A Vaux-le-Vicomte, les visiteurs peuvent entrer dans la story | le blog du storytelling

A Vaux-le-Vicomte, les visiteurs peuvent entrer dans la story

 

Une récente visite à Vaux-le-Vicomte pour voir l’expo Grandeur et infortune de Nicolas Fouquet m’a rappelé combien le storytelling était important pour ce château. Hier comme aujourd’hui…

 

«Quo non ascendet ?» («Jusqu’où ne s’élèvera-t-il pas ?» devise de Fouquet) 

Surintendant des finances pendant la minorité de Louis XIV, Nicolas Fouquet s’enrichit considérablement à ce poste. Protecteur des arts, il fait bâtir Vaux-le-Vicomte, destiné à sa propre gloire, et engage l’architecte Le Vau, le décorateur Le Brun et le paysagiste Le Nôtre : tout le futur Versailles est déjà en germe dans ce château d’apparât. Tout y est mis en scène, tout raconte le bon goût… et la puissance du propriétaire. A tel point que Louis XIV n’a jamais supporté qu’un de ses sujets parût plus riche que lui… A l’issue d’une fête somptuaire où il avait invité la cour, au moment du plus grand feu d’artifice jamais tiré jusqu’alors, le sort de Fouquet est scellé. Comme l’écrit Voltaire «A six heures du soir, Fouquet était le roi de France : à deux heures du matin, il n’était plus rien». Peu après, il est arrêté et à l’issue d’un procès inique, il est envoyé au bagne de Pignerol où il mettra 15 ans à mourir. Et Louis XIV reprendra à son service tous les artistes et artisans qui avaient travaillé à la gloire de son surintendant afin d’oeuvrer désormais à la sienne. 

 

Chaque visiteur est le héros de sa propre histoire

En 1875, Vaux-le-Vicomte, vide et abandonné, est vendu aux enchères publiques et acheté par un riche amateur, Alfred Sommier, qui s’attache à le remeubler et à recréer les jardins disparus. Ce sont ses descendants directs, Patrice et Cristina de Vogüé qui le possèdent toujours. Confrontés comme tous les châtelains à la nécessité de le faire vivre et de l’entretenir, ses actuels propriétaires ont su intelligemment jouer sur cet aspect «mise en scène» qu’il a depuis ses origines. Vaux apparaît bien sûr comme décor dans de nombreux films historiques et dans des publicités et il a servi de cadre au mariage très médiatique de Tony Parker et Eva Longoria. Mais au-delà, il fait surtout de ses visiteurs les héros de l’histoire : visites aux chandelles en soirée, costumes d’époque loués aux enfants etc. Pour 5 €, on a même la possibilité de repartir avec une vieille ardoise de la toiture, datant de 1875, tandis qu’on peut participer à la restauration en faisant graver son nom sur une nouvelle ardoise : «un geste pour 200 ans !» 

Si ce n’est pas de l’Histoire, c’est du storyteling !

 

 

 

> Un bémol : l’expo sur Fouquet est ouverte depuis le 14 mars et fait l’objet d’un affichage dans le métro parisien. Pourtant, certaines salles qui doivent l’accueillir sont encore indiquées comme «en cours d’aménagement» – c’est-à-dire vides ! 

 

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>  Le plus du blog du storytelling : En 1997, pour ses 5 ans, Disneyland Paris proposait déjà à ses fans d’acheter le chemin de briques conduisant des grilles des jardins Fantasia jusqu’aux portes du parc. Chacun pouvait alors faire graver son nom ou celui d’un proche et la date de son choix sur chaque pierre et «posséder» ainsi un bout de Disneyland. Nul doute que cette initiative a inspiré celle de Vaux-le-Vicomte, situé à proximité du parc de Marne-la-Vallée…



Un commentaire sur “A Vaux-le-Vicomte, les visiteurs peuvent entrer dans la story”

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