« Parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intéresse »… | le blog du storytelling le blog du storytelling

« Parlez-moi de moi, y’a que ça qui m’intéresse »…

 

"Parlez-moi de moi" : paroles et musique de Guy Béart (1980)

"Parlez-moi de moi" : paroles et musique de Guy Béart (1980)

« …Parlez-moi de moi, y’a que ça qui me donne de l’émoi » chantait Jeanne Moreau. Et elle énonçait là une des vérités profondes du storytelling.

Je reçois régulièrement de la part d’étudiants des demandes d’information sur le storytelling ou des demandes de stage, telle celle-ci arrivée l’autre jour :

 

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Monsieur Durand,

Je suis actuellement étudiante en première année de XXXXX à XXXXX. Dans le cadre de ma formation je dois réaliser un stage d’une durée de 3 à 6 mois a compter du mois d’avril. C’est pourquoi je me permets de vous contacter afin de vous soumettre ma candidature. (…)

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Le tout était accompagné d’un CV et d’une lettre de référence. Or, que retiens-je de ce mail ?

 

1/ Cette jeune fille ne me dit pas pourquoi elle s’adresse à moi : est-elle passionnée par le storytelling ? a-t-elle lu un article sur mon opération eBay ? a-t-elle eu vent dans la presse locale de ma récente installation à Toulouse ?

> J’en retire l’impression qu’elle a juste mis mon nom en haut du même mail qu’elle a envoyé à de nombreuses autres entreprises.

 

2/ Elle ne me dit pas ce qu’elle peut m’apporter, de quelles compétences elle pourrait me faire bénéficier. En fait, elle ne parle que d’elle dans ce mail. Son stage devant être effectué à partir d’avril, il y a sans doute urgence pour elle à le trouver.

> C’est à moi de faire tout le travail en lisant son CV (ce que j’ai quand même fait car je suis un garçon bien élevé).

 

Je n’en veux évidemment pas à l’émettrice de ce mail, je ne suis pas sûr qu’à son âge je me serais mieux «vendu». Et par ailleurs, je reçois aussi des propositions de collaboration de consultants et de professionnels de la com blanchis sous le harnais qui ne sont pas mieux argumentées. Cordonnier est souvent le plus mal chaussé, c’est bien connu…

 

Je voudrais donc rappeler ici que la démarche storytelling que j’ai déjà décrite à maintes reprises fonctionne aussi pour un mail de sollicitation :

 

1 – capter l’attention de votre interlocuteur en lui parlant de lui;

2 – indiquer ce que vous pouvez lui apporter, comment vous enrichirez sa story : donnez-lui envie de vous embaucher;

3 – et, mais seulement à la fin, donnez les arguments raisonnés de votre demande.

 

Je voudrais terminer avec un contre-exemple, dût la modestie de la personne concernée en souffrir quelque peu. Camille Jung est lui aussi étudiant. Les premiers messages qu’il m’a adressés – il y a un an – concernaient des questions ou des commentaires sur le storytelling, sujet qui l’intéresse particulièrement. Quand il m’a dit qu’il cherchait un stage, il m’a aussi proposé de travailler sur le référencement du blog dont il pensait qu’il était optimisable. Il m’a d’ailleurs adressé par la suite un document sur les actions que je pouvais entreprendre à ce sujet. 

 

En ce moment, je ne suis pas en recherche de stagiaire. Mais si j’avais le choix, qui croyez-vous que je prendrais (indépendamment du fait qu’entre temps, j’en sois venu à considérer Camille comme un ami) ?

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