janvier, 2009 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Archive pour janvier 2009

Pas top le service chez Dior !

Vendredi 30 janvier 2009

 

baby-diorAfin de fêter la venue au monde de ma nièce Anaelle le 31 décembre dernier, je suis passé à la boutique Baby Dior de l’avenue Montaigne à Paris. Pour son frère Antonin né il y a 3 ans, j’avais acheté un petit ours blanc en peluche. Cette fois, la vendeuse, charmante, me propose un lapin en peluche, ou plutôt en véritable chinchilla ! Devant ma réaction dégoûtée (“Non, je ne vais pas offrir un jouet en peau de bête morte !”), elle insiste maladroitement sur le succès de cette dépouille auprès des clients plutôt que de passer tout de suite à autre chose… 

 

Elle me montre ensuite une adorable boîte à musique représentant des jouets en peluche sur des fauteuils Louis XVI gris souris (le mobilier type de chez Dior). Bien que cela soit susceptible d’enchanter la maman plus que le bébé, je suis prêt à me laisser tenter. Mais quand je lui demande quelle musique joue cette petite boîte, elle avoue en riant qu’“on (le lui) a dit mais (elle l’a) oublié”. A 100 euros l’objet, elle ne propose même pas d’aller se renseigner…

 

Je fixe enfin mon choix sur une paire de doudous, façon manga, très amusants. Elle me demande alors d’aller payer à la boutique d’à coté – Dior Enfant – pendant qu’elle prépare mon paquet cadeau ! Les deux boutiques ne communiquent même pas entre elles, il faut passer par la rue. Et au moment de franchir le seuil, elle me lance un chaleureux : “A toute !”.

 

Que dit cette attitude nonchalante, trop familière, de la story de la Maison Dior ? Et à l’inverse, pour être déjà allé dans la grande boutique de l’avenue Montaigne, celle qui habille les adultes, quelle histoire racontent ces vendeurs (-euses) qui vous toisent de haut, compassés, semblant hésiter à vous servir comme si vous n’aviez pas le look qu’il faut ? Plutôt que de faire venir à lui vêtements et accessoires, Bernard Arnault devrait de temps en temps descendre de son bureau situé à quelques pas de là pour tester lui-même la qualité de service de sa griffe fétiche. 

 

Je suis admiratif de la story du fondateur Christian Dior, inventeur du New Look en 1947, et de la renaissance qu’ont apporté à cette marque John Galliano pour la femme (avec une bonne connaissance de l’histoire de la maison) et Hedi Slimane pour l’homme (parti en 2007). Sur le site Dior, on peut choisir entre les rubriques mode & accessoires, parfums et beauté, et enfin résultats financiers. Ce n’est que sur le sous-site financier qu’on trouve un historique étique de la marque… Ceci explique peut-être cela…

Incredible India, really !

Mercredi 28 janvier 2009

 

L’Inde a lancé il y a quelques années une campagne de publicité, Incredible India, réputée être la plus chère de toute l’histoire du tourisme. A ma grande suprise et en dépit des récents attentats de Bombay, elle continue comme si de rien n’était comme j’ai pu le constater le week-end dernier dans The Economist avec de superbes visuels totalement déconnectés des craintes des voyageurs potentiels…

 

Pendant la terrible semaine, j’ai appelé en catastrophe un ami qui traversait le nord de l’Inde (le Rajasthan à majorité musulmane) et qui m’a dit qu’il n’y sentait aucune hostilité. Et j’ai appris (via mon Twitter) à une autre connaissance qui se promenait depuis deux jours dans les rues de Bombay ce qu’il s’y passait ! Elle ne logeait pas dans un palace, ne regardait pas la télévision et personne ne lui avait rien dit (Voilà qui ferait une belle story) ! Le message est clair : aussi dramatiques que les événements aient pu être, ils ne reflètent pas le point de vue de l’Indien de la rue vis-à-vis des étrangers ni l’expérience vécue par ces derniers y compris le mois dernier. Pourquoi n’est-ce pas là le message du ministère du tourisme de New Delhi ? 

 

Certes, après avoir investi autant de millions de dollars dans un slogan sensé vanter les mérites d’un nouveau géant économique, touristique et culturel, on ne doit pas abandonner un effort qui ne peut payer que sur le long terme. Il n’en va pas de même pour les visuels et le texte.

 

 

Ce qu’il faudrait faire…

 

Des attentats ont eu lieu à Paris, Londres ou New York qui n’ont pas affecté durablement les flux touristiques. En revanche, dans l’imaginaire occidental, les pays en développement comme l’Egypte et l’Inde restent “suspects” a priori au mieux d’incompétence devant les terroristes, au pire d’une certaine complaisance. Ce sentiment n’est pas dénué d’une certaine forme de pensée colonialiste mais c’est un fait. Rassurer les touristes devrait donc être une priorité. Et rassurer, ce n’est pas nier le problème, c’est  l’intégrer et montrer qu’on a pris les mesures déquates. Cela commence par une présence sécuritaire visible et “exhibée” dans les médias et cela se complète avec un renforcement de la communication.

 

> Il faudrait donc une campagne de “testimonials” : des témoignages de visiteurs exprimant leur confiance et le sens de l’hospitalité qu’ils ont éprouvé même pendant les attentats et des témoignages d’Indiens rappelant à quel point ils sont heureux et fiers d’être devenus une destination touristique de première ampleur. 

 

La communication de crise, c’est un métier que les autorités du tourisme indien ne semblent pas pratiquer… Incredible India!

Comment les PME de Midi-Pyrénées voient la crise… et la com en 2009

Mardi 27 janvier 2009

 

ObjectifNews, le nouveau magazine de “toute l’éco qui bouge en Midi-Pyrénées”, organisait le 22 janvier dernier à l’hippodrome de Toulouse son premier After Work permettant aux professionnels de rencontrer une demi-douzaine de patrons que le premier numéro avait choisi de mettre en avant parce qu’il font bouger l’économie régionale (liste des présents en fin d’article). Voici en quelques lignes ce que j’ai retenu des 90 mn du débat et qui présentait un intérêt pour les communicants… et les storytellers même si vous n’êtes pas à Toulouse !

 

 

I – La crise frappe tout le monde

 

Lorsqu’on interroge les patrons présents, ils semblent appartenir à deux sortes d’entreprises : celles qui sont déjà affectées par la crise… et celles qui vont l’être mais ne veulent pas l’avouer (il y a peut-être une troisième catégorie, celles qui seront vraiment épargnées mais cela reste à démontrer…). En effet, à part celles – rares – qui avouient déjà être en phase de réduction d’effectifs, la plupart affirment d’abord ne pas voir arriver le ralentissement de leur activité… avant de concéder en cours de débat qu’elles sont sur des cycles longs de commandes. N’engrangeant pas de nouveaux clients en ce moment, l’atterrissage risque bien de se faire à un moment ou à un autre. Je trouve toujours cette langue de bois un peu dépassée mais je ne m’en formalise pas. 

> Le principal est de se prémunir contre la crise, qu’on le dise ou pas. Et de ce côté là, toutes sont à l’affût, en particulier d’alliances. La crise accélère les concentrations : à plusieurs on résiste mieux.

 

 

2 – Fidéliser les clients en portefeuille plutôt que d’en recruter de nouveaux

 

Qu’elles soient sur du B2C ou sur du B2Be (je pense que ces termes n’ont plus besoin d’êtres expliqués, non ? Si oui, laissez-moi un commentaire), les entreprises constatent toutesun changement de comportement de leur clientèle : elle en veut plus ou en tout cas autant… mais pour moins cher. Convenant que garder les clients en portefeuille est plus facile que d’en trouver de nouveaux en ce moment, la plupart des intervenants sont prêts à sacrifier un peu leur marge. 

> Pour faire une analogie avec la grande distribution, on pourrait dire qu’en prévision de la crise, les clients étaient déjà passés des grandes marques aux marques de distributeurs. Maintenant que la crise est à, ils sont carrément en train de passer aux marques low cost !

 

 

3 – Des effets positifs sur le management des équipes

 

Le seul domaine dans lequel la crise semble avoir un effet “positif” (si l’on ose dire) est en matière de management des équipes. Certains avouent ainsi avec un peu de cynisme qu’elle modère les revendications sociales. Un chef d’entreprise l’a dit : “Je trouve que c’est plus compliqué à l’extérieur en ce moment mais question management, c’est beaucoup plus simple qu’avant”. En ce moment, avoir un job, disposer d’un environnement de travail agréable et pouvoir bénéficier d’une bonne formation, tout cela vaut de l’or…

Dans les temps difficiles, les PME retrouvent pour certains salariés une attractivité supérieure aux grandes sociétés parce qu’elles sont à taille humaine et que l’humain revient au centre des préoccupations.

 

 

4 – Une crise des liquidités

 

S’il y a bien une crise qui se fait sentir en ce moment, c’est celle des liquidités. Les entreprises innovantes parviennent encore à lever du capital risque (et encore, les tours de table sont plus difficiles à boucler). Mais  les autres ont affaire à des banquiers qui, pressés par le gouvernement, prétendent qu’ils n’ont jamais autant prêté d’argent… sauf que personne n’en voit la couleur ni ne connaît de patron qui bénéficierait de cette manne bancaire… 

> Pourtant les banques ne peuvent demeurer éternellement frileuses : pour gagner de l’argent, il leur faut en prêter. Si elles continuent à le thésauriser, elles vont droit dans le mur.

 

 

5 – Moins de budget pour la com

 

Sans surprise donc à cause de cette crise de liquidités, le budget dans lequel tous avouent tailler en premier, c’est la communication ! Parfois, la remise en cause est salutaire et donne lieu à des transferts : moins de pub mais plus d’investissements dans la communication digitale etc. Parfois hélas, c’est juste du budget en moins pour couvrir des dépenses jugées plus urgentes. 

> Pourtant, plusieurs de ces entreprises sont conscientes que la communication jouera un rôle crucial pour tenir dans la tempête et pour la reprise ultérieure. Certaines ont même des besoins urgents  : changer d’identité pour se relancer, trouver des collaborateurs sur des marchés difficiles… mais ne savent pas comment s’y prendre;

 

 

En résumé

 

On le voit donc, la crise est déjà bien là, plus profonde que le discours officiel sur la “croissance négative” et autres (mauvaises) trouvailles de com ne le prétendent. En même temps, elle présente des opportunités et peut contribuer à rebattre les cartes. Il y a des opportunités à saisir et comme le disait un des intervenants “de nouvelles success stories à écrire”. 

 

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Les intervenants du débat : le groupe laitier coopératif 3A, le leader français de la garde d’enfants à domicile Family Sphere, le spécialiste des interfaces humains-machinesIntuilab, celui du traitement de l’image numérique Magellium, le nouveau réseau social pour mobiles Goojet, la société de luminaires SCE et le nouveau venu dans le paysage médiatique local Toulouse FM. Le débat était modéré par Jean-Christophe Tortora, le directeur de la rédaction, et Emmanuelle Durand-Rodriguez, rédactrice en chef d’ObjectifNews.

 

Comment la Société Générale a remonté la pente

Lundi 26 janvier 2009

 

 

La Société Générale est en forme et entre en 2009 avec le maximum de muscles” déclare son directeur général Frédéric Oudéa. Elle devrait afficher un solide bénéfice de 2,5 milliards d’euros (certes, inférieur de moitié à celui de 2006 mais cela reste une belle performance dans le contexte actuel) et un nombre de clients supérieur à celui d’avant l’affaire Kerviel. Un an après le déclenchement d’un scandale dont elle aurait pu ne pas se relever, , comment la banque a-t-elle réussi son come-back ? En voici la story en 5 actes…
 

 

 

Acte 1 – Changer les protagonistes 

 

Quand une “franchise” comme James Bond s’effiloche, on change d’acteur. Daniel Bouton n’est certes pas Pierce Brosnan ni Frédéric Oudéa Daniel Craig mais la formule reste efficace ! Pourtant, au début de la crise, le président de la République déclare que “quand on a une forte rémunération, on ne peut pas s’exonérer des responsabilités”… sans être entendu du conseil d’administration qui renouvelle au contraire sa confiance à l’équipe dirigeante. Drapé dans sa dignité, Daniel Bouton exerce comme si de rien n’était ses stock-options pour près de 4 millions d’euros. C’en est trop pour l’opinion. “On ne peut pas dire ‘je vais être payé 7 millions par an’ et quand il y a un problème, dire ‘c’est pas moi’. Ca, non, je ne l’accepte pas” martèle Nicolas Sarkozy. Cette fois le message est entendu. Le poste de PDG est scindé en deux, Bouton restant président mais privé de fonctions opérationnelles et Oudéa devenant directeur général. Au final, les principaux responsables (mais pas “coupables” selon la terrible terminologie) n’ont pas vraiment payé et Jean-Pierre Mustier, patron de la banque d’investissements et à ce titre celui de Kerviel, est même toujours à la tête… des gestions d’actifs ! Mais la nomination de Frédéric Oudéa, jeune (45 ans), sympa et pas arrogant pour deux sous apparaît comme l’exacte antithèse de son prédécesseur et constitue à cet égard un coup de maître. D’ailleurs, peu de journalistes sont assez “mal élevés” pour lui rappeler qu’il était au moment du scandale… directeur financier de l’entreprise !

 

 

Acte 2 – Une intrigue simple : nous contre eux tous !

 

L’un des effets secondaires des pressions élyséennes a été de mobiliser les équipes en interne. C’est un cas classique en communication : pour souder les troupes, on bâtit une story du “nous contre eux” ! Même la CGT a pris la défense du PDG, c’est dire !  Pendant toute la crise, la communication interne a été renforcée. Tous les matins, un “conference call” réunissait les dirigeants régionaux de la banque, chargés dans la foulée de distribuer des kits de questions-réponses aux chargés de clientèle, kits réactualisés au quotidien. Grâce à cette mobilisation qui a fait d’eux de vais ambassadeurs disposant des bons messages, la fuite des premiers clients a été assez vite enrayée. Puis la Générale a même réussi à en attirer de nouveaux : (100 000 clients auraient ainsi été gagnés en 2008) !

 

 

Acte 3 – Jouer la carte de la lassitude

 

David Kerviel contre Goliath SocGen : le combat n’est pas aussi inégal qu’il pourrait sembler car, d’une part on sait que c’est David qui a vaincu Goliath, et d’autre part l’opinion est toujours du côté du petit. Dans un pays qui porte aux nues ceux qui fraudent le fisc, tout voleur de banque est un robin des bois potentiel ! Considérant ces faits, la banque a donc décidé de porter l’affrontement sur un autre terrain, beaucoup plus technique. Elle multiplie ainsi les communications volontairement embrouillées. Mission réussie : en jouant procédure sur procédure, en truffant ses explications de termes anglo-saxons barbares, d’explications qui n’en sont pas sur les mécanismes financiers complexes, elle est en train de réussir à lasser un public dont l’attention a par ailleurs besoin de se fixer régulièrement sur de nouveaux sujets. Elle a commencé ce jeu dès le début : en additionnant aux 4,9 milliards d’euros Kerviel près de 2 milliards d’autres dûs aux subprimes (plus tard, pour faire bonne mesure, elle ajoutera encore 600 millions, histoire de bien charger la barque) qui n’avaient rien à voir, elle cherche à faire oublier Goliath pour se faire passer pour Hercule luttant contre l’hydre de Lerne. Epargnants, un héros lutte contre le monstre à multiples têtes pour défendre vos économies !

 

 

Acte 4 – Une incompétence paradoxalement rassurante

 

De fait, il y a deux types de scandales financiers. Ceux où les institutions sont victimes d’escrocs ayant agi seuls comme Bernard Madoff ; et ceux où elles nourrissent en leur sein des traders géniaux qu’elles encouragent tant qu’ils lui font gagner beaucoup d’argent mais qui finissent par péter les plombs, tel Nick Leeson à la Barings. Bien entendu, la Société Générale préférerait nous convaincre que Jérôme Kerviel appartient à la première catégorie (tandis que la défense du jeune homme joue la seconde carte). On connaît le mot malheureux d’Arnaud Lagardère selon lequel il vaut mieux passer pour incompétent – ce qui serait le cas ici puisque les contrôles de la banque ont lamentablement failli – que pour malhonnête. Et comme en France, outre que la puissance publique ne sanctionne pas l’incompétence, on sait aussi qu’elle  viendra toujours au secours des banques et n’en laissera aucune faire faillite. Cette confiance dans le système – même mal géré – joue un rôle capital dans le fait que la SocGen n’a pas perdu de clients au profit de ses concurrents : “De toute façon, ils sont tous pareils” peut-on entendre au Café du Commerce… 

 

 

Acte 5 – Un deus ex machina

 

Enfin, une bonne communication c’est aussi – parfois – de la chance ! Commencé dans l’écume de la vague des subprimes, le scandale de la Société Générale a depuis été submergé par un autre tsunami. Que sont les 5 “petits” milliards de Jérôme Kerviel face aux 50 de Bernard Madoff (et même si l’on mélange ici à dessein les torchons en euros et les serviettes en dollars) ? Les chiffres donnent le tournis : ça fait combien de Smic un plan Paulson ? Rattrapée, dépassée, “nanifiée” par la crise qui secoue désormais la planète, l’affaire Kerviel a peut-être paradoxalement “aidé” la Société Générale. Ainsi que le dit d’ailleurs Frédéric Oudéa, “après une période d’adaptation, nous sommes entrés soudés et aguerris dans la deuxième période de crise, qui s’est révélée bien plus grave pour l’ensemble du secteur financier”. 

 

Ah ! Le parisianisme de la PQN…

Samedi 24 janvier 2009

 

libeCe n’est sans doute qu’un détail mais il est révélateur… Libération ayant annoncé un cahier spécial de “huit pages cousues main par Paul Smith” et ce dernier étant mon créateur favori, j’ai bravé la tempête qui sévit sur le Sud-Ouest pour aller l’acheter car cette partie du quotidien n’est pas accessible en ligne.

 

Le cahier est très intéressant et Sir Paul délivre de délicieux aphorismes mais quelle déception de lire dans le “making of” les phrases suivantes : « Le premier jour où il est venu dans nos locaux, Paul Smith avait un cadeau : un T-shirt Paul Smith/Libération. Ce collector a ensuite été tiré à cent exemplaires que nous avons décidé d’offrir ce samedi aux plus matinaux de nos lecteurs parisiens« .

 

Oui, “parisiens” ! Alors quoi, on sent le pâté en région ou, plus sûrement, le cassoulet à Toulouse ? Il ne devait pas être impossible de faire un concours, un tirage au sort, un « 100 premiers appels » etc. Mais non, c’est tellement plus simple – plus paresseux aussi – de faire plaisir à ceux qu’on croise en bas des bureaux de la rédaction, dans la ville capitale et qui vit toujours dans son splendide isolement…  

 

Puis-je révéler ce secret ? A Toulouse, on peut aussi s’habiller en Paul Smith et accessoirement lire Libé… qui dispose par ailleurs d’une page locale sur Internet (LibéToulouse.fr) mais ce qui est bien assez bon pour le web ne l’est pas forcément pour la version papier… 

 

La presse nationale est très préoccupée de la crise qui la traverse. Mais tant qu’elle continuera à se regarder le nombril à Paris, je ne vois pas pourquoi je devrais lui verser mon écot quotidien…

 

> Dans le cahier central qui lui est consacré, Paul Smith donne ses conseils culturels et recommande l’expo Robert Franck au musée du Jeu de Paume « s’il pleut ce week-end et que vous êtes à Paris« . Lui au moins n’a pas l’air de prendre cela pour une évidence…

Discours inaugural d’Obama : ce qu’il a dit… et n’a pas dit

Vendredi 23 janvier 2009

 

Un homme capable de reprêter serment simplement parce qu’il a bafouillé la première fois et qu’ainsi il s’assure de nouvelles images sans aspérité pour l’Histoire est assurément un intéressant cas de communication. Barack Obama est un grand orateur, c’est un fait. Une réussite qui est aussi un peu celle de son équipe de “plumes”, en particulier de celle de son “speechwriter” personnel surdoué de 26 ans, Jon Favreau. Retour sur son discours inaugural vu sous l’angle du storytelling.

 

Le Monde en a publié l’intégralité (également en français ici, les citations de mon post sont extraites de cette traduction). Le nouveau président se place d’abord dans la continuité des “quarante-quatre Américains (qui) ont prêté serment pour la présidence” et son oecuménisme va jusqu’à rendre un bref hommage à George Bush. Je ne m’attarderai pas sur ses nombreuses citations des Ecritures. Ainsi que l’expliquait avec humour Ted Stanger (sur iTélé), les Américains et les Français ne se comprendront jamais sur ce point. Selon le journaliste, la référence à la religion est aux Etats-Unis ce que la philosophie est chez nous : un exercice obligé de l’art oratoire mais qui n’engage pas outre-mesure.  

 

 

Un discours plus fort pour le monde que pour l’Amérique

 

S’il existe un temps fort dans le discours d’Obama, c’est l’annonce du retour de l’Amérique sur la scène internationale, du moins en tant que puissance pacifique. Il s’adresse aux gouvernements et aux peuples du monde “depuis les capitales les plus prestigieuses jusqu’au petit village (kenyan) où mon père est né : sachez que l’Amérique est l’amie de tous les hommes, femmes et enfants qui aspirent à la paix et à la dignité”. Il tend également la main au monde musulman en indiquant chercher “une nouvelle voix fondée sur les intérêts réciproques et le respect mutuel”, rappelant au passage que l’Amérique est “une nation de chrétiens et de musulmans, de juifs, d’hindous et d’athées, (façonnée) par toutes sortes de langues et de cultures venant de tous les coins du monde”. 

 

Mais l’on sait que les Américains – comme tous les peuples – sont avant tout sensibles à ce que leur président a à dire de la situation intérieure. On se souvient que c’est la concentration de Bill Clinton sur les problèmes écomomiques (le fameux : “it’s the economy, stupid!) qui lui avait assuré la victoire face à George Bush senior, réputé expert en questions internationales. Et là, Barack Obama se contente de décliner son programme de mesures quand on attendait qu’il s’adresse à l’Histoire. Ce n’est qu’à la fin de cette énumération qu’il a cette belle formule : “A partir d’aujourd’hui, nous devons nous relever, nous secouer et commencer à refonder l’Amérique”. A mon sens – et je reconnais que la critique est aisée – cette idée de la refondation aurait dû constituer la colonne vertébrale de son discours.

 

Car, pour parler de la crise, il reste étonnamment vague. Quand, pendant la campagne, il trouvait les mots pour décrire “cette famille réduite à planter un panneau ‘à vendre’ devant sa maison, cette PME qui ferme définitivement ses portes”, il donne désormais dans le général : “Des maisons ont été perdues, des emplois ont été détruits, des entreprises ont fait faillite”. Un changement relevé par le pape américain du storytelling (et supporteur d’Obama), Steve Denning sur son Twitter : “S”il avait fait campagne en étant aussi général, il n’aurait peut-être pas passé le cap de la nomination. Il doit revenir aux stories !”.



Le retour du Verbe et l’arrivée du Geste


Je ne suis pas aussi sévère mais il est vrai que le nouveau président avait lui-même fixé la barre très haut en évoquant il y a quelques temps les discours inauguraux de ses prédécesseurs et dont il pourrait s’inspirer. Le meilleur, selon lui, fut celui d’Abraham Lincoln, un exercice de (ré)conciliation entre le Nord et le Sud… qui allaient pourtant bientôt s’affronter dans la guerre de Sécession. Il avoue aussi avoir beaucoup de tendresse pour celui de John Kennedy, rempli de formules chocs comme “Le flambeau a été transmis à une nouvelle génération” ou “Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous, demandez-vous ce que vous pouvez faire pour lui”… En revanche, s’il admire Franklin Roosevelt à qui on le compare désormais beaucoup, il dit n’avoir retenu de son discours un peu trop programmatique que cette phrase :  “La seule chose dont nous devions avoir peur est la peur elle-même”. Au final, c’est pourtant ce texte de 1933 qui semble le plus l’avoir inspiré.


Ceci dit, même si ce discours n’est pas son meilleur, les Américains que je connais, et même ceux qui n’avaient pas voté pour lui, y ont été sensibles. La victoire d’Obama signe aussi celle du retour du Verbe à Washington, un verbe mis à mal pendant les deux mandats de George Bush qui malmenait la langue anglaise dans des “bushisms” d’anthologie). Et, au delà des mots, il y a le phrasé que ne peut rendre la traduction. Le nouveau président “balance” ses phrases sur un rythme qui n’est pas celui des hommes politiques américains traditionnels formés dans les universités WASP (blanches, anglo-saxonnes et protestantes). Enfin, il y a le langage du corps. On sait qu’un auditoire accorde 80% de son attention à la communication non verbale et donc seulement 20% à ce qui est réellement dit… Regardez les hommes politiques, leurs moulinets de bras, leurs mouvement de jambes, ils sont rarement à l’aise avec leur corps. De ce point de vue là aussi Barack Obama innove. “Je chante le corps électrique” écrivait le poète Walt Whitman. Et c’est ce corps dionysiaque qu’on a vu bouger et danser comme personne qui laissera peut-être une impression plus durable que le discours ou que la prestation se serment, dans sa version 1 ou dans sa version 2 !

 

Royal : ce qu’Obama lui doit…

Mercredi 21 janvier 2009

 

Dans un article quelque peu teinté d’ironie, l’envoyé du Monde à Washington Sylvain Cypel (Libé en donne une version évidemment plus empathique) cite ces propos édifiants de Ségolène Royal : “oui, j’ai inspiré Obama et ses équipes nous ont copiés”. 


C’est en effet auprès d’elle que les conseillers du 44e futur président auraient “enregistré les idées de “gagnant-gagnant” et de “citoyen-expert”” avant de reprendre son idée de “démocratie participative à la mode américaine, fort différente de l’européenne (…) Mais l’idée, dit-elle lundi 19 janvier à Washington, est la même : refonder la manière de faire de la politique, la relation entre les élites et le peuple”.


Bien sûr, de tels propos peuvent prêter à sourire et personne ne va s’en priver mais en réalité ce qui rend la présidente de la région Poitou-Charentes – chacun a la présidence qu’il peut – too much, ce n’est pas ce qu’elle dit, c’est que ce soit elle qui le dise. Petit décryptage, façon storytelling…



Tous babas d’Obama !


Il est de fait que l’emballement politico-médiatique pour la façon dont Obama construit chaque jour son programme, ses opinions et sa stature d’homme d’Etat (j’ai décortiqué sa stratégie ici), est à la mesure du scepticisme et de la moquerie engendrés par la candidate socialiste lors de l’élection présidentielle de 2007. Ces mêmes élites qui raillaient son concept participatif, ses désirs d’avenir, tous ces bobos sont babas d’Obama. 


La faute de Royal n’est donc pas tant de penser ce qu’elle pense. Et d’ailleurs si les politiques n’avaient pas un ego surdimensionné, ils feraient un autre métier : il faut croire en son propre génie pour avancer malgré les coups (j’ai donné dans la communication politique à un moment de ma vie professionnelle et les coups tordus y sont bien plus fréquents que dans le monde des entreprises).


Non, son erreur est ailleurs : ne pas mettre en avant quelque conseiller américain du nouveau locataire de la Maison Blanche qui tiendrait ces mêmes propos à sa place. Quant à elle, elle gagnerait à jouer sur le revirement journalistique avec plus d’humour. Le prix Nobel Al Gore commence toutes ses interventions par cette phrase : “Mon nom est Al Gore et j’ai été le ‘prochain’ président des Etats-Unis !”. Efficace pour dédramatiser et mettre les rieurs de son côté. Ensuite, il peut passer à autre chose…


Au final, il n’est pas surprenant que l’élection d’Obama, qualifiée d’historique au mois une fois par paragraphe de chaque article qui lui a été consacrée, ait déchaîné les tentatives de récupération. Christian Estrosi, jamais en retard d’une bonne blague, n’a-t-il pas ouvert le bal en déclarant en novembre dernier : “L’impulsion que Nicolas Sarkozy a donné ces dernières semaines aura sans doute pesé quelque part sur le comportement des Américains”. Pas mal non plus dans le genre, non ?


On le voit, la “gaffitude” ne touche pas que Ségolène Royal, présente à Washington aujourd’hui parce qu’elle “a le sens de l’Histoire. Et le fait qu’elle soit la seule responsable française sur place, même placée à 200 m de distance comme toute la presse le note, en dit long sur le manque de maîtrise du sens des symboles (ou de la com) de nos politiques. Mais c’en est une autre, d’histoire…


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> Cet article a été repris en une du Post du Monde le mardi 20 janvier 2009 sous un titre légèrement différent (et dont je trouve qu’il ne reflète pas tout à fait la teneur de mon texte mais les titrailles sont de la responsabilité de la rédaction) : “Investiture d’Obama : pourquoi Ségolène Royal a commis une faute”.

 

« Self storytelling » et soirées SM ou comment se la raconter…

Mardi 20 janvier 2009

 

Dans le blog qu’elle tient sur la plateforme de Libé, Les 400 culs, la journaliste spécialiste des contre-cultures (et en particulier de l’imaginaire érotique japonais) Agnès Giard signe un (im)pertinent papier intitulé : “Les sado-masos sont-ils des bobos ?”. Et si je vous en parle aujourd’hui, c’est que c’est un cas très intéressant de “self storytelling” : autrement dit d’histoire que l’on se raconte pour éviter d’affronter la réalité.

 

A en croire les médias – mais aussi les amis qui “avouent” fréquenter les soirées SM -, ces pratiques seraient plutôt celles d’une élite sociale. C’est bien connu, les ouvriers sont trop pauvres, trop fatigués – ou trop frustes – pour faire l’amour autrement qu’à la missionnaire. Les soirées fétichistes ne concernent que les CSP+ et les bobos. Ça coûte très cher une robe en vinyle”. Or Agnès Giard, qui côtoie régulièrement ce petit milieu, y a plus souvent rencontré des gardiens d’immeuble ou des vendeuses – voire des chômeurs – que des PDG ou des avocates d’affaires. Quand elle a dit cela à une journaliste de France Inter qui l’interviewait il y a un mois, cette dernière a éclaté de rire : “Mais enfin (…) il faut de l’argent pour sortir dans ce genre de soirée et en plus, tout le monde ne peut pas se permettre de sortir le soir”. C’est bien connu : les pauvres ne sortent pas de chez eux après la tombée de la nuit, le cinéma (aussi cher que l’entrée à une soirée SM !) : ils ne connaissent pas… Agnès Giard cite aussi les propos consternants du sociologue Claude Guillon qui pense lui aussi que les ouvrières travaillant la nuit ne peuvent pas se permettre de sortir… le soir : argument imparable !

 

 

Se raconter des histoires pour se valoriser

 

En réalité, cette totale méconnaissance de la réalité d’un phénomène comme le SM procède de deux raisons. La première est sans doute une certaine paresse intellectuelle qui est d’autant plus regrettable qu’une enquête de terrain émoustillerait sans doute quelques-unes de nos belles plumes et leur ouvrirait les yeux. La seconde est plus “perverse” : les formes de sexualité hors normes ne sont pas toujours simples à assumer socialement… sauf à en faire des pratiques réservées à une élite. Et l’on s’invente une histoire à laquelle on veut croire, celle qu’on partage ce goût des plaisirs insolites avec d’autres esprits élevés. Mais comme le dit mon ami Tom : “dur dur d’aller se faire fouetter par une dominatrice qu’on imaginait de la haute pour découvrir qu’en fait, on s’est fait baiser par le France d’en bas”. Les voies du self-storytelling sont – si j’ose dire – impénétrables…

 

> Dans un genre différent, je me souviens avoir pensé dès les années 80 que Canal+était une chaîne plutôt beau-beauf que bobo. Les émissions en clair, plutôt jeunes plutôt branchouilles, aidaient les voisins et connaissances à “se la raconter” alors qu’en fait, ils s’y abonnaient pour le foot et le film porno du mois… On a tous besoin de ces histoires qui nous renvoient de nous-même l’image socialement la plus valorisante.

La vitrine de Lalique à Toulouse !

Lundi 19 janvier 2009

 

 

Vu dans la vitrine de la boutique Lalique de Toulouse au moment des fêtes la photo ci-dessus… J’ai déjà expliqué comment Baccarat avait beaucoup perdu de son “lustre” mais voici un faux pas de son concurrent pas mal non plus dans le genre, avec cette affichette terriblement cheap… 

 

 

De plus, quelle story véhicule cet appel désespéré ? Elle semble accréditer que la marque ne s’adresse qu’à des seniors (qui comptent encore en francs) tournés vers le passé (ils auraient conservé leur monnaie dans des bas de laine ?). Certes, c’est la crise mais un tel pannonceau en vitrine m’incite à penser que les arts de la table sont bien morts à la fin du dernier millénaire…

Animal de compagnie présidentiel : une vie de chien ?

Vendredi 16 janvier 2009

 

La Rédaction du Post, le site contributif très web 2.0 du Monde m’a demandé en début de semaine un papier sur le futur chien d’Obama, sujet dont elle voyait monter le buzz depuis quelques jours. Voici donc cet article qui est passé en une le lendemain


Sur le site de la Maison Blanche, un enfant a écrit à Barney pour lui demander de l’aider à résoudre son problème de maths : “Combien font 7 x 7 ?” Et Barney a correctement répondu par mail : “49 !”. Le problème ? C’est que Barney n’est autre que le scottish terrier de George Bush, beaucoup plus populaire que son maître et qu’il a droit à sa page avec photos et états d’âme aux côtés des autres rubriques de la présidence : Afghanistan, Irak ou encore les questions épineuses de diplomatie… 

 

Pendant ce temps, Barack Obaman, très cha…fouin quand il s’agit de s’exprimer sur les conflits internationaux, redevient plus loquace pour parler de l’animal familier qu’il a promis à ses filles. Peut-être le nouveau président trouvera-t-il de bons conseils auprès des conservateurs du Musée des animaux de compagnie présidentiels car, oui, il existe un musée officiel qui garde trace de tous les chiens, chats, hamsters et espèces exotiques qui ont agrémenté le quotidien de l’homme le plus puissant du monde depuis plus de deux siècles. On y apprend tout des chiens de chasse Drunkard et Tipsy de George Washington, du cochon familier d’Abraham Lincoln ou encore des éléphants de James Buchanan. Rares sont les présidents qui n’ont pas eu un fidèle ami pour leur tenir compagnie dans le bureau ovale (encore que les éléphants…).

 

N’allons pas chercher la “petite bête” plus loin… L’histoire est entendue : les Américains sont de grands enfants et les “spin doctors” d’Obama sont déjà au travail pour détourner l’attention des électeurs des vrais problèmes vers des causes bien plus superficielles. Sauf que…

 

… sauf que, le storytelling ne se limite heureusement pas à la vision que Christian Salmon en donne dans son livre. Les émotions sont un vecteur puissant pour faire passer les messages et quelle émotion est plus forte que celle qui lie un homme à son animal ? Les Américains ne sont pas aussi stupides qu’on aime à le penser chez nous et ils savent bien qu’un chien à la Maison Blanche ne résout en soi aucun de leurs problèmes. Mais “ils pensent qu’une personne qui possède un animal fait par nature preuve de plus de compassion qu’une autre” expliquait en juillet dernier la porte-parole de l’American Kennel Association (l’équivalent américain de la Société Central Canine). Elle était interrogée dans le cadre d’un sondage commandité par l’agence de presse AP et Yahoo et indiquant que 42% des possesseurs d’animaux de compagnie avaient l’intention de voter McCain contre 37% seulement Obama. On voit que cette question n’est pas aussi anodine qu’elle y paraît…

 

 

Rien n’humanise autant un candidat que de le voir jouer à la baballe !

 

Du point de vue de l’image rien n’humanise plus un candidat que de le voir caresser son chien ou de jouer à la baballe avec lui”, expliquait cette même porte-parle. Comme par hasard, Obama faisait savoir peu après sur Twitter qu’il offrirait un chien à ses filles… qu’il gagne ou pas l’élection. On sait maintenant que ce sera un animal hypoallergénique afin de ne pas aggraver les problèmes de santé de la jeune Malia Obama. Quant à la société centrale canine américaine, elle semble revenue de son tropisme mccainien et, aux dernières nouvelles, le président suivrait ses conseils et aurait restreint son choix àun chien d’eau portugais ou un labradoodle… alors qu’il avait d’abord indiqué préférer unchiot de sang mêlé (“un peu comme moi”)

 

Dans le sondage AP-Yahoo, le pourcentage en faveur de McCain était le plus élevé chez les possesseurs de chiens. Scoop : les chiens seraient de droite ? Il est vrai que le Musée des animaux présidentiels rappelle que les chats sont rares et avant tout  démocrates (Jimmy Carter serait le premier à en avoir emmené un, et Socks Clinton fut à ma connaissance le premier animal à avoir sa page sur le site de la Maison Blanche). 

 

Allons, Monsieur le Président, faites donc entrer un chat – de gouttière – à la Maison Blanche ! 

 

PS : En France, il y aurait beaucoup à dire aussi sur l’amour que vouent nos présidents au labrador. Mais pour le moment, la jeune Estrie beige offerte par les Français du Québec à Nicolas Sarkozy n’a pas encore de page à elle sur le site de l’Elysée. Jusque à quand ?