Olivier Besancenot, le fear facteur ? | le blog du storytelling

Olivier Besancenot, le fear facteur ?

 

Le poing levé pour le grand soir du storytelling ?

Le poing levé pour le grand soir du storytelling ?

Qu’on pense comme deux tiers des Français qu’Olivier Besancenot est sympathique ou, comme l’auteur de ce post, qu’il est «l’homme sans solutions» (titre du dossier de couverture que lui consacre Challenges), cet article n’a pas pour objet de critiquer ses idées ni même de prétendre réduire le Nouveau Parti Anticapitaliste à son leader maximo mais de porter un regard de communicant sur la popularité de ce dernier. Au-delà de ses positions politiques, quels sont les autres facteurs (!) de sa success story ?

 

 

L’èthos, le logos et le pathos : figures traditionnelles de la rhétorique

 

Selon son attaché de presse, «Olivier Besancenot travaille à 70%, assurant ses tournées à vélo du mercredi au samedi». On sait que Nicolas Sarkozy ne parle pas d’être président mais de faire président, comme on choisit une profession. Quand «homme politique» est devenu un métier, la séparation a été consommée avec le monde du travail. C’est bien sûr démagogique, la vie de la cité peut (doit ?) occuper à plein temps mais quand des politiques de profession découvrent que dans le métro, il fait chaud (Balladur) ou qu’ils confondent francs et euros pour payer leur baguette de pain (Jospin), ils accréditent cette idée qu’ils ne vivent pas dans notre monde, Besancenot lui, oui. Et il connaît le prix des timbres !

 

Le jeune homme a le sens de la formule qui fait mouche… même si l’on crédite souvent l’un de ses conseillers, Pierre-François Grondi (prof d’histoire et géographie dans le 9-3 et à ce titre bien en prise en prise lui aussi avec le réel) d’avoir inventé le slogan «Nos vies valent plus que leurs profits». En termes de discours storytelling, c’est un modèle : il interpelle (le «nous contre eux» est un des ressorts de la communication de cohésion), il provoque l’empathie (qui n’est pas d’accord ?) et donne envie d’en savoir plus (pour plus d’infos, contactez votre révolutionnaire le plus proche). C’est sûr qu’après ça, «Ensemble tout est possible» ou «Changer la vie» («changer d’avis» ?), c’est un peu tiédasse…

 

Pour autant, un homme politique ne ne saurait se perdre dans le détail, le quotidien, il doit indiquer la voie, ouvrir un horizon. Et Olivier Besancenot le sait bien qui attribue lui-même une part de son succès au fait qu’il «assume une part d’utopie car la gauche ne nous fait plus rêver».

 

 

Miroir, mon beau miroir

 

On peut se construire une posture contre les médias (Le Pen pendant une partie de sa carrière, François Bayrou pendant la présidentielle…) mais il est plus facile d’agir avec eux. Et de ce point de vue là, le facteur de Neuilly n’a pas à se plaindre. Ainsi que le souligne l’hebdomadaire centriste Marianne dans sa dernière édition papier, il est même très bien servi sur… TF1 ou dans le Figaro. C’est que pour le président de la République, il permet la division de la gauche (comme Mitterrand a été en son temps accusé d’avoir instrumentalisé la montée de l’extrême droite) et illustre la figure de «l’idiot utile», ce concept léniniste (ou anti-léniniste on ne sait pas très bien).

 

Enfin, n’oublions ni son âge ni son minois. Les hommes l’auraient bien pour meilleur pote, les femmes le trouvent beau gosse. Quoi, vous pensiez encore qu’on fait de la politique avec des idées (ce n’est pas faux mais enfin, ça ne suffit pas) ? Face aux révolutionnaires habituels qui ont toujours eu l’air vieux (Alain Krivine, Arlette Laguiller…), Olivier Besancenot semble parti pour rester jeune longtemps.



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