Borloo plus doué que Lauvergeon dans la crise Areva | le blog du storytelling

Borloo plus doué que Lauvergeon dans la crise Areva

 

Dans la gestion de l’affaire Tricastin, le ministre d’état de l’écologie, de l’énergie et du déveoppement durable, Jean-Louis Borloo, s’est démarqué de la stratégie suivie par Anne Lauvergeon en s’exprimant efficacement le 17 juillet dans Le Parisien (propos recueillis par Frédéric Mouchon).


Ainsi, puisque elle ne s’était pas encore exprimé publiquement à cette date, il s’attribue la direction de la gestion de crise : “Je lui ai déjà demandé d’aller sur place, de faire un audit interne et de tirer toutes les conséquences qui s’imposent s’il s’avère que des fautes professionnelles sont à l’origine de cet incident (…) J’avais déjà demandé à Anne Lauvergeon que des sanctions soient prises quand l’ASN a rendu, au lendemain de l’incident, un rapport qui pointait notamment des négligences en matière de maintenance”. On voit bien là l’illustration de ce que j’indiquais plus haut : à ne pas parler, on laisse les autres s’attribuer le bénéfices de vos actions (en bien ou en mal). Borloo préempte intelligemment l’argumentaire ultérieur d’Areva.


Même s’il ne s’agit pas ici d’un incident nucléaire mais d’un dysfonctionnement au niveau de l’entretien de la centrale, lorsqu’on travaille dans le domaine du nucléaire, aucune négligence ne peut exister. Et la transparence doit être exemplaire (…) Comme il ne s’agissait pas d’un incident sur la centrale nucléaire elle-même, mais d’une pollution, certains ont peut-être eu tendance au début à traiter le sujet comme une pollution classique. Mais une pollution dont l’origine provient d’une centrale nucléaire ne peut pas être traitée comme n’importe quelle autre« . Jean-Louis Borloo utilise les bons mots, ceux qu’Areva n’a pas eu le cran de dire assez tôt.


Enfin, il repasse du particulier au général : “Je ne veux pas que les gens aient le sentiment que l’on cache la moindre chose. Dans un premier temps, le Haut-Comité va suivre les conséquences de l’incident, notamment au niveau local. Mais je souhaite qu’il se penche sur la situation radio-écologique de l’ensemble des sites nucléaires et que l’on vérifie notamment l’état des nappes phréatiques situées près de toutes les centrales nucléaires françaises.Il faut faire un état des lieux”.


En annonçant un audit des nappes phréatiques de l’ensemble des centrales nucléaires, il reprend le contrôle de la situation. Le sondage du Monde cité plus haut indique pour le moment que les Français se méfient autant du gouvernement (70%) que d’Areva (68%) dans la gestion transparente d’une crise nucléaire. Mais Borloo, particulièrement crédible sur le sujet depuis le Grenelle de l‘environnement ne perd pas de temps pour commencer à retisser le lien de confiance. “Le ministère de la Santé suit de près tous les captages d’eau potable. On peut lui faire totalement confiance (…) On me dit que tout est sous contrôle. Je veux m’en assurer”. 


C’est assurément un excellent communicant. Avec ses déclarations, le politique a pris un temps d’avance sur l’industrielle.



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