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Le Roi Lion : le cercle de la story

 

Le Roi Lion, “le musical de Broadway”, ne fait rien comme tout le monde : après contribué à restaurer le lustre du Théâtre Mogador, il continue pendant l’été, un fait rarissime à Paris, et se paie même le luxe d’attirer un public plus large avec des places à prix réduit. Que dire d’un show qui fait l’unanimité critique – 3 Molières dont celui du meilleur spectacle musical 2008 – et publique avec près de 500.000 spectateurs lors de sa première saison. Près d’une décennie après sa création à BroadwayLe Roi Lion tient toujours le haut de l’affiche. Une affiche qui n’est d’ailleurs pas pour rien dans ce succès.


A quelques semaines du lancement de la campagne de communication pour The Lion King en 1999, le musical n’avait toujours pas trouvé son identité visuelle. Tom Schumacher, le producteur, n’était pas satisfait des pistes explorées par son agence de pub. Il se souvint que quelques années auparavant, quand il travaillait à la production du Roi Lion pour le cinéma, il avait été impressionné par le talent d’un des directeurs artistiques, Hans Bacher. Rentré chez lui en Allemagne, ce dernier travaillait désormais en freelance, pour des dessins animés Disney ou autres. Bacher parla au téléphone avec la metteuse en scène, reçut par fax des esquisses créatives et ne disposa finalement que de quelques heures pour créer ce logo qui allait devenir légendaire !


Le coup de génie des producteurs a été de faire appel à Julie Taymor, artiste d’avant-garde à mille lieues semble-t-il de l’univers sucré de Disney. Elle a imposé sa vision personnelle, non seulement dans la mise en scène mais aussi dans la conception des masques et des costumes, et jusque dans la musique : elle a travaillé avec le compositeur sud-africain Lebo M pour donner à l’histoire plus de chair que ne le permettaient les chansons originales d’Elton John et Tim Rice. Ce n’est pas un spectacle façon Disneyland Paris avec des employés déguisés : “Les mécanismes de scène seraient visibles, on donnerait aux spectateurs l’évocation d’une idée afin qu’ils la complètent par eux-mêmes. Ils participeraient ainsi à l’événement”, rêvait à haute voix Julie Taymor en rédigeant sa note d’intention.


Bien que nettement inspiré par l’un des masques du spectacle, Mufasa (cf. photo ci-dessous), le logo fait aussi penser à un tampon japonais. C’est un des premiers chocs visuels d’un spectacle qui doit paradoxalement moins à l’Afrique – malgré son sujet – qu’aux arts raffinés de l’Indonésie ou du Japon qu’affectionne Taymor. Le trait est gras, “sale” : il n’a pas la “propreté”, la netteté du dessin animé. En d’autres mots, ce visuel affiche une forme de sauvagerie. On n’est pas loin de l’art pariétal. S’il fallait transposer ce dessin dans le champ oral, ce serait un conte raconté par un griot : une histoire brossée à gros traits, des personnages schématiques, des sentiments primitifs et exacerbés… “Parfois, on nous dit : mais on ne dirait pas du Disney !” m’a expliqué Arnaud Cazet, responsable de la communication de Stage Entertainment France, qui produit ce spectacle au Théâtre Mogador. “Mais c’est voulu, ce logo crée un choc salutaire. Le musical est né du dessin animé mais il le dépasse pour développer sa propre personnalité”. Encore Arnaud sait-il que, contrairement à une idée reçue, Walt Disney n’a jamais hésité à travaillé avec des artistes d’avant-garde, de Stavinski à Dali, et que le mariage de Mickey avec Julie Taymor n’a donc rien de contre-nature.


 


Toutes les productions du Lion King dans le monde se plient à ces codes… avec quelques variations locales. Ainsi la couleur : “le logo est certes orange, mais pas forcément le même orange partout”. Les Américains l’apprécient presque jaune, façon flashy, les Africains avec une touche de vert. Pour les Anglais, un halo s’impose au centre. L’orange qui marche le mieux en France est un peu plus profond, un peu plus dans la retenue. Il n’est d’ailleurs pas impossible qu’il évolue un peu en deuxième saison, pourquoi pas un peu en dégradé pour affirmer un côté plus chaleureux…


Mais l’élément le plus remarquable de l’affiche est que le dessin n’est pratiquement jamais utilisé “en entier”… ce que les agences de pub ont du mal à saisir, qui pensent qu’on ne doit pas “mordre” sur un visuel (ou qui au contraire voudraient en changer, juste pour changer…). “Faites l’expérience : cachez une partie du logo avec des feuilles de papier et vous verrez que le visuel gagne en force. Plus on réduit le champ visuel, plus la tête du lion dégage de la puissance” ajoute Arnaud Cazet. De près ou de loin, Le Roi Lion n’a semble-t-il pas fini de rugir à Paris !

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