et doivent inciter les constructeurs à changer de paradigme. Comme le disait Henri de Bodinat : à l’avenir, «on ne vendra plus une voiture mais de la mobilité individuelle». De l’automobilité, donc. Quel constructeur sera le premier à relever le défi ?


[...] Et si les constructeurs auto s’inspiraient du business model des jeux vidéo ? Intéressante analyse, à l’heure de la « voiture servicielle« . [...]
Pour prolonger nos réflexions sur l’influence des jeux vidéos dans les nouveaux imaginaires de la mobilité lire absolument cet article http://transit-city.blogspot.com/2008/11/peut-on-penser-la-voiture-sans-les-jeux.html
et si vous avez un peu plus de temps la catégorie complète http://transit-city.blogspot.com/search/label/jeux%20vidéo
Stratégies se demande « Comment faire repartir la machine » et évoque des initiatives pour passer de l’ego à l’éco mobile…
http://www.strategies.fr/actualites/marques/115834W/2-15-4277/comment-faire-repartir-la-machine.html
Très intéressant… Où il apparaît que les pistes de réflexion viendraient plutôt des agences que des constructeurs (mais c’est Stratégies qui l’écrit, c’est donc un plaidoyer pro domo…)
Voici la vision de Volkswagen en 2028, on y est presque…
http://media.volkswagen2028.com/etc/medialib/vwcms/virtualmaster/vw2028/flash.Par.0005.File.html?culture=en_GB
Merci pour ce lien
Bonsoir Sébastien,
Je partage ton avis même si je regrette que pour le moment les initiatives d’automobilité viennent plus des start-ups que des constructeurs qui deviendront peut-être un jour de simples fournisseurs d’un Virgin (tel le concept des MVNO pour la téléphonie mobile en remplaçant juste Mobile par Mobility).
NB : On peut prolonger la réflexion avec ce lien qui décrit l’automobile si le web2.0 lui était appliqué, génial !
http://www.milesburke.com.au/blog/2006/03/29/if-web20-applied-to-cars/
Excellent ! Mon préféré est
« Your radio would have a clickwheel, and you’d subscribe to feeds, not stations. »
Trève de plaisanterie, l’idée d’appliquer aussi les business models des opérateurs téléphoniques et des MVNO est très intéressante aussi.
Pardon pour la clickwheel, c’est vrai que maintenant c’est dépassé d’où l’intérêt dans les voitures de mieux intégrer les objets nomades plutôt que de toujours vouloir reproduire leur fonctions (qui au vu du temps de développement d’une voiture sont déjà périmées lorsqu’il est commercialisé).