mai, 2009 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour mai 2009

Ecrivez vos histoires sur une boîte de macarons Pierre Hermé !

Vendredi 29 mai 2009

 

Pour la Fête des Mères, Pierre Hermé a envoyé aux abonnés de sa newsletter «un message qui s’adresse exclusivement aux papas».

 

A cette occasion en effet, le grand pâtissier parisien laisse «carte blanche aux enfants» en proposant un assortiment de 24 macarons livrés avec 5 feutres dans une boîte qui sert de «support gourmand» à nos chères têtes blondes pour faire leur déclaration d’amour à leur maman. Une très jolie occasion de déguster d’excellents macarons à la rose ou au caramel fleur de sel… tout en laissant les clients – même très jeunes – y inscrire leurs histoires.

 

 

 

> Merci à Camille Jung d’avoir porté cette initiative à ma connaissance.

> Le + du blog du storytelling : les galettes des rois un peu trop « photoshopées » de Pierre Hermé ici.

TF1 choisit l’émotion pour renouer le lien avec ses téléspectateurs

Jeudi 28 mai 2009

 

Quel enfant envoyé au lit ne s’est pas caché derrière une porte entrebâillée pour regarder le film que ses parents lui avaient interdit ? Pour la première fois depuis 12 ans, TF1 fait une campagne de pub qui passe surtout sur… TF1. Et la chaîne s’adresse enfin à ses téléspectateurs autrement que comme des cerveaux disponibles… 

 

Pendant longtemps, l’histoire de TF1 a été celle d’une «success story». En tant que premier ministre de Valéry Giscard d’Estaing, c’est à Jacques Chirac qu’on doit l’éclatement de l’ORTF et la naissance des trois «grandes» chaînes dont Télévision Française 1 (TF1) en 1975. Et en 1987, c’est encore lui, premier ministre de cohabitation de François Mitterrand, qui décide de sa privatisation et choisit l’heureux élu, Francis Bouygues (sur son site, TF1 ne fait d’ailleurs pas remonter sa story avant cet événement !). Une amitié dont il n’a pas été bien «récompensé» si l’on en juge par les tropismes balladurien (hier) sarkozyste (aujourd’hu)i qu’on a pu reprocher à l’opérateur. 

 

Pendant 20 ans, la domination de TF1 a été sans partage. Il y a encore 5 ans, la chaîne totalisait près de 40% de l’audience totale du PAF contre désormais un petit quart mais elle avait déjà en germe ses problèmes actuels : diversifications ratées (à part LCI), incapacité à sortir du pré carré français etc. Surtout, arc-boutée sur son quasi monopole sur les téléspectateurs, elle n’a pas su anticiper la baisse historique des chaînes hertziennes face aux nouveaux entrants, en particulier sur la TNT. Et plus encore, la désaffection des jeunes générations vers Internet.

 

Dans son nouveau spot télé, TF1 descend de son piédestal. La chaîne dont l’ancien PDG avait déclaré que ce qu’il vendait, c’était du temps de cerveau disponible, consent enfin à parler en direct à ses «clients» pour les remercier de leur fidélité et les inviter : «On se retrouve sur TF1». Le spot – que l’on doit à l’agence DDB – est réussi parce qu’il ne se moque pas de nos petits travers de téléspectateurs mais qu’il les traite avec une tendresse sincère : nous nous reconnaissons dans ces personnes qui ont veillé au-delà de l’heure raisonnable pour un film passionnant, celles qui ont froid sur leur canapé mais n’ont pas le courage de se lever pour aller chercher un plaid, celles aussi qui sautent de joie et poussent des cris ridicules quand leur équipe marque un but etc. Bref, des historiettes auxquelles il nous est facile de nous identifier. 

 

Pour autant, cela suffira-t-il à faire revenir vers la chaîne ceux qui l’ont désertée ? Sur Le Post, MryEmery en doute quelque peu : «Cette publicité ne passera pas sur le net (…) qui est, comme nous le savons, le média des jeunes… qui sont ceux qui ont déserté TF1». Il a raison mais le but est ailleurs. La communication de remerciement n’est jamais une communication de conquête – ni de reconquête – mais, au mieux de fidélisation, au pire de «damage control»… Il n’y aura pas de retour à l’âge d’or mais récompenser la fidélité de ses téléspectateurs peut permettre à la chaîne de ralentir son déclin inéluctable. Ce n’est pas pour rien qu’en interne, l’agence DDB qui a conçu ce film lui a donné comme titre «L’hommage». Même moins puissante, TF1 veut rester encore longtemps la première chaîne.  

 

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

 

 

> Le + du blog du storytelling : Où va TF1 ? Un post qui a presqu’un an mais toujours d’actualité.

Juste un mot…

Mercredi 27 mai 2009

 

Il y a un an jour pour jour, j’ai lancé le premier blog francophone consacré au storytelling, en même temps que je prenais mon indépendance pour lancer ma petite entreprise (qui ne connaît pas – trop – la crise). Depuis, ce blog a été rejoint par une newsletter, un podcast, et des conseils du jour qui ont tous été agrégés en un seul site, leStorytelling.com. 

 

Toute cette aventure n’aurait pas été possible sans vous, lecteurs réguliers ou occasionnels, professionnels de la com ou simples curieux de décrypter le monde qui nous entoure à l’aune du storytelling.  

 

A tous, un grand merci ! Et cette histoire ne fait que commencer…

De l’utilité du Conseil storytelling du jour 1/2

Mardi 26 mai 2009

 

 Prophétie auto-réalisatrice : "Une rumeur infondée d’insolvabilité fait paniquer les clients qui du coup retirent vraiment leur argent... et la banque fait faillite !"

Prophétie auto-réalisatrice : "Une rumeur infondée d’insolvabilité fait paniquer les clients qui du coup retirent vraiment leur argent... et la banque fait faillite !"

 

 

 

 

Quand j’ai lancé le Conseil storytelling du jour il y a presque 6 mois, cette inititative a fait tilt dans les médias professionnels à la fois parce qu’elle était gratuite (un consultant qui met autant de contenus gratuits sur son site, n’est-ce pas louche ?) et parce qu’elle intriguait : peut-on vraiment dispenser des conseils, raconter des historiettes, en 140 caractères maximum ? Oui, et en voici une preuve.

 

Au moment où la crise a déstabilisé les grandes institutions financières, un établissement bancaire a eu vente de rumeurs concernant sa supposée insolvabilité. Quand les clients ont commencé à en parler à leurs conseillers, ces derniers ont balayé cette idée d’un revers de la main : «Mais non, voyons, il n’y a aucun risque». Les dirigeants de l’entreprise, eux, savaient qu’une rumeur ne se traite pas ainsi. Je suis intervenu à la demande de la direction de la communication interne. Tous les matins, elle adresse un SMS aux directeurs d’agences pour les informer des infos pressantes et les renvoyer éventuellement sur l’intranet du groupe. Charge à eux ensuite de briefer leurs équipes. 

 

Afin de les sensibiliser au risque encouru, ce matin là, le SMS habituel a été remplacé par le message suivant que j’avais rédigé : 

Dans quel cas une rumeur peut-elle devenir une prophétie auto-réalisatrice ?

Soit 76 caractères destinés à servir de teaser. Une heure après, nous leur avons envoyé l’historiette suivante :

Une rumeur infondée d’insolvabilité fait paniquer les clients qui du coup retirent vraiment leur argent… et la banque fait faillite !

Ces 135 caractères étaient suivis d’un code à 4 chiffres permettant d’accéder à une page sur l’intranet. Là, on pouvait trouver un dossier spécial sur la rumeur, le risque encouru en ne la prenant pas au sérieux, et la façon d’y répondre en rassurant les clients de manière personnalisée.

 

80% des directeurs d’agence se sont connectés à l’intranet le jour même, ce qui constitue selon mes interlocuteurs un score double de celui enregistré habituellement et les 20% restants l’ont fait le lendemain. Le message est donc passé auprès de… 100% de la cible !

 

Vous le voyez, le format des Conseils du jour en 140 caractères maximum n’est pas un gadget. Dans sa forme gratuite, il sert à enclencher une réflexion personnelle (comme j’aime à le dire, peu d’entreprises ont une ligne budgétaire intitulée «stimulation intellectuelle» !). Mais je l’utilise aussi en entreprise, soit pour apprendre à mes clients à faire court, soit comme ici, comme une réponse rapide et efficace à apporter à un problème spécifique.

 

Dans un prochain post, je vous donnerai un autre exemple tiré de mon expérience. Ah, j’oubliais de vous dire : à ce jour, la banque n’a toujours pas fermé ses portes pour cause d’insolvabilité !

 

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> Je remercie mon client qui m’a autorisé à raconter mon intervention à condition que son anonymat soit respecté.

> Si vous n’êtes pas encore abonné au Conseil storytelling du jour, c’est le moment : vous pouvez me suivre sur twitter ici (et bénéficier de conseils supplémentaires inédits) ou le recevoir par mail .

> Si vous désirez appliquer le concept de Conseil storytelling du jour à votre entreprise dans le cadre d’une mission personnalisée, vous pouvez me contacter ici.

Comment bien raconter une histoire qui n’est pas la nôtre ?

Lundi 25 mai 2009

 

 

Si vous me lisez régulièrement, vous savez que j’apprécie particulièrement la haute gastronomie dont chaque plat nous raconte une histoire (par exemple celle d’Alain Passard) mais aussi simplement la restauration à thème, façon Disney, où c’est le le lieu qui fait le storytelling (par exemple Les 3 Brasseurs). 

 

Je suis donc récemment allé dîner au Tommy’s Diner à Labège, près de Toulouse. Savez-vous ce qu’est un diner (prononcé daïneur)? C’est un restaurant américain de hamburgers  et fontaine à soda mais avec service à table, ce qui le différencie des fast-foods. Il existe actuellement deux établissements semblables et un troisième devrait ouvrir prochainement.

 

Il y a un vrai effort de thématisation pour nous replonger dans l’ambiance Fifties (mais trop de textes descriptifs que les clients ne lisent pas, il faut faire plus court sur les sets de table, les gars !). Non, la question que je me posais en sortant du Tommy’s, c’est : est-ce que cela aussi fait partie de notre imaginaire ? Je regardais les clients, des familles de mon âge – ou plus jeunes – avec de jeunes enfants, et je repensais à le signature du restaurant, en anglais comme il se doit : «Where were you in 1959 ?». Mais en 1959, nous n’étions tout simplement pas nés ! Happy Days ou American Graffiti ne me semblent pas assez cultes pour avoir familiarisé des générations avec le concept du diner ?

 

Cela me rappelle le cas de Disneyland Paris et les débats que j’avais à l’époque avec mes homologues californiens. Pour une thématique comme le western qui nous parle grâce aux films hollywoodiens, combien d’autres dont les concepteurs étaient si fiers nous sont globalement inconnues : Main Street et son côté «Pollyanna» (si ce nom ne vous dit rien c’est normal, c’est la preuve que j’avais raison !) ou Disney Village et son Annette’s Diner (d’après Annette Funicello, même remarque)… Un restaurant qui a justement toujours posé problème, les clients ne comprenant pas pourquoi ils paient leur hamburger 3 à 4 fois plus cher qu’au McDo juste parce qu’on vient les servir…

 


 

 

 

 

D’ailleurs, à propos de diners, je trouve que Annette’s et Tommy’s ont beaucoup en commun, non ? Je vous laisse juges… J’ai participé au storytelling de celui de Disney pour info (en particulier pour les corvettes stationnées à l’entrée et qui sont en réalité des Renault vintage légèrement relookées).

 

Bref, je me demande si ce genre de thématique est une bonne idée. Et si l’on part du principe qu’on a le droit d’être fan de cette époque et de vouloir en faire un établissement à succès, comment alors aider au mieux les clients à se familiariser avec lui, à apprécier une histoire qu’ils ne connaissent pas, qui n’est pas la leur ?

 

 

 

Votre avis ?

Droit de suite…

Samedi 23 mai 2009

 

 

… où quand l’actu permet de revenir sur d’anciens posts.

 

Disney

Wayne Allwine, la voix officielle de Mickey, s’est tue définitivement (Le Monde). Mickey n’a eu que 3 voix depuis sa naissance, celle de son créateur Walt Disney, celle de Jimmy MacDonald à partir de 1947 et enfin celle de Wayne depuis 1977. J’ai eu de multiples occasions de travailler avec Wayne qui avait la vraie gentillesse de son héros. Et pour l’anecdote, il était marié à Russi Taylor, la voix officielle de… Minnie !

> dans les archives du blog du storytelling : les 80 ans de Mickey ici

 

Tabac

CB News nous informe que Monsieur Hulot pourra désormais fumer tranquillement sa pipe . On retrouve donc bien derrière toute cette histoire les intérêts du lobby du tabac comme je le soupçonnais récemment.

> dans les archives du blog du storytelling :  l’affaire Métrobus ici.

 

Danone

Daniel Carasso, dont le nom catalan Danon est devenu celui de la marque, est mort à 103 ans (Le Figaro)

> dans les archives du blog du storytelling : un post sur les 90 ans de Danone et le portrait de Daniel Carasso ici 

> dans les archives du conseil storytelling du jour : une citation de Daniel Carasso ici

 

Apple

Orange a atteint la barre du million d’iPhones vendus en France tandis que SFR compte e écouler 800 000 dans l’année qui vient et que Bouygues a enregistré 150 000 réservations. (Le Figaro). L’iPhone est donc clairement en train de devenir le téléphone de Monsieur tout le monde et non plus seulement des early adopters. Quelles conséquences sur l’image d’Apple ?

Universal Pen, le stylo qui en fait trop

Vendredi 22 mai 2009

 

Un seul regard suffit pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'un instrument d'écriture ordinaire...

Un seul regard suffit pour comprendre qu'il ne s'agit pas d'un instrument d'écriture ordinaire...

 

Comme vous sans doute, je reçois tous les jours des mailings. Ils sont souvent plus mal faits les uns que les autres. Mais celui que j’ai reçu récemment emporte le pompon dans le genre. On croirait un gag. Je vous le livre tel quel, sans changer un seul mot : 

 

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CHER MR SEBASTIEN DURAND,

 

Un seul regard suffit sur le Stylo Paragon Gravé au Laser pour comprendre qu’il ne s’agit pas d’un instrument d’écriture ordinaire. Sa modernité et son audace font de ce stylo aux finitions laquées et aux attributs en chrome poli un produit que vos clients et futurs clients garderont précieusement et utiliseront au quotidien.

 

Découvrez votre nom gravé au laser sur l’échantillon que nous vous offrons. N’est-ce pas un produit exceptionnel ? Essayez-le et appréciez sa cartouche Parker ainsi que sa qualité d’écriture douce garantie mois après mois.

 

Imaginez l’étonnement de vos clients et futurs clients lorsque vous leur offrirez ce remarquable cadeau publicitaire. Non seulement, ils n’oublieront pas notre geste ni votre générosité mais ils se rappelleront également votre professionnalisme au quotidien. Satisfaits de ce produit exceptionnel, vos clients feront certainement des envieux !

 

Certains détaillants vous vendraient le Stylo Paragon pour 5,00 € – 10,00 € et plus. Universal Pen, au contraire, vous propose ce stylo à un prix défiant toute concurrence (…)

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(Je passe sur le fait que les visuels des autres modèles que celui que j’ai reçu contenaient des fautes grossières, du genre «Mutuele MPAS»…)

 

Une visite sur le site d’Universal Pen m’a convaincu qu’il ne s’agit pas d’une plaisanterie. Pensant que peut-être je n’étais pas dans la cible, j’ai fait circuler la lettre à des commerçants et artisans, ceux qui en général, vous offrent ce genre de stylos publicitaires. Tous se sont esclaffés et ont jugé le ton employé – qui évoque irrésistiblement les réclames du début du 20e siècle – complètement ridicule. 

 

Qui trop embrasse mal étreint… Un stylo peut être une bonne idée de cadeau… à condition de ne pas mépriser vos clients en supposant qu’ils ne sont pas assez intelligents pour se rendre compte que vous survendez complètement votre produit… .Demandez-vous toujours si l’histoire que vous racontez est crédible… 

 

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Le + du blog du storytelling

Avez-vous vu le film de Tonie Marshall France Boutique sorti il y a 5 ans ? On y trouvait des parodies hilarantes des émissions de Téléshopping comme le Musée Musique et l’Épile Tous Poils, mes préférés… Il s’agit là de second degré. Mais, comme avec Universal Pen, regarder une «vraie» émission de téléshopping vous permet parfois de constater que la réalité dépasse la fiction

 

Swatch a 25 ans : peut-il sauver l’industrie horlogère une seconde fois ?

Mercredi 20 mai 2009

 

Joyeux anniversaire la Swatch ! Il y a 25 ans, l’industrie horlogère suisse a failli disparaître. Elle a été sauvée grâce à l’idée révolutionnaire et l’invention géniale d’un Américano-Libanais tombé amoureux de la Suisse, Nicolas Hayek. Aujourd’hui où l’horlogerie est à nouveau le secteur du luxe le plus touché par la crise, quelles leçons en tirer ?

 

A la fin des années 1970, l’horlogerie suisse a été frappée par une crise sans précédent : l’importation de montres japonaises à quartz. Les grandes marques baissèrent leurs prix mais en vain, elles ne pouvaient pas être concurrentielles avec la main d’oeuvre asiatique (à l’époque, le Japon était l’équivalent de la Chine aujourd’hui) . En 5 ans, la part de marché helvétique est ainsi passée de 50% à 15% et les 3/4 des 100 000 personnes qui travaillaient dans le secteur ont été mises au chômage.  

 

Consultant en organisation des entreprises, Nicolas Hayek (né en 1928, il est aussi l’inventeur de la Smart) est un amateur de ce qu’on a appelé plus tard la pensée disruptive. Puisque les montres suisses étaient chères, il fallait certes trouver comment les rendre meilleur marché en les simplifiant considérablement… mais aussi et surtout attaquer les Japonais là où ils étaient alors les plus faibles, le design. Sa montre à lui serait de qualité – Suisse oblige ! – mais surtout elle serait une «seconde montre». Swatch est en effet une contraction de Second Watch car elle avait vocation à devenir un accessoire de mode… dont on changerait comme on change de vêtements. C’était une idée révolutionnaire à une époque où une montre était un achat qui durait une vie entière.

 

Le succès de la Swatch, lancée en 1984, a été phénoménal et elle a depuis été écoulée à près de 400 millions d’exemplaires. Ce qui a permis au Swatch Group de sauver l’industrie horlogère suisse en en rachetant quelques-uns des noms les plus emblématiques et de devenir ainsi le numéro 1 mondial avec 25% du marché, devant Rolex, LVMH et Richemont. Pour beaucoup, Swatch est devenue plus qu’une seconde montre, c’est une montre de prestige à part entière mais d’un luxe qui reste accessible, et qui sert de porte d’entrée vers les autres marques du groupe (Blancpain, Bréguet, Glashütte Original, Longines, Oméga ou Rado) et leurs extraordinaires «complications horlogères» qui peuvent valoir des centaines de milliers d’euros…

 

A 25 ans, si on n’a pas une Swatch, est-ce qu’on a raté sa vie ?

Pourtant, nous sommes aujourd’hui à la veille d’un nouveau changement de paradigme aussi important qu’au moment de l’arrivée du quartz. Au dernier Baselword (le salon mondial de l’horlogerie et de la bijouterie qui se tient chaque année à Bâle) auquel j’assistais en mars dernier, les grands horlogers évacuaient cette question. Pour eux, la récente chute catastrophique de leurs ventes n’est dûe qu’à la crise actuelle… En réalité, les jeunes générations consultent de moins en moins leur montre et de plus en plus leur téléphone mobile. Comme une belle montre, le smartphone donne l’heure, la date et fait office de baromètre/thermomètre. Comme elle, il est un accessoire de mode. Mais il fait aussi en plus agenda, appareil photo, se connecte à Internet et plein d’autres choses encore… 

 

Il y a un siècle, dans un monde qui passait à la vitesse supérieure, les conducteurs et les pilotes se sont mis à préférer porter les montres au poignet plutôt que dans une poche où elle finissait toujours pas s’égarer. Aujourd’hui, le téléphone suit le même chemin, il cherche sa place sur notre silhouette. Dans 10 ans, que porterons-nous au poignet ? L’horlogerie suisse a une nouvelle fois bien besoin d’un visionnaire comme Nicolas Hayek. 

Le retour du Martine Cover Generator, une chance pour Casterman !

Mardi 19 mai 2009

 

Le site potache Martine Cover Generator (qui permet de créer des titres fantaisistes sur les couvertures de vrais albums de l’héroïne des cours de récré) est de retour. Ou plutôt, de nouvelles versions miroirs ici ou là pour contourner l’ire des éditions Casterman qui l’avaient fait fermer il y a deux ans. Et qui n’ont toujours pas compris que l’engouement pour les couvertures détournées est une aubaine marketing pour eux ! 

 

Martine est une série de livres créée par Gilbert Delahaye et Marcel Marlier, publiée depuis 55 ans et tirée à plus de 80 millions d’exemplaires. Les éditions Casterman (propriété de Flammarion) veillent au respect des valeurs de la petite fille. C’est pourquoi leur intervention pour faire fermer le premier site Martine Cover Generator aurait pu se comprendre… au siècle dernier : la popularité de Martine vient de son charme innocent qui rassure les parents dont certains – selon l’éditeur – s’étaient émus que les titres eussent été détournés : Martine dénonce les sans-papiers, Martine attaque les tours jumelles ou encore (mon préféré) Martine tente un low-kick balayette etc. Malgré l’humour discutable de certaines de ces appellations, la réaction de Casterman est contre productive. 

 

En effet, l’image de Martine n’est pas vraiment menacée. Contrairement à certains détournements chez Disney – notamment des personnages dessinés dans des poses pornographiques -, les illustrations de Marlier sont respectées dans leur intégrité. Ce ne sont que les titres qui sont modifiés… et il faut donc savoir les lire pour en rire. Si ces couvertures détournées tombent sous les yeux d’enfants en bas âge, ils ne pourront donc pas s’en offusquer. De plus, le code source du Generator ayant été mis à disposition des internautes, pour un site que Casterman fera fermer, deux autres ouvriront. Les entreprises ont logiquement du mal à accepter la perte de contrôle sur leurs propriétés intellectuelles mais cette perte est un fait.

 

Si j’étais Casterman, je ne m’en lamenterais d’ailleurs pas : une marque qui vise les «pré-schools» les perd logiquement quand ces derniers grandissent. Peut-être redeviendront-ils fans plus tard quand ils voudront faire découvrir les héros de leur enfance à leurs propres bambins. Mais, avec les changements de modes de vie, rien ne le garantit. C’est pourquoi les marques dont les «adulescents» s’emparent (Petit Bateau, Nutella) – y compris pour les détourner – sont une bénédiction pour leurs propriétaires. Ils doivent accepter cette part d’irrévérence chez leurs fans. C’est le prix à payer pour que le lien ne se rompe pas. Car, comme l’écrivait le Martine Cover Generator original, on peut toujours utiliser l’alternatif «Hollywood Poster Generator (mais) rien ne pourra remplacer Martine» : si ça n’est pas de l’amour ! 

Et si les constructeurs auto s’inspiraient du business model des jeux vidéo ?

Lundi 18 mai 2009

 

Imaginer les transports du futur est un passe-temps plus que... centenaire !

Imaginer les transports du futur est un passe-temps plus que... centenaire !

 

De tous les bouleversements que connaît le secteur, il sortira peut-être un nouveau monde qui ne sera plus celui de l’automobile, mais celui de l’automobilité. Qu’est-ce que l’automobilité ? C’est l’idée qu’à l’avenir, la rente sera moins dans le hardware (l’auto) que dans le software (on le voit déjà avec… le carburant). Apple l’a compris qui vend des iPod et des iPhones mais aussi et surtout ensuite les téléchargement et les applis de l’Apple Store… Même chose avec Nespresso.  

 

Le vice-président d’Arthur D. Little, Henri de Bodinat, ne disait pas autre chose lors du dernier salon de l’automobile : «A l’avenir, il faudra que le véhicule devienne un écosystème, c’est-à-dire qu’il soit à la fois un produit et un service, et que les constructeurs captent les revenus de l’un et de l’autre (…) Dans ce modèle, le constructeur peut tout proposer : la carrosserie, la batterie, le système de rechargement, l’abonnement qui va avec etc.». 

 

En tout cas, dans un dossier très bien fait qui n’a a priori rien à voir puisque consacré à «la nouvelle dimension» des jeux vidéo, Laurent Calixte de Challenges s’intéressait récemment à la multitude de business models de ces derniers et à leur application à d’autres secteurs actuellement en crise. Le free to play : «Imaginez que Renault vous offre une Logan. Totalement dépouillée. Vous voulez un airbag ? C’est payant. Un toit ouvrant ? Payant». Le try before you buy : «Imaginez que la Logan vous soit prêtée deux mois. Après quoi, vous décidez de l’acheter ou de la rendre». Le streaming ? « imaginez que vous ne payiez votre Logan qu’en fonction du temps de conduite». Passionnant…

 

Après d’autres secteurs, celui de l’automobile doit se réinventer s’il ne veut pas être emporté, non pas seulement par la crise, mais par le vent de l’Histoire… C’est ce que ne traite pas du tout  – hélas – le récent plan gouvernemental. Nous aurons toujours besoin de nous déplacer mais les alternatives à la sacro-sainte voiture particulière existent et doivent inciter les constructeurs à changer de paradigme. Comme le disait Henri de Bodinat : à l’avenir, «on ne vendra plus une voiture mais de la mobilité individuelle». De l’automobilité, donc. Quel constructeur sera le premier à relever le défi ?

 

Pour Ikéa, la cause est entendue : l'automobile du futur est... un système de co-voiturage rendu public lors de la semaine du développement durable !

Pour Ikéa, la cause est entendue : l'automobile du futur est... un système de co-voiturage rendu public lors de la semaine du développement durable !