Ce n’est sans doute qu’un détail mais il est révélateur… Libération ayant annoncé un cahier spécial de “huit pages cousues main par Paul Smith” et ce dernier étant mon créateur favori, j’ai bravé la tempête qui sévit sur le Sud-Ouest pour aller l’acheter car cette partie du quotidien n’est pas accessible en ligne.
Le cahier est très intéressant et Sir Paul délivre de délicieux aphorismes mais quelle déception de lire dans le “making of” les phrases suivantes : « Le premier jour où il est venu dans nos locaux, Paul Smith avait un cadeau : un T-shirt Paul Smith/Libération. Ce collector a ensuite été tiré à cent exemplaires que nous avons décidé d’offrir ce samedi aux plus matinaux de nos lecteurs parisiens« .
Oui, “parisiens” ! Alors quoi, on sent le pâté en région ou, plus sûrement, le cassoulet à Toulouse ? Il ne devait pas être impossible de faire un concours, un tirage au sort, un « 100 premiers appels » etc. Mais non, c’est tellement plus simple – plus paresseux aussi – de faire plaisir à ceux qu’on croise en bas des bureaux de la rédaction, dans la ville capitale et qui vit toujours dans son splendide isolement…
Puis-je révéler ce secret ? A Toulouse, on peut aussi s’habiller en Paul Smith et accessoirement lire Libé… qui dispose par ailleurs d’une page locale sur Internet (LibéToulouse.fr) mais ce qui est bien assez bon pour le web ne l’est pas forcément pour la version papier…
La presse nationale est très préoccupée de la crise qui la traverse. Mais tant qu’elle continuera à se regarder le nombril à Paris, je ne vois pas pourquoi je devrais lui verser mon écot quotidien…
> Dans le cahier central qui lui est consacré, Paul Smith donne ses conseils culturels et recommande l’expo Robert Franck au musée du Jeu de Paume « s’il pleut ce week-end et que vous êtes à Paris« . Lui au moins n’a pas l’air de prendre cela pour une évidence…