ObjectifNews, le nouveau magazine de “toute l’éco qui bouge en Midi-Pyrénées”, organisait le 22 janvier dernier à l’hippodrome de Toulouse son premier After Work permettant aux professionnels de rencontrer une demi-douzaine de patrons que le premier numéro avait choisi de mettre en avant parce qu’il font bouger l’économie régionale (liste des présents en fin d’article). Voici en quelques lignes ce que j’ai retenu des 90 mn du débat et qui présentait un intérêt pour les communicants… et les storytellers même si vous n’êtes pas à Toulouse !
I – La crise frappe tout le monde
Lorsqu’on interroge les patrons présents, ils semblent appartenir à deux sortes d’entreprises : celles qui sont déjà affectées par la crise… et celles qui vont l’être mais ne veulent pas l’avouer (il y a peut-être une troisième catégorie, celles qui seront vraiment épargnées mais cela reste à démontrer…). En effet, à part celles – rares – qui avouient déjà être en phase de réduction d’effectifs, la plupart affirment d’abord ne pas voir arriver le ralentissement de leur activité… avant de concéder en cours de débat qu’elles sont sur des cycles longs de commandes. N’engrangeant pas de nouveaux clients en ce moment, l’atterrissage risque bien de se faire à un moment ou à un autre. Je trouve toujours cette langue de bois un peu dépassée mais je ne m’en formalise pas.
> Le principal est de se prémunir contre la crise, qu’on le dise ou pas. Et de ce côté là, toutes sont à l’affût, en particulier d’alliances. La crise accélère les concentrations : à plusieurs on résiste mieux.
2 – Fidéliser les clients en portefeuille plutôt que d’en recruter de nouveaux
Qu’elles soient sur du B2C ou sur du B2Be (je pense que ces termes n’ont plus besoin d’êtres expliqués, non ? Si oui, laissez-moi un commentaire), les entreprises constatent toutesun changement de comportement de leur clientèle : elle en veut plus ou en tout cas autant… mais pour moins cher. Convenant que garder les clients en portefeuille est plus facile que d’en trouver de nouveaux en ce moment, la plupart des intervenants sont prêts à sacrifier un peu leur marge.
> Pour faire une analogie avec la grande distribution, on pourrait dire qu’en prévision de la crise, les clients étaient déjà passés des grandes marques aux marques de distributeurs. Maintenant que la crise est à, ils sont carrément en train de passer aux marques low cost !
3 – Des effets positifs sur le management des équipes
Le seul domaine dans lequel la crise semble avoir un effet “positif” (si l’on ose dire) est en matière de management des équipes. Certains avouent ainsi avec un peu de cynisme qu’elle modère les revendications sociales. Un chef d’entreprise l’a dit : “Je trouve que c’est plus compliqué à l’extérieur en ce moment mais question management, c’est beaucoup plus simple qu’avant”. En ce moment, avoir un job, disposer d’un environnement de travail agréable et pouvoir bénéficier d’une bonne formation, tout cela vaut de l’or…
> Dans les temps difficiles, les PME retrouvent pour certains salariés une attractivité supérieure aux grandes sociétés parce qu’elles sont à taille humaine et que l’humain revient au centre des préoccupations.
4 – Une crise des liquidités
S’il y a bien une crise qui se fait sentir en ce moment, c’est celle des liquidités. Les entreprises innovantes parviennent encore à lever du capital risque (et encore, les tours de table sont plus difficiles à boucler). Mais les autres ont affaire à des banquiers qui, pressés par le gouvernement, prétendent qu’ils n’ont jamais autant prêté d’argent… sauf que personne n’en voit la couleur ni ne connaît de patron qui bénéficierait de cette manne bancaire…
> Pourtant les banques ne peuvent demeurer éternellement frileuses : pour gagner de l’argent, il leur faut en prêter. Si elles continuent à le thésauriser, elles vont droit dans le mur.
5 – Moins de budget pour la com
Sans surprise donc à cause de cette crise de liquidités, le budget dans lequel tous avouent tailler en premier, c’est la communication ! Parfois, la remise en cause est salutaire et donne lieu à des transferts : moins de pub mais plus d’investissements dans la communication digitale etc. Parfois hélas, c’est juste du budget en moins pour couvrir des dépenses jugées plus urgentes.
> Pourtant, plusieurs de ces entreprises sont conscientes que la communication jouera un rôle crucial pour tenir dans la tempête et pour la reprise ultérieure. Certaines ont même des besoins urgents : changer d’identité pour se relancer, trouver des collaborateurs sur des marchés difficiles… mais ne savent pas comment s’y prendre;
En résumé
On le voit donc, la crise est déjà bien là, plus profonde que le discours officiel sur la “croissance négative” et autres (mauvaises) trouvailles de com ne le prétendent. En même temps, elle présente des opportunités et peut contribuer à rebattre les cartes. Il y a des opportunités à saisir et comme le disait un des intervenants “de nouvelles success stories à écrire”.
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Les intervenants du débat : le groupe laitier coopératif 3A, le leader français de la garde d’enfants à domicile Family Sphere, le spécialiste des interfaces humains-machinesIntuilab, celui du traitement de l’image numérique Magellium, le nouveau réseau social pour mobiles Goojet, la société de luminaires SCE et le nouveau venu dans le paysage médiatique local Toulouse FM. Le débat était modéré par Jean-Christophe Tortora, le directeur de la rédaction, et Emmanuelle Durand-Rodriguez, rédactrice en chef d’ObjectifNews.