«Quand elle a une idée en tête, elle finit généralement sur celle d’un autre. Jehanne confectionne des chapeaux. Quand elle quitte la fac en 2005 pour se consacrer à sa passion, elle reprend tout à zéro. Difficile quand on débute d’obtenir les bons conseils pour créer son entreprise. A la Société Générale, nous avons fait confiance à sa détermination et l’avons aidée à concrétiser sa démarche artistique et commerciale. C’est ainsi que nous aidons chaque jour 120 entrepreneurs à démarrer leur activité.»
«Mais qui aide Jehanne ?» : c’est avec le joli portrait d’une modiste que la Société Générale nous interpelle dans sa nouvelle campagne, «On est là pour vous aider». Cinq autres «vrais clients» sont également mis en avant dans la presse comme Hugues («chef d’entreprise engagé dans des projets de développement durable que nous accompagnons depuis plus de 20 ans») ou Ali, un étudiant qui a besoin de financer sa thèse. Comme un effet miroir, les spots télé dressent eux le «portrait intime» de deux conseillers de la banque sur leur lieu de travail. L’effet recherché est évident, il s’agit pour la SG de revenir aux fondamentaux de la relation client/conseiller.
Cette campagne est censée être le point d’orgue d’un an de travail de la Société Générale pour remonter la pente après le scandale de l’affaire Kerviel. Pourquoi alors cette impression de décalage ? C’est qu’entre-temps, quelques annonces sont venues «brouiller» cette reconquête : la sébille tendue à l’État, l’affaire des bonus, celle des stock-options… N’en jetez plus !
L’angle choisi – les historiettes des clients et des conseillers – ressort du storytelling et à ce titre, je devrais être le premier à m’en réjouir ! Mais aucune campagne de communication ne peut faire l’impasse sur l’image dégradée de la banque qui est aujourd’hui la plus mauvaise parmi les grandes entreprises françaises… juste après Total (Baromètre Posternak-Margerit) ! Il faut d’abord travailler à rétablir le lien de confiance avant de donner la parole aux «vrais gens». Son agence de pub Saatchi & Saatchi a créé il y a près de 10 ans le concept des «lovemarks». Comment penser que Jehanne et ses jolis chapeaux suffiront à faire de la Société Générale une lovemark, une de ces entreprises qu’on aime au-delà de toute raison ?







