Je vous parlais l’autre jour du mana des Maoris, cette puissance qu’acquièrent les objets de notre quotidien, juste parce qu’on en propage la story autour de nous…
Je suis actuellement en Scandinavie ou j’ai appris l’existence d’un autre concept “recyclable” en communication, le yolk ou joik. Chez les derniers peuples nomades du Grand Nord, appelés à tort chez nous Lapons (ce terme étant considéré sur place comme blessant), les Sames ou Saami, on attribue à chaque enfant, dès sa naissance, une mélopée qui lui est propre et qu’il suffit de chantonner pour que chacun sache à qui on pense. En même temps, les Saami ne sont que 70.000 et forment donc une grande famille où tout le monde se connaît plus ou moins.
Longuement modulé depuis fond de la gorge et chanté a cappella, le yolk évolue au gré des événements de la vie, des joies et des chagrins. On ajoute quelques notes à chaque fois. Il s’apparente donc une story individuelle.
Les missionnaires chrétiens les appellaient des “chansons du diable” mais ne sont heureusement pas parvenus à les éradiquer. Encore aujourd’hui, dans les soirées familiales, il suffit qu’une personne entonne quelques notes pour raviver le souvenir, la vie et les hauts faits d’un cher disparu.
Le yolk est un peu le “bloc signature” (comme on dit en marketing) musical de chaque Same ! Faites comme eux, écrivez votre yolk… ou chantez le, si vous vous en sentez le courage !
