2009 avril | le blog du storytelling - Part 3

Archive pour avril 2009

Quand la Société Générale fait porter le chapeau à ses clients…

Mardi 7 avril 2009

 

«Quand elle a une idée en tête, elle finit généralement sur celle d’un autre. Jehanne confectionne des chapeaux. Quand elle quitte la fac en 2005 pour se consacrer à sa passion, elle reprend tout à zéro. Difficile quand on débute d’obtenir les bons conseils pour créer son entreprise. A la Société Générale, nous avons fait confiance à sa détermination et l’avons aidée à concrétiser sa démarche artistique et commerciale. C’est ainsi que nous aidons chaque jour 120 entrepreneurs à démarrer leur activité.»

 

«Mais qui aide Jehanne ?» : c’est avec le joli portrait d’une modiste que la Société Générale nous interpelle dans sa nouvelle campagne, «On est là pour vous aider». Cinq autres «vrais clients» sont également mis en avant dans la presse comme Hugues («chef d’entreprise engagé dans des projets de développement  durable que nous accompagnons depuis plus de 20 ans») ou Ali, un étudiant qui a besoin de financer sa thèse. Comme un effet miroir, les spots télé dressent eux le «portrait intime» de deux conseillers de la banque sur leur lieu de travail. L’effet recherché est évident, il s’agit pour la SG de revenir aux fondamentaux de la relation client/conseiller. 

 

Cette campagne est censée être le point d’orgue d’un an de travail de la Société Générale pour remonter la pente après le scandale de l’affaire Kerviel. Pourquoi alors cette impression de décalage ? C’est qu’entre-temps, quelques annonces sont venues «brouiller» cette reconquête : la sébille tendue à l’État, l’affaire des bonus, celle des stock-options… N’en jetez plus ! 

 

L’angle choisi – les historiettes des clients et des conseillers – ressort du storytelling et à ce titre, je devrais être le premier à m’en réjouir !  Mais aucune campagne de communication ne peut faire l’impasse sur l’image dégradée de la banque qui est aujourd’hui la plus mauvaise parmi les grandes entreprises françaises… juste après Total (Baromètre Posternak-Margerit) ! Il faut d’abord travailler à rétablir le lien de confiance avant de donner la parole aux «vrais gens». Son agence de pub Saatchi & Saatchi a créé il y a près de 10 ans le concept des «lovemarks». Comment penser que Jehanne et ses jolis chapeaux suffiront à faire de la Société Générale une lovemark, une de ces entreprises qu’on aime au-delà de toute raison ? 

Faut-il encore communiquer pendant la crise ?

Lundi 6 avril 2009

 

Faites entendre votre voix dans la tempête : communiquez !

Faites entendre votre voix dans la tempête : communiquez !

 

Question purement théorique bien sûr. Il faut communiquer… mais après tout, pourquoi ? Faire le gros dos et attendre des jours meilleurs ne peut-il constituer une stratégie de com ? Non et voici pourquoi :

 

Quelle est la meilleure stratégie en matière de communication pendant la crise ? Ainsi que l’a montré Patrick Barwise de la London Business School, les entreprises qui réussissent le mieux sur le long terme sont celles qui maintiennent leur budget de communication en période de récession alors que leurs concurrents baissent le leur. 

 

Lors du salon professionnel Ectasud auquel je participais récemment dans le Sud-Ouest, j’ai appris en échangeant avec des responsables politiques locaux que «on n’a pas besoin d’une campagne d’image à Toulouse, la nôtre est déjà très bonne» ! Grâce à quoi la ville rose, 4e métropole française, n’est que 25e pour l’accueil du tourisme récréationnel et d’affaires… 

 

Rappelons cette évidence : il ne faut pas avoir attendu la crise pour se poser la question de la communication. À l’inverse, la crise ne doit pas remettre en question la nécessité de la com. Récession ou pas, il faut toujours se faire entendre pour, au final, vendre plus et mieux. Les raisons fondamentales pour lesquelles une entreprise doit avoir une stratégie claire en matière marketing ne sont pas affectées par la crise.  

 

> Citroën réorganise son offre et sa gamme, sa façon de parler à ses clients, son identité (logo) etc. une opération prévue de longue date et qui ne peut être mise en péril par un discours plus modeste. La marque maintient donc à juste titre ses budgets.

 

 

Profitez de la crise pour prendre des parts de marché à vos concurrents !

 

Ce que la crise change en réalité, c’est le coût d’acquisition du client. Et, surprise, pas dans le sens qu’on pourrait croire d’instinct. Un autre expert (de la Harvard Business School), John Quelch, a en effet étudié la question pour conclure que «c’est quand vos concurrents réduisent leur budget pub qu’il faut accroître le vôtre. Vous gagnerez des parts de marché à un coût plus faible qu’en période de croissance». 

 

> C’est ce qu’a fait Apple qui a accru sa part de marché l’an dernier en augmentant ses dépenses de pub… et en profitant des déboires de Microsoft avec Vista. 

 

Maintenir ses dépenses pendant la récession permet enfin de rebondir plus vite et plus haut quand la reprise s’amorcera, alors que que ceux qui ont taillé dans leur budget mettront du temps à réamorcer la pompe (Barwise).

 

 

Quand un discours raisonné devient inaudible, que faire ?

 

Mais mais mais… nous sommes ici dans le domaine de la raison. Or, nous pouvons tous voir dans nos relations avec les annonceurs qu’ils ne sont pas prêts à entendre la voix de la raison, eux qui ne taillent pas seulement dans leur budget com mais aussi dans celui de la R&D, ce qui les handicapera encore plus à moyen terme. 

 

Parce qu’il croit que la puissance des émotions est supérieure à celle de la raison pour faire passer les messages, le storytelling ne doit pas se limiter au contenu des campagnes mais viser aussi le contenant, autrement dit la façon dont nous enveloppons nos suggestions, propals et autres recos pour nos annonceurs. Quels émotions, quels sentiments seront plus efficaces pour les convaincre ? 

 

Ce sera l’objet d’une autre histoire…

Droit de suite

Dimanche 5 avril 2009

 

Les mauvais storytellers

Quand la story dérape… Cette semaine, c’est au tour des ouvriers de Caterpillar de séquestrer les cadres (Libé), à celui des personnels de PPR de retenir leur patron (Libé) : c’est une spécialité bien française (Libé)… L’hallali sur Daniel Bouton continue, cette fois-ci à cause de sa retraite (L’Express) : quand la Société Générale en tirera-t-elle enfin les conséquences ?

> sur le blog : Société Générale ici, Total ici et

 

Obama

92% des français auraient peut-être voté Obama mais le président des Etats-Unis lui n’aime pas particulièrement l’Europe ni les Français (Le Figaro).

> sur le blog : Obama et le storytelling (les raisons de sa victoire ici et , sa femme, son chien, son discours inaugural).

 

Les petits Frenchies de l’animation à Hollywwod

La 3D n’est pas forcément le nouvel âge d’or de l’animation mais c’est assurément celui des animateurs… frenchies, très en vogue à Hollywood (Le Figaro). 

> sur le blog : les étudiants des Gobelins aux Oscars ici.

 

«Qu’y a-t-il dans un nom ?»

Éternelle question depuis Roméo et Juliette… Les cantines sont devenues des restaurants scolaires : est-ce que cela suffit ? (Le Monde). Et selon Challenges, Les Banques Populaires et Caisses d’Épargne cherchent  un nouveau nom. Elles ont fait plancher trois agences pour arriver à BPCE ou CEBP… Consternant, non ?

> sur le blog : comment le mot musical a remplacé celui de comédie musicale ici.

 

Tous à poil sur eBay !

Je suis heureux d’avoir ouvert le livre des enchères «originales» sur eBay avec mes heures de conseil. Depuis, un jeune chômeur s’est mis en vente. Cette semaine, c’était au tour du perchiste Romain Mesnil de chercher un sponsor par ce biais (CBNews) après avoir couru nu dans les rues de Paris. Et l’agence Pourquoi tu cours s’est carrément mise à prix 3 millions d’euros (ici). Petit détail : cette annonce est parue le… 1er avril…

> sur le site Sébastien Durand Conseil, soyez informés ici des mises aux enchères d’heures de conseil.

Le Cercle des paradoxes va débattre sur le « storytelling & communication interne »

Samedi 4 avril 2009

 

Créé en 2003 par l’ANDRH, le Cercle des Paradoxes est un espace de débat contradictoire qui interroge les DRH placés au coeur des «paradoxes» de l’entreprises ou de l’administration. «Ces rencontres mensuelles se veulent intelligemment iconoclastes : on y traite d’un sujet sensible, sur un ton professionnel mais décalé. L’humour est le bienvenu, mais pas la langue de bois !».

 

Son prochain débat aura lieu le mardi 14 avril de 18h30 à 20h30 à l’ANDRH, 91 rue de Miromesnil, 75008 Paris. Au programme :

 

STORYTELLING & COMMUNICATION INTERNE – ENTRE MARKETING & VERITÉ

 

Les intervenants seront :  

- Sébastien Durand, Conseil en communication et storytelling

- Gérard Groffe, DRH du Groupe STEF TFE

- Nicolas Masson, Associé, Pragma Etudes et Conseil

- Laurent Sabbah, Directeur de la Communication Interne – Club Med et membre de l’AFCI (Association Française de Communication Interne)

 

Le débat sera animé par Louis Dugas, ex vice-président de l’ANDRH

 

Le débat est réservé aux membres de l’ANDRH ou aux non membres mais exerçant dans une Direction Ressources Humaines.

 

Pour vous inscrire :
ici ou
tinyurl.com/c9yt86

Renseignements ANDRH : 01.56.88.18.28

Homer Simpson : le storytelling très web 2.0 de la SNCF

Vendredi 3 avril 2009

 

 

La taille de la cellule «communication de crise» de la SNCF est supérieure à celle de la totalité des équipes marketing et communication de bien des entreprises du CAC 40. Ce qui n’est pas étonnant : une journée normale, c’est une journée de crise quelque part : grève, suicide sur la voie, rupture de caténaire etc. Aujourd’hui par exemple, une série d’incidents électriques à la Gare du Nord affecte le trafic ferroviaire et des RER

 

 

Une fois n’est pas coutume : à l’occasion du 1er avril (et du fameux poisson), l’entreprise a choisi la thérapie du rire et une façon d’agir très web 2.0 (c’est-à-dire pour faire un peu pédant  : une communication horizontale et interactive, plutôt que descendante et unilatérale. Mais lisez la suite, je serai plus clair : )

 

Hier donc, les annonces faites dans les gares parisiennes ainsi que dans 8 villes de France ont été lues par… Homer Simpson. La SNCF a en effet demandé à Philippe Pethieu, le doubleur français du célèbre toon, de venir «perturber» un peu Simone, la voix officielle et suave qui annonce habituellement les départs, les arrivées et les retards. Alors que cette dernière lit les messages habituels, Homer intervient et délire, interpellant les voyageurs à quai… Après les premières réactions de surprise, d’incrédulité, la plupart des gens ont éclaté de rire ou au moins souri (en tout cas, à Toulouse Matabiau où je me trouvais). Il y avait bien quelques grincheux pour se demander si tout ça était fait avec nos impôts… mais Homer Simpson avait prévenu : «Attention aux ours sur le quai !». Le plus drôle sans doute, c’était de voir la tête du personnel en gare, visiblement pas plus au courant que nous, voyageurs.

 

Tout ça est très réussi mais en quoi est-ce très «2.0» comme je l’ai écrit plus haut ? Tout simplement parce que, avec cette opération, la SNCF a accédé à la demande d’un groupe Facebook intitulé «Pétition pour mettre la voix d’Homer comme annonces dans les gares». Créé fin 2008, il compte déjà plus de… 140.000 membres ! Ainsi qu’elle l’indique, l’entreprise qui «vit l’oreille en veille pour débusquer les rumeurs de la toile, voit monter le buzz et relève le défi». Et pour aller jusqu’au bout de la démarche, des vidéos des voyageurs filmés sur le vif seront prochainement postés sur son site.

 

On savait déjà la SNCF à l’affût des changements de comportement qu’induit l’ère Internet (je pense entre autres à Voyages-SNCF et à iDTGV). Cette opération la montre en plus très réactive au buzz des internautes. Maintenant, si en plus, elle pouvait faire arriver les trains à l’heure, ce serait carrément un monde 3.0…

 

Remède anti-crise 2 : la smilette

Jeudi 2 avril 2009

 

 

remède n°2 : l'humour

remède n°2 : l'humour

Quand le CB News consacré aux remèdes des agences contre la crise de foi est paru (celui qui parle de mon initiative de vente d’heures de conseil sur eBay), sa couverture m’a amusé : un Smiley qui se force à sourire, l’idée est efficace. Mais elle m’en rappelait une autre… que j’ai fini par retrouver.

 

Voici donc un dessin extrait de Ballyhoo, un magazine satirique né aux États-Unis à la suite de la Grande Dépression de 1929 (et qui a servi de modèle aux Adbusters et autres Casseurs de Pub modernes). Il mettait côte à côte des vraies «réclames» et des pastiches souvent féroces. Témoin, cette Smilette : afin d’éviter de se faire arrêter par la police pour délit de sinistrose, Ballyhoo recommandait le port d’un double crochet fixé aux commissures des lèvres. Optimise et sourire inoxydable garantis !

 

 Ca va de mal en pire / Il faut pourtant sourire / Et savoir Dire Non / À la Dépression

Ca va de mal en pire / Il faut pourtant sourire / Et savoir Dire Non / À la Dépression

Peut-être un remède à la crise aussi efficace que le pot de Nutella dont je parlais hier…

Remède anti-crise 1 : le Nutella

Mercredi 1 avril 2009

 

Remède n°1 : le cocooning régressif

Remède n°1 : le cocooning régressif

A une époque dure pour les grandes marques alimentaires et où les MDD (marques de distributeurs) représentent désormais plus de 40% des ventes dans les grandes surfaces, le succès de Nutella ne se dément pas. «Cent fois copiée, (la pâte à tartiner de Ferrero) continue d’être très présente dans les rayons des magasins» même en étant la pus chère du rayon ! Outre ses valeurs gustatives, elle incarne aussi des valeurs morales et familiales, celles précisément qui nous servent de refuge en temps de crise. 

 

 

C’est pourquoi la récente découverte d’un pot de Nutella contenant une bombe (factice) dans un Intermarché breton n’a déclenché aucun mouvement de panique contrairement à d’autres affaires. L’affection pour la marque est trop forte pour être durablement atteinte par un tel incident…