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Réponse à Christian Salmon

 

Les héros sont purs et donc, pour Christian Salmon, l’auteur anti-Storytelling, seul McCain racontait des histoires. L’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling, c’est évident...

Les héros sont purs et donc, pour Christian Salmon, l’auteur anti-Storytelling, seul McCain racontait des histoires. L’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling, c’est évident...

Dans un article récent de sa chronique au Monde intitulée “Louons maintenant les grands hommes”, Christian Salmon affirmait avec une assez incroyable mauvaise foi que l’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling. Voici le texte de la réponse que j’ai adressée au grand quotidien du soir (qui ne l’a pas passée).


Je croyais, à lire régulièrement Christian Salmon, que le Storytelling était l’art de la transmission et de la conviction par le pouvoir des histoires et qu’il était surtout condamnable selon lui quand on l’appliquait au domaine politique, le transformant ainsi en une “machine à formater les esprits”. Mais la chronique du 7 novembre (datée du 8) dans laquelle il s’en prend à l’analyse que fait le publicitaire Christophe Lambert de l’élection de Barack Obama montre que ce terme est en réalité un gros mot appliqué uniquement au discours de droite.    


Ainsi, le candidat démocrate semble pur et sincère par principe et ne pratique donc pas le Storytelling. Sa campagne illustrait au contraire “le rejet de (la) politique de l’entertainment (et) il suffisait de regarder les visages de ces hommes et de ces femmes (…) aux antipodes des clichés sur la success story américaine” : “Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de l’élection de Barack Obama” ose-t-il écrire,  dénonçant par avance toute autre interprétation puisqu’il faut laisser “les communicants à leur cynisme”.


Etrange aveuglement car la campagne américaine a au contraire marqué le triomphe du Storytelling. Et dans les deux camps. Comme l’a montré le “moyen-métrage” publicitaire – avec une durée de près de 30 mn, on ne saurait en effet plus parler de spot ! – diffusé quelques jours avant le vote, les témoignages brillamment écrits et réalisés ont constitué autant d’histoires d’une redoutable efficacité en faveur du candidat démocrate. Les républicains n’étaient pas en reste, qui avaient notamment fait une utilisation massive de celle de Joe le plombier. 


Mais les deux plus belles “stories” restent celles des candidats eux mêmes. A ma droite, McCain, authentique héros de guerre marqué dans sa chair par la torture et version moderne de John Wayne ; à ma gauche Obama, nouvelle incarnation du rêve américain qui donne sa chance à tous et fait d’un métis au prénom étrange – Barack – ou carrément repoussoir – Hussein – l’homme le plus puissant du monde. Ce sont donc bien deux “histoires classiques” de l’Amérique qui s’affrontaient, celle qui a produit les Truman, Reagan et les Bush, et celle qui a fait les Lincoln, Roosevelt et Kennedy. Autrement dit, rien de nouveau à l’Ouest, du pur Storytelling… 


Ajoutons enfin qu’Obama disposait d’un budget supérieur à celui de n’importe quelle superproduction hollywoodienne et qu’il l’a utilisé avec intelligence et efficacité. Si la situation avait été inversée, que n’aurait-on pas entendu ! Mais bien sûr, puisqu’Obama est pur par principe, on ne saurait parler de propagande ni même de communication… et l’on sait combien les deux termes sont étrangement similaires pour Salmon ! Comme dans son livre, il néglige tout ce qui ne va pas dans le sens de sa démonstration, de sa “story”. En l’occurrence, le “Storyteller” le plus mal intentionné, c’est encore lui. Mais sous ma plume, ce terme n’est pas une insulte de droite !

 

> Pour aller plus loin, j’ai traité de l’aspect “Storytelling” de l’élection d’Obama dans deux posts récents (ici et ).

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