Métrobus et la loi anti-tabac : une drôle d’histoire… | le blog du storytelling le blog du storytelling

Métrobus et la loi anti-tabac : une drôle d’histoire…

 

L'affiche censurée par Métrobus

L'affiche censurée par Métrobus

Après la pipe de Tati, la cigarette de Coco ? La vague récente de censure des affiches par Métrobus, la régie publicitaire de la RATP, illustre-t-elle vraiment les dérives du politiquement correct ? Et si la story que nous raconte cette polémique était plus tordue que ça ?

 

Métrobus a refusé le projet d’affiche de l’expo Jacques Tati à la cinémathèque au prétexte que cette dernière servirait de campagne promotionnelle pour l’industrie du tabac. La pipe de Monsieur Hulot a donc été remplacée par un moulin à vent. Puis, c’est l’affiche de Coco avant Chanel qui est refusée, Audrey Tautou tenant une cigarette… Même Claude Évin a dû monter au créneau pour protester contre une interprétation aussi rigoureuse de sa loi. 

 

Dans le cas de Coco, la Rédaction du Post se demande si tout ça ne sert pas au final le buzz du film (qui en aurait un peu besoin). Pour ma part, je formule une autre hypothèse, celle que toute cette histoire est assez en ligne avec les intérêts de… l’industrie du tabac. Car, en vérité, à qui profite le «crime» ? Je ne suis pas fumeur, je n’aime pas les fumeurs, et mes amis sont plutôt comme moi. Or, personne d’entre nous n’aurait l’idée saugrenue de soutenir la censure d’affiches de Sartre hier, de Chanel aujourd’hui. Leur utilisation qui d’une pipe qui d’un cigare qui d’une cigarette appartient à l’histoire, voire constitue un manifeste artistique qu’il convient de respecter. La vente libre du tabac fait plus de mal aux jeunes que la présence d’une pipe (que par ailleurs il n’allumait jamais !) sur l’affiche d’une expo consacrée à Jacques Tati… 

 

En faisant preuve d’autant de zèle, Métrobus ne chercherait-elle pas à faire pression en faveur d’un assouplissement de la loi ? «Tant que la notion de publicité indirecte n’est pas éclaircie, nous sommes obligés d’être prudents. (…) Il faudrait réinterpréter la législation». Est-ce un hasard si l’ARPP (l’autorité de régulation de la publicité) vient à son tour de prendre position en ce sens ? «La loi Evin peut conduire à des excès et contrevenir à d’autres principes tels que le respect de la personne, de la propriété intellectuelle et artistique» (cité par CBNews). Et si, au bout du compte, la loi est assouplie… qui s’y engouffrera ? 

Entre les intérêts de Métrobus, de l’ARPP et ceux des industriels du tabac, la frontière me semble aussi mince qu’une feuille de papier à cigarette !

L'affiche que vous ne verrez pas dans le métro

L'affiche que vous ne verrez pas dans le métro

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