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Archive pour octobre 2008

Save Your Logo !

Jeudi 30 octobre 2008

 

SOS LOgo : sur Wallout.com, de facétieux esprits se sont amusés à imaginer des logos célèbres dans leur habitant naturel !

SOS LOgo : sur Wallout.com, de facétieux esprits se sont amusés à imaginer des logos célèbres dans leur habitant naturel !

Le Fonds Mondial pour l’Environnement (Global Environment Facility), vise à établir des passerelles entre les pays, les institutions internationales, les ONG et les entreprises au service d’initiatives en matière de développement durable. Un gros “machin” de plus penseront certains…

 

 

I – Save Your Logo !

 

Le FME a en tout cas trouvé une manière rigolote de faire parler de lui en lançant une grande campagne “Save Your Logo”. Non, il ne s’agit pas de considérer les marques comme des espèces en voie de disparition (quoique la crise en menace beaucoup) mais de sensibiliser celles qui utilisent un animal comme emblème, par exemple le puma… de Puma et le jaguar de… Jaguar ! 

 

Le FME espère ainsi récolter de l’argent directement auprès des entreprises en les incitant à aider à la préservation des espèces qui ont inspiré leur identité visuelle mais qui sont souvent désormais en danger. Peugeot pourrait ainsi contribuer à sauver l’habitat naturel des lions dans la savane et Lacoste les derniers gavials (les crocodiles du Gange). Il en coûte en moyenne de 2 à 5 millions de dollars pour sauver une espèce.

 

 

II – Quelle histoire raconte votre logo ?

 

C’est une très bonne initiative pour des marques plus préoccupées généralement par la protection de leur logo… au sens juridique et pour empêcher les contrefaçons. Elle part de l’idée que les animaux véhiculent dans l’esprit des consommateurs des valeurs, des “stories” (relire Esope ou La Fontaine !) et ont aidé à créer un capital sympathie envers les marques. Les entreprises qui “mécènent” des projets cherchent légitimement à en retirer quelque chose qui serve leur image. Et la crise les rend évidemment plus frileuses. Ici, il s’agit donc de s’assurer que les générations futures continueront à savoir reconnaître le pingouin de Linux parce qu’il en restera encore ! Gageons que les marques capitaliseront sur cette initiative et en profiteront pour parler développement durable et pas seulement protection de leur logo…

 

Selon Le Monde, en cas de succès, la campagne devrait être étendue aux autorités administratives. C’est vrai ça, que font La Californie ou Berlin – dont l’emblème est un ours – pour sauver ces plantigrades ? 

 

En attendant, vous ne croyez pas que l’écureuil de la Caisse d’Epargne devrait passer lui aussi sous protection immédiate ?

 

Avez-vous rédigé votre bloc-signature ?

Lundi 27 octobre 2008

 

Avez-vous déjà demandé à vos collaborateurs quels mots ils utilisent pour parler de votre entreprise ? Comment vos amis décrivent-ils la leur, ou la vôtre à travers ce que vous leur avez dit ? On est souvent surpris de voir la pauvreté de la story qui en ressort… Mais pour que tous ces gens, vos employés, vos fournisseurs, vos proches etc. soient de bons Storytellers pour vous, encore faut-il leur fournir les outils pour ça !

 

 

I – Ne surestimez jamais la connaissance que les autres ont de vous

 

Quand je travaillais à Disneyland Paris, avant l’ouverture en 1992, je m’étais aperçu que les Français qui n’étaient jamais allés aux Etats-Unis, ne se rendaient pas compte de l’ampleur du futur parc. Les dossiers de presse vantaient beaucoup de choses, à commencer par les attractions, mais jamais clairement le “concept” même inventé par Walt Disney. Je l’avais signalé à mon supérieur, Charlie Ridgway, une légende dans le monde des RP. Mais étant Américain, et ayant travaillé en direct avec Walt dans les années 60, pour lui tout cela était naturel et il n’a pas pris la peine de m’écouter. Sans surprise, de nombreuses équivoques avec les journalistes et le public ont marqué les débuts du parc. 

 

10 ans plus tard (je n’y étais plus), la communication a refait les mêmes erreurs en n’expliquant pas bien ce qu’était les Walt Disney Studios. Beaucoup de gens n’ont d’ailleurs toujours pas compris qu’il s’agit d’un second parc, avec une entrée séparée du premier, et non d’une attraction ou d’un “land” supplémentaire…

 

Quand je suis arrivé au Futuroscope, les journalistes me demandaient aussi “mais maintenant, c’est quoi au juste ton parc ? C’est toujours les mêmes films ?” etc. Cette fois ci, heureusement, ma position hiérarchique me permettait de me faire entendre. J’ai formaté le discours des dirigeants pour qu’ils délivrent toujours les “basiques” du parc dans leurs interviews et j’ai exigé que tous les documents écrits portent ce qu’on appelle un “bloc signature”, quelques lignes qui expliquent l’essence du Futuroscope. Oui, pendant 3 ans, tous les dossiers de presse et les communiqués, quel que soit leur sujet, portaient en bas de page un rappel des fondamentaux de l’entreprise ! Quand vos correspondants vous connaissent bien, ils n’y font plus attention mais en attendant, la répétition est une des règles de base de la communication. Et ce bloc peut bien sûr évoluer dans le temps.

 

II – Partez du principe que vous devez vous présenter à chaque fois !

 

Je suis un grand fan de ces “blocs-signature”. Et c’est un principe que j’applique à mon cas personnel. J’ai beau tenir régulièrement mon réseau informé de ma situation (me semble-t-il), la question que j’entends le plus souvent quand je revois de vieilles connaissances, c’est “mais c’est quoi au juste cette histoire de Storytelling dont Machin m’a parlé à propos de toi ?”.  Je pars donc du principe que je dois me présenter à chaque fois. C’est pourquoi tous mes mails, toutes les pages de mon site institutionnel, portent mon bloc signature. Quelques lignes pour que le message finisse par passer. 

 

Pour info le voici : 

 

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Sébastien Durand conseille les entreprises sur leur stratégie et leur communication, fort de presque 20 ans d’expérience dans de grands groupes de loisirs et des médias. Pour cela, il fait émerger au sein même des organisations une ou plusieurs “histoires” à fort pouvoir de séduction et de conviction. Encore peu pratiqué en France, le Storytelling – également appelé communication narrative – a prouvé son efficacité par rapport à la communication classique. Il s’adresse tout particulièrement aux structures et entreprises confrontées au changement et qui doivent mobiliser leurs collaborateurs pour atteindre le grand public. 

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site web : www.SebastienDurandConseil.com 

blog : www.LeBlogDuStorytelling.com 

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Et vous ? Comment vous présentez-vous ? Avez-vous votre bloc-signature ?

Une mission claire et efficace

Vendredi 24 octobre 2008

 

 

Ce n’est pas la plus récente des campagnes d'Apple, mais j’ai un tropisme pour Kermit, l’un de mes héros d’enfance et Jim Henson était d’évidence quelqu’un qui pensait différemment...

Ce n’est pas la plus récente des campagnes d'Apple, mais j’ai un tropisme pour Kermit, l’un de mes héros d’enfance et Jim Henson était d’évidence quelqu’un qui pensait différemment...

Je suis intervenu il n’y a pas très longtemps sur une entreprise dont la mission, fièrement présentée dans leur plaquette et sur leur site, était la suivante : “Notre vision : responsabiliser nos équipes et notre organisation afin de développer de manière importante leur niveau de performance et d’atteindre les objectifs fixés par un leadership centré sur l’empathie envers les individus”. (Je n’invente rien ! Je ne peux pas vous dire par quoi j’ai fait remplacer ce charabia, vous sauriez de qui je parle…)

 

 

En centre-ville de La Rochelle l’autre matin, j’ai également vu passer un camion qui proclamait sur ses portières : “Notre mission : vous servir”. Quelle entreprise ne pourrait pas s’approprier un message aussi “bateau” ?

 

Evitez l’affichage de valeurs illisibles ou tellement cliché qu’elles ne signifient plus rienVotre mission ne doit pas “bêtement” décrire votre activité actuelle, elle doit appartenir au domaine du futur. Elle doit imprégner toute l’entreprise, à l’extérieur comme à l’intérieur. 

 

Ainsi, la mission que se donne Toyota (citée par le pape du Storytelling Steve Denning, dans son dernier livre “The Secret Language of Leadership”)  consiste  à ”enrichir la société grâce à la production d’automobiles et de camions”. Cela vous semble ridicule pour une entreprise privée de se donner pour but d’“enrichir la société” ?  Pourtant, pour le constructeur japonais qui préfère penser sur le long terme (contrairement aux fabricants américains qui s’en mordent les doigts), il faut ici comprendre “offrir aux clients une plus grande fiabilité et une meilleure mobilité tout en investissant une partie des bénéfices dans de nouvelles usines, de nouvelles technologies et dans l’embauche de nouveaux employés”. Cela n’a rien de spécifiquement nippon. Il s’agit d’un classique esprit gagnant / gagnant. C’est simple, c’est efficace et c’est motivant.

 

Plus évident encore, pensez à la mission que se donne Apple : “think different”. C’est encore plus simple, encore plus efficace, encore plus motivant, non ?

Savoir dire qu’on ne sait pas

Jeudi 23 octobre 2008

 

blog-storytelling-sebastien-durand-consiel-ignoranceLes dirigeants de grosses entreprises, qui commandent des milliers d’employés exerçant des centaines de métiers différents, sont bien obligés d’admettre qu’ils ne savent pas tout faire eux-mêmes. En revanche, beaucoup de patrons de PME, qui font plus ou moins tout eux mêmes, pensent le contraire. Tout oui, mais pas forcément tout bien. Admettre son ignorance est souvent le premier pas vers la sagesse. Je le sais, j’ai mis longtemps moi aussi avant d’oser dire “je ne sais pas”  tant je craignais que cet “aveu” me porte préjudice.


Selon Mark McCormack dans son célèbre guide What They Don’t Teach You at Harvard Business School (1985), il y a trois concepts qu’on ne vous apprend jamais en école de commerce mais qui sont très efficaces pour améliorer la vie en entreprise : “Je ne sais pas”, “J’ai besoin d’aide” et “J’ai eu tort”. Comme je ne suis pas passé par Harvard, voilà trois phrases qui m’ont effectivement bien aidé dans ma carrière !



I – J’ai eu tort


Reconnaître sa responsabilité – qui n’est d’ailleurs pas la même chose que d’admettre saculpabilité – est un précepte utile, particulièrement en temps de communication de crise (j’en ai parlé ici). Mais même dans la vie normale, rien ne désamorce autant un début de tension que cet aveu. Mettez votre fierté de côté, vous ne serez pas plus faible parce que vous vous êtes excusé. Dans les disputes de la vie professionnelle, j’ai toujours été le premier à le faire et je n’ai eu qu’à m’en féliciter. Dans la vie privée, je peux faire preuve de plus de mauvaise foi ! ;-)



II – J’ai besoin d’aide


Là aussi, la vie en entreprise est une affaire collective. On ne réussit pas seul mais à plusieurs (on échoue en revanche toujours tout seul, je vous préviens d’emblée : la solidarité ne survit pas à l’échec !). Reconnaître qu’on a besoin des autres n’est pas non plus un aveu de faiblesse, au contraire. Et pouvoir se décharger d’une partie du travail sur les autres, n’est-ce-pas le rêve de tout un chacun ? Mais attention de ne pas oublier d’associer ceux qui vous ont aidé à votre succès lorsque vous en retirerez les lauriers de la gloire.



III – Je ne sais pas


Comme je l’ai écrit plus haut, j’ai mis du temps à admettre que parfois, je ne savais pas. Pourtant, la vie en entreprise implique de travailler avec d’autres personnes qui savent ce que vous ne savez pas (si vous saviez tout faire, vous seriez toute votre entreprise à vous tout seul). Le jour où j’ai compris que m’entourer de gens plus doués que moi ne menaçait pas ma position au sein de la boîte, je me suis mis à respirer beaucoup mieux : j’étais le chef d’orchestre de la communication et je pouvais admettre que les solistes soient plus brillants que moi sur leur instrument de prédilection. Ne pas savoir n’est pas grave, c’est ne pas vouloir apprendre ce que vous ne savez pas qui constitue une faute.

Une story qui se répète ad libitum

Mardi 21 octobre 2008

 

 

J’aime bien Jean-Pierre Foucault. En fait, je dois avouer que je ne suis pas spectateur ses émissions en général mais, à une époque, j’ai souvent eu l’occasion de travailler avec lui sur TF1 et RTL et c’est un grand professionnel de l’audiovisuel, respectueux de ses employeurs (normal), de ses collaborateurs (comme moi) et de son public (c’est assez rare pour être noté !). Il a eu son lot de succès et de flops mais il a toujours su rebondir, une qualité que j’admire énormément. C’est un homme plus profond et intéressant que son image, avec laquelle il maintient d’ailleurs en privé une distance intelligente. On n’est pas présent à la radio et à la télé depuis plus de 40 ans sans raison. 
 

 

Si je vous parle aujourd’hui de Jean-Pierre Foucault, c’est à cause de sa célèbre antienne de Qui veut gagner des millions ? sur TF1: “C’est votre dernier mot ?”. En imposant cette phrase, si souvent répétée sur le plateau, aux téléspectateurs, il en a fait  (intentionnellement ?) un slogan, un véritable gimmick, propagé à l’envi par ceux qui l’aiment comme par ceux qui se moquent de lui. Je pense que j’ai dû entendre cette expression 10 ou 20 fois avant même d’avoir vu le jeu qu’il présente depuis 2000. Il m’a confié un jour qu’il devait lui-même être interpellé quelque 150 fois par jour par cette apostrophe dans la rue. La rançon du succès…

 

C’est l’équivalent en discours Storytelling de la phase “capter l’attention”, celle qui consiste à interpeller son auditoire avec une “story”, ce qu’est d’ailleurs cette phrase si on y réfléchit bien : le dernier acte d’une dramaturgie à suspense (le candidat va-t-il échouer à ce niveau du jeu ?). 

 

Il y a quelques mois, Jean-Pierre Foucault a publié un livre de souvenirs chez Albin Michel, titré “Ce n’est pas mon dernier mot”, manière de boucler la boucle. En tout cas, la question “C’est votre dernier mot ?” est entrée dans la psyché collective, ce qui est le but de toute bonne story. 

 

Puissiez vous trouver un “c’est votre dernier mot ?” qui soit le commencement de votre success story !

 

(En réalité, la phrase “Is that your final answer ?” a été prononcée en 1999 par Regis Philbin, le présentateur de la version américaine et elle a eu tant de succès que les producteurs du jeu en ont cherché des équivalents locaux pour toutes les éditions de Qui veut gagner des millions ? Ce qui n’enlève rien à la force de persuasion de Jean-Pierre Foucault quand il l’énonce…)

Chaque détail de la story a son importance

Lundi 20 octobre 2008

 

blog-storytelling-sebastien-durand-conseil-disney-paradeIl y a quelques années, les artistes de la division spectacles de Disneyland Resort Parisavaient mis au point une nouvelle parade. Elle avait pour thème les grands classiques de l’animation Disney. L’ordre chronologique était respecté : le char de Pinocchio (sorti en 1940) devançait celui de Dumbo (1941) et ainsi de suite jusqu’au Roi Lion (1994) qui fermait la marche. Cela permettait donc de raconter, de manière ludique, la story de Disney, faite de chefs d’oeuvres successifs.



1 / Un détail qui cloche et tout l’édifice vacille ?


Or, deux chars ne respectaient pas ce concept. Le Livre de la Jungle (sorti en 1967) devançait en effet celui de Mary Poppins (1964). Je pris donc mon téléphone pour avertir le directeur artistique de cette petite erreur qui gâchait un peu la story… Il prit la chose de haut et, avec mauvaise foi, prétendit que “c’est une décision artistique. Tu n’es pas habilité à la contester”.


Or, j’étais considéré comme le gardien du temple chez Disney et j’en fis donc une affaire personnelle. Puisque le téléphone n’avait pas suffi, je lui adressai un mémo factuel auquel il ne répondit pas. Je contactai alors le directeur des spectacles (son supérieur) pour lui signaler cette erreur et lui demander de bien vouloir remettre les deux chars dans le bon ordre. Il me répondit en prenant fait et cause pour son chorégraphe et déclarant l’incident clos. 


Mais quelques temps plus tard, le service des relations visiteurs me fit suivre plusieurs lettres nous indiquant qu’une erreur avait dû se produire dans la parade… Oui, j’étais peut-être “pinailleur” mais je peux vous assurer qu’il y a des fans Disney bien pires que moi ! Je m’estimai donc fondé à continuer mon “combat”. 


Je contactai le grand manitou des dates de sortie des films, l’archiviste en chef de Disney en Californie, Dave Smith, afin qu’il fasse pression avec moi. Tous les deux, nous prîmes contact avec le président de la division spectacles monde qui fit redescendre sa décision jusqu’à son collaborateur de Marne-la-Vallée : les chars du Livre de la Jungle et de Mary Poppins devaient être intervertis ! 



2 / La princesse au petit pois


Quelles leçons tirer de cette anecdote ? Sur un plan personnel d’abord, le directeur artistique ne m’a plus adressé la parole pendant plusieurs mois. C’est aussi à ce moment là que j’ai décidé que je partirais un jour d’une entreprise à la bureaucratie aussi pesante et où il fallait 6 mois (!) pour statuer sur un sujet aussi peu important. 


Sur le plan du Storytelling, j’en ai gagné la conviction qu’aucun détail n’est insignifiant et qu’on peut mettre à mal n’importe quelle story en n’étant pas cohérent jusqu’au bout. Il y aura toujours quelqu’un pour vous le faire remarquer. 


C’est comme dans le conte d’Andersen, La Princesse au petit pois. Il suffit d’un détail – petit pois caché sous un amoncellement de matelas et de couvertures – pour faire passer une mauvaise nuit à une jeune fille délicate ;-)


Soyez sympa, le jour où un Sébastien Durand en herbe viendra vous faire remarquer une petite erreur, ne lui sortez pas cette excuse bidon : “c’est une décision artistique” !

 

Traitez vos clients comme vos invités

Samedi 18 octobre 2008

 

 

Depuis que les femmes de ménage ont été transformées en “techniciennes de surface”, on a raillé avec raison cette façon de croire qu’on change les choses en les renommant. Et les conditions de travail de ces pauvres femmes en ont rarement été améliorées. Mais changer de vocabulaire n’est pas toujours aussi ridicule.

 

 

Ainsi, dans le secteur des parcs d’attractions, on appelle généralement les clients – au mieux – des “visiteurs”. A Disneyland Paris, on préfère les appeler des “guests”, autrement dit des “invités”… même s’ils ont payé leur billet d’entrée. Mais cela a un sens dans une entreprise dont les employés se nomment eux-mêmes “cast members”, les “membres de la troupe”.

 

Est-ce cela qui fait la “Différence Disney” ? Pas seulement sans doute mais en partie. Les visiteurs savent ainsi qu’ils seront (supposément) traités comme les “invités” de l’entreprise tandis que les employés savent qu’ils jouent un “rôle”, celui qui consiste à dispenser du bonheur comme les artistes sur une scène, devant leur public. Et au vu des taux de satisfaction et de revisite, ça marche !

Parlez au coeur pour toucher la tête

Vendredi 17 octobre 2008

 

Source du Prince Noir : c’est le nom que j’avais recommandé pour remplacer celui du village d’où était tirée cette eau... Un nom qui véhiculait une vraie story...

Source du Prince Noir : c’est le nom que j’avais recommandé pour remplacer celui du village d’où était tirée cette eau... Un nom qui véhiculait une vraie story...

Il y a quelques années, je suis intervenu pour une marque d’eau de source régionale dont le nom était celui d’un village des Pyrénées. Elle était alors en plein essor et voulait être distribuée nationalement quand elle fut frappée par une grave crise. Comme pour Perrier quelques années plus tôt, on avait trouvé dans les bouteilles d’infimes traces de benzène. 

 

 

1/ Une eau aussi pure que l’étaient les cathares (les “Purs”)

 

Après avoir géré la communication de crise et être parvenu à calmer le jeu auprès des journalistes, j’ai fait une recommandation stratégique à la marque en question. Indépendamment de sa notoriété désormais plutôt négative, je pensais qu’il y avait pléthore d’eaux aux noms similaires (des noms de villages en “Saint- quelque chose”). Ca ne racontait rien au consommateur. Je conseillais donc un changement de nom au profit de celui de la source dont était tirée l’eau. Un nom qui évoquait un héros de l’épopée cathare. Il y avait une story magnifique à bâtir… ainsi que l’occasion de “renaître” sous une nouvelle identité plus forte et moins “connotée”. 

 

Malheureusement, pour des raisons de fierté municipale mal placée, la mairie – qui était l’actionnaire principal – n’a pas voulu débaptiser son eau qui portait son nom… et n’a jamais regagné la confiance des consommateurs. Une belle occasion de perdue…

 

Aujourd’hui, justement, les Français boudent les bouteilles d’eau au profit de l’eau du robinet nous apprenait récemment Le Monde. “Peu de produits apparaissent si facilement substituables” confessait en effet le directeur du marketing de Danone Eaux France. 

 

 

2/ Parler au coeur pour toucher la tête

 

Pourquoi les marques d’eaux ont-elles presque toutes changé leur discours axé sur leur histoire et leur terroir au profit d’un autre, pseudo scientifique sur la santé et la diététique ? Parfois (souvent ?), la raison ne suffit pas à convaincre les autres (sinon nous serions tous parfaits !)… surtout quand la raison nous dit que ces eaux ne sont pas spécialement meilleures pour notre santé. On sait aussi désormais que le discours “il faut boire 1,5 litre par jour” est une invention de marketeurs. L’un des rares contre-exemples est constitué par Nestlé Waters qui a réussi à “greffer” une story efficace à son eau de Quézac.

 

Le Storytelling utilise la puissance des histoires pour parler au coeur mais au final c’est à la tête qu’il s’adresse. Le chemin est un peu moins direct mais il conduit au bon résultat. Les marques d’eaux doivent réinvestir le champ du Storytelling. Et tragédie cathare ou pas, je sais comment aider l’eau à raconter une histoire…

Vendez des idées, pas des produits !

Jeudi 16 octobre 2008

 

 

Vous vous souvenez de ces entreprises des années 80 qui disposaient des “boîtes à idées” dans leurs salles de repos afin d’inciter leurs employés à faire des propositions et booster ainsi leur loyauté ? Et vous souvenez-vous qu’elles servaient plutôt de défouloirs et de réceptacles à blagues potaches ? Parfois, les cafétérias de supermarchés ont mis en place le même système, à l’attention cette fois des clients : “si vous avez des suggestions…” (oui : améliorer la qualité de la nourriture !)

 

 

Cette mode (qui a pratiquement disparu, sauf dans les entreprises très paternalistes) a illustré par l’absurde l’ancien système de pensée que dénonçait déjà Henry Ford en… 1908 ! “Si j’avais demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ils m’auraient réclamé un meilleur cheval” (c’est une de mes citations favorites). 

 

Plutôt que d’avoir une boîte à idées, soyez une boîte à idées !

 

Soyez une boîte-à-idées-qui-fabrique-des-produits plutôt qu’un fabricant-qui-cherche-des-idées. Louis Vuitton vend “l’art du voyage” et non pas des bagages. Apple vend un mode de pensée alternatif et ludique et non pas de l’informatique : c’est ce qui lui a permis de passer sans difficultés des ordinateurs aux baladeurs MP3 et maintenant aux téléphones. En revanche, Danone qui prétend vendre “la santé par l’alimentation” agit en réalité comme une entreprise du siècle dernier en répondant à la baisse des ventes de ses yaourts avec le lancement de… yaourts low cost ! Et Kodak vient enfin de comprendre (15 ans trop tard) que sa mission n’est pas de vendre des appareils photos et des pellicules mais d’”aider les gens à raconter une histoire”.

 

Les entreprises qui persistent à vendre d’abord des produits et non pas des idées vont mourir. Heureusement, le Storytelling ramène l’entreprise au coeur de son sujet car avec la story, on est bien dans le royaume des idées.

L’ère de la personnalisation pour tous

Mercredi 15 octobre 2008

 

 

Quand je dis aux chefs d’entreprise que je conseille que la plus belle histoire qu’ils puissent raconter à leurs clients, c’est celle d’un produit totalement personnalisé et qui raconte donc deux stories (la leur et celle de leur consommateur), ils me répondent que l’idée est certes fort belle mais qu’ils ne s’appellent pas Louis Vuitton (qui offre ce service depuis toujours). Selon eux, le marché n’est pas demandeur, leurs produits ne s’y prêtent pas, les coûts seraient prohibitifs, etc. 


C’est du grand n’importe quoi ! A force de développer des marques globales, d’offrir le même produit partout dans le monde, les marques n’ont pourtant plus que cette solution pour rouvrir un dialogue personnel avec chaque client. 


Je l’ai écrit à propos de Vaja, de Nike ou de M&M’s et je le re-écrirai encore autant de fois que cela sera nécessaire pour être entendu mais je crois beaucoup en la personnalisation pour tous. Un produit qui parle à tous et qui n’appartient qu’à moi : ce sera le Graal du marketing du nouveau siècle.


Ne parlons pas de coûts pour y parvenir mais de moyens à mettre en place : si NikeiD propose des chaussures de sport à vos couleurs et My M&M’s des bonbons au prénom de votre filleul, on peut reproduire ce concept à tous les niveaux, y compris celui des PME :


> Demandez à une couturière amie de broder en quelques minutes les initiales de votre cliente sur la jupe que vous lui avez vendue ; 

Conservez les proportions du mélange que vous venez de faire pour un client de manière à ce qu’il vienne toujours acheter “son” thé chez vous etc.


Les possibilités sont infinies et peu chères pour vous démarquer de la concurrence.Vous écrirez ainsi une love story inoubliable entre vos clients et vous.