novembre, 2008 | le blog du storytelling - Part 2 le blog du storytelling

Archive pour novembre 2008

Évaluez votre patron !

Lundi 10 novembre 2008

 

 

Un de mes amis a longtemps profité de ses conditions de vie professionnelle sur une grande chaîne de télévision… et de ses stock-options Tant mieux pour lui. Mais lorsque ses résultats ont baissé, sa vie est devenue un enfer. Il a fini par donner sa démission et ne cesse de fulminer depuis contre son ancien employeur (non, je ne parle pas de PPDA !). Mais honnêtement, qu’attendait-il d’autre de TF1 ?

 

 

Lorsque vous cherchez un premier ou un nouveau job, vous choisissez peut-être votre entreprise dans la liste de celles qui font le plus rêver les jeunes diplômés ou les cadres expérimentés. Mais vous-êtes vous déjà demandé si vous aurez envie de travailler pour les patrons qui les dirigent ?

 

Un bon leader d’hommes vous rendra la vie plus agréable, un mauvais leader d’hommes vous la rendra difficile. Je ne suis pas en train de vous dire qu’il ne faut pas y aller : c’est à vous de savoir si le prestige de l’entreprise, le salaire que vous recevrez, les autres avantages compenseront le stress ou les humiliations qu’il vous faudra subir. Si certains patrons – qui sont adorés des médias et de leurs actionnaires – ont la réputation d’être des brutes, attendez-vous à être brutalisés. C’est aussi simple que cela.

 

> Idée à saisir pour qui me lira : un site web où les salariés pourraient noter leurs patrons sur le modèle de ce que certains voulaient faire avec les professeurs (par leurs élèves) ou les médecins (par leurs patients) afin d’aider les candidats à un job à se faire une idée. Mais entourez-vous d’un bon juriste ;-)

Les petits arrangements de Tassimo

Samedi 8 novembre 2008

 

Lorsque j’ai reçu en cadeau une cafetière Tassimo il y a deux ans (je sais, je devrais avoir un système Nespresso mais c’est une longue story, ce sera pour une autre fois), le fabricant offrait un boîtier pour conserver les emballages de capsules à proximité, l’accessoire étant prévu pour accueillir 2×10 recharges.


Depuis le débat sur le pouvoir d’achat, les entreprises ont répondu de façon inappropriée. Par exemple, Danone, en lançant des packs yaourts à 1 euro. Mais pire encore, ils ont en plus réduit le poids de ces produits : les pots low cost pèsent en fait 115g contre 125g pour les yaourts habituels… Ils ne sont pas les seuls à tromper ainsi le consommateur. D’autres marques ont été prises en flagrant délit de réduction du poids ou de la taille de leurs produits.


Ainsi, comme le montre la photo ci-dessus, les emballages Tassimo contiennent désormais 8 recharges de café et non plus 10 : 20% du produit s’est ainsi évaporé sans réduction de prix !


Moralité : si vous voulez en vendre moins pour le même prix, ne permettez pas au consommateur de conserver un référentiel ! Si vous changez votre story, faites attention à ce que votre public n’ait plus en mémoire toutes les péripéties précédentes…

To Be Or Not To Be In The Who’s Who?

Vendredi 7 novembre 2008

 

Qu’ont le maître-pâtissier du plaza Athénée, Christophe Michalak, le pilote Sébastien Loeb et le comédien Jean-Paul Rouve en commun ? Ce sont quelques-unes des 1.140 nouvelles personnalités de l’édition 2009 du Who’s Who. Parmi les “marronniers” (les sujets qui reviennent à intervalles réguliers) de la presse, on trouve en effet les noms communs qui font leur entrée au Petit Larousse et les noms propres qui font la leur dans le plus célèbre des livres rouges après celui du Grand Timonier…


Le Who’s Who n’est pas qu’un utile vade-mecum pour les journalistes et communicants, c’est aussi une belle aventure éditoriale. Créé par Jacques Laffitte en 1953 – indépendamment du Who’s Who originel publié depuis 1849 à Londres -, il est désormais la propriété de l’ancien publicitaire Antoine Hébrard. Il liste actuellement 22.000 personnes choisies sur des critères de “notoriété, d’honorabilité, de mérite et du talent qui contribuent à l’activité et au rayonnement de la France”. Les biographies sont vérifiées et mises à jour et quelque 1.000 entrants viennent chaque année remplacer les 1.000 sortants (en gros, les décédés et les… condamnés par la justice puisqu’ils y perdent leur “honorabilité” !). Dans une interview à l’Internaute, sa directrice Eléonore de Dampierre révèle même la présence de quelques fausses bios destinées à confondre toute utilisation frauduleuse de sa base de données !



To Be Or Not To Be In The Who’s Who?


Quelles raisons poussent les gens à vouloir intégrer le Who’s Who ? En s’auto-proclamant “dictionnaire biographique de ceux qui comptent en France” depuis plus de 50 ans, il a incontestablement créé et entretenu sa propre “story”, sa propre histoire. On ne rejoint pas de son propre chef “les 22.000 Français qui comptent”, on n’est pas parrainé, on ne s’inscrit pas sur une liste d’attente : non, on est un jour contacté par le comité de sélection (dont on ne sait rien ou pas grand chose). Suit alors un parcours du combattant puisqu’il faut fournir un acte de naissance, des copies de ses diplômes et de nombreuses pièces justificatives (toujours cette fameuse fiabilité !) etc. Mais le plus dur est alors accompli : sauf accroc judiciaire, on n’en sortira plus… que les pieds devant. 


A l’exception de quelques irréductibles (Maurice Lévy, Michel-Edouard Leclerc font partie de ces très rares grands patrons absents) qui pensent que le comble du chic c’est de refuser d’en être et de quelques actrices qui ne veulent pas dévoiler leur âge véritable, intégrer le Who’s Who reste symbole de la réussite et de la reconnaissance sociale. Rares sont ceux qui ne céderaient pas à ce petit snobisme d’être entre happy few… C’est pourquoi, même à l”heure d’Internet et de Wikipédia, la légende du Who’s Who a sans doute encore de beaux jours devant elle !

Barack Obama : les leçons d’une victoire 2/2

Mercredi 5 novembre 2008

 

Leçon numéro 3 – Une nouvelle ère pour la communication (pas seulement politique)

 

Enfin, cette campagne restera dans les annales (et inspirera sans nul doute celle de 2012 en France) non parce qu’elle est la plus chère (c’est un record qui tombera dans 4 ans  avec la réélection (?) d’Obama) mais parce qu’elle signe définitivement la mort de la communication de papa. 

 

McCain a tout misé sur la télé et sur les meetings, comme tous les candidats l’ont fait depuis Kennedy. C’était une double erreur. La télé parce que McCain n’est pas télégénique : ce n’est pas un défaut rédhibitoire, on n’élit certes pas un paquet de lessive mais il faut dans ce cas choisir des médias où l’on passe mieux que le petit écran (et maintenant, même les fermiers du Middle West ont Internet); les meetings parce qu’il ne s’adresse ainsi qu’aux convaincus. 

 

Obama a misé sur Internet et sur les “tribus”. Ce n’est pas la première fois que le Web joue un rôle dans une campagne, mais le site du candidat, les pubs diffusées sur la toile (ma prédiction : en France où les pubs politiques sont interdites à la télé, elles vont envahir le Net), les campagnes virtuelles ont “fait” l’élection. Barackobama.com s’est affirmé comme un média global. Aux meetings, le candidat a souvent préféré de grands rassemblements populaires qui fédéraient tous les groupes d’intérêt et les communautés démarchés par ses militants formés professionnellement et issus eux-mêmes de toutes ces tribus. 

 

Bien sûr, ce n’est pas aussi noir et blanc – si j’ose dire – que cela. McCain avait un site Internet bien fait et Obama n’a pas non plus dédaigné la télé (notamment avec le fameux spot de 30 mn) mais les différences générationnelles entre les deux candidats se sont bien exprimées ainsi : télé/meeting vs. Internet/tribalisme. Cette nouvelle séparation fera des émules, en France notamment…

 

 

Conclusion : la marque est connue, reste à lui donner de la consistance

 

Une anecdote de fin de campagne symbolise ce changement. La veille de l’élection, McCain est intervenu dans 7 meetings… dans 7 Etats différents ! Qu’espérait-il ? Y rencontrer des indécis venus là par hasard ? Passer 7 fois dans le journal du soir ? De son côté, Obama a fait une pause pour parler de sa grand-mère qui venait de mourir (il avait déjà interrompu sa campagne quelques heures la semaine dernière pour lui rendre une dernière visite). Les larmes sur son visage ont été reprises en boucle. L’émotion, toujours l’émotion… Mais c’est aussi ça qui fait une élection ! 

 

La marque Obama est désormais planétaire. On connaît son logo, on connaît son positionnement (le changement) et on connaît son slogan (“Yes, We Can”). Il ne reste plus qu’à espérer qu’elle ait aussi du fond. Car les programmes des deux candidats sont bien ce dont on a le moins parlé pendant toute cette campagne ! 

Barack Obama : les leçons d’une victoire 1/2

Mercredi 5 novembre 2008

 

 

 

 

Il y a 6 mois, quand j’expliquais pourquoi et comment le Storytelling devait assurer la victoire de Barack Obama face à John McCain (et même alors face à Hillary Clinton), mes interlocuteurs français étaient dubitatifs : “les Etats-Unis sont racistes, ils n’éliront jamais un Noir”. Ces dernières semaines encore, malgré les sondages unanimes, les médias ne pouvaient pas s’empêcher de “craindre que dans le secret de l’isoloir, les électeurs ne cèdent à leurs vieux démons”. C’était la “chronique d’un succès annoncé mais…”. Paradoxalement, une victoire surprise et redoutée de McCain aurait ravi la plupart de nos commentateurs en les confortant dans leur anti-américanisme primaire.



Leçon numéro 1 – Obama lave plus blanc !


En France, il a pourtant fallu attendre Sarkozy pour nommer des Noirs et des Beurs à des postes ministériels qui ne soient pas de second ordre (secrétaire d’état au sport par exemple ?) alors que Colin Powell ou Condoleeza Rice ont exercé les plus hautes fonctions depuis bien longtemps… Je voyage et ai travaillé en Amérique. On y trouve certes des racistes (comme dans la France profonde), mais on y élit aussi les Noirs au Congrès, au Sénat et dans les mairies (contrairement à la France). Là bas, aucun candidat proférant les idées de Le Pen n’a atteint le score de ce dernier en 2002… Enfin, regardez les séries télé et les films de Hollywood : ça fait bien longtemps que le Président est interprété par un acteur de couleur et l’on sait le rôle “pédagogique” que ces oeuvres peuvent exercer pour préparer le public…


Enfin, si la couleur a eu une importante dans cette campagne, ce n’est paradoxalement pas la faute des électeurs blancs ! Rappelons qu’Obama est un métis : ce sont les Afro-Américains qui se le sont “approprié” en tant que Noir. Pour la plupart des électeurs, c’était simplement le candidat avec la meilleure “story”.



Leçon numéro 2 – Les héros sont fatigués


Pour tous ceux qui pensent comme Christian Salmon que le Storytelling est une machine “à formater les esprits”, la campagne les aura confortés dans leur délicieuse détestation. Rarement en effet, les “historiettes” que racontent les candidats n’ont été utilisées de manière aussi massive (notamment avec Joe le plombier). Pour autant, les deux plus belles stories étaient celles des candidats eux mêmes. Et là encore, le résultat était prévisible.


John McCain est un authentique héros de guerre, marqué dans sa chair par la torture, “un mec qui en a”, un John Wayne quoi ! Il est de l’Amérique des Truman ou des Reagan (voire des Bush père et fils). 


Quant à Barack Obama, il est l’incarnation du rêve américain, celui qui donne sa chance à tous, celui qui prouve qu’on peut naître pauvre et déclassé pour devenir l’homme le plus puissant du monde. Il est de l’Amérique qui a “fait” les Lincoln et les Kennedy.


Or, et c’est un point que les analystes ont beaucoup sous-estimé, en temps de crise, les Américains sont plus enclins à embrasser le changement que les Européens qui se referment souvent sur leurs peurs. La grande crise de 1929 a porté au pouvoir des régimes fascistes (comme celle des années 80 a accompagné la montée du Front National en France) tandis qu’elle a concouru à l’élection de Franklin Roosevelt aux Etats-Unis, peut-être le plus grand président américain du 20e siècle (en tout cas, le plus réformateur). Les déboires du marché immobilier, comme les désastres d’Irak et d’Afghanistan, appelaient assez logiquement un candidat de la rupture à la Maison Blanche, un nouveau Roosevelt (le chapeau sera difficile à porter).


En matière de Storytelling, il faudra aussi analyser avec délice combien la story de Sarah  Palin a contribué à ringardiser – par le rire, c’est déjà ça – le ticket républicain.

Une vision, ça se partage

Mardi 4 novembre 2008

 

J’ai connu un dirigeant qui se mettait dans des colères noires quand je lui disais : “Nous n’avons pas de vision… ou en tout cas, personne ne l’a vue !”. A quoi il répondait : “Mais si, on en a une !” Et il partait sur “son” propre objectif : “Faire de cette boîte le leader européen de son secteur…” et assumant sa part de cynisme, il ajoutait… “et accessoirement exercer mes stock-options pour devenir millionnaire”. Vous appelez ça une vision, vous ?


Cet objectif l’aide sans doute à se motiver tous les matins mais il est bien le seul. Bien sûr, quand il en parle autour de lui (en ne mentionnant que la première partie de la phrase, pas la partie sur les stock-options !), tout le monde prétend être concerné mais cela ne dure que tant qu’il est présent dans la pièce ! Personne ne se bouge pour la vision de son patron… s’il ne la partage pas. 


Tant que vous ne trouvez pas le moyen de faire croire en votre vision, tant que vous ne la partagez pas avec vos auditeurs, ne tirez pas sur le messager qui vous dit que vous n’en avez pas… parce qu’effectivement, vous n’en avez pas !

Sur les traces de James Bond avec VisitEngland

Lundi 3 novembre 2008

 

sebastien-durand-conseilDans sa dernière newsletter, le site officiel du tourisme en Angleterre, VisitEngland, profite de la sortie de Quantum of Solace, le nouvel opus de la saga James Bond

 

VisitEngland a ainsi concocté des parcours spécial 007 à Londres et dans le sud du pays (le golf de Goldfinger, le restaurant d’huîtres fréquenté par Ian Fleming etc.). Le temps d’un week-end, vous pouvez ainsi vous prendre pour Sean Connery (ou Daniel Craig au choix) en adoptant le mode de vie de James Bond : vous pouvez aller vous faire faire un costume en Bespoke (sur mesure) à Saville Row ou prendre un dry martini (“shaken, not stirred” bien sûr !) dans un bar chic avec votre James Bond Girl au bras. Ou bien au contraire préférer des activités sportives extrêmes. Enfin, vous pouvez gagner un séjour de luxe à Londres sur les traces du célèbre agent secret de Sa Majesté.

 

Cette initiative mérite d’évidence un bon point pour la parfaite maîtrise du Storytelling dont elle fait preuve. VisitEngland rebondit opportunément sur l’actualité et cela donne une image dynamique du pays. Mais pour ceux qui préfèrent de belles stories plus traditionnelles, on peut aussi trouver sur le site un parcours royal à l’occasion des 60 ans du Prince Charles ! Moins sexy  sans doute mais il en faut pour tous les goûts… “Once upon a time”…