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50 millions d’autos racontent la story de Peugeot

 

blog-storytelling-sebastien-durand-peugeotPeugeot fêtait hier à Sochaux la sortie du 50 millionième véhicule produit dans ses usines depuis sa création en 1891 : il s’agissait d’une 308 recouverte de plusieurs centaines de photos prises par des salariés du groupe et qui sera intégrée prochainement au musée du groupe. Les Peugeot forment une grande famille industrielle très ancienne encore puisqu’elle est présente dans la sidérurgie dès le Premier Empire et fabrique toujours les célèbres moulins à poivre et à café. En 1976, PSA (Peugeot Société Anonyme) absorbe Citroën puis Talbot (qui disparaîtra 20 ans plus tard). La famille détient toujours 30% des actions. 


Son logo, qui représente un lion, remonte à 1847 (quels précurseurs, ces Peugeot !) et rend hommage armes de la Franche-Comté. Il a été modifié 7 fois jusqu’à sa version actuelle (qui date de 2002). Thierry Peugeot, l’habituellement très discret président du conseil de surveillance de PSA, a déclaré dans Le Parisien : « Il faut surtout noter derrière ce chiffre (de 50 millions) que l’entreprise est toujours là quand beaucoup ont disparu. J’ai relu récemment des lettres de mon arrière-grand-oncle, Armand Peugeot. C’est impressionnant de voir à quel point il s’agissait d’un visionnaire. Il évoquait la révolution que constituaient la voiture et la possibilité de se déplacer individuellement« . 


Après mes billets récents sur les constructeurs automobiles, on peut constater qu’il s’agit d’un des secteurs qui sait le mieux exploiter son histoire. Sans doute parce qu’ils bâtissent leur relation de confiance avec leurs clients sur le long terme : en s’achetant une grosse voiture, quel homme ne réalise pas un peu un rêve d’enfant ? En choisissant une marque plutôt qu’une autre, l’acheteur se rattache souvent au souvenir de la voiture de son père, voire de son grand-père. Sans compter qu’au niveau de l’investissement que cela demande, il est normal de se tourner vers quelque chose de déjà familier : ce n’est pas lors d’un achat de plusieurs milliers d’euros (ou plusieurs dizaines de milliers) qu’on prend facilement le risque d’aller vers l’inconnu. Dans son interview citée précédemment, Thierry Peugeot en convient totalement : « J’ai appris à conduire sur une 204, j’ai eu une 203 cabriolet lorsque j’étais étudiant, elle est aujourd’hui déposée au musée à Sochaux. (Il cite ensuite les 10 autres automobiles qu’il a conduit jusqu’à aujourd’hui). Autant de véhicules qui ont marqué les étapes de ma vie…« . Il existe bien une continuité entre les autos actuelles et celles du passé. 


Que ce soit pour lancer un modèle qui s’en éloigne (et donc rassurer sur sa « légitimité » au sein de la marque, cf. le Renault Koleos), pour mobiliser son personnel (et donc pour insister sur la confiance des troupes en interne, cf.Nouvelle Seat Ibiza), ou pour insister sur une « success story » qui dure depuis près de 120 ans et 50 millions de véhicules, rien ne vaut un rappel de l’histoire de la marque. 


Peugeot est même d’ailleurs un cas d’école de cette fierté historique avec son Musée de l’aventure Peugeot. Fondé en 1988, ce dernier indique recevoir environ 100.000 visiteurs par an (plus de 1.600.000 depuis son ouverture) : autant de « prospects » en perspective pour la marque au lion. On peut même choisir de s’y marier « dans un cadre prestigieux » !


Un bémol à ces félicitations

Je trouve cependant regrettable qu’on ne trouve rien sur le site de l’entreprise concernant ses activités pendant la Deuxième guerre mondiale (contrairement à ce que fait Renault que j’ai félicité dans un précédent billet). La marque passe brutalement des années 20 à l’immédiate après-guerre. Si l’on en croit un article de Wikipédia consacré précisément à ce sujet, la marque n’aurait pas vraiment à rougir : obligés de « coopérer » (le terme est moins connoté que « collaborer ») avec l’ennemi – et ses ordres leur étant dictés par la famille Porsche ! – les Peugeot, leurs cadres et leurs employés de confiance auraient en réalité tout fait pour freiner et saboter la production, apportant ainsi une aide précieuse aux actions de la Résistance. J’écris ici au conditionnel à partir d’informations trouvées sur Wikipédia (et donc d’une fiabilité relative pour moi car je ne suis pas en mesure de les recouper) mais si cela est vrai, il est incompréhensible que Peugeot n’en parle pas. De toute façon, toutes les grandes marques françaises centenaires ont forcément traversé une période difficile à un moment ou à un autre. La façon plus ou moins claire dont elles l’assument en dit long sur leur capacité actuelle de transparence. Le passé éclaire le présent. Autrement dit, je trouverais difficile de faire confiance à une marque automobile qui ne serait pas capable de regarder avec franchise dans son rétroviseur… 


A cette exception près, félicitations à Peugeot pour ces 50 millions de lions qui ont rugi en France et dans le monde !

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