Le communiqué de presse qu’Areva aurait dû envoyer | le blog du storytelling

Le communiqué de presse qu’Areva aurait dû envoyer

 

 

Com’ Fiction : le communiqué qu’Areva n’a pas envoyé (et c’est dommage !)
 

Le bon communiqué d’Areva aurait dû comprendre un paragraphe final comme celui que je propose : 


Areva présente ses regrets aux maires des communes ainsi qu’aux populations concernées pour ne pas les avoir tenus informés en temps utile. L’entreprise et ses filiales ont toujours tenu à aller bien au delà de leurs simples obligations en tant que principal employeur des bassins de la Drôme et du Vaucluse en associant en toute transparence leurs voisins à leurs activités et à leur développement. Areva renouvelle ses excuses et espère que les dysfonctionnements avérés – mais désormais corrigés – n’affecteront pas le lien de confiance qui la lie depuis plus de 25 ans aux populations concernées”. 


Manière subtile aussi de contrebalancer son erreur d’Areva par le rappel du côté positif de sa présence (5.000 emplois, des impôts locaux très bas etc.). A cela, il aurait fallu ajouter aussi que la direction du groupe viendrait bientôt au devant des populations, annoncer des futures journées portes ouvertes etc.


Lapsus révélateur

Lors de sa conférence de presse, Anne Lauvergeon a finalement présenté ses excuses, ce qui est louable. Mais les termes dans lesquelles elle les a exprimées valent la peine d’être cités : “Les premières conclusions que je tire sont humaines, et je tiens à m’excuser par rapport à toutes les inquiétudes et les émotions suscitées par cet incident”. Or, rappelons-le, si elle n’est pas grammaticalement incorrecte, l’expression “je m’excuse” est fortement déconseillée. On doit dire “je présente mes excuses” car on sollicite de son interlocuteur qu’il vous excuse (pardonne). Si on “s’excuse”, cela signifie littéralement qu’on s’excuse soi-même ! 


Evidemment, il s’agissait ici d’une déclaration orale faite par la présidente du directoire et l’on peut comprendre le choix d’un langage simple et direct plutôt que châtié. Effet de mimétisme aidant, depuis l’élection de Nicolas Sarkozy,il faut reconnaître que les élites s’expriment de façon plus populaire qu’avant. Néanmoins, la réponse d’Anne Lauvergeon trahit sans doute (inconsciemment ?) une certaine difficulté à reconnaître les erreurs de son groupe. Une réticence qu’elle réitère d’ailleurs à un autre moment de sa déclaration : « Quand j’ai appris l’incident de Romans, je me suis dit : ‘quelle déveine”. Si tout provient de la malchance, c’est sûr, on se sent tout de suite moins responsable…


Anne Lauvergeon dans le texte

Sur le site d’Areva, on peut lire ces anciens propos de la présidente du directoire :

Se comporter de manière responsable, en minimisant les risques, est dans l’intérêt de l’entreprise. Désormais, la société civile apprécie, juge, voire sanctionne le niveau de responsabilité avec lequel une entreprise conduit son activité en estimant positivement ou négativement sa contribution au bien commun. Répondre en termes d’utilité sociale, d’acceptabilité, de légitimité et donc de confiance, c’est le nouveau moteur d’un capital dit de réputation, certes immatériel, mais devenu vital pour l’entreprise.

 


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