Star Trek : et la story repart ! | le blog du storytelling le blog du storytelling

Star Trek : et la story repart !

 

«Des petits hommes verts en pyjama jaune ou bleu»… Voilà comment les Français ont toujours plus ou moins vu le capitaine Kirk et Monsieur Spock. Mais même aux États-Unis où cette «marque» a longtemps été culte, la rouille avait fini par venir à bout de la carlingue de l’Enterprise. La sortie du nouveau film Star Trek vient donc donner un sacré coup de «phaser» à la légende. J.J. Abrams ou comment réinventer une marque qui semblait pourtant à bout de souffle…

 

Star Trek, c’est d’abord une série qui a fait les beaux jours des écrans américains de 1966 à 1969 avant de donner naissance à quatre suites, à un dessin animé et à 10 films de cinéma. Mais Star Trek, c’est aussi une communauté, ou plutôt – fait inédit – deux communautés de fans ennemis: les trekkies qui sont sympas mais passifs (parfois même qualifiés de «no-life») et les trekkers très actifs mais s’apparentant souvent à de vrais trolls. Un peu comme l’Épiscopar qui ne survivrait que grâce à des pratiquants de moins en moins nombreux dans ses églises mais de plus en plus intégristes… et faisant donc par là-même fuir les derniers fidèles tolérants (toute ressemblance…). Tant que ses fans faisaient vivre la marque Star Trek, les producteurs n’ont pas réalisé à quel point la désaffection du grand public était prononcée. Jusqu’à ce qu’en 2002, l’échec sans appel du 10e film laisse supposer que le filon était définitivement tari. Mais à Hollywood, les bonnes franchises - ces marques gérées sur la longue durée – sont comme les diamants, éternels : Batman et James Bond ont bien été ressuscités quand plus personne n’y croyait. Paramount a donc fait le choix de faire appel à J.J. Abrams (Alias, Lost, Cloverleaf) pour relancer la machine à sous. Comment s’y est-il pris ? 

 

Il a d’abord voulu faire un film d’action spatial qui soit aussi un buddy movie, un genre cinématographique avec ses codes éprouvés – deux héros que tout oppose doivent composer pour s’en sortir et finissent les meilleurs amis du monde – et le fait que ces deux buddies soient Kirk et Spock est presque un hasard…  Ensuite, il a voulu que le film parle d’abord au grand public, un grand public qui se rappelle vaguement que Spock a de grandes oreilles et pratique le salut vulcain mais qui ne s’encombre pas de références absconces. L’exigence absolue d’Abrams : «que ce Star Trek soit accessible à ceux qui n’ont jamais vu de Star Trek»… Enfin, il a fallu traiter le «problème» des fans. Le producteur a assuré les trekkies qu’il respecterait les codes de la marque (cela a suffi à leur bonheur) et il a gentiment mais fermement écarté toute velléité des trekkers de co-écriture. La présence au sein de l’équipe de scénaristes d’un des auteurs de la série originale était la seule garantie qu’il a bien voulue leur donner. 

 

La solution, c’est bien sûr d’avoir choisi de raconter comment l’équipage de l’Enterprise s’est constitué, et en particulier comment Kirk et Spock ont fait connaissance. Jamais décrite à l’époque de la série des années 60, leur rencontre peut satisfaire à la fois les néophytes – elle est le point de départ d’une nouvelle saga – et les fans qui apprécieront les nombreux clins d’oeil et private jokes qui leur sont évidemment destinés. Au final, Star Trek est une réussite, salué par la critique mais surtout par le public américain, et pour la première fois semble-t-il, par le public français (le film était largement en tête mercredi,  jour de sa sortie). Ce Star Trek là pourrait bien «s’aventurer là où nul n’est jamais allé»…

The bookmarklet

Add this to your bookmarks or drag it to your bookmarks bar to quickly access shortening functions.

Shorten

This bookmarklet takes the page URL and title and opens a new tab, where you can fill out a CAPTCHA. If you have selected text before using the bookmarklet, that will be used as the keyword.

Support for bookmarklets on mobile varies. For example, they work on Chrome for Android but you have to add and sync them from your desktop.

">Twitter cet article. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



Laisser une réponse