Barack Obama : les leçons d’une victoire 1/2 | le blog du storytelling le blog du storytelling

Barack Obama : les leçons d’une victoire 1/2

 

 

 

 

Il y a 6 mois, quand j’expliquais pourquoi et comment le Storytelling devait assurer la victoire de Barack Obama face à John McCain (et même alors face à Hillary Clinton), mes interlocuteurs français étaient dubitatifs : “les Etats-Unis sont racistes, ils n’éliront jamais un Noir”. Ces dernières semaines encore, malgré les sondages unanimes, les médias ne pouvaient pas s’empêcher de “craindre que dans le secret de l’isoloir, les électeurs ne cèdent à leurs vieux démons”. C’était la “chronique d’un succès annoncé mais…”. Paradoxalement, une victoire surprise et redoutée de McCain aurait ravi la plupart de nos commentateurs en les confortant dans leur anti-américanisme primaire.



Leçon numéro 1 – Obama lave plus blanc !


En France, il a pourtant fallu attendre Sarkozy pour nommer des Noirs et des Beurs à des postes ministériels qui ne soient pas de second ordre (secrétaire d’état au sport par exemple ?) alors que Colin Powell ou Condoleeza Rice ont exercé les plus hautes fonctions depuis bien longtemps… Je voyage et ai travaillé en Amérique. On y trouve certes des racistes (comme dans la France profonde), mais on y élit aussi les Noirs au Congrès, au Sénat et dans les mairies (contrairement à la France). Là bas, aucun candidat proférant les idées de Le Pen n’a atteint le score de ce dernier en 2002… Enfin, regardez les séries télé et les films de Hollywood : ça fait bien longtemps que le Président est interprété par un acteur de couleur et l’on sait le rôle “pédagogique” que ces oeuvres peuvent exercer pour préparer le public…


Enfin, si la couleur a eu une importante dans cette campagne, ce n’est paradoxalement pas la faute des électeurs blancs ! Rappelons qu’Obama est un métis : ce sont les Afro-Américains qui se le sont “approprié” en tant que Noir. Pour la plupart des électeurs, c’était simplement le candidat avec la meilleure “story”.



Leçon numéro 2 – Les héros sont fatigués


Pour tous ceux qui pensent comme Christian Salmon que le Storytelling est une machine “à formater les esprits”, la campagne les aura confortés dans leur délicieuse détestation. Rarement en effet, les “historiettes” que racontent les candidats n’ont été utilisées de manière aussi massive (notamment avec Joe le plombier). Pour autant, les deux plus belles stories étaient celles des candidats eux mêmes. Et là encore, le résultat était prévisible.


John McCain est un authentique héros de guerre, marqué dans sa chair par la torture, “un mec qui en a”, un John Wayne quoi ! Il est de l’Amérique des Truman ou des Reagan (voire des Bush père et fils). 


Quant à Barack Obama, il est l’incarnation du rêve américain, celui qui donne sa chance à tous, celui qui prouve qu’on peut naître pauvre et déclassé pour devenir l’homme le plus puissant du monde. Il est de l’Amérique qui a “fait” les Lincoln et les Kennedy.


Or, et c’est un point que les analystes ont beaucoup sous-estimé, en temps de crise, les Américains sont plus enclins à embrasser le changement que les Européens qui se referment souvent sur leurs peurs. La grande crise de 1929 a porté au pouvoir des régimes fascistes (comme celle des années 80 a accompagné la montée du Front National en France) tandis qu’elle a concouru à l’élection de Franklin Roosevelt aux Etats-Unis, peut-être le plus grand président américain du 20e siècle (en tout cas, le plus réformateur). Les déboires du marché immobilier, comme les désastres d’Irak et d’Afghanistan, appelaient assez logiquement un candidat de la rupture à la Maison Blanche, un nouveau Roosevelt (le chapeau sera difficile à porter).


En matière de Storytelling, il faudra aussi analyser avec délice combien la story de Sarah  Palin a contribué à ringardiser – par le rire, c’est déjà ça – le ticket républicain.

The bookmarklet

Add this to your bookmarks or drag it to your bookmarks bar to quickly access shortening functions.

Shorten

This bookmarklet takes the page URL and title and opens a new tab, where you can fill out a CAPTCHA. If you have selected text before using the bookmarklet, that will be used as the keyword.

Support for bookmarklets on mobile varies. For example, they work on Chrome for Android but you have to add and sync them from your desktop.

">Twitter cet article. Vous pouvez en suivre les commentaires par le biais du flux RSS 2.0. Vous pouvez laisser un commentaire, ou faire un trackback depuis votre propre site.



Laisser une réponse