2008 novembre | le blog du storytelling

Archive pour novembre 2008

Où sont les fans ?

Vendredi 28 novembre 2008

 

 

En 1995, j’étais aux Etats-Unis pour une série de réunions destinées à convaincre les fans Disney (souvent aussi actionnaires de The Walt Disney Company) que ce qu’ils lisaient de négatif dans les médias sur Disneyland Paris était très exagéré etc. Un jour, en Californie, une femme s’approche de mon pupitre pendant ma présentation et me prend par la manche en me disant “Ca doit être si merveilleux de travailler pour Disney en France. Je voulais juste vous toucher…”. Je vous assure que ça m’a fait froid dans le dos ! 

 

 

Fan vient de “fanatique”. En redevenant des marques grand public, Apple et les autres courent le risque de se couper de leur base de fans. C’est compréhensible, au bout d’un moment, ça fatigue ! Pourtant, c’est une grave erreur (ne serait-ce que parce que des fans déçus peuvent devenir votre pire cauchemar en vous harcelant constamment !).

 

Les fans n’aiment pas, ils adorent. Les fans restent fidèles quand leur marque fétiche vend moins de baskets à virgule ou de sacs monogrammés. Les fans aident à traverser les mauvaises passes et à revenir au top. 

 

Il y a des artistes (et des marques) qui ont un public, il y en a d’autres qui ont des fans. Si vous êtes dans ce cas là, remerciez le ciel. Sinon, travaillez à devenir une marque passion. Et tant pis si dans le lot, vous avez des fans qui ont besoin de vous toucher pour y croire !

La peur de l’échec cache la peur du blâme

Vendredi 28 novembre 2008

 

 

Next, Newton etc. La liste des échecs de Steve Jobs est presque aussi longue que celle de ses succès... mais qui ne tente rien n’a rien !

Next, Newton etc. La liste des échecs de Steve Jobs est presque aussi longue que celle de ses succès... mais qui ne tente rien n’a rien !

Qu’est-ce qui t’empêche de devenir un leader au sein de ton entreprise ? De quoi as-tu peur ?”, ai-je demandé récemment à mon amie Christelle qui a toujours de bonnes idées mais ne les met pas assez en pratique. “De l’échec”, m’a-t-elle répondu.

 

 

Maintenant, si vous me connaissez, vous savez que ce n’est pas le genre de réponse auquel je m’arrête. Je sais que souvent, on ne livre pas du premier coup le fond de sa pensée. Je l’ai donc poussée un peu dans ses retranchements. “De l’échec, vraiment ? Tu veux dire que tu te ferais immédiatement virer si tu proposes une idée qui ne marche pas ?”. “Pas forcément, mais cela risquerait de bloquer mon avancement dans la boîte”. “Mais tu as envie de rester encore longtemps dans une entreprise qui sanctionnerait systématiquement tous ceux qui proposent des idées nouvelles ?”. “Non bien sûr, mais bon, c’est sûr que je me ferais critiquer en réunion, devant mes collègues, pour cet échec et ça, je ne le supporterais pas”.

 

> Autrement dit, ce dont mon amie a peur, ce n’est pas de l’échec mais du blâme. On est en réalité dans une question d’ego (désolé, Christelle). C’est sur cela qu’elle doit travailler, se souvenir par exemple que Steve Jobs a raté NeXT et Newton avant de rebondir avec l’iMac, l’iPod et l’iPhone. Ce qui importe ce n’est pas de ne jamais avoir tort, c’est d’avoir raison assez souvent pour faire progresser les choses. Pour une réussite, combien d’échecs préalables ? Christelle doit mettre en avant les fois où elle a eu raison de faire des propositions et si on lui rappelle ses échecs, à elle de les positiver en montrant ce qu’elle en a tiré comme leçons. 

 

Les entreprises ne récompensent pas toujours la prise de risque. Mais rares sont celles qui sanctionnent systématiquement une initiative intelligente (et honnête) qui rate. Pour oser, il faut certes ne pas craindre l’échec mais il faut aussi mettre de côté sa fierté. Cela demande du courage.

Mea culpa, mea maxima culpa

Mardi 25 novembre 2008

 

Je n’y comprends rien : j’avais bossé trois semaines sur ma présentation. J’avais fait faire  mon Powerpoint par un professionnel. Et j’ai eu l’impression que tout le monde s’ennuyait ferme dans la salle. Ah, ces cadres, ils sont tous tellement blasés. Qu’est-ce qu’il faut faire ?” C’est la question qu’un ami me posait ce matin. Message pour lui (et pour tous les autres) :


Si le public trouve votre présentation ennuyeuse, c’est qu’elle l’est. Si les clients n’achètent plus vos produits, ce n’est pas parce qu’ils sont stupides ou n’ont plus d’argent, c’est parce que vos produits n’ont plus rien de remarquable. Si vous ne comprenez pas tout ce que je dis dans mon blog, ce n’est pas votre faute, c’est la mienne (merci John Hench pour la leçon !).


C’est un principe qui n’est pas toujours facile à accepter mais c’est la réalité : quand le récepteur ne reçoit pas le message, ce ne sont ni le récepteur ni le message qui sont en cause mais l’émetteur. Toujours.


Si vous êtes l’émetteur, vous les communicants, alors le problème (ainsi que sa solution) est en vous. Et nulle part ailleurs.

CNN Mobile envahit mon espace privé et ça m’insupporte !

Lundi 24 novembre 2008

 

 

En transit à l’aéroport de Munich au retour d’un séjour à Vienne, je patientais en attendant mon avion et je rédigeais un post pour ce blog. Quelle ne fut pas ma surprise de voir apparaître sur l’écran de mon ordinateur portable une petite box m’indiquant que j’avais un message urgent de CNN. Je cliquai dessus (je sais que c’est stupide mais je l’ai fait) pour voir s’afficher… une publicité pour les services de CNN Mobile…

 

 

Mon ami qui était présent a beau m’expliquer que même si je n’étais pas connecté en WiFi, mon port Bluetooth était lui en mode ouvert, autorisant de fait cette invasion. C’est un argument qui ne porte pas. Mon ordinateur est un accessoire personnel, intime, et j’ai pris ce message de la chaîne d’Atlanta pour ce qu’il était : une inacceptable intrusion dans ma sphère privée. Que CNN fasse de la pub dans les aéroports, sur les écrans de télévision, sur les bannières des sites web, en spams dans les courriels s’ils veulent mais là, c’est un peu comme s’ils étaient entrés chez moi comme des voleurs. 

 

Les annonceurs creusent leur tombe avec leurs dents : à un moment, la pub est intrusive à un point que c’en est trop. C’est comme ça qu’on rend les gens anti-pubs : et c’est un communicant qui vous le dit !

La pâtisserie éphémère de Disneyland Paris

Dimanche 23 novembre 2008

 

Lorsque j’étais au Futuroscope, un de mes défis était de faire venir les journalistes parisiens jusqu’à Poitiers (j’en ai déjà parlé ici). Souvent, pour présenter les nouvelles attractions, j’ai dû organiser des conférences de presse dans la capitale car il n’y a pas plus casanier que nos amis des médias (ou alors au contraire, ils aiment qu’on les emmène passer le week-end dans une destination exotique !). 


Pour symboliser le renouveau du parc après son redressement, j’ai proposé l’ouverture d’un bar futuriste au coeur de Paris. On y aurait proposé des spécialités de gastronomie moléculaire autour de boissons ébouriffantes comme on en trouve au Futuroscope. Ce lieu mode aurait été susceptible de générer des retombées intéressantes en termes d’image mais aussi d’attirer des journalistes et autres influenceurs. Malheureusement, je n’ai pas été écouté et le parc de Poitiers ne dispose toujours pas d’une ambassade dans la capitale pour relayer ses informations.


Paradoxalement, Disneyland Resort Paris, même à seulement 40 kilomètres de Paris, est un peu confronté au même problème. Après 16 ans d’exploitation, comment arriver à mobiliser encore la presse pour qu’elle se fasse le relais de vos festivités de Noël qui ressemblent fatalement à ce qu’elles étaient l’an dernier, et l’année d’avant, et l’année d’avant etc. ? 


Le parc de Marne-la-Vallée a donc trouvé une façon originale, généreuse et gourmande de faire parler de lui pour les fêtes en ouvrant une pâtisserie éphémère au coeur de Paris* (j’en parle plus longuement sur mon blog personnel sur l’histoire des desserts, Du Sacré au Sucré). Ora-ïto, Chantal Thomass et Vanessa Bruno ont imaginé des bûches de Noël en hommage aux héros Disney et l’une des étoiles montantes de la pâtisserie, Sébastien Gaudard, les a réalisées. Ces 300 bûches – leur nombre limité en fait d’autant plus un événement – sont vendues au profit de l’opération Pièces Jaunes


Outre l’efficacité de cette annonce qui devrait être largement reprise dans la presse féminine et gastronomique (qui fait ses meilleurs scores… au moment des fêtes), cette opération est profondément cohérente avec la story de Disneyland Resort Paris. Elle associe en effet une nouvelle fois le monde du luxe (à d’autres occasions, des stylistes ont “rhabillé” les princesses Disney ou dessiné des sapins de Noël etc.) et celui de la générosité (ici pour les Pièces Jaunes, mais de façon plus globale, le service des Relations Publiques du parc accueille chaque année des milliers d’enfants défavorisés ou malades) à celui de la maison de Mickey.


> La leçon : soyez là où sont vos cibles (clients ou journalistes) allez sur leur terrain leur parler de vous, n’attendez pas les bras croisés qu’elles viennent jusqu’à vous. Si vous n’êtes présent que sur Internet demandez-vous si vous n’avez pas intérêt à exister aussi dans le monde réel. 


  1. *Pâtisserie éphémère Disneyland Resort Paris, 68 rue Jean-Jacques Rousseau , 75001 Paris. Ouvert le 23 décembre 10-20 h et le 24 décembre 10h-18 h. Prix : 100€.

Swarovski, c’est du toc !

Vendredi 21 novembre 2008

 

 

Je rentre d’un court séjour en Autriche dont les trois produits d’exportation les plus connus sont sans doute les bonbons PEZ (on en trouve sur place à l’effigie de… Sissi !), la boisson énergisante Red Bull (qui existe là-bas en de nombreux parfums dont un au… cola afin de répliquer à son plus célèbre concurrent) et enfin, Swarovski. Bien que l’entreprise soit domiciliée en Suisse pour les raisons que l’on devine, son siège lui se trouve toujours à Wattens dans le Tyrol.


Daniel Swarovski a fondé l’entreprise qui porte son nom en 1895 après avoir inventé une machine révolutionnaire pour tailler et polir le cristal. C’est le début d’une belle success story. Sur son site web, Swarovski jette un voile pudique sur les 50 ans qui suivent pour parler tout de suite de l’après-guerre. Pardon pour ce qui s’apparente à un procès d’intention mais j’ai toujours un peu de mal avec les entreprises qui font comme s’il ne s’était rien passé (en Autriche !) avant 1945…


L’essor moderne de l’entreprise commence donc avec les J.O. d’hiver de 1976 à Innsbruck. A cette occasion, Swarovski propose ses première sculptures dans des chutes de cristal de cristal taillé en profitant des nombreux médias présents pour se faire une belle publicité gratuite. Puis ce sont les bijoux qui connaissent un grand succès, particulièrement aux Etats-Unis. Les stars de Hollywood ont d’ailleurs été largement utilisées comme porte-drapeaux, arborant sacs en strass et boucles d’oreilles comme des pièces de collection vendues Place Vendôme…



Piège de cristal


Mais aujourd’hui, la réalité a rattrapé le rêve étincelant. Après une décennie de (trop) rapide expansion, l’entreprise est confrontée à des problèmes qu’elle s’est empressée de mettre sur le dos de la crise mondiale mais qui sont en réalité plus structurels. Rien de nouveau hélas sous le ciel bleu des Alpes, elle va y répondre avec la panoplie classique de ceux qui manquent cruellement d’imagination : fermeture de boutiques, licenciements et leur cortège de délocalisations (la Chine et l’Egypte ont des prix imbattables)…


En réalité, Swarovski souffre d’un mauvais Storytelling et de n’avoir pas su bâtir durablement sur les raisons son succès. Le coup de génie initial qui est d’avoir fait passer un cristal de synthèse (dont le secret de fabrication est jalousement gardé) pour des créations de haute joaillerie permettait de créer naturellement une belle histoire, celle d’un luxe accessible au plus grand nombre. Le cygne poinçon (jadis un edelweiss) apposé sur chaque pièce était sensé garantir cette mythologie. Mais les comptoirs dans les galeries marchandes bas de gamme ont dévalorisé le produit, l’image s’est brouillée quand on a commencé à mettre des cristaux Swarovski sur tout et n’importe quoi (j’ai vu des timbres pour enveloppes décorés de cristaux en vente pour quelques euros en Autriche !) et qu’il y a eu inflation de stars de second ordre. Les strass sont alors redevenus ce qu’ils n’avaient jamais cessé d’être en réalité : les diamants du pauvre. Plus très glamour tout ça… La pente neigeuse sera difficile à remonter.


> Je décerne rarement des bonnets d’âne sans proposer des pistes pour repaser ultérieurement dans la catégorie Bon Point. Regardons comme contre-exemple ce queSwatch a fait dans le domaine de l’horlogerie : produits de grande qualité, pas trop chers pour être accessibles mais assez quand même pour ne pas être perçus comme “cheap” (et donc bas de gamme), une image mode mais en perpétuel renouvellement, un réseau assez exclusif et enfin un patron visionnaire qui décline ses intuitions dans d’autres domaines… et jusqu’à l’automobile avec la Smart (aujourd’hui propriété de Mercedes-Benz) : autrement dit qui vend une idée plus qu’un produit…

Réponse à Christian Salmon

Mercredi 19 novembre 2008

 

Les héros sont purs et donc, pour Christian Salmon, l’auteur anti-Storytelling, seul McCain racontait des histoires. L’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling, c’est évident...

Les héros sont purs et donc, pour Christian Salmon, l’auteur anti-Storytelling, seul McCain racontait des histoires. L’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling, c’est évident...

Dans un article récent de sa chronique au Monde intitulée “Louons maintenant les grands hommes”, Christian Salmon affirmait avec une assez incroyable mauvaise foi que l’élection d’Obama ne doit rien au Storytelling. Voici le texte de la réponse que j’ai adressée au grand quotidien du soir (qui ne l’a pas passée).


Je croyais, à lire régulièrement Christian Salmon, que le Storytelling était l’art de la transmission et de la conviction par le pouvoir des histoires et qu’il était surtout condamnable selon lui quand on l’appliquait au domaine politique, le transformant ainsi en une “machine à formater les esprits”. Mais la chronique du 7 novembre (datée du 8) dans laquelle il s’en prend à l’analyse que fait le publicitaire Christophe Lambert de l’élection de Barack Obama montre que ce terme est en réalité un gros mot appliqué uniquement au discours de droite.    


Ainsi, le candidat démocrate semble pur et sincère par principe et ne pratique donc pas le Storytelling. Sa campagne illustrait au contraire “le rejet de (la) politique de l’entertainment (et) il suffisait de regarder les visages de ces hommes et de ces femmes (…) aux antipodes des clichés sur la success story américaine” : “Il ne faut pas chercher ailleurs les raisons de l’élection de Barack Obama” ose-t-il écrire,  dénonçant par avance toute autre interprétation puisqu’il faut laisser “les communicants à leur cynisme”.


Etrange aveuglement car la campagne américaine a au contraire marqué le triomphe du Storytelling. Et dans les deux camps. Comme l’a montré le “moyen-métrage” publicitaire – avec une durée de près de 30 mn, on ne saurait en effet plus parler de spot ! – diffusé quelques jours avant le vote, les témoignages brillamment écrits et réalisés ont constitué autant d’histoires d’une redoutable efficacité en faveur du candidat démocrate. Les républicains n’étaient pas en reste, qui avaient notamment fait une utilisation massive de celle de Joe le plombier. 


Mais les deux plus belles “stories” restent celles des candidats eux mêmes. A ma droite, McCain, authentique héros de guerre marqué dans sa chair par la torture et version moderne de John Wayne ; à ma gauche Obama, nouvelle incarnation du rêve américain qui donne sa chance à tous et fait d’un métis au prénom étrange – Barack – ou carrément repoussoir – Hussein – l’homme le plus puissant du monde. Ce sont donc bien deux “histoires classiques” de l’Amérique qui s’affrontaient, celle qui a produit les Truman, Reagan et les Bush, et celle qui a fait les Lincoln, Roosevelt et Kennedy. Autrement dit, rien de nouveau à l’Ouest, du pur Storytelling… 


Ajoutons enfin qu’Obama disposait d’un budget supérieur à celui de n’importe quelle superproduction hollywoodienne et qu’il l’a utilisé avec intelligence et efficacité. Si la situation avait été inversée, que n’aurait-on pas entendu ! Mais bien sûr, puisqu’Obama est pur par principe, on ne saurait parler de propagande ni même de communication… et l’on sait combien les deux termes sont étrangement similaires pour Salmon ! Comme dans son livre, il néglige tout ce qui ne va pas dans le sens de sa démonstration, de sa “story”. En l’occurrence, le “Storyteller” le plus mal intentionné, c’est encore lui. Mais sous ma plume, ce terme n’est pas une insulte de droite !

 

> Pour aller plus loin, j’ai traité de l’aspect “Storytelling” de l’élection d’Obama dans deux posts récents (ici et ).

Mickey : 80 ans et puis quoi ?

Mardi 18 novembre 2008

 

Le 18 novembre 1928, sur le grand écran d’une salle de New York, un acteur faisait des débuts “fracassants” (le cinéma parlant venait d’être inventé !) dans Steamboat Willie : il s’agissait de Mickey Mouse, qui allait apporter la gloire à son producteur, Walt Disney. Star des cartoons, il s’est aussi illustré dans les longs-métrages (son plus grand rôle reste celui de L’Apprenti sorcier dans Fantasia) avant de devenir présentateur de télé puis ambassadeur des parcs à thèmes et a su garder ainsi une éternelle jeunesse. Peut-être pas si éternelle cependant car, à 80 ans, Mickey est désormais forcé par son “employeur” à prendre une sorte de semi-retraite, ce qui n’est pas la chose la plus intelligente qu’a pu faire The Walt Disney Company

 

Pourtant, peu de sociétés ont su tirer parti de leur histoire comme Disney. Les films ressortaient jadis tous les 7 ans dans les salles et de nombreux produits dérivés prolongeaient leur popularité ainsi que les parcs à thèmes. Ensuite, les personnages eurent une seconde vie grâce à la télévision et à la vidéo. Mais aujourd’hui, il n’en va plus de même. En dépit de quelques sorties DVD et de produits de grande consommation, rien d’important n’est prévu pour le 80e anniversaire de Mickey. 

 

 

1 – La peur de communiquer sur un Mickey octogénaire…

 

Je connais bien ce problème. Je travaillais pour Euro Disney en 1994, pour les 60 ans de Donald, quand quelqu’un a réalisé qu’il avait l’âge de partir à la retraite et que désormais, il ne faudrait plus communiquer sur l’âge des personnages. De plus, des études consommateurs ont peu à peu indiqué que Disney passait de mode. Simplement mentionner le passé de l’entreprise est alors devenu tabou. Une tentative d’éviter de dire « les 75 ans de Mickey » en 2003 (je n’y étais plus) a donné lieu à « 75 ans avec Mickey » : notez la nuance… Un effort peu probant puisque personne n’y a prêté la moindre intention. Mickey est le personnage de dessins animés le plus connu. Il est dommage qu’il en soit réduit à ne plus être qu’un symbole institutionnel sur le logo de l’entreprise et que les enfants ne sachent plus qui est cette grande souris qui les accueille à Disneyland Paris, faute de l’avoir jamais vu au cinéma. L’erreur de Disney a été de croire que c’est l’utilisation de son histoire qui l’avait rendu « ringard » alors que c’est la profusion de mauvais films depuis une dizaine d’années qui en est responsable. Par ailleurs, donner l’âge de la société ou celui des personnages n’a aucun impact sur les enfants et n’entraîne donc pas une image vieillotte. En revanche, c’est un élément rassurant pour les parents – et les grands-parents. 

 

Walt Disney avait l’habitude de dire « J’espère que nous ne perdrons jamais de vue que tout a commencé par une souris« . Il faut espérer que les nouveaux dirigeants à la tête de la société depuis deux ans sauront aller de l’avant en regardant dans le rétroviseur de l’entreprise. 

 

 

2 -Relancer la marque “Mickey” 

 

De James Bond à Baman (en attendant Star Trek), nombreuses sont les “licences” qui ont été relancées avec succès ces dernières années. Il est possible de le faire avec Mickey en tenant compte du fait que les différentes cibles n’attendent pas toutes la même chose. Pour ceux qui sont dans la tranche “jeunes adultes à seniors”, c’est un copain d’enfance qu’on a envie de retrouver, comme à l’époque du Journal de Mickey. On peut donc jouer sans problème la carte de la nostalgie, de l’hommage. Sur une cible plus jeune, il faut totalement le déringardiser le personnage, prouver qu’il peut “exister” sur les nouveaux médias et supports. Enfin, il est tout simplement urgent d’apprendre aux juniors qu’il existe ! Mon neveu Antonin, et Juliette la filleule de mon ami, 3 ans tous les deux, connaissent Dora l’exploratrice mais Mickey ? 

 

Plus précisément, comment s’y prendre ? Eh bien, j’ai ma petite idée pour ça mais comme j’ai encore plein d’amis chez Disney, si ça les intéresse, ils n’auront qu’à faire appel à mes services. Quinze ans plus tard, je finirai peut-être par être entendu… ;-)

 

> Ce post composé en cette date anniversaire de Mickey utilise des éléments d’un article précédent que j’avais publié le 28 mai dernier.

HSBC raconte les histoires de ses filiales et c’est réussi

Lundi 17 novembre 2008

 

 

Qui sait encore que HSBC signifiait primitivement Hong Kong & Shanghai Banking Corporation ? Depuis l’an 2000 et le rachat de l’ex-CCF, on s’est peu à peu familiarisé en France avec cette banque anglaise qui cible surtout les entreprises en ambitionnant d’être “votre banque, partout dans le monde”.


Pour communiquer sur cette “globalité” alors que la mondialisation fait souvent peur, elle a choisi le Storytelling. Pas pour parler de sa propre story – qui en l’occurrence n’apporterait rien – mais pour raconter des stories qui sont autant autant de succes stories.


L’une d’elles est déclinée en presse, sur Internet et même en télé. Dans le spot de 30 secondes (on peut le visionner ici, avec – si je ne me trompe – la voix off de Judi Dench), on voit ainsi un fabricant polonais de machines à laver envoyer un de ses responsables commerciaux en Inde pour comprendre pourquoi ses ventes y ont subitement augmenté. Notre limier finit par découvrir qu’au Penjab, on se sert du tambour des machines pour tourner le yaourt en lassi (une boisson locale très appréciée). 


D’autres historiettes mettent en valeur un condiment anglais transformé en produit de nettoyage écologique et un t-shirt brésilien devenu tendance au Vietnam. L’idée est que le succès se manifeste parfois de manière inattendue et que disposer d’un banquier qui connaisse bien le marché local puisqu’mplanté dans 85 pays (parfois depuis plus de 150 ans) est un avantage pour comprendre la globalisation… et en bénéficier.


Le Storytelling s’y prête particulièrement bien et HSBC suit donc les recommandations que j’ai édictées dans un post récent (ici) : Elle capte notre attention par des historiettes amusantes (la machine à… fabriquer du lassi !), suscite notre désir de changement (suis-je bien préparé au succès ? Mon banquier peut-il m’y aider ?) et réserve ses arguments raisonnés (et fatalement un peu plus ennuyeux) pour son site web ou pour un rendez-vous avec le banquier. 


> Deux bémols quand même à ce Bon Point. D’abord, sur le site français de HSBC, quand on clique sur la rubrique “Histoire”, on n’a que celle du… CCF depuis 1890. Comme si c’était ce dernier qui avait absorbé HSBC (née elle en 1865). Je sais bien que la crainte des banquiers est d’apparaître comme étrangers vis-à-vis d’une clientèle demeurée très nationaliste quand il s’agit de leur agent mais c’est un peu court quand même… 


Enfin, même si j’apprécie le Storytelling (ce n’est pas un scoop !), je pense qu’en ce moment, la priorité des campagnes de communication des banques devrait viser à rassurer les consommateurs sur leur solidité financière. Faire comme si de rien n’était n’est pas la solution (comme je l’ai écrit dans la dernière Newsletter ici).

Le succès allant au succès, proclamez le vôtre !

Vendredi 14 novembre 2008

 

 

Au delà de la malhonnêteté intellectuelle d’Orange (qui accumule les bonnets d’âne iciou ), savez-vous pourquoi l’opérateur historique a payé des comédiens pour faire la queue devant ses boutiques polonaises au moment du lancement de l’iPhone ? S’il y a une file d’attente devant une boutique dans la rue (alors que celle d’à-côté est vide), c’est sans doute que cela vaut la peine de faire la queue…

 

 

Etes-vous allé voir les Bienvenue chez les Ch’tis ou un autre film (TitanicRatatouilleetc.) juste parce que 10 ou 15 millions de personnes y étaient allées avant vous ? Sans doute que si elles s’y sont déplacées, c’est que l’oeuvre en valait la peine…

 

Avez-vous déjà acheté un livre pour votre grand-mère hospitalisée en le choisissant dans le palmarès de l’Express ? Probablement que s’il figure dans la liste des best sellers, il a toutes les chances de lui plaire…

 

Essayez donc d’intégrer un classement, n’importe quel classement (au besoin, créez-en un) dont vous puissiez prendre la tête. Le fait d’être numéro 1 de n’importe quoi créera un effet boule de neige qui vous aidera à devenir vraiment numéro 1

 

Et comme le veut la loi de Zipf (dont j’ai parlé ici), être numéro 1 vous donne une avance exponentielle sur le numéro 2, le numéro 3 etc. Ne tombez jamais dans le bas du classement.

 

Appelons cela le syndrome de Panurge, mais voilà bien une des idées-force de la communication : le succès va au succès.